About Author

Morgan Howen

Morgan is an example author of everest news. She has just a dummy image &

Mamadou le Guérisseur de Roubaix Nord-France- 3 ouvrages sur cet homme revisité

Entre légendes et vérités, Jacques Geesen retrace la vie romanesque d’un boxeur-guérisseur roubaisien, passé du ring au célèbre musée La Piscine.

Roubaix – Lompret  Un livre sur l’incroyable histoire de «Mamadou le guérisseur»

Un an après la redécouverte du destin extraordinaire de Mamadou N’Diaye, et de son vitrail désormais exposé au musée La Piscine, un livre s’intéresse à son histoire. Rencontre avec le Lomprétois Jacques Geesen, l’auteur de « Mamadou, le guérisseur de Roubaix ».

Par Bruno Renoul | Publié le 25/10/2018été séduit par la personnalité et le parcours romanesque de Mamadou.

Pourquoi vous êtes-vous intéressé à Mamadou N’Diaye ?

« Après la découverte du vitrail à son effigie, et de Mamadou lui-même, qui avait été oublié, j’ai été sollicité par l’association des Amis d’André Diligent pour assurer une conférence sur le sujet, car l’ancien maire de Roubaix a été son avocat quand il a été poursuivi pour exercice illégal de la médecine. Je n’avais…

Roubaix: L’histoire de Mamadou le guérisseur, en toile de fond de la réouverture du musée La Piscine

CULTURE La Piscine de Roubaix, qui vient de rouvrir ses portes après travaux, expose désormais un vitrail représentant Mamadou, un Sénégalais au parcours étonnant, tour à tour marin, boxeur, puis rebouteux…G.D. avec AFP

Portrait de Mamadou N’Diaye, un personnage de Roubaix, exposé à La Piscine, à l’occasion de la réouverture du musée, le 19 octobre 2018. — AFP

La réouverture de La Piscine a eu lieu, samedi. Au milieu des collections référencées du musée roubaisien, après agrandissement, un vitrail somme toute modeste intrigue : il rend hommage à « Mamadou », véritable personnage de roman dont l’histoire épouse, à sa façon, celle du siècle passé.

« Au cher Mamadou qui m’a sauvé la vie »

Cette pièce multicolore de 60 cm de hauteur campe un homme noir en costume, regard fixant le lointain, un baobab fleuri, un drapeau du Sénégal et un lion qui rugit. « Au cher Mamadou qui m’a sauvé la vie. Témoignage reconnaissant. « La Marquise » », lit-on aussi en dédicace.

Le belge Achiel de Vuyst, biographe de Mamadou, avait déjà percé le mystère de cette « marquise » commanditaire. Elle n’était autre que la tante par alliance du roi des Belges Baudouin, remise d’équerre par Mamadou.

L’œuvre a immédiatement interpellé Germain Hirselj, administrateur de l’association des amis de La Piscine, lorsqu’il l’a dénichée, fin 2017, dans un dépôt-vente près de Lille : « J’étais avec mon père, qui a tout de suite reconnu qu’il s’agissait du Mamadou de Roubaix et s’en est porté acquéreur le lendemain ».

Surnommé la « Panthère noire » sur le ring

Mamadou N’Diaye était en effet connu de tout Roubaix. Et la redécouverte du vitrail a réveillé son histoire. Né en 1909 dans un village du Sénégal, il s’embarque à 12 ans dans la marine française, jusqu’en 1931 où il rallie Lille, puis Roubaix, peut-être influencé par un « père blanc » missionnaire de Tourcoing.

(Vidéo) Découvrez Mamadou Ndiaye, ce “Baol Baol” aurait soigné plus de 54 000 personnes en France par … France : à Roubaix, le boxeur sénégalais qui guérissait À l’automne 2018, le musée La Piscine, à Roubaix en France, exposera un… | #Sénégal #kebetu https://t.co/pGWVtrxVHZpic.twitter.com/9ew7Cu5kWi

— 7sur7senegal (@7sur7senegal) January 16, 2018

Dans la capitale laborieuse du textile français, il vit de petits métiers, puis se bâtit une réputation à la force de ses poings, comme boxeur, affublé rapidement d’un surnom : « La panthère noire ». Dans le Nord occupé, Mamadou s’engage aussi dans la Résistance.

