Festival international de danse : Pourquoi Toubab Dialaw ?

Du 29 avril au 3 mai, l’Ecole des sables de Toubab Dialaw accueille la 13e édition de la Biennale de la danse en Afrique. Un retour aux sources pour un événement né il y a trente ans à l’initiative de Germaine Acogny, et qui revient aujourd’hui rendre hommage à celle qui en est la mère-fondatrice.

A moins d’une semaine de l’ouverture officielle de la Biennale de la danse en Afrique, les organisateurs ont fait face à la presse pour lever un coin du voile de ce qui attend les festivaliers. 5 jours d’effervescence chorégraphique au menu. 25 compagnies issues du continent et de la diaspora se produiront sous la direction artistique de Ger­maine Acogny, avec Gacirah Diagne et Hardo Ka comme directeurs associés. Parmi elles, des formations venues d’Afrique du Sud, du Bénin, du Cameroun, du Cap-Vert, et 10 compagnies sénégalaises dont la Cie Fii ak Fee avec Droits de la Nature, la Cie Bi’Ndiaye avec Tafaar ou la Cie Ngor avec Mouton Noir. «On pense national d’abord, c’est aussi important», a indiqué le directeur artistique associé, Hardo Ka.

Au-delà des spectacles, masterclass, tables rondes, sessions de pitch et de deux expositions, une photographique intitulée Mo(uve)ments réunissant six photographes, une picturale intitulée Les 7 Piliers de la danse, avec des figures comme Viyé Diba et Soly Cissé, composeront un programme immersif. Le tout se prolongera à Dakar, avec des représentations au Théâtre national Daniel Sorano, à l’Institut français et au Village de la Biennale à Kër Aloopho. «Une Biennale sans masterclass, ce n’est pas une Biennale», a tranché Hardo Ka. L’entrée est entièrement gratuite.

Pourquoi Toubab Dialaw ?

Le choix du site n’est pas anodin. L’Ecole des sables, située à une cinquantaine de kilomètres au sud de Dakar, est placée sous l’égide de Germaine Acogny, figure emblématique de la danse africaine et fondatrice du lieu. Pour les organisateurs, y accueillir la Biennale relève autant du symbole que de la logique artistique. «Vous ne pouvez pas danser si vous n’êtes pas enracinés», rappelle Acogny, qui a bâti cette école au prix de «toutes ses économies». Entre espaces de travail, scènes ouvertes et cadre naturel en bord d’océan, le site offre un environnement propice à la création et à l’immersion. La cérémonie d’ouverture, le 29 avril, qui coïncide avec la Journée internationale de la danse, verra 50 femmes de Toubab Dialaw et de Baly traverser le village en procession dansante jusqu’à l’Ecole des sables, ancrant l’événement dans la communauté locale.

Des retombées économiques attendues

L’événement est aussi un pari économique pour la Petite-Côte. Le responsable logistique, Abou Diouf, l’a affirmé sans détour : «Le parc hôtelier de Toubab Dialaw et des environs est quasiment entièrement occupé.» Près de 160 artistes étrangers, plus de 200 programmateurs internationaux confirmés, venus de Montréal, Brest et d’autres grandes capitales culturelles, et un public attendu en masse : les transports locaux, la restauration et le petit commerce devraient enregistrer une activité soutenue sur deux semaines. Des navettes quotidiennes depuis Dakar, avec le Centre culturel Blaise Senghor comme point de départ, permettront d’alimenter ce flux. «Ce n’est pas seulement danser et rentrer», a insisté Hardo Ka. «C’est un marché», a confirmé la directrice associée Gacirah Diagne, soulignant que les 25 compagnies sélectionnées sur plus de 300 candidatures ont précisément été choisies pour leur potentiel à séduire des programmateurs capables de leur ouvrir des scènes internationales.

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