Lenaïg, ingénieure en VIA au Sénégal : « L’Afrique est le continent de tous les possibles »

Commencer sa carrière professionnelle par une expérience en Afrique : Lenaïg l’a fait ! L’ingénieure de 26 ans est partie au Sénégal, pour aider à préserver l’environnement.

Chez les jeunes professionnels, le VIE (volontariat international en entreprise) ou VIA (volontariat international en administration) a la cote. Ce dispositif permet d’effectuer une mission dans un organisme français à l’étranger pour une durée allant de six mois à deux ans.

Parmi les destinations les plus prisées, on compte les États-Unis ou encore la Corée du Sud, tandis que les pays du continent africain attirent encore peu les jeunes Français.

Pourtant, c’est bien ce continent qui a séduit Lenaïg, 26 ans. L’année dernière, elle a décidé de partir en mission de VIA au Sénégal, pendant deux ans. Elle a posé ses valises à Dakar, la capitale, en tant qu’ingénieure d’études en environnement, dans un institut scientifique français.

Un intérêt pour la préservation de l’environnement en Afrique

« J’ai choisi de partir en Afrique de l’Ouest parce qu’il y a de gros enjeux scientifiques dans la région, explique Lenaïg. Quand on s’intéresse à l’environnement, je pense qu’il est important d’ouvrir son regard sur d’autres pays qu’en Occident. En Afrique, les effets du dérèglement climatique sont déjà bien visibles et on comprend mieux l’urgence d’agir. »

Pendant ses études, la jeune femme a très vite eu envie de travailler en dehors de l’Hexagone pour connaître les milieux tropicaux. Elle a commencé sa carrière professionnelle par un volontariat de service civique en Guadeloupe, sur la gestion des rivages de l’île.

« Ensuite, j’ai postulé à l’Institut de recherche pour le développement au Sénégal et il y avait pas mal de concurrence, se souvient la jeune femme. J’ai été prise parce que l’institut cherchait un profil assez spécifique. J’avais mené des enquêtes sociologiques, j’avais fait du terrain dans une région tropicale, et cela correspondait à leurs attentes. »

Au sein de l’Institut de recherche, Lenaïg suit l’évolution du littoral sénégalais, à partir de statistiques et de cartes satellites. Elle étudie par exemple comment le dérèglement climatique entraîne la montée du niveau de la mer et l’érosion des côtes, et elle cherche des solutions pour protéger le littoral.

Une mission scientifique dans la mangrove sénégalaise

Après plus d’un an de VIA, l’ingénieure est notamment partie sur le terrain en Casamance, une région du Sénégal connue pour ses mangroves, des forêts qui poussent dans les marais tropicaux.

« J’ai observé l’état des barrages anti-sel de la Casamance avec un doctorant de l’IRD, explique-t-elle. Ces barrages ont été installés dans les années 1980 pour protéger les sols agricoles de la salinisation des terres. À cause de la sécheresse et du manque de pluie, les eaux et les sols sont aujourd’hui trop salés. Les activités agricoles sont menacées et l’écosystème des mangroves se dégrade. »

Ces missions sont très enrichissantes pour découvrir la culture sénégalaise

Diplômée d’un master d’ingénierie écologique et formée à la sociologie, Lenaïg étudie aussi l’impact des pratiques humaines sur l’environnement. Elle doit donc mener des enquêtes de terrain en réalisant des entretiens avec des agriculteurs sénégalais.

« Au Sénégal, quand on veut passer des entretiens avec des ménages, il faut d’abord obtenir une autorisation du chef du village, indique Lenaïg. Ces missions sont très enrichissantes pour découvrir la culture sénégalaise. Elles prennent aussi plus de temps qu’en Europe, car le rythme ici est plus lent. »

Gagner en expérience

Dans ce pays, la jeune Française a aussi dû passer par une phase d’adaptation. « On est confronté à certains aléas, comme les coupures de courant, et les embouteillages, parce que les transports en commun sont peu développés. »

Mais Lenaïg l’assure, elle ne regrette pour rien au monde son départ au Sénégal. « Faire un VIA en Afrique permet de gagner beaucoup en responsabilités, estime-t-elle. J’acquiers une expérience que je n’aurais jamais pu avoir en Europe. » À seulement 26 ans, elle a, par exemple, coorganisé une conférence internationale sur le cycle de l’eau avec des chercheurs venus d’Europe et d’Afrique.

S’intégrer à la culture sénégalaise

Et même si le Sénégal est francophone, pour mieux s’intégrer, l’ingénieure a choisi d’apprendre le wolof, la langue la plus parlée dans le pays. Assidue, elle suit des cours quatre heures par semaine au sein de l’IRD pour être capable de le parler couramment. Cet atout linguistique doit lui permettre de faciliter le partenariat entre l’IRD et des acteurs politiques ou professionnels au Sénégal, comme les représentants du secteur maritime.

À la fin de sa mission, Lenaïg rêve de repartir très vite en Afrique. Elle aimerait intégrer un laboratoire français et effectuer des missions environnementales dans plusieurs pays autour du Sénégal. « L’Afrique est le continent de tous les possibles, sourit-elle. Je milite pour préserver l’environnement et il y a mille projets scientifiques à développer ici ! »

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