Vélingara – Visite présidentielle à l’unité agro-industrielle de la Sodefitex

Hier, à l’étape de Vélingara de la visite du chef de l’Etat Bassirou Diomaye Faye dans la région de Kolda, l’unité agro-industrielle de la Sodefitex (Société de développement et des fibres textiles) a eu l’honneur de recevoir le Président Faye et sa délégation. A l’occasion, le Directeur général de la société a listé les conditions d’une relance de la filière coton au Sénégal.

De 15 000 tonnes de coton graines produites en 2025, la Sodefitex (Société de développement et des fibres textiles) a fait un bond de production atteignant les 25 000 t en 2026. Pour la campagne prochaine, la société cotonnière ambitionne d’atteindre 35 000 tonnes, puis 50 000t en 2028. Une progression qui devrait atteindre en 2030 les 100 000 tonnes. Ces chiffres ont été donnés par le Directeur général de la Sodefitex au cours d’une séance de présentation de sa boîte au chef de l’Etat Bassirou Dio­maye, qui se trouvait dans l’enceinte de l’usine d’égrenage de l’or blanc à Vélingara. La localité était hier la première étape d’une tournée économique présidentielle de 3 jours dans la région de Kolda.

Toutefois, le technicien agricole dresse les conditions de maintenance accrue de cette progression pour dépasser, à terme, le seuil de saturation de ces unités industrielles. Papa Fata Ndiaye a dévoilé : «Il faut une maîtrise de l’eau, assurer une mécanisation progressive de la filière, penser à l’apurement totale des créances de la Sodefitex qui sont passées de 8 milliards de F Cfa il y a 2 ans à 3 milliards aujourd’hui.» Cet apurement permettrait, selon le Dg, de restaurer l’équilibre financier de la boîte. Ce n’est pas tout. Papa Fata Ndiaye prie l’Etat de continuer à soutenir les revenus des producteurs à travers le prix du kg de coton acheté au cotonculteur. Ensuite : «Aider à la résorption du niveau de sous-équipement des producteurs et puis mettre en place un fonds de gestion du risque prix.»

Avant de fixer les conditions d’une relance de la filière coton au Sénégal, Abdou Fata Ndiaye a donné un cours d’histoire sur l’installation de la culture du coton dans le 1/3 sud du Sénégal, celle de l’implantation des unités industrielles de la Sodefitex, en n’oubliant pas les difficultés rencontrées, les défis relevés, ceux qui restent à affronter, ainsi que les ambitions de la boîte.

«La filière va bénéficier d’un programme d’accompagnement de l’Etat»

Le récit fait par le Dg de la société en lien avec les différents défis que sa boîte a relevés en direction de l’atteinte des objectifs de pleine production de coton, semble avoir fait son effet sur l’hôte de marque des cotonculteurs du département de Vélingara. Le Prési­dent Diomaye Faye a, à la suite du Dg, déclaré : «Je comprends qu’il y ait un gros potentiel pour la filière coton et surtout, avec l’effort que l’Etat a fait, qu’elle est en train de se relever, de mieux s’organiser, et que les résultats commencent à se faire voir, à travers le bond qualitatif fait dans la production.» Il ajoute : «L’Etat continuera à accompagner les producteurs et à investir dans cette filière particulièrement porteuse au regard de son potentiel. Le programme d’accompagnement de l’Etat est là. Et pour la campagne qui dé­marre, le ministre de l’Agri­culture a été instruit de mettre à la disposition des agriculteurs, particulièrement de la filière coton, les intrants et les semences à temps, et l’accompagnement avec la mécanisation suivra avec tout ce qu’il faut pour nous assurer que les producteurs sont mis dans les conditions optimales d’augmentation de rendements, comme c’est attendu dans cette filière.»

Le faux bond des députés de Vélingara

La tournée du président de la République dans le Fouladou est économique. Il n’empêche, il est de coutume que les élus du Peuple, issus de la localité, soient là quand il faut accueillir un chef de l’Etat. L’absence des honorables députés Ibou Guèye et Safiatou Sow, tous de la mouvance présidentielle, était plus que notable. Le vice-président du Conseil départemental de la jeunesse, Mamassamba Diao, n’a pu cacher son amertume. Il a pesté : «Nous avons participé à la visite du chef de l’Etat et non à celle d’un chef de parti. Nous avons élu des députés, qui sont des élus nationaux, qui ont boycotté cette visite. C’est manquer de considération, non à Bassirou Diomaye Faye, mais aux populations de Vélingara, par et pour lesquelles ils sont à l’Assemblée nationale. Le Conseil départemental de la jeunesse de Vélingara marque son indignation et son désaccord par rapport à l’attitude de ces 2 députés. Aujourd’hui, nous considérons que Vélin­gara n’a pas de députés, n’a pas de porteurs de voix. Safiatou Sow et Ibou Guèye ne sont plus dignes d’être nos députés.»

A la place des députés élus sur la liste départementale Pastef/Vélingara, il y avait les élus de Kolda que sont les honorables députés Yoba Baldé et Marie Sané de Pastef/Kolda, ainsi que le maire de la commune de Vélingara, Mamadou Oury Baïlo Diallo, et le président du Conseil départemental de Vélingara, Ibrahima Barry.