Avec un encours de titres publics dépassant 5131 milliards F Cfa à la fin juillet 2026, le Sénégal confirme son statut de pilier financier au sein de l’Umoa. Entre refinancement d’une dette à long terme et mobilisation de 555 milliards au troisième trimestre, le Trésor public sénégalais déploie une stratégie d’émission soutenue pour préserver ses marges budgétaires dans un marché régional sous tension.
A la fin du mois de juillet 2026, l’encours global des titres publics émis par adjudication au Sénégal dépasse le seuil symbolique des 5131 milliards F Cfa. Représentant à lui seul plus de 21% du programme de levées de fonds prévues au troisième trimestre dans l’espace Umoa, le Trésor public sénégalais confirme sa stratégie active de refinancement tout en naviguant sur un marché régional de plus en plus exigeant.
Sur le Marché des titres publics (Mtp) géré par Umoa-Titres, le Sénégal figure parmi les principaux émetteurs souverains de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Selon le dernier bulletin de l’institution, le pays compte, au 31 juillet 2026, un total de 161 titres en vie pour un encours global impressionnant de 5131, 96 milliards F. Cette dette contractée par adjudication est largement dominée par les investissements à moyen et long termes. Les Obligations assimilables du Trésor (Oat) représentent 3859, 36 milliards F (soit plus de 75% du total sénégalais), contre 1272, 59 milliards F pour les Bons assimilables du Trésor (Bat), dédiés à la gestion de la trésorerie à court terme.
Ce niveau d’encours place le Sénégal au deuxième rang des émetteurs de la zone Umoa en volume par adjudication, juste derrière la Côte d’Ivoire (7814, 58 milliards F) et devant d’autres économies majeures de l’Union comme le Burkina Faso (2989, 98 milliards F) et le Mali (2606, 93 milliards F). Pour soutenir l’exécution de ses dépenses publiques et le remboursement de ses échéances de dette, le Sénégal déploie un programme d’émissions très soutenu au cours du troisième trimestre 2026 (juillet, août, septembre).
Encours de plus de 5100 milliards F
Sur une enveloppe globale régionale de 2546, 53 milliards F visée par l’ensemble des huit Etats membres de l’Umoa sur ces trois mois, le Sénégal compte capter 555 milliards F, soit environ 21, 8% du volume régional global. Le calendrier des interventions sénégalaises s’articule comme suit : après 170 milliards F en juillet, un pic de levée de 225 milliards F Cfa, marqué par une séance d’adjudication record le 14 août (165 milliards F ciblés) et une seconde le 28 août (60 milliards F). Alors qu’en septembre 2026, une enveloppe prévisionnelle de 160 milliards F est répartie entre le 11 septembre (100 milliards F) et le 25 septembre (60 milliards F).
Pour diversifier la maturité de sa dette et répondre aux appétits variés des investisseurs (banques, compagnies d’assurances, fonds régionaux), le Trésor sénégalais combine systématiquement des Bons du Trésor à 3 et 12 mois avec des Obligations à 3 et 5 ans, voire 7 ans. L’analyse des titres publics sénégalais en vie révèle une remontée progressive des taux de rendement. Si les obligations émises entre 2021 et 2022 présentaient des taux de coupon compris entre 5, 25% et 6, 00%, les émissions plus récentes de 2024, 2025 et 2026 affichent des coupons régulièrement fixés à 6, 30%, 6, 45%, jusqu’à 6, 75% pour les maturités à 10 ans.
Cette hausse du coût de la dette souveraine s’inscrit dans un contexte régional de resserrement des conditions monétaires et de concurrence accrue entre les Etats pour capter la liquidité bancaire sous-régionale. Le Sénégal continue néanmoins de bénéficier de la confiance solide des investisseurs institutionnels de la zone Umoa, comme en témoigne le niveau élevé de participation lors des adjudications sur le marché financier régional.