Mais c’est surtout à son don de chiropracteur qu’il doit sa renommée. En 1951, il s’installe dans le vibrionnant quartier du Pile. Il y redresse à la chaîne les corps cabossés, des ouvriers du textile comme de la haute société. On vient de partout. Des cars sont même affrétés de Belgique.

Sept procès contre le chiropracteur

Au total, des milliers de patients -dont le père de Germain Hirselj- passeront entre ses mains. Certains produiront des attestations favorables lorsque l’ordre des médecins le poursuivra pour exercice illégal de la médecine.

Sept procès lui sont intentés de 1956 à 1972, a décompté l’ancien huissier Jacques Geesen, auteur de Mamadou, le guérisseur de Roubaix éditions Les Lumières de Lille). Heureusement pour lui, il eut pour avocat André Diligent, qui deviendra maire de Roubaix.

Un « personnage romanesque »

Sa notoriété fut telle qu’on organisa des messes. « L’église était archi-pleine », se souvient Agnès Vigin, 81 ans. C’est elle qui, à la mort de Mamadou en 1985, acquiert le fameux vitrail dans une vente aux enchères. Il avait rétabli par deux fois son mari, d’un vilain tour de reins puis d’une entorse à la cheville, « après quoi il s’est tenu droit comme un cardon toute sa vie ! »

C’est cet homme-là qui connaît aujourd’hui les honneurs posthumes de La Piscine. Son conservateur Bruno Gaudichon a rapidement saisi l’intérêt du vitrail : ce « personnage romanesque » illustrera ainsi « l’immigration dans cette ville ».

https://www.20minutes.fr/lille/2357615-20181022-roubaix-histoire-mamadou-guerisseur-toile-fond-reouverture-musee-piscine

Mamadou N’Diaye, star d’un numéro spécial des « Cahiers de Roubaix »

Posted on 8 novembre 2018 by philippe waret

Après avoir fait l’objet d’un documentaire, d’un livre, désormais exposé au musée La Piscine, le guérisseur roubaisien Mamadou N’Diaye fait aussi l’objet d’un numéro spécial des Cahiers de Roubaix. 85 pages pour en savoir plus sur le destin extraordinaire de cet homme.

Le cahier de Roubaix devant le vitrail Photo MD

Si vous souhaitez vous pencher d’un peu plus près sur le fabuleux destin de Mamadou N’Diaye, ce vingtième numéro des Cahiers de Roubaix est sans doute fait pour vous. Sur 85 pages, la publication dissèque la vie hors-norme de ce Sénégalais devenu mousse dans la marine marchande, matelot dans la Marine Nationale, puis, arrivé à Roubaix dans les années 30, boxeur, entraîneur puis chiropracteur de talent jusqu’à son décès en 1985. Une personnalité locale sortie de l’oubli il y a seulement un an, lorsqu’a été découvert par hasard un vitrail à son effigie, désormais exposé dans les nouvelles salles du musée La Piscine.

L’historien local Philippe Waret revient en détail sur le parcours de boxeur et de manageur de celui qui était surnommé « la Panthère noire » en raison de sa souplesse. Il explore également son activité de guérisseur et ses nombreux démêlés avec la justice pour exercice illégal de la médecine. La revue, dirigée par Michel David, de la Société d’émulation de Roubaix, propose également des entretiens avec Sérigné Diop, le président de la communauté des ressortissants d’Afrique de l’Ouest (CRAO), Bruno Gaudichon, le conservateur de la Piscine, et les dirigeants du Boxing Club de Roubaix. Elle republie également des articles évoquant Mamadou et parus dans La Voix du Nord, Le Monde, Jeune Afrique, Gens et Pierres de Roubaix, ainsi que la retranscription intégrale du documentaire que lui avait consacré France Culture.

Les Cahiers de Roubaix sont disponibles à la boutique du musée, et bientôt à la Presse du Parc et dans les librairies les Lisières et Autour des mots. 85 pages, 12 euros.

par Bruno Renoul

https://www.lirearoubaix.com/mamadou-ndiaye-star-dun-numero-special-des-cahiers-de-roubaix/

Roubaix et Wattrelos Elle a eu le vitrail de Mamadou pendant trente-deux ans chez elle

On a retrouvé la trace de celle qui possédait le vitrail de Mamadou avant qu’il soit acquis par le musée de la Piscine de Roubaix. Agnès Vigin Sinko et son mari l’avaient acheté avec trois tableaux représentant le célèbre guérisseur du Pile, à sa mort, en 1985. Elle raconte.

