ONU : Macky Sall a passé son grand oral devant les pays membres de l’Assemblée générale de l’organisation

Candidat à la succession de Antonio Guterres à la tête de l’Onu, Macky Sall a passé son grand oral hier devant les pays membres de l’Assemblée générale de l’organisation. L’ancien président de la République a fait part de sa stratégie pour donner un nouveau souffle à cette organisation.

L’ancien président de la République Macky Sall a décliné hier, devant les pays membres de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies, sa vision stratégique pour diriger cette organisation. Lors de ce grand oral, M. Sall a fait part de ses ambitions à la tête de cette organisation internationale. Dans son discours qui sonnait comme une profession de foi, Macky Sall promettait, s’il était porté à la tête de l’Onu, de «sauvegarder la paix et la sécurité internationales, protéger les droits humains, promouvoir le développement, favoriser la coopération entre les peuples». Poursuivant son propos, l’ancien chef de l’Etat «souhaite apporter à l’organisation une expérience de près de 40 ans de responsabilité publique, du bas de l’échelle au sommet de l’Etat, comme fonctionnaire junior, directeur national, maire, ministre, Premier ministre, président de l’Assemblée nationale et président de la République pendant 12 ans.» Il a indiqué : «Ce que je souhaite apporter à l’organisation, c’est une tradition d’échange de plusieurs années. Je crois en toute humilité qu’en ces temps difficiles pour l’organisation, les problèmes du pouvoir m’ont préparé à comprendre les attentes des Etats membres et à agir pour y répondre efficacement.»

Estimant avoir l’expérience et les compétences nécessaires pour ce poste, Macky Sall se fixe comme priorité «de contribuer à restaurer la confiance, apaiser les tensions, réduire les fractures, redonner espoir dans notre action collective comme le veut la Charte des Nations unies». Et d’indiquer : «Je serai un Secrétaire général impartial, qui parle à tous et qui écoute tous. Je serai un Secrétaire général qui rassemble, un bâtisseur de ponts entre les nations, entre les cultures et civilisations, entre l’Est et l’Ouest, le Nord et le Sud. J’engagerai sans délai une diplomatie préventive plus active dans l’alerte précoce, la médiation, la coopération entre les nations, surtout entre les Nations unies et les organisations régionales.» Se prononçant sur les missions de cette organisation, M. Sall envisage, une fois porté à sa tête, d’engager «avec les Etats membres, une réflexion approfondie sur l’efficacité des opérations de maintien de la paix».

Autre point abordé par le candidat Secrétaire général de l’Onu, les droits humains. A ce propos, il assure : «Je travaillerai également à maintenir les droits humains au cœur de l’agenda des Nations unies. Nous le savons tous, les droits humains sont universels, ils sont inséparables les uns des autres, ils sont civils et politiques, ils sont aussi économiques, sociaux et culturels. La charte nous engage à les protéger sur la base des principes fondamentaux qui consacrent la primauté du droit et le besoin de justice.»

Les Objectifs de développement durables (Odd) ont été aussi soulevés par Macky Sall dans son discours. «De même, à 4 ans de l’évaluation finale de l’agenda 20/30, je veillerai à la bonne conduite des Objectifs de développement durable, ainsi que l’élaboration de l’agenda d’après-2030 avec les Etats membres. Les menaces environnementales, le poids de la dette qui est devenu insoutenable pour de nombreux pays, les inégalités se creusent frappant d’abord les plus vulnérables, notamment les jeunes et les femmes», a-t-il souligné.

Selon l’ancien Président du Sénégal, «certes la coopération pour le développement garde toute son utilité», mais, relativise-t-il, «les financements publics restent insuffisants et difficiles à mobiliser, notamment pour les infrastructures de développement». Partant de son expérience de chef d’Etat de pays en développement, il explique : «Or, sans les investissements structurants, il ne peut y avoir de transformation économique et de création massive d’emplois». «C’est pourquoi je propose le financement de développement, qu’il soit davantage porté par le partenariat, l’investissement et le commerce, appuyés par un meilleur accès au crédit afin de soutenir une croissance et une prospérité partagée. Le Forum sur le financement du développement, qui réunit, chaque année à New York, les Nations unies, les institutions de Bretton Woods, l’Omc… le secteur privé pourrait en être le catalyseur avec l’appui de l’Ocde et des pays partenaires. En créant les conditions d’une vie meilleure pour tous, nous réduirons en même temps les sources de migration irrégulière», a-t-il plaidé.

Pour ce qui est de l’organisation qu’il veut diriger, Macky Sall milite pour sa réforme. «Je suis convaincu qu’elle peut et doit changer. Si je suis élu, je continuerai les efforts de réformes par une gestion transparente et rigoureuse. Trois impératifs guideront mon action : rationaliser, simplifier, optimiser. Je veillerai à une meilleure coordination entre agences, fonds et programmes pour éviter les duplications. Rendre l’action de l’organisation mieux adaptée aux réalités du terrain. Chaque dépense effectuée doit répondre aux efforts et aux attentes des Etats membres», a-t-il décliné. Pour M. Sall, «faire évoluer les Nations unies, c’est également réformer le Conseil de sécurité sur une base consensuelle qui renforce la légitimité l’autorité et l’efficacité de son action». Sur cette question, il s’engage à accompagner «les Etats membres dans le processus en cours». Et de promettre : «Je donnerai le meilleur de moi-même pour une organisation réconciliée avec ses principes, une organisation revitalisée, une organisation tournée vers un avenir plus radieux.»

Plaidant pour l’unité, Macky Sall veut être «à la tête d’une Onu qui utilise ses ressources avec justesse et utilise sa voix de façon responsable, une Onu qui a des résultats que les gouvernements peuvent défendre devant leurs citoyens». De ce fait, il estime qu’il «est temps de prendre des décisions audacieuses avec tous les Etats membres». «Il est temps de faire mieux avec moins, il est temps d’utiliser le plein potentiel de l’Onu. C’est le moment d’agir. Voilà la façon dont l’Onu demeurera pertinente. C’est comme cela que l’Onu regagnera la confiance des gens ; c’est à nous de faire ce choix. L’union fait la force. Si je suis élu, je travaillerai avec tous les Etats membres pour redonner vie à notre objectif commun. Mus par l’objectif de la charte, ensemble, nous façon­nerons un monde meil­leur pour tous», a-t-il déclaré.

Après avoir décliné sa vision, Macky Sall s’est livré à une séance de questions-réponses. Il a été ainsi interpellé sur les réformes au sein de l’organisation, la place des petits Etats, la dette, les conflits, entre autres.