La capitale sénégalaise, Dakar, est sale. Tout le monde l’admet, mais peu se démènent réellement pour faire les efforts et les sacrifices nécessaires afin de la rendre plus esthétique, plus digne d’une grande capitale où l’on pourrait se promener avec plaisir, sans être gêné par l’ensablement, les animaux errants, la poussière ou encore les dérives de certains citoyens dans l’occupation de l’espace public.
Dans quelques jours, les médias du monde entier braqueront leurs projecteurs sur Dakar à l’occasion des Jeux olympiques de la jeunesse. Le contraste risque alors de sauter aux yeux : ils montreront au monde une ville désorganisée et sale. Une honte nationale nous guette. Et que dire de l’effectivité de nos infrastructures, livrées dans la douleur, censées garantir le bon déroulement et la praticité de ces Jeux olympiques de la jeunesse ?
Dakar est très sale. L’empoussièrement est largement sous-estimé par les services d’hygiène et de santé, un enjeu sanitaire, pourtant chargés de la sensibilisation et de la prévention. Il suffit de monter dans une voiture : à la descente, on constate souvent la poussière accumulée sur nos vêtements. Dakar suffoque.
La capitale sénégalaise est aussi défigurée par l’indiscipline de certains concitoyens, qui construisent comme ils le veulent et quand ils le souhaitent, sans tenir compte de la réalité cadastrale ni des normes de construction. Des trottoirs réservés aux piétons servent d’étalages aux vendeurs à la sauvette. Des enclos destinés aux animaux domestiques s’installent au cœur de la ville.
Tout ce qui fait l’identité, l’ordre et la beauté d’une capitale fait cruellement défaut à Dakar. Il suffit de prendre de la hauteur pour constater le spectacle hideux de fils électriques entremêlés comme des nœuds impossibles à défaire, de terrasses transformées en dépotoirs et de déchets encombrants abandonnés à ciel ouvert.
Il est temps que la jeunesse s’implique davantage dans cette dynamique citoyenne. Chacun doit contribuer à redonner un visage propre, organisé et digne à notre capitale. Il faut également faire respecter une véritable politique d’urbanisme et de logement afin d’uniformiser, d’embellir et de valoriser nos villes, à commencer par Dakar.
KMNGN

