«Le Sénégal n’a pas un retard à rattraper. Il a une force à libérer.» C’est avec cette ambition que le ministre de l’Education nationale, Moustapha Mamba Guirassy, a bouclé sa tournée à Fatick et Kaolack pour préparer la rentrée des classes. Ancrant les innovations scolaires au cœur des terroirs du Sine et du Saloum, la tutelle fixe un cap clair pour la rentrée 2026-2027 : cours assurés dès le premier jour, gouvernance de proximité et alphabétisation orientée vers l’emploi et l’entrepreneuriat.
En tournée à Fatick et Kaolack pour préparer la rentrée scolaire 2026-2027 et clôturer le Mois national de l’alphabétisation, le ministre de l’Education nationale, Moustapha Mamba Guirassy, a porté un message fort de transformation et de souveraineté éducative : «Le Sénégal n’a pas un retard à rattraper. Il a une force à libérer.» Afin de garantir un démarrage effectif des cours dès le premier jour de la rentrée à Fatick et Kaolack, le ministre a annoncé plusieurs priorités opérationnelles et innovations majeures, notamment la réorganisation administrative et la territorialisation : création de l’Inspection de l’éducation et de la formation (Ief) de Sokone pour rapprocher l’administration des établissements et des communautés locales, établissement d’une cartographie hiérarchisée des infrastructures scolaires afin de traiter en priorité les établissements insalubres ou présentant des risques sécuritaires pour les élèves. Pour la gestion transparente des ressources humaines, Moustapha Guirassy annonce le redéploiement équitable du personnel enseignant afin de combler les déficits dans la transparence, la concertation et le dialogue social, et aussi l’ancrage du modèle linguistique bilingue avec la poursuite du déploiement du modèle Mohebs (déjà présent dans 1951 écoles) et présentation prochaine du Document de politique linguistique nationale en Conseil des ministres.
Souveraineté éducative et alphabétisation
A Fatick, Moustapha Mamba Guirassy a présidé deux Comités régionaux de développement (Crd). Le choix du Sine relève d’une volonté méthodologique affirmée : «L’alphabétisation ne se décrète pas depuis les bureaux de Dakar ; elle prend vie dans nos terroirs.» Axée sur l’entrepreneuriat et l’inclusion, l’alphabétisation doit désormais permettre concrètement de gérer une trésorerie, de lire un contrat ou d’utiliser les outils numériques. Malgré des avancées significatives -le taux d’analphabétisme des plus de 10 ans étant passé de 54, 6% en 2013 à 37,1 % en 2023, le ministre rappelle que «37%, c’est encore trop». Dénonçant le sous-financement de l’éducation non formelle (qui capte moins de 1% du budget global de l’éducation), il a appelé à un rééquilibrage budgétaire national en faveur de la souveraineté éducative, soutenu par un engagement accru des collectivités territoriales et du secteur privé.
Afin de changer d’échelle et de méthode, quatre orientations majeures ont été retenues : développer une logique de parcours en liant l’apprentissage initial à la qualification professionnelle, à l’éducation financière et à l’accès au crédit, territorialiser l’action pour s’appuyer sur les filières économiques locales (exploitation du sel, riziculture, pêche, artisanat), valoriser les langues nationales en comptant sur les 22 langues désormais codifiées (sur 25 répertoriées) pour en faire de vrais outils de développement et co-responsabiliser les acteurs en associant étroitement l’Etat, les collectivités, le secteur privé et les partenaires techniques.
Le lendemain, à Kaolack, Moustapha Mamba Guirassy a clôturé la 3ᵉ édition du Mois national de l’alphabétisation. Dans cette ville carrefour, il a rappelé l’impact direct de la maîtrise de l’écrit sur l’autonomie économique des populations : «Une femme qui apprend à lire au marché de Kaolack n’attend pas d’entreprendre ; elle entreprend mieux, dès le lendemain.»
Pour pérenniser la dynamique engagée depuis Saint-Louis, le ministre a décliné quatre exigences pour la suite : entretenir un environnement lettré via le numérique en faisant du téléphone portable «un cahier, un livre et un guichet», renforcer l’enseignement dans les langues nationales à l’école formelle et dans les programmes d’insertion, intégrer pleinement les diplômés de l’alphabétisation dans les guichets d’emploi public en tant que candidats à part entière et pérenniser leur statut et leur rémunération, tout en lançant dès 2027 la première édition du Grand Prix du chef de l’Etat pour l’alphabétisation et les langues nationales. Si la campagne du Mois national s’achève, la transformation sur le terrain, elle, s’accélère.

