mercredi, 14 janvier 2015 11:15

Le travail est- il un droit de l’homme en Afrique

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AVANT PROPOS

                                 Mon cher Professeur

                     INTRODUCTION : Le travail et le droit de l’homme

                                               1/L’origine primitive du travail

                                           2/ La source préhistorique du travail

                             I / Noblesse et grandeur du travail dans la préhistoire.

                                               A/ Le travail de nos ancêtres au paléolithique.

                                             B/ Le travail de nos ancêtres au néolithique.

                                              C/ Les activités de l’Hominidé sédentaire

                           II/ Le concept du travail après la préhistoire :

                                             A/ la méprise du travail dans l’Antiquité grecque.

                                            B/   Le Serf et le travail au Moyen âge.

                                            C/ L’esclave et le travail du 17è au 18è siècle.

                           III/ Gloire et ambivalence de la révolution industrielle.

                                      A/ La science et la technique : bilan coût avantage

                                       B/ Théories et Organisation du travail.

                                     C/ Nécessité des syndicats dans le monde du travail.

                                             1) Le Droit de propriété et les droits de l’homme.

                                            2) Le règne des rebelles par le travail forcé en Afrique.

                   IV/ La liberté de travailler est un droit de l’homme.

A/ L’Aspect négatif de la liberté de travailler

B/ L’Aspect positif de la liberté detravailler.

                                             CONCLUSION

 

                       Le travail est-il un droit de l’homme en Afrique?

                                            AVANT PROPOS

                         La liberté de travailler et la liberté au travail

                                     Sont des droits de l’homme

                                           Mon cher Professeur

Je vous présente mes excuses pour ma réponse tardive. Je voudrais vous rappeler qu’au mois de Juin 2014 j’avais eu un entretien avec vous sur la recommandation de Monsieur Bouba Diop Professeur à la faculté des lettres et des Sciences Humaines de Dakar. Au cours de notre causerie vous m’aviez demandé si «  le travail est un droit de l’homme en Afrique » ? Pour répondre à votre question permettez-moi de retracer les différentes étapes de l’évolution du concept du travail de la préhistoire au XVIIIe siècle. Et de m’éclairer avec l’histoire de l’évolution de l’Homo Sapiens et de l’homme (les deux) au travail durant cette période.

Autrement dit : Permettez moi encore de remonter par le fil d’Ariane l’histoire de l’évolution du travail et de l’Homo Sapiens : De l’Australopithèque à l’Homo habilis, de l’Homo Erectus à l’homme de Neandertal et de l’homme de Cro-Magnon à l’homme moderne. De rétablir le régime du travail dans l’Antiquité grecque, au Moyen Age et au XVIIIe siècle.

Ce tour d’horizon historique de la préhistoire au siècle des Lumières nous permettra d’examiner les différentes étapes de l’évolution des Hominidés confrontés au travail primitif au début de l’humanité. De faire un constat du statut de l’esclave condamné au travail forcé du XVIIe au XVIIIe siècle. De reconstituer le rôle joué par la civilisation industrielle dans la dégradation des conditions de travail de l’ouvrier et aussi dans l’asservissement et dans l’appauvrissement du monde ouvrier au XVIIIe siècle.

Car la science, la technique et la mécanisation à outrance, «sans supplément d’âme », ont à leur tour condamné la classe ouvrière dans la Pauvreté et dans la misère. Enfin, il nous reviendra le soin de démontrer que le travail est une partie intégrante de la vie de l’homme. Qu’il est au cœur de son existence. Et que ses origines primitives remontent dans la préhistoire : l’unique période où l’Homo Sapiens avait travaillé sans Maître dans la dignité.

INTRODUCTION :   Le travail et les droits de l’homme

  • Le Travail est un droit de l’homme originaire.
  • Il précède de nos droits de l’homme codifiés

                     1/   L’origine primitive du travail.

Les Empreintes du travail originaire ont leurs racines dans la vie de l’homme. EIles sont imprimées dans le noyau de son patrimoine génétique. Cela signifie qu’elles sont gravées dans l’ADN de l’être humain. En d’autres termes le travail est contemporain ou concomitant à sa vie. C’est une activité immanente à sa nature. Dans les premières secondes de la naissance, le réflexe du grasping est le premier mouvement et le premier geste d’auto défense de l’homme dans un univers de violence. C’est le début d’une lutte dans une vie difficile.

C’est un geste par lequel le nouveau né cherche à s’agripper avec ses deux mains à quelque chose dans le monde. C’est son premier acte de positionnement dans la société des hommes. Cela démontre qu’il se met au travail dès les premières secondes de son existence. Ce réflexe spontané par lequel il cherche à s’accrocher à quelque chose est une activité ou un effort qui vise un but vital. Il conforte notre thèse selon laquelle « au début était l’action. » Et que le travail est propre à l’homme.

Dans la société primitive nos ancêtres les Homo Sapiens étaient des travailleurs actifs, des guerriers redoutables et des chasseurs libres. Leurs activités étaient du travail naturel et nécessaire dans un monde de lutte permanente. Ce travail ou ces activités étaient d’abord rudimentaires. Affronter les obstacles de la nature sans armes ou avec des armes peu perfectionnées étaient une exigence dangereuse et nécessaire. Se défendre à cette époque là, était un droit et une obligation de survie dans un univers impitoyable.

Toutes les activités primitives de l’Homo Sapiens avaient des buts précis  travailler pour se défendre, pour se nourrir et pour ne pas périr. Leur travail avait pour finalité la lutte pour dominer la nature, pour surmonter les obstacles. L’affrontement avec la nature était la seule alternative pour sauver sa vie dans un espace de violence perpétuelle : « C’est seulement par le risque de sa vie que l’on conserve sa liberté.» disait Hegel. Le travail des hominidés était un moyen pour conquérir un espace vital et pour être libre. C’était une activité qui précède le travail réglementé de notre société moderne.

               2/ La source préhistorique du travail

Le travail a sa source primitive dans la préhistoire. A cette époque les activités de l’Homo Habilis était à la fois du travail et un droit pourde défense.C’était un ensemble d’actes isolés ou un ensemble d’activités présociales sans liens solides. Plus tard dans la préhistoire, l’Homo Erectus était devenu un être très actif. C’était un travailleur confirmé. Tous ses efforts soutenus et réfléchis pour se protéger étaient du travail. C’était du travail naturel d’un point de vue de la physique moderne.

Il se présentait comme un droit de légitimedéfense ou un droit pour se créer une place dans l’espace. Dans un univers si hostile le travail avait amélioré son intelligence et ses aptitudes dans la nature. Travailler ou fournir un effort pour atteindre un but était une nécessité vitale réfléchie. Il avait contribué à réveiller et à développer sa conscience dans le monde. C’était le signe d’une étape avancée dans l’évolution des Hominidés. C’était un droit naturel. Ces activités là, étaient d’abord du travail à l’état brut. Dans la préhistoire l’Homo Sapiens ou l’homme de demain était libre.

