Mères courages, femmes au talent exceptionnel, ces dames de cœur 2026 !

Le 8 mars on a célébré la journée internationale du droit des femmes. Le 8, pas le 6, pas le 9, mieux valait donc qu’elles en profitent, or ce droit devrait être permanent, du 1er janvier au 31 décembre. Car qu’est-ce que 24 heures si toutes les autres journées de l’année elles doivent être l’objet d’agressions sexuelles et de violences familiales. De même qu’on devrait instituer une journée internationale du « devoir des hommes », en leur rappelant cependant que ce devoir ne se limite pas à une seule journée, mais à tous les jours de l’année !

A cette occasion je voudrais adresser un clin d’œil amical et admiratif à certaines femmes, vues comme autant de  symboles de la cause féminine.  La première d’entre elles est Gisèle Pélicot, cette femme qui a été violée à de multiples reprises par une cinquantaine hommes, dont son mari, une femme martyre car elle a été droguée et abusée pendant plus de dix ans. On n’ose imaginer pire cauchemar. Cela a donné lieu au célèbre procès de Mazan. Aujourd’hui, après que les coupables aient été sanctionnés, elle est devenue la porte-parole de la lutte contre les violences faites aux femmes et elle a raconté son parcours dans un livre : « Et la joie de vivre », déjà traduit en vingt-deux langues, ce qui fait d’elle une icône internationale. Son histoire est terrible, bouleversante et poignante, et son témoignage courageux, admirable.  J’associerai à Gisèle Pélicot, Sarah Abitbol cette ex-patineuse qui a osé briser les abus sexistes dans le sport et qui, elle aussi, a raconté son histoire dans un livre remarquable : « Un si long silence ».

Dans un registre différent, je voudrais saluer l’exceptionnel parcours de Sophie Adenot, qui, le 13 février dernier àaécollé pour sa première mission vers la station spatiale internationale, vingt-cinq ans après une première française, Claudie Haigneré. Je garderai longtemps en mémoire la phrase qu’elle a prononcé dans une vidéo de la Nasa, lors du décollage, un modèle du genre : « Prenons soin les uns des autres, osons rêver grand ensemble et continuons à viser toujours plus haut« , une magnifique déclaration de foi dans l’humanité et dans l’avenir qu’on devrait graver aux frontons de nos mairies à côté de Liberté, Egalité, Fraternité.

Il y a aussi Zahia Ziouani, française d’origine algérienne, qui a su briser le plafond de verre d’une profession très élitiste et très masculine, celle des chefs d’orchestre. C’est elle, souvenez-vous, qui a dirigé son ensemble symphonique « Divertimento » lors de la cérémonie de clôture des JO de Paris. Elle mérite tous nos compliments et nos encouragements.

Dans le registre de la gastronomie, comment ne pas saluer la cheffe inspirante Anne Coruble, qui a été désignée en novembre dernier « Pâtissière de l’année 2026 » lors du gala Gault & Millau. Là encore, la jeune femme a su s’imposer dans un milieu majoritairement dominé par les hommes pour officier aujourd’hui à la tête de la pâtisserie de l’hôtel « The Peninsula Paris ». Je ne saurais pas oublier davantage Véronique Courtois, « the Boss ». Après 25 ans de carrière chez Dior, elle vient d’être nommée PDG des parfums Christian Dior.

Ce ne sont là que quelques exemples, nécessairement arbitraires, mais d’une grande diversité, quelques visages féminins qui ont fait bouger les lignes. Elles sont pour moi les 6 Dames de cœur 2026. Un grand merci mesdames, vous avez droit à toute notre admiration, sans oublier les innombrables femmes anonymes qui, chaque jour, accomplissent des exploits du quotidien.

Jean-Yves Duval, journaliste écrivain