Réunie ce week-end à Saly pour son Assemblée générale ordinaire, l’Union des magistrats du Sénégal (Ums) a placé ses travaux sous le signe des réformes et de la modernisation de la Justice. Présidant la cérémonie d’ouverture, le Garde des sceaux, Me Moussa Sarr, a réaffirmé la volonté du gouvernement de faire du renforcement de l’institution judiciaire un «investissement stratégique» pour la consolidation de l’Etat de Droit et le développement du pays.
Au cœur des annonces ministérielles, figure la transformation numérique de l’appareil judiciaire à travers le New Deal technologique. Cette stratégie vise à accélérer la dématérialisation des procédures, à moderniser les systèmes d’information et à interconnecter l’ensemble des juridictions. «Notre ambition est de mettre la technologie au service du juge, et non de substituer la technologie au juge», a précisé le Garde des sceaux devant un parterre de magistrats et de délégations étrangères.
Malgré un contexte de finances publiques contraint imposant d’étroits arbitrages budgétaires, le ministre a assuré que la Justice demeurait une priorité nationale absolue. Le programme gouvernemental prévoit une poursuite progressive des investissements : réhabilitation des édifices judiciaires en concertation avec le ministère des Infrastructures, modernisation des équipements, poursuite des recrutements et renforcement de la formation continue (notamment sur les contentieux émergents tels que le numérique, l’environnement, le secteur minier et la délinquance financière).
Réponses aux revendications sociales : foncier de Déni et rémunérations
Conscient des attentes du corps magistral, le ministre de la Justice est également revenu sur les concertations engagées avec le Bureau exécutif de l’Ums. Concernant le dossier sensible du lotissement foncier de Déni (une parcelle de 5 hectares confrontée à des empiètements), la Chancellerie a annoncé l’engagement d’une procédure de mainlevée par l’Etat. «L’Etat s’engage à proposer une solution d’ici la fin de l’année», a déclaré le ministre quant à la prise de possession effective des sites par leurs attributaires.
S’agissant des disparités de traitement au sein de la Magistrature, le Garde des sceaux s’est dit pleinement conscient des enjeux et a promis d’en échanger avec l’autorité supérieure afin d’y apporter des réponses adaptées, dans un esprit de dialogue constructif.
L’indépendance de la Justice au cœur de la vision présidentielle
Inscrivant son intervention dans la vision du président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, le ministre a rappelé que l’efficacité et l’indépendance de la Justice conditionnent directement la crédibilité de l’Etat. «Il ne peut y avoir d’Etat de Droit sans une Justice forte […]. Elle est la gardienne des libertés, la protectrice des droits, l’arbitre des conflits et l’expression concrète de la suprématie de la loi», a-t-il affirmé, tout en rendant hommage au dévouement des magistrats face au volume croissant des contentieux et aux contraintes de ressources humaines.
Saluant la présence des délégations étrangères venues enrichir les échanges, le Garde des sceaux a conclu en déclarant officiellement ouverts les travaux de l’Assemblée générale, exprimant son souhait de voir les recommandations de l’Ums alimenter directement les futures politiques publiques de la Chancellerie.