Il agissait ou travaillait dans un grand espace insidieux et brutal. Ses activités étaient assimilables au travail. Ses efforts calculés pour atteindre des objectifs précis et utiles étaient du vrai travail. C’étaient des efforts conscients et intentionnels. Cette émergence de la conscience signifiait que les Homo Sapiens se sont engagés dans un processus d’hominisation irréversible. Sans leurs activités ou leur travail, la branche de l’espèce humaine aurait pu s’éteindre.

Elle aurait pu prendre aussi une trajectoire différente de celle de l’être humain d’aujourd’hui. Les activités de nos ancêtres avaient une importance capitale. Grâce à leur détermination pour dominer la nature, à leur habileté à fabriquer des outils, à leur lutte pour survivre et surtout grâce à leur intelligence ils sont devenus les ascendants du genre humain, les fondateurs de l’humanité et les précurseurs de notre civilisation.

I/ Noblesse et grandeur du travail dans la préhistoire.

Dans la préhistoire le travail des hominiens était un ensemble d’activités dont la finalité était de se perpétuer. Toutes ces activités physiques étaient du travail presque organisé, artisanal à l’état frémissant. Leur travail ou leurs activités pour survivre étaient liés à un besoin vital. C’étaient des activités de combat et de lutte nécessaire pour survivre. « Je suis un homme c'est-à-dire un lutteur » disait Goethe.

Pour cet Auteur, il y a une fusion entre « homme et lutteur ». Les deux termes sont synonymes. Ce qui signifie que seule la lutte détermine la vie de l’homme. Et être homme c’est être condamné à lutter. Seule la lutte donne un sens à son existence d’être humain. Que naturellement travailler c’est lutter et c’est se libérer. L’Homo Sapiens pour survivre était lui aussi condamné à cette lutte fatale. Ses activités physiques primaires étaient du travail utile malgré tout. C’était du travail le contraire du travail dans le mythe de Sisyphe où celui-ci était condamné à faire du travail improductif.

L’Homo Habilis était dans l’obligation de se battre pour atteindre un but utile. Son travail ou ses activités étaient aussi un droit de vie ou de mort. Dans la préhistoire toutes les activités physiques de l’Homo Erectus étaient du travail. Les activités de nos ancêtres Homo Sapiens étaient du travail presque achevé. La préhistoire est un miroir de l’humanité et pour l’homme moderne. Elle se divise en de larges périodes qui correspondaient aux étapes progressives de la technique : l’âge de la pierre taillée, l’âge de la pierre polie ou l’âge des métaux.

A/ Le travail de nos ancêtres au paléolithique : C’était à l’âge de la pierre taillée où avaient apparu les premières civilisations humaines bâties par la force du travail. Car l’Homo Habilis et l’Homo Erectus étaient des travailleurs chevronnés infatigables. Un de nos plus anciens ancêtres était l’australopithèque, un Hominien disparu il y a 4 millions d’années en Afrique. Le premier Homo qui a réussi à maîtriser la fabrication d’outils en pierre fut l’Homo Habilis. C’est un Hominidé qui a vécu il y a environ 3 millions d’années. Il était habile dans le choix de ses matériaux adaptés à ses outils. Ses activités étaient du travail.

A son époque c’était un surdoué. Il était à la fois intellect et manuel. Il était adroit. Sa dextérité était à la mesure de son intelligence. Son imagination lui a ouvert un vaste champ de vision et de recherche du nouveau. Progressivement il inventait les outils, les techniques adaptées à des matériaux offerts par la nature. IL les transformait grâce à son habilité exceptionnelle. L’Homo Habilis était d’abord un imaginatif, un forgeron, un fabricant et un artisan puis un technicien. Cette aptitude à fabriquer des outils s’est perfectionnée avec le temps jusqu’au Néolithique inférieure.

B/ Le travail de nos ancêtres au Néolithique Cette période était caractérisée par un essor décisif de la technique. L’Homo Erectus avait un grand avantage sur la nature. IL fabriquait des outils de plus en plus performants pour se défendre et pour chasser. Il avait continué à lutter contre tout. Il suivait les troupeaux d’animaux sauvages dans leurs déplacements. Ses activités pour survivre étaient du travail à l’état brut. Avec le temps ses gestes étaient devenus de plus en plus précis et mieux adaptés.

La transformation de la pierre brute en une pierre polie, puis en une arme pointue ou tranchante était un exploit sans égal. L’invention de l’arme biface socialement utiles était du travail presque achevé. Le travail était un droit pour les ancêtres de l’homme. C’était une activité pour construire une société future. Cela signifie que l’Homo Sapiens avait toujours était dans l’action. Qu’il avait toujours travaillé dans la liberté. En d’autres termes, dès le début de l’humanité les Hominidés étaient contraints de travailler et de lutter pour combattre et vaincre les fléaux naturels.

C/ Les activités de l’Hominidé sédentaire

A cette époque les Hominidés étaient devenus sédentaires. Ils avaient pris conscience de la nécessité et de l’importance du groupe et des grands regroupements.La station verticale de l’Homo Erectus avait été un avantage révolutionnaire et exceptionnel. Elle lui avait permis d’avoir une vision de l’horizon plus ample et plus précise pour cultiver son imaginaire pour réfléchir et pour prévoir. Il avait la capacité de se confectionner des effets à porter. IL allait à la chasse et à la pêche. Il cueillait des fruits. Il avait maîtrisé le feu. Il cherchait du bois pour se chauffer. Il faisait cuire ses aliments.

Il avait des qualités d’artiste. Il était un excellent technicien. Il fabriquait des outils de plus en plus performants mais plus précis. Il aménageait les cavernes pour s’abriter. Il peignait des animaux (grotte de Chauvet 40.000 ans.) pour adorer les phénomènes surnaturels. C’était le début de la culture et des religions. Il capturait les animaux et les domestiquaient. Il cultivait la terre et sélectionnait les céréales. C’était le début de la civilisation de l’agriculture. Ainsi, le travail passe du présocial au para social. Ses activités ou son travail était un droit légitime de protection.

Les Ancêtres de l’homme s’étaient confrontés aux durs obstacles de la nature. Ils étaient dans l’obligation de se défendre dans un univers hostile. C’était malgré tout des activités ou du travail libre. Les Homo Sapiens étaient aptes à réfléchir, à se défendre contre les intempéries du climat et les bêtes sauvages. Tous leurs efforts pour s’organiser se présentaient comme un ensemble de possibilités légitimes ou du travail normal.

C’étaient des activités qu’ils adaptaient à leurs besoins. Elles se présentaient comme un ensemble de droits naturels. Ils travaillaient dans la liberté pour survivre. Leurs activités là, étaient du travail à l’état futur d’achèvement. Ainsi le travail était un droit pour l’Homo Sapiens.

Leur travail rudimentaire s’est amélioré au fil du temps. Leurs multiples activités traduisaient un niveau très élevé de la conscience sociale de l’Homo Erectus. C’était aussi celui d’une organisation en état presque fini et le signe d’un degré d’une civilisation avancée. Toutes les activités à hauts risques étaient du vrai travail. Le travail est d’abord douleur dans sa nature.

