
Une reine (Ranavalona III-Madagascar) sans royaume Hella Feki
Une figure de femme oubliée de l’Histoire. La dernière reine malgache, Ranavalona III. Une reine exilée loin de son royaume qui va vivre une renaissance le temps d’un séjour à Tunis en 1907. Une voix envoûtante, une vie édifiante.
En débarquant à Tunis en 1907, Ranavalona III, dernière reine de Madagascar, est submergée par les souvenirs de sa jeunesse à Tananarive, ses amours passionnées et la tragédie de son exil forcé.
Elle découvre aussi un pays où bat le pouls intellectuel de l’Orient d’alors, avec ses salons de pensée tenus par des souveraines lumineuses. Toutes ont en commun l’amour de la littérature et de la politique, et aux côtés de ces femmes, Ranavalona retrouve son souffle.
Dans ce deuxième roman poétique et envoûtant, Hella Feki redonne voix à cette reine qui n’était pas destinée à régner. Un voyage d’un bout à l’autre de l’Afrique, une variation romanesque sur cette figure oubliée de l’Histoire.
« Un moment exceptionnel que nous fait revivre l’auteure avec une tendresse érudite. » Ecran de veille
« Dans ce texte empreint de suavité et de gravité, Hella Feki convoque l’histoire officielle mais aussi l’intimité de la fiction pour raconter une vie habitée par les tragédies et la solitude, les amours, les soleils et les rencontres qui nous transforment. » L’Orient le jour
« Elles lui rappellent autant le bonheur de cette époque que la tragédie de son pays à peine adoucie par le souvenir des paysages. Nourri d’Histoire et d’imaginaire, le roman allie habilement les deux aspects. » Le Soir
« Dans ce roman poétique et envoûtant, Hella Feki redonne voix à cette souveraine qui n’était pas destinée à régner. Une variation romanesque sur cette figure oubliée de l’histoire.» France Dimanche
« Agrégée de lettres modernes, passionnée de voyage, cette professeure de français et de théâtre vient de publier un second roman consacré à Ranavalona III, la dernière reine malgache. C’est en vivant face à son palais de Tananarive que l’écrivaine s’est intéressée au destin de cette souveraine exilée. » Point de Vue
« Une Reine sans royaume, récit testamentaire, historique et poétique, oscille entre document et fiction aux accents shakespeariens. Au-delà de la tragédie souffle un vent vital: la liberté sensuelle et politique, l’élan créatif. Le roman fekien est avant tout célébration, où s’impose un style engagé et lyrique qui fait dialoguer les cultures et les époques. Par la littérature, Hella Feki rend visibles celles et ceux qu’on a effacés de l’Histoire » Le Courrier de Genève
« On referme le livre avec cette impression singulière : être, soi aussi, un roi ou une reine sans royaume. Mais avec panache. » Idealize by
« L’écrivaine tunisienne redonne souffle et densité littéraires à la dernière souveraine malgache, métamorphosant ces traces historiques en un roman habité par la mémoire, la sensualité et un panafricanisme compassionnel. Invitée en mai 2025 à l’Académie du Royaume du Maroc, elle a offert une magistrale leçon inaugurale lors du colloque consacré aux « Variations autour des pouvoirs de la création artistique », avec la reine déchue pour égérie centrale. » Eugène Ebodé
« Cette femme au drame terriblement contemporain s’incarne dans « Une reine sans royaume » d’Hella Feki. La romancière nous raconte ses souvenirs, ses combats, son exil forcé, ses amours interdites et le voyage le plus important de sa vie, encore jeune, en Tunisie. » RFI
« Avec son deuxième roman Une reine sans royaume, l’écrivaine franco-tunisienne Hella Feki raconte, de sa plume sensible et poétique, le destin de cette souveraine oubliée de l’histoire jusqu’à sa mort en 1917. Croisant veine romanesque et récit historique, elle donne corps à son intériorité, imaginant ses blessures, ses amours, sa rencontre avec les cercles intellectuels féminins d’Orient, tout en brossant le portrait d’une époque, évoquant les révoltes des peuples contre l’invasion coloniale, les bouleversements sociaux, politiques et culturels d’un bout à l’autre de l’Afrique. » Afrique Magazine
« A sauts et à gambades, dans un langage poétique, la reine mêle l’intime au collectif pour donner à voir cette période coloniale de l’intérieur. » Collatéral
« Ainsi, à partir de faits historiques mais aussi par le biais du romanesque, Hella Feki retrace cette destinée exceptionnelle et dresse, à la première personne, un portrait empathique d’une femme attachante, d’une époque et d’un monde et de leurs coulisses. » Le français dans le monde
Coups de cœur des libraires
« Ce roman donne à voir la vie mondaine méconnue d’un orient Belle Epoque bouillonnant d’idées. De guerres oubliées en jolies envolées lyriques, Hella Feki prend des libertés avec l’histoire mais offre un beau voyage dans le temps tout en nous transportant, au Maghreb comme sur la Grande Ile.»
