Nairobi – Rencontre Diomaye – Georgieva : un dialogue complexe depuis deux ans

En marge du sommet «Africa Forward» au Kenya, le chef de l’Etat sénégalais a personnellement pris en main le dossier brûlant des relations avec le Fonds monétaire international (Fmi). Au cœur de son échange avec Mme Georgieva : la gestion de la dette et la quête d’une issue favorable pour soulager les finances publiques sénégalaises. Le chef de l’Etat a exposé en détail la stratégie de résilience du Sénégal face aux chocs exogènes, notamment les répercussions du conflit au Moyen-Orient qui pèsent lourdement sur la facture énergétique nationale. Une rencontre cruciale pour l’avenir économique du pays, alors que les négociations pour un nouveau programme piétinent depuis plusieurs mois. 

Il y a eu un tête-à-tête stratégique, mais les lignes restent encore très éloignées les unes des autres. Même si le Prési­dent Bassirou Diomaye Faye ne ménage pas ses efforts pour entrevoir la lumière venue de Washington où siègent les institutions de Bretton Woods. Ce mardi à Nairobi, la Prési­dence a confirmé un entretien de haute importance entre le président de la République et Kristalina Georgieva, Directrice générale du Fonds monétaire international (Fmi).

Le ton est donné : Le Prési­dent Bassirou Diomaye Faye a décidé de porter personnellement le dossier des relations entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FmiI). Lors de son entretien avec Kristalina Georgieva, le chef de l’Etat a réaffirmé sa volonté de trouver des «solutions durables» pour stabiliser les finances publiques tout en protégeant le pouvoir d’achat des Sénégalais.

Le Président a exposé en détail les mesures de résilience prises par son gouvernement pour contenir les ondes de choc du conflit au Moyen-Orient. Le point de vigilance majeur reste le renchérissement du coût de l’énergie, un facteur qui pèse lourdement sur les indicateurs macroéconomiques nationaux. Dakar cherche ainsi à démontrer sa proactivité pour éviter que ces pressions extérieures ne freinent la dynamique de croissance interne.

L’issue de cette rencontre de haut niveau est claire : le dialogue continue. Les deux parties sont convenues de confier la suite des discussions aux équipes techniques du Fmi, qui poursuivront leurs missions au Sénégal. «C’est un dossier auquel le chef de l’Etat consacre toute son énergie», précise la Présidence, soulignant ainsi que la quête d’une issue favorable pour le Sénégal n’est pas seulement une question de chiffres, mais un impératif de bien-être pour les populations.

Ce tête-à-tête marque une étape-clé dans la consolidation de la confiance entre le nouveau régime et les partenaires financiers internationaux, avec pour objectif ultime une gestion de la dette qui soit à la fois transparente et au service du développement national.

Si la directrice du Fmi a salué sur les réseaux sociaux une discussion portant sur les «priorités de réforme» et «l’importance de la transparence», le flou demeure sur le point le plus attendu par Dakar : la signature d’un nouveau programme de financement. «Nous avons discuté de la gestion de la dette et de l’importance du travail du Sénégal sur la transparence», a sobrement tweeté Kristalina Georgieva, sans pour autant annoncer de calendrier précis.

Rappel des faits : un dialogue complexe depuis deux ans

Pour comprendre l’enjeu de cette rencontre, il faut remonter à avril dernier. A l’époque, Abebe Aemro Selassie, alors directeur du Département Afrique du Fmi, avait jeté un froid en expliquant les lenteurs du dossier. Selon l’institution, deux obstacles majeurs freinent la conclusion d’un accord, notamment la viabilité de la dette : le Fmi demande des garanties strictes et une analyse approfondie de la capacité du Sénégal à honorer ses engagements sans compromettre sa croissance.

Face à cette prudence des bailleurs de fonds, Bassirou Diomaye Faye a décidé de s’impliquer directement. Le communiqué officiel souligne que le Président «consacre toute son énergie» à ce dossier, signe que l’Exécutif cherche à rassurer les partenaires techniques par un engagement politique de premier plan. Les discussions vont désormais se poursuivre au niveau technique. Les prochaines missions des équipes du Fmi à Dakar seront déterminantes pour transformer ces échanges diplomatiques en un soutien financier concret, vital pour stabiliser l’économie sénégalaise face à la vie chère.

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