Tous ceux qui le pratiquaient mettaient leurs vies en danger. Pendant les grandes migrations dans les continents l’Homo Erectus avait affronté de multiples et dangereuses forces de la nature : les Ouragans, les Tornades Cyclones, les Typhons, les Tempêtes, les Tornades, les Volcans les Tremblements de terre, les Montagnes et les avalanches, les Mers, les Fleuves et les Rivières à traverser dans des embarcations vétustes et fragiles. C’était un sacrifice pour les générations à venir.

Le travail était un droitpour les Hominiens. Pour leur survie, ils devaient dominer et transformer la nature et chercher de la nourriture. A cette époque là, il y avait une rivalité tacite entre ceux qui exploitaient la même nature. La présence de l’Homo habilis, de l’Homo Erectus, de l’homme de Neandertal disparu, de l’homme de Cro-Magnon sur les mêmes sites, dans le même environnement couvait le germe d’une compétition à froid. Cette concurrence était le moteur d’un gigantesque progrès.

Elle avait permis d’accélérer la formation de groupes, d’une économie ou d’un capital culturel rudimentaire. C’était le début d’une société embryonnaire en état futur de d’autorégulation. Cette rivalité froide signifiait que le pas de la réflexion avait été franchi grâce à leur rivalité. « La conscience c’est le résultat de notre pratique dans le monde. ». disait Hegel. Cela signifie que toutes les activités concrètes, rationnelles et constructives de l’homme sont des produits de sa conscience. Il en avait été de même pour les Hominiens nos ancêtres.

A la différence de l’animal, le travail est le propre à l’homme. « Ce qui distingue l’animal de l’homme c’est que celui-ci porte le plan de sa maison dans sa tête avant de la construire » disait : K. Marx. Cela signifie qu’avant tout acte, toute activité ou tout travail l’homme réfléchit, calcule, prévoit puis agit. Que l’homme est un géomètre ou un calculateur. Qu’il a conscience qu’il travail pour réaliser un ouvrage dont il connait les détails à l’avance.

Les activités de l’Homo Sapiens ou de « l’homme de demain » étaient aussi plus organisées et plus réfléchies. Elles visent toujours un but déterminé à l’avance. L’implacable loi de la sélection naturelle était de «s’adapter ou de périr. » Dans ces conditions de survie extrême, les Hominiens devraient être à la fois défensifs et offensifs. « Toute conscience est conscience de quelque chose » disait Husserl. C’est l’intentionnalité de la conscience. Elle désigne la nécessité où la conscience se trouve d’exister comme conscience de d’autre conscience.

Ce qui signifie que toute conscience vise un objet. Dans ce cas elle vise desobstacles pour les dominer et pour les apprivoiser. Pour l’Homo Erectus le travail libère. C’est viser consciemment un but. Dès lors, c’est un droit naturel utile. Dans la préhistoire le travail était aussi libérateur et pour les Hominidés moyen pour dominer. IL était un moyen pour accéder à une autonomie collective, un support commun et indispensable des droits de l’homme. C’est grâce à ce travail rude et sérieux qu’ils avaient pu survivre pour nous. Travailler est un droit naturel pour tous les groupes.

La liberté de travailler et le droit de travailler sont des droits de l’homme. Ils étaient aussi les mêmes droits pour les Homo Sapiens. Ils sont des droits imprescriptibles. Ils sont aussi des droits de l’homme en Afrique. Ce sont les mêmes droits dans toutes les sociétés humaines : Ce sont les mêmes droits dans les sociétés industrielles développées ou émergentes d’aujourd’hui. Car le travail est un droit dès la naissance de tout être humain. Les hommes naissent avec le droit d’être libres et libres de travailler. Pour paraphraser DESCARTES, nous dirons que « la chose la mieux partagée dans la préhistoire était le travail ».

IL était une activité naturelle et légitime pour tous les Hominidés. C’était un devoir moral et un droit de travailler pour le groupe de tous les Homo Sapiens. C’est un droit identique au «  droit de l’homme des temps modernes. » Le travail était un droit collectif pour l’hominien isolé dans l’immensité de l’univers. C’était une partie intégrante à leur nature.

Dans la civilisation paléo-néolithique tout le monde travaillait. Le travail était fait en équipe. Il était fait en plein air et en toute liberté. L’Homo Sapiens avait la maîtrise et la pleine jouissance d’un certains nombre de droits naturels ou droits de l’homme au sens classique et moderne du terme. IL était libre et libre d’agir ou de ne pas agir. Il était libre d’aller et de venir. IL connaissait le droit de propriété et le droit de la sûreté et de la résistance.

Sa capacité de résilience dans la nature et dans le travail était un droit naturel normal. Le travail est un patrimoine de l’homme. C’est un héritage pour l’humanité. Par contre, le concept du travail s’était dégradé, il avait perdu sa substance et son sens au fil du temps. Il n’y a que dans la préhistoire où le travail avait été un droit de l’Homo Sapiens. Par la suite, il avait connu des pentes de déclin successives jusqu’aux temps modernes.

II/ Le concept du travail après la préhistoire.

Après la préhistoire le Travail avait été plusieurs fois dénaturé et vidé de son sens. IL avait été utilisé comme un moyen d’asservissement et de domination de l’homme. Il avait été à la source d’un droit de propriété des classes sociales dominantes. Normalement il devrait libérer l’homme de la nature, le rendre fière de son génie d’inventeur et de son intelligence. Malheureusement l’homme avait été isolé de sa dignité et les droits de l’homme avaient été violés à travers les âges.

Dans l’Antiquité Grecque, au Moyen Age et du XVII au XVIIIe siècle le travail avait perdu ses lettres de noblesse. Dans la Grèce antique, le travail manuel était méprisé. Il était réservé à l’esclave. Il avait fait perdre à l’homme sa dignité. Il n’était plus un droit de l’homme mais il était à l’origine des droits d’une catégorie d’intellectuels, les Philosophes. La société était divisée en classes. La classe des intellectuels et la classe de ceux qui travaillent avec la force. Le travail physique était méprisable, dédaigneux et honteux. C’était la chose destinée à une classe sociale basse sans dignité.

Au Moyen âge le serf avait un statut d’esclave. Il était la propriété du Seigneur terrien. Il dépendait de lui. IL lui devait l’obéissance et l’impôt. Il était taillable et corvéable à merci. Il n’avait pas de BIENS personnels. Lui même et de sa famille étaient la propriété du Seigneur. Ils étaient à sa disposition. Il n’avait pas de personnalité juridique. C’était un incapable. Et pourtant, c’était le travail des classes sociales méprisées qui était à la base de l’économie de la cité et du système féodal et esclavagiste.

