Plus de 7 millions d’analphabètes au Sénégal : Le cri d’alarme de la Cnept

Considérée comme le «parent pauvre» du système éducatif avec moins de 1% du budget de l’éducation, l’alphabétisation au Sénégal fait face à d’immenses défis. Alors que démarre le Mois national de l’alphabétisation à l’Arène nationale de Pikine, la Société civile interpelle l’Etat pour transformer ce secteur en un réel levier d’employabilité et d’inclusion économique à l’ère du numérique.

Alors que le Sénégal donne le coup d’envoi du Mois national de l’alphabétisation, ce mardi 8 septembre 2026 à l’Arène nationale de lutte, la Coalition nationale éducation pour tous (Cnept) tire la sonnette d’alarme. Face à un taux d’analphabétisme de 37, 1% et une part budgétaire inférieure à 1% consacrée au sous-secteur, la Société civile plaide pour une revalorisation financière d’urgence et une intégration réussie de l’alphabétisation numérique et des langues nationales.

A l’occasion de la Journée internationale de l’alphabétisation célébrée chaque année le 8 septembre sous l’égide de l’Unesco, le Sénégal inaugure la troisième édition du Mois national de l’alphabétisation (Mna). Placé sous le thème «Alphabétisation, levier d’entrepreneuriat et d’employabilité pour une inclusion sociale et économique durable», l’événement vise à sensibiliser le public et les décideurs sur un enjeu majeur pour le développement humain et économique du pays.

Des chiffres alarmants et un financement jugé dérisoire

Malgré les efforts étatiques et associatifs, le défi reste immense. Selon les données de l’Ansd citées par la Cnept, 37, 1 % des Sénégalais ne savent ni lire ni écrire dans aucune langue, ce qui représente plus de 7 millions de personnes sur une population globale de plus de 19 millions d’habitants.

Face à ce constat, le président de la Cnept, Silye Gorbal Sy, déplore la place accordée à l’éducation non formelle, régulièrement reléguée au rang de «parent pauvre» du système éducatif. En termes de financement, le secteur perçoit moins de 1% du budget de l’Education, bien en deçà de l’objectif de 3% recommandé lors de la conférence de Bamako. La Cnept réclame ainsi une revalorisation significative des indemnités et du statut des acteurs du terrain (facilitateurs, superviseurs et volontaires).

Cap sur le numérique et l’intégration des langues nationales

Au-delà de la prise en charge financière, la coalition insiste sur l’alignement des politiques éducatives avec les exigences contemporaines, à l’image du «New deal technologique» engagé par le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye. Fort de ses retours d’expériences issus de conférences mondiales de l’Unesco et de projets-pilotes menés dans des communes comme Mont-Rolland, la Cnept exhorte le gouvernement à faire de l’alphabétisation numérique un pilier central des programmes.

De plus, alors que le pays accélère l’introduction des langues nationales à l’école, la Cnept rappelle l’importance capitale d’associer l’expertise des acteurs de l’alphabétisation, grands praticiens de la stratégie du «faire-faire».  Organisé sous la tutelle du ministère de l’Education nationale et de l’Inspection d’Académie de Pikine-Guédiawaye, le lancement officiel prévu ce mardi 8 septembre à l’Arène nationale de Pikine suivra un programme rythmé.

En parallèle aux activités locales du mois (ateliers de sensibilisation et formations), la Cnept poursuit également son plaidoyer sur le plan international. Après avoir coordonné la création d’une coalition inter-étatique avec le Mali et le Burkina Faso, elle prépare un Panel de Haut niveau à Paris à destination de la diaspora sénégalaise en France.