ONU : l’Union africaine enclenché une procédure décisive pour porter la candidature du Président Macky Sall

La Commission de l’Union africaine a enclenché une procédure décisive pour porter la candidature de l’ancien Président sénégalais, Macky Sall, au poste de Secrétaire général des Nations unies. Ce soutien continental repose sur un bilan diplomatique jugé exceptionnel et une vision claire pour la refonte du multilatéralisme.

En attendant la position de Dakar, les choses se mettent en place dans le bon ordre pour Macky Sall. Une note verbale de la Commission de l’Union africaine, datée du 26 mars 2026, révèle qu’un consensus est en cours pour appuyer officiellement l’ancien Président sénégalais au poste de Secrétaire général des Nations unies. Sauf objection d’un tiers des Etats membres d’ici vendredi soir, Macky Sall deviendrait le candidat porté par le continent africain. Selon un document interne de l’organisation continentale, le Bureau de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement, réuni ce jeudi sous la présidence de Evariste Ndayishimiye (Burundi), a validé le principe d’un soutien à Macky Sall. Cette décision vise à présenter une candidature africaine unifiée pour la direction de l’Onu, un poste stratégique où le continent entend peser davantage.

Après avoir parrainé la candidature de Sall il y a quelques jours, le Président burundais poursuit sa logique de soutien jusqu’au bout. La Commission de l’Ua a lancé ce que les diplomates appellent une «procédure de silence». En vertu de cette règle, un délai court a été fixé : les Etats membres ont jusqu’au 27 mars 2026 à 17h 00 (heure de clôture des bureaux) pour formuler d’éventuelles objections. Pour le quorum de rejet, il faudrait qu’au moins un tiers des pays membres éligibles au vote s’y oppose pour faire tomber le projet de décision. Et la finalité est de dégager un consensus automatique : passé ce délai, et sans opposition majeure, la décision sera considérée comme adoptée par consensus.

Le document de l’Union africaine, qui circule actuellement dans les chancelleries, met en avant l’expérience unique de Macky Sall à la tête de l’Etat sénégalais (2012-2024) et son passage remarqué à la présidence de l’Ua en 2022. Ses pairs africains voient en lui un leader capable de parler d’égal à égal avec les grandes puissances, tout en restant ancré dans les réalités du Sud global. Parmi les qualités et accomplissements majeurs retenus pour justifier ce soutien, on note l’entrée de l’Afrique au G20. Et le document rappelle son plaidoyer historique et victorieux pour que le continent dispose d’un siège permanent au sein de ce forum économique mondial. Il y a aussi son statut de médiateur de paix : son rôle de facilitateur dans plusieurs crises régionales et sa capacité à naviguer dans les tensions internationales complexes sont cités comme des atouts majeurs pour diriger l’Onu. Il évoque aussi son engagement sur la question du climat (notamment via le Global center on adaptation) et son expertise sur le financement du développement, présentés comme des compétences indispensables pour affronter les défis du XXIe siècle

Une diplomatie entre rupture et realpolitik : Dakar sous pression

Si ce soutien est confirmé dans les prochaines heures, il s’agirait d’une victoire diplomatique majeure pour Macky Sall, qui se retrouve en position de force dans l’arène internationale. Cette démarche intervient au moment où les appels pour une meilleure représentativité de l’Afrique dans les instances dirigeantes mondiales se font de plus en plus pressants.

Pour l’heure, les autorités sénégalaises n’ont pas encore fait de déclaration publique officielle, la procédure diplomatique étant toujours en cours. Malgré l’accélération du calendrier à Addis-Abeba, les autorités sénégalaises maintiennent une posture de réserve qui interpelle. Le Président Bassirou Diomaye Faye, actuellement en visite officielle en Espagne, ne s’est toujours pas prononcé publiquement sur la candidature de son prédécesseur. Ce mutisme contraste avec l’activisme du Burundi, qui a pris l’initiative de porter le dossier au nom de l’Afrique. Cette position «attentiste» de Dakar s’explique par plusieurs facteurs, notamment le poids d’un passif politique lourd : dès juin 2025, la ministre des Affaires étrangères, Yassine Fall, avait exprimé des réserves sur le «profil» et le «bilan» nécessaires pour un tel poste, soulignant une volonté de rupture avec l’ancien régime. Une partie de la Société civile et des collectifs de victimes s’opposent fermement à ce qu’un soutien officiel soit accordé, invoquant les tensions politiques des dernières années de mandat de Macky Sall.

Aujourd’hui, le louvoiement de Dakar va le mettre au cœur d’un dilemme de la solidarité africaine. Si le consensus de l’Union africaine se confirme ce 27 mars, Dakar se retrouvera devant un choix cornélien : se désolidariser d’un candidat sénégalais porté par tout un continent ou accorder un soutien «technique» au nom de la souveraineté nationale, malgré les divergences politiques profondes.
Pour les observateurs, ce silence de l’Exécutif sénégalais pourrait être une forme de «neutralité prudente». Il permet au gouvernement de ne pas cautionner politiquement Macky Sall tout en évitant de bloquer une opportunité historique pour le Sénégal de diriger l’organisation la plus puissante au monde. Une équation à deux inconnues !