A/ La méprise du travail manuel dans l’Antiquité grecque

Dans la cité grecque le travail, ce droit naturel de défense pour l’Homo Sapiens dans la préhistoire avait perdu son essence. Il avait perdu son substrat fondamental libérateur. Une longue tradition latine et grecque avait placé le travail au rang des choses basses avec une nette volonté à le dévaloriser. Il était considéré comme une chose vile, abjecte destinée à l’esclave. Pour les grecs, travailler, c’est s’asservir à la nécessité. La pratique des métiers et de la technique avilissent. Le meilleur médecin ou le meilleur ingénieur sont toujours inférieurs en valeur au Philosophe.

Ils méprisaient et dédaignaient le travail et la technique. Socrate lui-même avait écrit dans le Gorgias : «quels que soient les services que puisse te rendre un ingénieur, tu le méprises et tu ne voudrais pas que ton fils épouse sa fille.» Le travail intellectuel, la rhétorique et la philosophie étaient les seules valeurs sociales à la mode. Elles étaient les seules activités intellectuelles et les seuls privilèges dignes d’une cité oligarchique d’élites, de Penseurs et de philosophes. Le travail et la techniquen’étaient pas les droits de l’homme. Cette pratique du mépris du travail avait survécu jusqu’au Moyen âge.

B/ Le Serf et le Travail au Moyen Age

Au moyen Age, le travail était destiné à une catégorie sociale d’hommes appelés serfs et roturiers. C’étaient des paysans qui n’avaient pas de liberté personnelle. Ils étaient attachés à la terre d’un Seigneur. Ils étaient assujettis à des obligations. Ils n’avaient pas de droits. Ils étaient taillables et corvéables. En d’autres termes le serf était dans l’obligation d’obéir, de travailler gratuitement pour le Seigneur et il doit lui payer une redevance ainsi qu’au Roi. Ils avaient un droit de vie ou de mort sur lui. Le travail était un moyen de domination et d’asservissement de l’homme.

Il n’était plus un droit de l’homme au Moyen Age aussi bien dans l’Antiquité grecque, au XVIIe et au XVIIIe siècle. Ce droit jadis naturel avait été confisqué et dévalué au profit d’une oligarchie féodale arrogante. Le déséquilibre entre les conditions de vie des paysans misérables, des artisans et celles des grands Seigneurs terriens a provoqué une prise de conscience de la classe des paysans prolétaires exploités. La conscience sociale d’appartenir à une classe de pauvres serfs, de roturiers sans défense et d’ouvriers exploités a renforcé leur détermination à redresser la situation. Leurs revendications pour améliorer leurs statuts étaient justes et nécessaires. Ce décalage flagrant entre leurs conditions de vie a accéléré leurs adhésions dans les groupements de compagnons d’où sont issus les syndicats ouvriers. L’esclavage avait été le couronnement ultime de la barbarie humaine et celui de la déchéance de l’homme des époques précédentes.

C / L’esclave et le Travail du XVIIe au XVIIIe siècle

Au XVIIe et XVIIIe siècle, le travail n’était plus un droit de l’homme. Les marchands d’esclaves ont institué le travail forcé. Ils justifiaient l’esclavage comme une valeur économique et sociale juste. Ils le jugeaient comme une source de richesse normale et nécessaire. Ils considéraient que l’esclave était sans âme et qu’il mérite son sort sans expliquer quelle avait été sa faute. Ils ont vidé le travail de son essence.

Son concept est devenu non seulement un moyen de domination de l’homme par les plus riches mais aussi un moyen de lui ôter sa dignité. C’était un moyen de le transformer en sous homme. Pour son Maître l’esclave était unechose au dessous d’une chose vulgaire. Il était considéré comme un-sous animal : c’est à dire au dessous de la dignité d’un animal. Ainsi, il était un sous homme en puissance. Il était corvéable à merci. Le maître avait un droit de propriété sur lui, sur sa famille et sur ses Biens au nom du travail. L’esclave n’avait que le travail forcé comme loisir.

Il n’avait même pas un droit naturel d’espérer, ni un droit d’opinion, d’aller et de venir et de penser par lui-même. IL n’avait que sa force et l’obligation d’obéir. Le maître avait sur lui un droit de vie ou de mort. Jusqu’au siècle des Lumières les droits de l’homme n’existaient pas. Le monde des Humanistes n’avait point apprécié le système esclavagiste.

Ils pensaient que le progrès scientifique allait libérer l’esclave. Que la machine allait le remplacer dignement. L’avènement de la science et de la technique avait aussi fait naître le même grand espoir dans le monde ouvrier. La révolution industrielle était attendue avec impatience. Malheureusement, elle s’est imposée avec un cortègede difficultés et des pratiques inhumaines, dégradantes et insupportables pour la classe ouvrière.

III / Gloire et ambivalence de la révolution industrielle

Dans la première phase du XIIIe siècle se produisit un changement radical de perspective. Le travail et la technique avaient été réhabilités. Ils avaient repris toutes leurs valeurs et leurs lettres de noblesse. Ils étaient pressentis de rendre à l’homme sa dignité et sa liberté. Dans l’inconscient collectif le travail était formateur. Il devrait ouvrir la voie à la liberté. Dans la pensée et la croyance populaire la technique devrait apporter aux ouvriers la richesse, le repos et les loisirs. Au total elle devrait faciliter et améliorer les conditions de travail de la classe ouvrière. La science et à la technique devraient rendre « l’homme Maître et Possesseur de la nature » disait Bergson. Ces pages glorieuses ont eu une vie courte.

Car le travail et la révolution industrielle avaient été à la fois un espoir et une souffrance pour le monde ouvrier. La machine a soulagé l’ouvrier d’une longue journée de travail pénible. La capacité de travail, le rendement de la mécanique et la technique ont vite contribué à marginaliser l’ouvrier. Elles l’ont réduit à une catégorie d’être indigne et inefficace dans le travail. Elles ont provoqué un chômage général et massif. Elles ont été à la source de la misère et de la pauvreté de la classe ouvrière. Le progrès scientifique, technique, et mécanique ont bouleversé le monde ouvrier. Ils ont dénaturé le concept du travail.

A) La science et la technique : bilan-coût-avantage.

L’accès à la science et à la technique au XVIIIe siècle avait été pour l’homme un saut spectaculaire dans le monde du progrès scientifique et technique. Très vite, la machine-robot est devenue le prolongement naturel des bras de quelques centaines d’ouvriers. Ses capacités de travail, sa précision et ses performances dépassaient de loin celles de plusieurs groupes ou ateliers d’hommes au travail. Le XVIIIe siècle était marqué par un développement efficace et rentable de la science et de la technique. Au demeurant il était doublé par une mécanisation et l’emploi d’outils robots prodigieux et intelligents.

La recherche frénétique du profit et de la plus- value (voir K. Marx), l’ardent désir d’amortir le coût des moyens de production exigeaient l’accélération du rythme des machines dans les usines et dans les ateliers au détriment de l’homme. (.Voir le film Les temps modernes de Charly Chaplin) Cette cadence infernale avait ignoré l’homme. Elle l’avait dissocié de sa dignité. La rentabilité et la précision des moyens de production dans l’exécution du travail avaient atteint leur vitesse de croisière. L’accumulation égoïste du capital avait crée une oligarchie ruisselante de richesse. Par contre elle avait laissé à la touche une classe ouvrière pauvre et misérable avec des salaires trop bas.

