Mondial 2026 Sénégal éliminé : Idrissa Gana Guèye vide son sac

Entre l’annonce fracassante du retrait momentané de Pape Guèye, le déballage de Idrissa Gana Guèye et les rumeurs persistantes de dysfonctionnements internes (gestion des billets, conflits de contrats et caprices de stars), l’élimination brutale des Lions de la Teranga en 16e de finale face à la Belgique (3-2) à Seattle a ouvert la boîte de Pandore. Plongée dans les coulisses d’une campagne américaine où le sportif a capitulé face au chaos administratif.

Le réveil est brutal pour le football sénégalais. Alors qu’ils menaient confortablement 2 buts à 0 face à la Belgique en 16e de finale de la Coupe du monde, les Lions ont sombré (2-3), laissant s’échapper leurs ambitions américaines. Mais au-delà de la faillite tactique sur la

pelouse de Seattle, c’est l’ambiance interne qui s’est totalement liquéfiée. Les premiers signaux d’alarme, pourtant perceptibles dès le rassemblement à Tanger, avaient été balayés d’un revers de main par la Fédération sénégalaise de football (Fsf) via un communiqué de démenti. Aujourd’hui, le vernis a définitivement craqué.

La bombe Pape Guèye : le milieu de terrain boycotte le staff

Le point d’orgue de cette crise est venu des réseaux sociaux. Dans un message au vitriol publié sur son compte Instagram quelques minutes après l’élimination des Lions, Pape Guèye a lâché une véritable bombe en annonçant son retrait momentané de l’Equipe nationale. «Je reviendrai pour vous dire quelques mots par rapport à l’élimination… Mais j’annonce aujourd’hui que tant que ce sera ce staff technique, je ferai une pause avec la sélection», a déclaré le milieu de terrain de Villarreal.

Cette décision radicale cible directement les carences du coaching et la gestion humaine du staff, privant le Sénégal d’un de ses éléments forts pour les échéances à venir. Un divorce qui planait déjà sur le terrain : lors de leur entrée face à la Belgique, l’expression corporelle et l’attitude de certains joueurs trahissaient déjà les signes apparents d’un profond malaise au cœur de la Tanière.

En coulisse, la Coupe du monde des Lions a rapidement pris des airs de vaudeville administratif et logistique. Plusieurs sources évoquent une atmosphère polluée par des distractions extra-sportives et des dysfonctionnements ma­jeurs : l’organisation de soirées de gala, des tensions persistantes autour du contrat du sélectionneur Pape Thiaw, ainsi que des problèmes de primes payées avec un retard flagrant aux joueurs. Pour couronner le tout, de lourds soupçons de trafic de billets de match au sein même de l’entourage de la délégation ont été révélés hier par le site spécialisé sportnewsafrica.com.

De mémoire de supporter, la Tanière n’avait plus connu autant de couacs -des travers que l’on croyait pourtant enterrés depuis l’époque où le Sénégal galérait à discipliner l’environnement des Lions. Du temps de Aliou Cissé, la Tanière était fermée à double tour, aucune tête ne dépassait grâce à la mise en place d’un cadre de performance strict. Et les résultats étaient palpables : trois finales de Can en quatre éditions dont deux sacres.

Plus surprenant encore pour une compétition de ce niveau, de graves dérives nutritionnelles ont été signalées, certains joueurs n’hésitant pas à commander leur propre nourriture en dehors du cadre diététique strict de la sélection pour pallier des manquements internes.

Face à la tempête, le premier vice-président de la Fsf, Babacar Ndiaye, était pourtant monté au créneau pour tenter d’éteindre l’incendie. Il avait alors assuré que l’équipe disposait de chefs cuisiniers dédiés et d’un hébergement homologué par la Fifa, tout en dénonçant des attaques «sans fondement» visant à déstabiliser le groupe. Une ligne de défense institutionnelle qui peine désormais à convaincre face à la cruelle réalité du terrain.

Le procès des cadres : Idrissa Gana Guèye vide son sac

En zone mixte, la tension était tout aussi palpable. Sous le feu des critiques des supporters et des observateurs, les cadres de l’équipe subissent un véritable procès en sorcellerie. A 36 ans, le milieu de terrain d’Everton, Idrissa Gana Guèye, a profité du micro pour vider son sac et défendre ses pairs. «Je trouve ça dommage, en fait, depuis le début de la compétition, et même avant, qu’on parle beaucoup des cadres, qu’on nous diabolise. Les cadres sont juste là pour s’assurer du bon fonctionnement, comme dans toutes les équipes», a-t-il réagi avec amertume.
Relancé sur l’identité des véritables responsables de ce fiasco, l’ancien Parisien a préféré botter en touche, la gorge nouée : «C’est dur de penser à ça maintenant. On est désolés pour cette élimination. On aurait aimé aller loin pour notre Peuple.»
Pour les champions d’Afri­que, le voyage s’arrête net aux portes des huitièmes de finale. Mais pour le football sénégalais, le vaste chantier de la reconstruction et de la pacification de sa Tanière ne fait que commencer.