Dans un entretien accordé au journal Les Échos, Djibril Camara, commissaire divisionnaire de Police de classe exceptionnelle à la retraite et nommé officier de sécurité de la Fédération sénégalaise de football (FSF) en septembre 2025, est revenu sur ses missions qui consistent à « gérer la sécurité globale de la [FSF] et des sélections nationales, plus particulièrement de la sélection A, et de servir de facilitateur entre la Fédération et les forces de sécurité ». L’officier de sécurité indique avoir déjà effectué deux campagnes avec l’équipe nationale, à savoir « la CAN au Maroc et la Coupe du monde aux États-Unis ».
Concernant le Mondial 2026, le dispositif mis en place pour sécuriser la tanière s’articulait autour de deux axes principaux. Le premier concernait la sécurité extérieure, avec les déplacements de l’équipe encadrés par « les éléments de la Bip (Brigade d’intervention polyvalente) » pour assurer la protection physique des joueurs et du staff, avec l’appui de « la police américaine qui [leur] ouvrait la voie avec des motards ».
Le second volet portait sur la sécurité intérieure au niveau de l’hôtel, où l’accès faisait l’objet d’un « filtrage rigoureux » par badge ou accréditation. La FIFA avait déployé « un détachement de la police de New York », complété par une « agence de sécurité privée américaine ». La FSF ayant rencontré « des difficultés pour obtenir des visas pour ses propres agents de sécurité locaux », elle avait engagé cette société privée pour sécuriser les accès aux chambres. Les agents avaient pour consigne stricte « de ne laisser passer personne d’autre que les joueurs et le staff technique », y compris « les membres de la délégation officielle ou les fédéraux ».
Interrogé sur les rumeurs de soirées organisées avec des jeunes filles et de tensions entre joueurs et dirigeants, Djibril Camara a qualifié ces allégations d’« accusations gratuites et infondées, qui visent simplement à déstabiliser l’équipe nationale ou la Fédération ». Il assure qu’avec le dispositif en place, « aucun comportement anormal ne pouvait passer inaperçu » et qu’« aucun fait de ce genre ne [lui] a été signalé ».
L’officier a également démenti les rumeurs selon lesquelles des joueurs faisaient le mur, précisant qu’ils « n’ont bénéficié que d’un seul quartier libre », accordé le lendemain du match contre la France. En dehors de cette période, « aucune sortie non autorisée n’a été enregistrée » et « au-delà de 22 heures, vous ne voyiez plus aucun joueur dans les couloirs ».
Enfin, concernant les accusations de harcèlement sexuel visant le cuisinier de la sélection, l’interlocuteur du quotidien d’information a refusé de commenter, expliquant que « c’est une affaire privée » et que, n’ayant pas été témoin direct des faits, il préférait ne pas se prononcer.