Très vite, l’ouvrier avait été jugé comme un égoïste indigne pour mériter la richesse et le bien être. Il était considéré comme un obstacle qui retarde la chaine et le processus de la production. Le travail n’était plus un droit de l’homme mais celui d’une minorité de riches industriels opulents, heureux et stoïques qui ne se plaignaient de rien. Les conditions de travail des ouvriers dans les usines et dans les ateliers, la concentration des travailleurs prolétaires dans les villes doublée d’une concentration industrielle ont été des facteurs d’une prise conscience de la classe ouvrière.

Pour éviter toute dérive du travail déjà déshumanisé vers un travail servile, le législateur a légiféré le droit du travail pour réduire les inégalités sociales. Pour protéger les travailleurs il fallait équilibrer l’inégalité économique et sociale de fait par une inégalité juridique compensatrice. Car le travail n’était plus un droit de l’homme. Il était la propriété d’une poignée de cyniques propriétaires des moyens de production. La machine était plus efficace et plus rentable que les bras de mille ouvriers.

C’était sur le ferment d’une révolte explosive probable que K. Marx invita « les prolétaires de tous les pays à se réunir ». Son influence a été décisive sur le plan des objectifs économiques. La révolution industrielle et le capitalisme libéral avaient été une raison suffisante pour réveiller une conscience de classe dans le monde ouvrier. Car le travail n’était pas le droit de l’homme.

L’envoi d’une délégation ouvrière à l’exposition internationale de Londres de 1862 avait été un coup de tonnerre décisif dans le développement des groupements ouvriers français. La misère de la classe ouvrière et les oppressions politiques ont accéléré la l’organisation de syndicats ouvriers révolutionnaires et combatifs. « Ce n’est pas l’existence sociale qui détermine la conscience mais c’est la conscience sociale qui détermine l’existence.» disait (K. Marx.) C’était cette conscience d’appartenir à une classe sociale d’ouvriers pauvres, misérables et celle de la prise conscience de la dégradation de leurs conditions de travail avaient déterminé la conscience de classe du mouvement ouvrier.

Dans les entreprises l’autonomie collective avaient produit ses règles. Des groupements d’ouvriers s’étaient formés et s’étaient auto organisés. Ils avaient intégré différentes organisations syndicales. La nécessité de mettre de l’ordre dans l’économie et dans les ateliers exigeait une organisation politique et sociale du droit du travail

B/ Théories et Organisation du travail

Le travail signifie malheur et aussi souffrance. La douleur est dans sa nature. Il vient du latin tripalus qui signifie un instrument à trois pieux qui permettait d’assujettir et d’imposer le joug aux bœufs et aux chevaux difficiles. Dans le latin vulgaire, tripaliare, signifie torturer. En médecine lorsqu’une femme est dans une salle d’accouchement on dit qu’elle est en salle de travail.

Pour K  Marx : le travail est aliénation et exploitation: Il explique que l’Artisan ou l’ouvrier au départ a crée un objet mais voilà que progressivement avec la manufacture et la grande industrie cet objet de sa création exposé dans la vitrine lui échappe. Il lui est étranger et le domine. Dès lors le travail de l’ouvrier devient un travail aliéné. L’exploitation du travail : le travail et plus-value. Si l’objet dans la vitrine avait demandé 15h de travail le propriétaire des moyens de production ne payera que 5heure de salaire à l’ouvrier. Et les 10h seront gratuites pour lui. C’est la plus- value.

Quant à Nietzche : IL voyait  « dans le travail la meilleure des polices. Il disait que le travail discipline, arrache à la réflexion, à la pensée, et impose à l’individu l’abnégation et le dépassement inconscient de soi. En somme il est dopant. ». Le travail est le propre de l’homme. Il lui permet de se libérer de la nature et du monde. C’est un effort conscient et réfléchit. L’homme appartient à la sous espèce de l’Homo Sapiens. Il avait été d’abord Homo Faber, disait Bergson, un Artisan, puis un Technicien. L’animal s’adapte à la nature. L’homme adapte la nature à ses désirs et à ses besoins. Il lui arrache ses éléments ou sa substance.

Il les transforme à son profit. Le travail libère l’homme des obstacles de l’univers. IL suppose une activité consciente et réfléchie mais aussi une action intelligente pour dominer la nature et la spiritualiser. Pour Hegel le travail libère l’esclave de l’angoisse de la mort (la dialectique du Maître et de l’esclave). Le travail a pris une forme différente. Il est organisé et divisé en catégorie.

C’est la spécification des tâches et la division du travail. Les activités ou le travail de nos Ancêtres les Homo Sapiens est une activité présociale. Il précède l’entreprise. Il n’a pas été une invention de l’homme des temps modernes. C’est un héritage de nos ancêtres de la préhistoire Il est antérieur au travail organisé de nos sociétés industrielles Pour mettre de l’ordre dans les activités de l’homme il fallait une refonte fondamentale du concept du travail. Il fallait créer un droit du travail.

Le Professeur Gérard Lyon Caen définit le droit du travail comme « l’ensemble des règles juridiques applicables aux relations individuelles et collectives qui naissent entre les employeurs privés et ceux qui travaillent sous leur autorité moyennant une rémunération appelée salaire (salarium-ii) : payement en nature : pain de sel). C’est un droit qui ne s’intéresse qu’à ceux qui sont directement dans des relations de travail. Il ignore les travailleurs du secteur des professions libérales.

Ainsi sont exclus les artisans, les commerçants et les travailleurs indépendants. Le droit du travail est un droit discriminatoire. Ce n’est pas un droit pour tous. Il n’est pas un droit pour tous les hommes. Le Professeur Jean Emmanuel Ray se demande si le droit du travail ne serait pas une publicité mensongère ? Car, il ne s’applique pas à tous les travailleurs. Il ne reconnait que les salariés comme leurs noms l’indiquent : que ceux qui perçoivent un salaire dans le cadre de l’exécution d’un contrat de travail

Le travail n’est pas un droit de l’homme automatique et général. Il exclu les professions libérales. C'est-à-dire tous ceux qui ne sont pas liés à l’entreprise par un contrat de travail.

C/ Nécessité des syndicats dans le monde du travail

Le syndicalisme à plusieurs exigeait l’institution d’un ordre sélectif entre les syndicats pour mériter de représenter les travailleurs. Cette aptitude à représenter est soumis à l’obtention de certains critères. Le concept de cette représentativité a ses racines dans le droit international du travail. Le traité de Versailles de 1919 dans son article 389, avait recommandé à chaque état membre de désigner ses futurs délégués à la conférence en accord avec les organisations syndicales les plusreprésentatives.

La représentativité syndicale est l’aptitude du syndicat à représenter les travailleurs. En principe, quelque l’idéologie d’un syndicat il aura pour mission constante la défense de l’intérêt des travailleurs. Le droit du travail limplique les syndicats dans l’organisation générale des professions et dans l’élaboration des conventions collectives. Autrement dit leur mission est de défendre à la fois l’intérêt des travailleurs, leurs conditions de travail et d’élaborer la loi des professions.