Par Bruno Renoul | Publié le 08/11/2017

satisfaite de voir « son » vitrail » rejoindre la Piscine de Roubaix.

S’il y a bien une personne qui a été ravie de voir l’histoire de Mamadou exhumée, c’est Agnès Vigin Sinko. En lisant notre article racontant le fabuleux destin de ce guérisseur sénégalais à qui l’on prête 54 000 guérisons à Roubaix des années 1950 à 1980, la Wattrelosienne a frémi : le vitrail retrouvé dans un dépôt-vente de Villeneuve d’Ascq et acquis par le musée de la Piscine, qui veut l’accrocher dans la future salle sur l’histoire…

https://www.lavoixdunord.fr/260708/article/2017-11-08/elle-eu-le-vitrail-de-mamadou-pendant-trente-deux-ans-chez-elle

Il était une fois Mamadou Ndiaye, le Sénégalais qui guérissait Roubaix et au-delà/lemonde.fr

Merci Linguère fatou fall et khadim fall qui aurait pu écrire un livre sur cet homme.P B CISSOKO

L’histoire romanesque de ce chiropracteur à succès durant trois décennies a ressurgi avec la découverte d’un vitrail à son effigie dans un dépôt-vente.

Mamadou Ndiaye a délivré 54 000 attestations médicales au cours de sa carrière à Roubaix. C’est une pièce hautement symbolique pour les habitants de Roubaix, dans le nord de la France, qu’a acquis, pour 150 euros, le musée local La Piscine, début octobre. Un vitrail de 60 cm de haut sur 45 cm de large à l’effigie de Mamadou Ndiaye, un guérisseur sénégalais disparu en 1985 et dont la renommée s’était étendue jusqu’en Belgique entre les années 1960 et 1980. « Plus que la valeur de l’œuvre, c’est l’histoire de ce personnage romanesque qui nous a intéressés », confie Bruno Gaudichon, le conservateur du musée.
L’œuvre, en parfait état, figure, outre Mamadou Ndiaye en costume cravate, un drapeau du Sénégal et un baobab en arrière-plan. Elle a été trouvée fortuitement dans un dépôt-vente par Germain Hirselj, 34 ans, régisseur de musée et administrateur de la Société des amis de La Piscine. Au bas du vitrail conçu tel un ex-voto, on lit la dédicace suivante, signée la « Marquise » : « Au cher Monsieur Mamadou qui m’a sauvé la vie. » Un vrai hommage à ce chiropracteur non diplômé qui avait l’art de guérir miraculeusement les douleurs des vertèbres.
« Je connais vaguement l’histoire de Mamadou. Mais mon père l’a connu et a même eu affaire à lui pour de grosses douleurs dans le dos. Mamadou a été un quelqu’un de très populaire ici », explique Germain Hirselj.
C’est Agnès Sinko, une habitante de la commune voisine de Wattrelos, qui a possédé l’œuvre pendant trente-deux ans, avant de l’abandonner à un brocanteur. Elle l’avait achetée, ainsi que trois autres portraits, lors de la vente aux enchères des affaires de Mamadou Ndiaye à la mort de celui-ci. « Il avait soulagé mon mari après un tour de reins. Puis, quelques années plus tard, il a eu une entorse. Les médecins lui ont dit qu’il ne pourrait plus marcher normalement… Et là encore, Mamadou l’a soulagé », a-t-elle confié au quotidien local La Voix du Nord.

L’un des tout premiers Africains de la ville

Né en 1909 à Diourbel, au Sénégal, Mamadou Ndiaye s’installe à Roubaix en décembre 1931, au quartier du Pile, après avoir travaillé pendant neuf ans comme moussaillon à bord de navires de la marine marchande. A cette époque, le Sénégal est encore une colonie française et l’immigration est surtout polonaise. « Au moment où Mamadou Ndiaye s’installe à Roubaix, il n’y avait pas encore beaucoup de Noirs. On peut dire qu’il fait partie des premiers Africains de la ville », explique Bruno Gaudichon.
Alors âgé de 22 ans, Mamadou Ndiaye apprend très rapidement le français auprès d’un missionnaire à Tourcoing, avant de se convertir à la boxe en suivant des cours au centre régional d’éducation physique à Roubaix. Il fonde dans les années 1950 le Boxing Club colonial de Roubaix. Dans le même temps, il se découvre un talent de guérisseur et exerce la chiropractie, une pratique manuelle non conventionnelle qui traite les douleurs vertébrales.
uun  geste de la main, Mamadou vous remettait les vertèbres en place »,raconte Germain Hirslej.
Le bouche-à-oreille faisant son effet, il sera très vite repéré par un grand nombre de patients insatisfaits des soins prescrits par les praticiens reconnus. « Il avait une très bonne connaissance de l’anatomie, sûrement parce qu’il pratiquait la boxe. Et ce qui était surprenant, même les médecins orientaient vers Mamadou Ndiaye quand ils étaient dépassés par les problèmes d’un patient », ajoute Bruno Gaudichon.