Librairie Kléber (Strasbourg)
« Une reine sans royaume » : Géographie du cœur
Avec Une reine sans royaume, son nouveau roman, Hella Feki marie deux terres qui lui sont chères : sa Tunisie natale et Madagascar où elle enseigna et où elle écrivit son tout premier roman, Noces de Jasmin. En imaginant les pages qu’aurait pu noircir au crépuscule de sa vie la dernière reine malgache Ranavalona III, Hella Feki renoue avec des thématiques fortes : le souffle de liberté face à l’étau de l’oppression, le féminisme, l’identité, l’éloignement. D’une écriture sensuelle et poétique, la romancière imagine les errances d’une reine exilée et sa puissance retrouvée auprès de figures féminines étonnantes. Un roman hypnotique et bouleversant.
Pouvoir symbolique
Lorsqu’elle enseignait à Madagascar, Hella Feki résidait à Tananarive en face de la colline sacrée où trône le Palais de la Reine. Des reines, il y en eut plusieurs. Ranavalona Ière, surnommée la « Caligula femelle », est sans doute l’une des plus célèbres. Mais c’est une autre reine qui hante Hella Feki de « son sourire lointain ». Ranavalona III est une reine à qui tout fut imposé, la contraignant à devenir, bien malgré elle, un pion au cœur des jeux de pouvoir. Les hommes la trahissent et pensent l’asservir, mais Ranavalona III conserve sur son peuple l’aura symbolique d’une souveraine dont le rôle est de faire le lien avec les ancêtres que l’on honore à travers de fastueux rituels. Le règne de la souveraine prend place en pleine période de « course aux colonies » et Madagascar se retrouve prise en étau entre la France et la Grande-Bretagne. Face à l’oppression, les révoltes s’enchaînent. Envoyé comme porteur d’une « mission civilisatrice », le Général Gallieni opère une « pacification meurtrière ». L’île est à feu et à sang, mais la cruauté du nouvel administrateur de l’île, désormais sous contrôle français, ne s’arrête pas là. Ce dernier développe une obsession pour Ranavalona III qu’il soupçonne de fomenter en secret de nouvelles révoltes. Rien ne pourrait être plus faux, mais Gallieni est prêt à tout pour réduire au silence cette reine qui le hante et l’effraie. L’exil sera sa sentence. A La Réunion d’abord, puis en Algérie. Mais ce que Gallieni ignore, c’est que « c’est dans cet exil, dans le dépouillement de son autorité que Ranavalona III conquiert son statut d’icône nationale ». Blessée par les conséquences d’une « servitude fataliste » à la force coloniale, Ranavalona III ne cessa pourtant jamais de nourrir pour sa patrie d’accueil une très contradictoire loyauté. Autorisée à voyager en métropole, elle y reçoit tous les honneurs, sans être dupe d’une adulation qui confine souvent à la caricature. Suscitant « une curiosité tantôt hostile, tantôt sensible », cette dernière souveraine de Madagascar fut la première grande vedette de la presse populaire française. Mais Ranavalona III lutta pour ne pas se laisser enfermer dans cette image d’elle que les hommes ont voulu recréer.
