Lonase : le retour de Doura Baldé

Deux ans après avoir quitté la Direction générale de la Lonase, Abdourahmane Baldé dit «Doura» y refait son entrée, par la grande porte. Ce mercredi 1er juillet 2026, en Conseil des ministres, le Président Bassirou Diomaye Faye l’a nommé à la tête de l’institution, en remplacement de Toussaint Manga. Un choix qui ne doit rien au hasard : plus qu’un retour, c’est une continuité que le chef de l’Etat semble avoir voulu acter. Car Abdourah­mane Baldé ne revient pas les mains vides à la Lonase. Il y revient avec un chantier resté en suspens : le sien.

La poursuite d’un bilan resté lettre morte

Ce retour à la Lonase n’a rien d’une découverte pour Abdou­rahmane Baldé. Une première fois, en septembre 2023, il avait déjà été porté à la Direction générale de l’institution, en remplacement de Lat Diop. Il avait alors quitté ses fonctions en mai 2024, cédant la place à Toussaint Manga, non sans avoir, au préalable, dressé devant le Conseil d’administration un bilan élogieux de son passage. Un bilan qu’il avait voulu revendiquer : «Nous avons réussi à moderniser nos opérations et à introduire de nouvelles technologies pour mieux servir nos clients. De plus, nos efforts en matière de responsabilité sociale ont permis de renforcer notre engagement envers les communautés», avait-il déclaré, mettant en avant la digitalisation des services et les initiatives de responsabilité sociétale engagées sous sa direction.

Un fiscaliste forgé dans la rigueur internationale

Natif de Kolda, où il effectue tout son cursus scolaire, Abdourahmane Baldé rejoint ensuite la Faculté des sciences juridiques et politiques de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, où il décroche un Master 2 en Droit fiscal, avant de poursuivre sa formation à l’université Panthéon-Assas, Paris II : l’une des places fortes du Droit en France. C’est dans ce sillage qu’il rejoint le cabinet d’avocats international Bird & Bird à Paris, où il intervient sur des dossiers de fiscalité, de droit des affaires et de contrats publics impliquant des groupes internationaux et des opérations transfrontalières. Une expérience qui forge chez lui une expertise juridique et fiscale de haut niveau, taillée pour les environnements complexes.

De retour au pays, il met ce bagage au service de l’Etat sénégalais, en travaillant notamment au sein de la Direction générale des Impôts et domaines. C’est là qu’il gagne la confiance de ses aînés, avant de se lancer dans le conseil en fondant AB Partners, un cabinet de stratégie qui associe ingénierie juridique et fiscale, gouvernance et relations institutionnelles, au service d’Etats, d’investisseurs et d’entreprises à travers l’Afrique. Sous sa direction, le cabinet accompagne des réformes structurantes dans sept pays du continent (Sénégal, Gabon, Côte d’Ivoire, Guinée, Sierra Leone, Cameroun, Tchad), intervenant aussi bien sur la réforme du secteur des jeux et paris au Gabon que sur l’encadrement des fintech en Côte d’Ivoire, ou la structuration de groupes industriels en Guinée.

Plus de quinze ans après ses débuts, entre les couloirs feutrés d’un cabinet parisien et les défis concrets d’une entreprise publique sénégalaise, Abdou­rahmane Baldé revient donc à un poste qu’il connaît déjà et à une mission qu’il n’avait, au fond, jamais vraiment quittée.