Mamadou Ndiaye s’installe 22, place Carnot, où il ouvre un cabinet de guérisseur, sans autorisation. Sa réputation grandit. Des patients belges viennent se faire soigner chez lui. « Ma grand-mère, qui habite depuis très longtemps le quartier du Pile, se souvient des nombreux véhicules belges qui se garaient sur la place », confie Germain Hirslej.

En plein procès, il soigne la greffière.
Mais son succès suscite l’ire de l’ordre des médecins, qui porte plainte pour exercice illégal de la profession. Mamadou Ndiaye est cité vingt-deux fois en justice. Son dernier procès, en 1967, devant la sixième chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Lille, sera retentissant. Comme le note un article du quotidien local Nord Eclairdu 19 avril 1967, près de 300 clients de Mamadou Ndiaye venus « de la Sarthe, de Paris et surtout de Belgique viennent l’encourager ». A la date du procès, le guérisseur a déjà délivré près de 23 000 attestations médicales.
Pendant l’audience, les témoignages en sa faveur s’enchaînent. Un médecin affirme avoir conseillé à des patients d’aller chercher l’apaisement chez Mamadou Ndiaye. Un prêtre s’est fait soigner chez lui par quatre fois en quinze ans. L’accusé lui-même finit de convaincre les juges en guérissant sur place la greffière qui éprouve de terribles douleurs au dos. L’avocat qui assure sa défense, le sénateur André Diligent (qui deviendra en 1983 maire de Roubaix), peut être satisfait : le tribunal le condamne à une peine symbolique de 2 000 francs avec sursis et lui rend son matériel, contrairement aux sanctions prévues par la loi.

« C’est assez paradoxal. On lui interdit d’exercer la profession mais on lui rend son matériel. C’était une manière implicite de dire : tu peux continuer, mais soit plus discret », pense Bruno Gaudichon. Le guérisseur continuera d’exercer jusqu’à sa disparition, en 1985, à 75 ans. Il aurait délivré en tout 54 000 attestations médicales.

Une tombe entretenue par des Belges.

Depuis la découverte du vitrail et son annonce dans la presse locale, les souvenirs enfouis ont refait surface.
La page Facebook du musée est remplie de témoignages : « Mamadou a guéri mon beau-père vers 1967 à Roubaix. On en parle encore dans la famille », révèle Brigitte ; « Je me souviens qu’il a redressé le pied d’une petite fille en la mettant sur ses épaules », raconte Frania. Au cimetière de la ville, une famille belge a repris la concession funéraire pour entretenir sa tombe, laissée à l’abandon, Mamadou Ndiaye n’ayant pas laissé de descendance malgré son mariage en 1951 avec Alice Viane, une employée de banque qui avait juré de l’épouser s’il parvenait à soulager ses douleurs.
Pour La Piscine – qui, hasard de l’histoire, porte aussi le nom de Musée d’art et d’industrie André-Diligent –, la découverte de cette œuvre ne pouvait pas mieux tomber. Le musée est en pleine extension pour mieux exposer l’histoire contemporaine de Roubaix, jadis fleuron de l’industrie textile. « Nous n’avons pas d’œuvres liées à l’histoire de l’immigration, surtout africaine. Du coup, ce vitrail va à la fois représenter Mamadou Ndiaye et ce principe même de l’immigration à Roubaix », affirme le conservateur. Mais il faudra attendre octobre 2018, date de la fin des travaux du musée, pour que le public ait accès à ce portrait qui recèle encore son lot de mystères : on ne sait toujours pas qui est cette « Marquise » qui l’a offert à Mamadou Ndiaye.  Le message qui figure sur le vitrail représentant Mamadou Ndiaye est signé « La Marquise », mais on ne connaît pas son identité exacte. 

Par HERMANN BOKO contributeur Le Monde Afrique