Mélancolie de l’exil
Sorte de journal intime d’une reine en exil, le roman d’Hella Feki est une réflexion sur l’isolement, l’arrachement à la terre des origines, l’identité morcelée. Ranavalona III prend la plume à Alger, le 23 mai 1917. Sujette aux angoisses prémonitoires, la reine sait sa fin proche, il lui faut donc, sans attendre, emprunter à rebours les chemins de sa mémoire pour que chaque souvenir marquant reste vivant. Lorsque l’on perd tous ses repères, s’ancrer profondément dans son monde intérieur devient une nécessité. Mais, « refusant que son identité soit une geôle », Ranavalona III décide de transformer son exil en une nouvelle manière d’être au monde. Au cours de ses recherches, Hella Feki découvre que la souveraine malgache fit un voyage en Tunisie. Il n’en fallait pas plus pour aiguiser l’instinct de la romancière qui vit dans cette escapade tunisienne quasi inconnue l’occasion d’imaginer la rencontre entre Ranavalona III et sa ville natale, Tunis. Relatant ses déambulations dans cette cité aux mille couleurs et senteurs, la reine dessine les contours d’un « amour-paysage ». En se laissant aller à la contemplation et à la méditation, Ranavalona III se réapproprie son corps, son cœur et son âme et s’ouvre à la possibilité de l’insolite et de l’inattendu. Ses réflexions s’appuient sur une poésie des mots, une sensualité de la langue, dont elle souligne toute la puissance et la magie, elle qui découvre que « l’écriture est peut-être ce qu’elle a hérité du chemin de l’exil ». Mais en déambulant dans les rues de Tunis, soumise à son tour aux soubresauts de l’Histoire, c’est une autre ville qui apparaît à la reine, comme en surimpression, offrant à Ranavalona III l’occasion de repenser à son île natale et au rôle qu’elle y jouât en tant que souveraine.
Souffle nouveau
A Tunis, Ranavalona III décide d’être actrice de son bonheur et « de le sculpter comme un chef-d’œuvre », s’appuyant sur les enseignements de femmes de lettres qui la fascinent et auprès de qui elle « vit ses plus belles aventures littéraires et intellectuelles », « renaissant par leurs récits plus grands que la vie ». La reine se rapproche d’abord de Myriam Harry, la plus orientale des françaises, reporter et écrivaine de renom qui remporta le tout premier Prix Femina. Par l’entremise de cette dernière, Ranavalona III rencontre la Princesse Nazli et la Reine Lella Beya Qmar. L’égyptienne et la tunisienne ont chacune à leur manière bouleversé le Moyen-Orient de l’époque créant des salons et cafés féminins où furent discutées des idées novatrices sur l’Islam, l’émancipation des femmes, l’égalité des peuples. En choisissant d’imaginer des rencontres entre toutes ces femmes, Hella Feki lutte contre leur invisibilisation, tout en mettant à mal les clichés sur la femme moyen-orientale. Une même sororité relie ces femmes qui ont fait de ces salons emplis de liberté, l’envers des sérails où elles furent captives.
A la fin de son roman, Hella Feki adresse une lettre à la dernière reine malgache pour lui dire son admiration, mais aussi pour lui avouer combien écrire sur elle fut un cheminement long et complexe. C’est d’ailleurs en écrivant cette lettre qu’Hella Feki parvient à déclencher le processus d’écriture, comme si s’opérait une sorte de passage de flambeau entre la reine en exil et l’autrice voyageuse. A l’image de sa Ranavalona III de fiction qui fonda sa renaissance sur la sororité des salons féminins, Hella Feki puise un nouveau souffle créateur dans le parcours de cette reine à qui, par la puissance de sa langue riche et poétique, elle redonne enfin un royaume.
Juliette Courtois
© Marie Rouge