La promiscuité sociale la misère et la pauvreté ont fait naître le besoin d’un tyran éclairé. Le syndicat semble être la personne indiquée pour redresser la situation. La formation d’un droit syndical était nécessaire. Il ya très longtemps les syndicats avaient rêvé de prendre le pouvoir contre l’état. Ils avaient cherché à être reconnus comme une alternative crédible. Mais cette perspective politique ne pouvait être réalisée. Certes dans les démocraties libérales, ils se présentent comme un contre poids de l’état.

Et quant à l’état lui même pour ne pas s’affaiblir, pour ne pas réduire sa puissance en une chose privée, il s’est désengagé en leur confiant l’organisation et la gestion du travail dans le domaine exclusif du secteur privé. Le droit syndical est une manifestation de la démocratie dans un régime politique démocratique. C’est aussi un degré élevé de la démocratie économique et sociale dans l’entreprise

  1. 1)LeDroit de propriété et les Droits de l’homme.

En règle générale le droit de travailler et la liberté de travailler sont des droits sous condition potestative ou des droits suspendus au pouvoir potestatif du chef d’entreprise. Cela signifie que l’embauche dépend de sa seule volonté ou d’un pouvoir extérieur, autonome et discrétionnaire. Le chef d’entreprise jouit d’un droit propriété de son entreprise. Il est le seul à juger et à décider si l’entreprise peut ou ne peut pas embaucher.

Dans ces conditions malgré la volonté du législateur et des syndicats le travail n’est pas accessible pour tous. Ni le législateur, ni les syndicats ne peuvent violer son droit naturel de propriété. Ils ne peuvent pas l’obliger d’embaucher tous les chercheurs d’emploi du pays. La violation de son droit de propriété serait une voie de fait, c'est-à-dire une atteinte grossièrement irrégulière à son droit de propriété ou à sa liberté. Ils n’ont aucun pouvoir pour l’inculper au motif qu’il n’a pas embauché des chômeurs.

Son impossibilité d’embaucher n’est pas une infraction en soi. C’est une obligation de moyen. Les droits de l’homme sont des droits naturels dont la violation constitue une infraction Dans ce cas précis il n y a pas de violation des droits de l’homme. Les deux droits se présentent comme des droits à reproduire. Le droit de travailler est légiféré et codifié. Les droits de l’homme sont des droits naturels. Ils ne sont pas hiérarchisés. Ils cohabitent en bonne intelligence.

Le droit au travail ou la liberté de travailler visent un idéal à atteindre. Ces deux droits ont un caractère optatif. La liberté de travailler ne dépend pas de la volonté de celui qui cherche le travail. Les deux droits doivent respecter le droit de propriété du chef d’entreprise. Le droit de propriété est aussi un droit de l’homme protégé au même titre que les autres droits de l’homme. Dans un régime capitaliste libéral le travail n’est pas égalitaire. Autrement dit il n’est pas distribué avec égalité et équité entre les sujets.

Par l’école l’état donne aux citoyens les mêmes chances pour s’instruire. Et au-delà de l’école à chaque candidat de trouver du travail. Aux états unis « La philosophie américaine de la liberté est fondée sur la dignité de l’effort et de la valeur probatoire de la réussite qui se trouve à l’origine de la volonté de laisser l’homme maître de son destin. ».

Le citoyen américain est un être concret par ce qu’il a conscience de ne devoir qu’à lui-même sa citoyenneté. Dans un régime politique capitaliste de surcroit libéral il revient à chaque citoyen chercheur d’emploi de mettre tous ses talents en valeur pour trouver du travail. Le chef d’entreprise n’est pas dans l’obligation absolue d’embaucher tous ceux qui ont besoin de travailler. IL n’est pas responsable de la politique d travail et du chômage dans le pays.

IL dirige son entreprise dans un cadre légal et réglementaire sous le contrôle de l’état responsable de cette politique de l’emploi. Les syndicats ont pour mission de surveiller les conditions de travail dans l’entreprise. Dans la plus part des états industriels développés aussi bien qu’en Afrique les états sont dans l’impossibilité de résoudre totalement le problème du chômage. Face à leurs incapacités à donner du travail à tous, le travail n’est pas un droit de l’homme.

2) Le règne des rebelles par le travail forcé en Afrique.

En Afrique certains états désorganisés par les guerres se résignent et acceptent par lassitude à l’intérieur de leurs territoires des organisations de rebelles ou des Seigneurs de la guerre. Ces organisations marginales pratiquent le trafic d’êtres humains et des violes en bandes organisées. Elles exploitent par le travail forcé des populations faibles et vulnérables. Toute violation des droits de l’homme doit être qualifiée comme crime. Et leurs Auteurs doivent être sanctionnés. Dans certains états Africains faibles et corrompus, il y a une exception à cette règle.

Et pourtant toute atteinte à la dignité de l’homme dans le travail est un crime qui devrait être sanctionné. Dans ces pays la violation des droits de l’homme est connue par tous. Il n’est pas condamné et sanctionné. En plein cœur du XXIe siècle, dans beaucoup d’états Africains les organisations parallèles à l’état pratiquent la traite des enfants esclaves.

Les enfants soldats, sorciers, accusés d’anthropophagie et des prostituées sont contraints au travail forcé par les Seigneurs de la guerre et les Rebelles. Dans ces pays désorganisés par les conflits politico ethnico claniques le travail forcé des enfants est une pratique courante. Agés de cinq à treize ans, orphelins ou de parents très pauvres sont des victimes des guerres ethniques ou tribales.

Ils sont vendus par leurs parents pour quelques centimes de francs ou enlevés de force pour travailler comme esclaves. Leurs maîtres ont sur eux un droit de vie ou de mort comme au moyen Age. Ils sont corvéables à merci et victimes de sévices sexuels. Certains états sont incapables de protéger leurs citoyens contre ces pratiques contraires aux droits de l’homme. Dans ces états « dits démocratiques » le travail n’est pas un droit de l’homme.

La prostitution forcée des femmes, le rapt des enfants soldat, le travail illégal des enfants accusés de sorcellerie ou d’anthropophagie sont des pratiques courantes acceptées. Elles ne choquent plus personne. Le Seigneur de la résistance de Dieu de Joseph KONY a assassiné 100. 000 personnes, 60.000 enfants kidnappés sont destinés au travail forcé. Des centaines de jeunes filles et de garçons de 10 à 12 ans sont kidnappés par Boko Haram. Ils sont destinés au travail forcé et aux sévices sexuels de leurs troupes. Cette violation flagrante des droits de l’homme à l’intérieur des états « dits démocratiques » est évidente, effective et reste impunie.

