Programme Sénégal-Fmi : Le satisfecit de la Bceao

Après analyse de la situation internationale et régionale, son Comité de politique monétaire a maintenu le principal taux directeur auquel la Banque centrale prête ses ressources aux banques à 3%, ainsi que le taux d’intérêt sur le guichet de prêt marginal à 5%, niveaux en vigueur depuis le 16 mars 2026. Le coefficient des réserves obligatoires applicable aux établissements assujettis reste aussi fixé à 3%.

Dans le cadre de sa politique monétaire, la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest garde la prudence. Après analyse de la situation internationale et régionale, son Comité de politique monétaire a maintenu le principal taux directeur auquel la Banque centrale prête ses ressources aux banques à 3%, ainsi que le taux d’intérêt sur le guichet de prêt marginal à 5%, niveaux en vigueur depuis le 16 mars 2026. Le coefficient des réserves obligatoires applicable aux établissements assujettis reste aussi fixé à 3%.

Ces décisions, qui ont été prises hier à l’issue de la troisième réunion ordinaire du Cpm au titre l’année 2026, résultent, d’après le Gouverneur de la Bceao, par ailleurs président du Cpm, de «l’évolution des prix, de l’activité économique et de la situation extérieure, ainsi que des risques à court terme». «Nous avons noté une évolution favorable de la situation économique, monétaire et financière de l’Union au deuxième trimestre 2026. Celle-ci est notamment marquée par une croissance économique robuste et une inflation contenue. La situation extérieure reste également stable.

S’agissant des conditions monétaires, elles se sont globalement détendues au deuxième trimestre 2026, en lien avec l’accroissement de la liquidité bancaire et la réduction des taux directeurs intervenue en mars 2026. Dans ce contexte, le financement de l’économie est demeuré bien orienté sur la période», relève Jean-Claude Kassi Brou.

En revanche, précise le Gouverneur Brou, une hausse rapide des prix a été notée au cours de la récente période, traduisant «la matérialisation des risques haussiers liés notamment au développement du conflit au Moyen-Orient». En effet, explique-t-il, «plusieurs Etats membres de l’Union monétaire ouest-africaine ont relevé leurs prix à la pompe depuis le début du conflit. Cette accélération des prix est également imprimée par la remontée des prix de certains produits alimentaires, notamment la viande, le poisson et les légumes». Dans l’Union, le taux d’inflation s’est établi à 0, 4% au deuxième trimestre 2026, après -0, 2% le trimestre précédent. Les membres du Cpm considèrent que «cette dynamique haussière des prix pourrait se poursuivre les prochains mois. Pour 2026, le taux d’inflation devrait ressortir en moyenne à 1, 0%, après un niveau de 0% en 2025».

Aussi, soulignent M. Brou et ses collaborateurs, «l’équilibre extérieur de l’Union est exposé à des risques élevés, au regard des fortes incertitudes au niveau international». «Dans ce contexte, il nous est apparu opportun de maintenir l’orientation actuelle de la politique monétaire», a-t-il déclaré à l’issue de la réunion.