Taïwan est la priorité de Pékin lors du sommet entre Xi Jinping et Donald Trump

Mercredi 13 mai, Donald Trump arrive en Chine pour sa première visite depuis le début de son deuxième mandat. Un sommet avec son homologue Xi Jinping est prévu jeudi 14 mai : au programme de cette rencontre, la guerre en Iran, le commerce, les semi-conducteurs, mais aussi Taïwan. C’est d’ailleurs la priorité de Pékin qui veut que Washington cesse ses ventes d’armes et s’oppose ouvertement à l’indépendance de l’île. Alors comment cette rencontre est-elle perçue côté taïwanais ?

Taïwan a-t-elle des inquiétudes sur un potentiel désengagement américain ? Officiellement : non. Le gouvernement taïwanais le répète depuis plusieurs jours : tout va bien dans la relation entre Taipei et Washington, et Donald Trump ne veut pas que le statu quo s’inverse en faveur de la Chine. Alors, ces affirmations, elles ne sortent pas de nulle part, et c’est vrai que ces douze derniers mois les États-Unis ont multiplié les preuves d’engagement et les échanges avec l’île. Comme par exemple, les ventes d’armes record à Taïwan en décembre dernier, ou encore les investissements massifs cotés taïwanais dans l’industrie des semi-conducteurs américains.

Mais dans les faits le risque n’est pas nul. Le vice-ministre des Affaires étrangères taïwanais le confiait d’ailleurs en interview à Bloomberg il y a quelques semaines : il y a bien une inquiétude de voir potentiellement le président américain lâcher du lest sur Taïwan.

« Les six garanties américaines pour Taïwan »

Si Donald Trump et son homologue chinois discutent des ventes d’armes américaines à Taïwan, ce serait revenir sur ce qu’on appelle « les six garanties américaines pour Taïwan », en cours depuis 1982 et mis en place sous l’administration de Ronald Reagan. 

Ces garanties indiquent clairement que les États-Unis ne consulteraient pas la Chine au sujet de ses ventes de matériel militaire à Taipei. En mettant la pression sur le président américain, Xi Jinping espère fragiliser le soutien américain à Taïwan, et isoler davantage l’île sur la scène internationale.

Isoler Taïwan diplomatiquement 

Les pressions de Pékin pour isoler Taïwan diplomatiquement se sont-multipliées. Il y a eu des pressions notamment pour empêcher la  visite du président taïwanais en Eswatini fin avril. L’arrivée du président du Paraguay à Taïwan début mai a vivement été dénoncée par la Chine. Un sommet pour les droits humains en Zambie a été annulé au dernier moment après les pressions de Pékin parce que plusieurs intervenants étaient taïwanais.

Avec ces pressions comme avec sa rencontre avec Donald Trump, Xi Jinping fait tout pour s’assurer que Taiwan disparaisse de toute représentation internationale, et espère ainsi que le pays ne reçoive aucun soutien, notamment américain, en cas d’unification par la force.