Toutes ces activités odieuses ou ces pratiques crapuleuses devraient être qualifiées de crimes contre l’humanité. Ce tableau sordide et désolant se déroule sous la vraie fausse « ’autorité et la vraie fausse puissance » des états complices incapables et impuissants face à l’horreur infecte. L’espèce de tolérance consciente pour faire face à une barbarie inhumaine et humiliante donne une mauvaise image de l’Afrique. Pour un état la combinaison de son impuissance à donner du travail à ses citoyens avec son impuissance à protéger l’intégrité de son territoire ressemblent à une trahison politique inavouée contraire aux droits de l’homme. Leurs silences et leurs inactions ont un parfum de complicité consciente avec les bandits de grands chemins.

Les talibés mendiants du Sénégal, les enfants travailleurs dans les plantations de la Cote d’Ivoire, les enfants soldats de la République de Centre Afrique et de la République Démocratique du Congo sont des victimes innocentes. Ils travaillent tous pour leurs maîtres intouchables. Ils souffrent de l’impunité qui profite à des barbares sans scrupule.

Dans les camps de concentration du de travail des Seigneurs de la guerre, les enfants soldats, sorciers, anthropophages et les prostituées de force ont perdu leurs dignités d’hommes. Il n’y a d’honneur et de dignité de l’homme que dans la philosophie de la Cours Pénale Internationale. Face à ces crimes impunis l’Afrique doit soutenir l’action de la CPI.

IV/  La liberté de travailler est un droit de l’homme

La liberté de travailler est un droit mal partagé en Afrique. La majorité de la population est analphabète. Elle est exclue du circuit du travail. Le travail n’est pas un droit de l’homme d’une manière générale. On peut se demander comme le professeur Jean Emmanuel Ray si en Afrique le droit du travail ne serait pas une publicité mensongère ? La liberté de travailler ou le droit au travail et les droits de l’homme sont des droits difficiles à concilier. Cette difficulté se traduit dans leur aspect négatif et dans son aspect positif.

A/ L’ Aspect négatif de la liberté de travailler

La liberté de travailler est un droit de l’homme. Les droits de l’homme ne sont pas hiérarchisés. Ils sont tous égaux en droit et en valeurs. Dans leur conception la liberté est un support fondamental. Elle les sous tend. Elle est une et indivisible. Elle se présente comme une référence pour tous les droits de l’homme. Autrement dit, la liberté est l’ossature de chaque droit de l’homme.

Elle joue un rôle exclusif dans leur détermination. Dans leur concept elle est leur unique référence ex : la liberté d’aller et de revenir, la liberté d’avoir un droit de propriété, la liberté d’être en sécurité, la liberté de s’instruire, la liberté d’opinion et la liberté de travailler, le droit de travailler. Sans le travail tous ces droits de l’homme sont désactivés. Sans travail elles n’ont pas de contenu réel. Le travail est le moteur des libertés et des droits de l’homme.

La liberté de travailler et le droit de travailler sont deux droits identiques. Travailler c’est un verbe qui nous dit ce que fait une personne, un animal ou une chose. C’est fournir un effort soutenu pour atteindre un but. C’est exercer une activité consciente pour réaliser un ouvrage. Lorsque le verbe travailler est attribué à l’homme son exécution ou sa transformation en action doit être un acte conscient pour qu’il y ait du travail. Les deux droits sont synonymes.

On ne peut pas opposer la liberté de travailler, droit de l’homme et la le droit de travailler, un autre droit de l’homme. Ces deux droits sont compatibles et cohabitent. La liberté de travailler est un droit naturel et le droit de travailler est un droit codifié dans beaucoup de textes institutionnels. Ils ne sont pourtant pas opposables. La liberté de travailler est un droit une possibilité et une disponibilité.

C’est un idéal que l’on cherche à réaliser dans la liberté. Les deux droits reposent sur des souhaits. Ils existent dans le monde du rêve. Ils existent sans travail. L’absence de travail paralyse toutes les libertés. Sans travail c’est être économiquement désarmé. C’est vivre sans autonomie réelle dans une société matérialiste. Le travail n’est pas un droit de l’homme dans ces conditions. Les hommes sont libres de travailler sans travail effectif.

Cette liberté de travailler existe. Elle n’est pas soutenue par du travail réel. Elle n’a pas du travail comme contenu. Malgré la bonne volonté du chercheur d’emploi il ne peut pas accéder au travail. Le travail est la structure des libertés. La conclusion d’un contrat de travail dépend de facteurs extérieurs. Elle dépend de la volonté de l’Employeur. Pour un chef d’entreprise le droit d’embaucher ou la liberté de donner du travail est une obligation de moyen.

A contrario il ne peut se traduire comme une obligation de résultat. Nul ne peut l’obliger à embaucher des travailleurs contre son gré ou ses possibilités. La politique d’embauche relève de son seul pouvoir. Sans un minimum de moyens économiques et sociaux, l’homme ne peut jouir pleinement de ses libertés et qu’une des façons de violer les droits de l’homme est, pour l’état, de laisser une trop grande partie de la population dans une situation de pauvreté, voire de misère.

Dans ce monde de plus en plus attaché à l’argent que devient la Liberté de travailler sans travail, sans argent ? ou le droit de travailler sans travail, sans droits économiques ?. Que devient le simple droit de travailler sans ressources économique, sans ressources financière ? Que devient la liberté d’aller et de revenir sans travail et sans les moyens qui permettent ou facilitent ce déplacement? L’absence de droits économiques, sociaux et culturels paralyse toutes les catégories de libertés. Elle met en veilleuse tous les droits de l’homme et détruit l’indépendance du sujet. En Afrique les ¾ de la population est exclue du monde du travail. Le travail n’est pas un droit de l’homme

Le droit de travailler ou la liberté de travailler sont des droits platoniques pour une grande partie de la population. Le droit de l’homme est une coquille vidée de son de son essence. Le travail est inexistant. Les hommes ont le droit de travailler ou la liberté de travailler mais ne ils trouvent pas d’emploi malgré leurs bonnes volontés.

C’est une liberté de travailler sans travail. Le droit ou la liberté de travailler relève de l’imaginaire. Le droit de travailler est sans contenu. Cette situation paradoxale et regrettable explique que le droit de travailler et la liberté de travailler ne sont ni des droits de l’homme en Afrique. Ces deux droits sont des droits souhaitables. Ils ne sont pas des droits effectifs. Ils sont statiques en attente d’être incarné par le travail.

B/ L’Aspect positif de la liberté de travailler.

Les droits de l’homme sont une représentation de l’esprit transposée dans la vie concrète de l’homme. Ils sont fondés dans une philosophie humaniste et universelle. Leur objet est de protéger l’Etre Humain contre l’injustice, l’arbitraire, la barbarie, la tyrannie. Ils sont protégés. La violation des libertés publiques et individuelles et la dignité de l’homme sont des crimes. Ils doivent être sanctionnés par la C P I. Les génocides constituent les plus graves violations.

Les droits de l’homme se reconnaissent dans un ensemble de libertés dont la violation porte atteinte aux fondamentaux de l’être Humain. Cet Homme Humain n’a pas de race, n’a pas de couleur, n’a pas de pays, n’a pas de patrie, n’a pas de religion. Son sang est du sang rouge universel. Les droits de l’homme le respectent, se respectent. Ils ne se portent pas atteinte. Le droit de travailler et la liberté de travailler respectent la liberté du chef d’entreprise.

