Santé – Mise en place d’un front syndical uni : Le Sames et le Sutsas scellent une alliance historique à Rufisque

Le Sames et le Sutsas ont acté une jonction de leurs forces pour exiger le respect des intérêts des travailleurs. Cette collaboration inédite depuis 1992 débouche sur une grève régionale imminente à Dakar, avec une menace d’extension nationale si les revendications ne sont pas satisfaites. Un rapprochement placé sous le signe de la solidarité et de l’hommage au Dr Mbaye Thiam.

Après trente-quatre ans de relations parfois heurtées, les directions nationales du Sames et du Sutsas se sont réunies formellement pour la première fois le 3 mars 2026. Cette rencontre historique débouche sur un mot d’ordre de grève commun dans la région de Dakar et l’instauration d’un «pacte de non-agression» entre médecins et personnels paramédicaux.

Le Centre de santé de Rufisque a été le théâtre d’un tournant majeur pour le syndicalisme médical sénégalais, ce mardi 3 mars 2026. Pour la première fois depuis la création du Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (Sames) en 1992, son Bureau exécutif national a tenu une séance de travail formelle avec celui du Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action sociale (Sutsas). Sous l’impulsion du Dr Diabèle Dramé (Sames) et du Dr Hc Mballo Dia Thiam (Sutsas), les deux organisations ont décidé de mettre fin à plus de trois décennies de coexistence parfois marquée par des tensions.

Un mot d’ordre de grève et une menace d’extension nationale

Face à ce qu’ils qualifient de «logique de pourrissement» de la part de la Direction de l’Arp (Agence de régulation des marchés publics), les deux syndicats ont acté les mesures suivantes : un débrayage commun est décrété sur l’ensemble de la région de Dakar. Si la situation ne s’améliore pas, la mobilisation sera étendue à l’échelle du pays. Les deux bureaux envisagent d’élargir leur unité d’actions à d’autres combats syndicaux communs après consultation de leurs bases respectives.

Vers un «pacte de non-agression» corporatiste

Conscients des frictions historiques entre les médecins et les Personnels des soins infirmiers et obstétricaux (Psio), les leaders syndicaux ont convenu de promouvoir un «pacte de non-agression et de respect mutuel». Ce socle doit permettre une collaboration pérenne pour bâtir un système de santé plus performant et résilient.

La rencontre a également été marquée par un hommage posthume au Dr Mbaye Thiam, ancien Médecin-chef du District de Rufisque, récemment décédé à Kaffrine. Les délégations ont salué en lui un «artisan de l’unité», soulignant que son héritage a symboliquement contribué à rapprocher les deux géants syndicaux, trente-quatre ans après leur séparation initiale.