Pour cette raison le strict respect des droits de l’homme interdit toute ingérence dans l’exercice des pouvoirs du chef d’entreprise. Le droit de travailler est un droit de l’homme que l’on ne peut pas lui imposer. On ne peut non plus le contraindre à embaucher tous ceux qui chôment dans un pays. Les droits de l’homme combattent toutes atteintes aux libertés publiques et individuelles.

Dans les régimes démocratiques, nul ne peut interdire à une personne en situation régulière de travailler au motif qu’elle appartient à une race, à une ethnie, à une tribu, à un clan ou à une religion. A fortiori nul ne peut se prévaloir d’une catégorie sociale déterminée, pour exciper qu’il appartient à une race précise ou à un rang particulier pour exiger qu’on l’embauche.

La liberté de travailler et le droit de travailler sont deux droits de l’homme qui se respectent. Ils ne se neutralisent pas. Ils sont pas en opposition et ne peuvent rentrer en conflit. En Afrique la concentration de la population non active dans les villes pose de graves problèmes d’insécurité. Elle affecte la liberté des populations. C’est un ferment de la violation les droits de l’homme.

Le travail n’est pas un droit de l’homme en Afrique. Cependant une politique volontariste d’investissement dans l’agriculture pourrait créer du travail. Toute la population non active pourrait travailler. Ce qu’il ya positif pour les droits de l’homme, toutes les démocraties œuvrent pour protéger la liberté de travailler Les vrais démocrates défendent les libertés publiques et individuelles dans toutes leurs formes. En Afrique le travail forcé des populations vulnérables est une réalité évidente qui reste impunie. La liberté de travailler est violée sans risque pénale.

Les auteurs de ces crimes odieux devraient être traduits devant la Cour Pénale Internationale. C’est à juste titre que le travail forcé en Corée du Nord intéresse la CPI. Cette institution lutte pour l’homme. Elle a un double caractère international et universel pour protéger l’homme et sa volonté de rétablir la justice et l’équité entre les hommes sont évidents. Et seul l’homme est au centre de ses préoccupations. Elle ne s’occupe ni de races, ni de ethnies.

Dans sa philosophie la défense de la liberté de l’homme est un motif suffisant et nécessaire pour connaître sans frontière tous les crimes contre l’humanité et les génocides. Les droits de l’homme sont universels et imprescriptibles. Seront poursuivis à jamais tous qui les violeront. Malheureusement les affaires URU Kenyatta, d’Omar El Bachir et entre autres ont démontré que certains Africains cherchent à protéger des chefs d’états.

Ils accordent peu d’importance aux droits de l’homme. Ils sont excellents dans l’art de banaliser tout ce qui est important. Pour les faibles et les vulnérables les droits de l’homme sont un Rampart contre la tyrannie des états, des Seigneurs de la guerre et des rebelles génocidaires. Car ils sont les pires ennemis de leur continent et de leurs pays.

Conclusion : Compte tenu de l’impuissance de certains états face au taux très élevé du chômage dans leurs pays, face à la pratique du travail forcé desenfants soldats, desenfants sorciers, anthropophages, des enfants Talibés mendiantset face à la prostitutionforcée, le travail n’est pas un droit de l’homme en Afrique. !!

                                           Ibrahima Mané

                   Vive la démocratie et les droits de l’homme.

                         vive la Cour Pénale Internationale

mercredi, 14 janvier 2015 10:56

Pourquoi ces enfants de la patrie se perdent ?

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Dimanche 11 janvier 2015 la république a illustré et crié au monde entier son amour pour les valeurs de sa triptyque : Liberté-Egalité-Fraternité.

Cette réaffirmation est importante en des circonstances exceptionnelles mais sa pratique doit rythmer notre vie au quotidien, ce qui est très loin d'être le cas.

Plus jamais ça ! Crie la république, mais au-delà des mots il faut maintenant des actes dans le même élan qui nous a poussé, tous, à nous rassembler pour exprimer notre unité malgré nos différences.

Aujourd'hui, toutes les composantes de la république attendent beaucoup des décisions des politiques, mais également du travail des médias qui ont une très grande responsabilité dans le traitement et la diffusion de l'information.

La lutte contre le terrorisme est un combat de longue haleine et nécessite un traitement raisonné, évolutif et non un cumul de décisions inefficaces fondé sur l'émotion, qui n'améliorera pas la situation.

J'observe que la gestion de la crise par le Président de la république est très digne mais les mesures sécuritaire et judiciaires ne suffiront pas fussent-elles utiles ?

Trois axes phares, évidentes, pourront apporter des résultats probants très rapidement :

1- permettre aux musulmans de disposer de lieux de culte dignes et les sortir de la clandestinité des lieux incontrôlables qui pullulent     partout, leur permettre, dans le cadre d'un engagement, de mettre en place des instituts de formation théologique pour former des imams dignes de ce nom. Il s'agit d'une mesure de bon sens, de justice et d'égalité de dignité qui aura le mérite de donner à chaque citoyen musulman le sentiment d'avoir un culte reconnu et respecté au même titre que les autres.

Le danger est de fermer les yeux sur le fait que l'islam est la seconde religion de ce pays. Laisser 5 Millions de musulmans sans véritable lieu de culte répondant à des critères de sécurité et de transparence dans leur financement demeure un danger évident.

L'attitude incongrue des médias qui consiste à diffuser régulièrement des sondages faisant état de l'opposition de la majorité des citoyens à la construction de mosquées en France n'a pour unique but que de cliver la population dans des retranchements ou dans un climat d'intolérance. Nos médias sont dans une dichotomie permanente, ils prônent la liberté tout en étant très conservateurs. Or ils ont aussi un rôle d'éducation dans les valeurs de la république : Liberté Egalité Fraternité !

L'Etat doit ouvrir une brèche temporaire dans la loi de 1905 afin d'aider à la structuration de la communauté musulmane (construction de mosquées, formation des imams, financement...). De plus en plus de Maires n'hésitent pas de prendre des mesures dans ce sens.

Cela est possible car nonobstant la laïcité de la république une situation d'exception existe en Alsace et Moselle avec un régime concordataire qui n'a pas pour autant divisé le pays.

2- Par ailleurs il vaudrait mieux accepter le nouveau visage de la France que de le nier. La nouvelle construction identitaire de la république passera forcément par l'intégration, sans complexe, dans le programme de l'éducation nationale des différentes phases historiques qui lient la république à cette population. De ce fait l'autre trouvera toute sa place au sein de la communauté nationale avec qui il aura une histoire commune et ne sera pas toujours regardé comme illégitime malgré qu'il soit de deuxième ou troisième. Il sera fier d'appartenir à la communauté nationale qu'il a défendue et préservée à travers les années au prix de son sang. Il s'agit d'une histoire de fierté ! Sarkozy comme Valls sont des enfants d'immigrés et pourtant ils sont fiers d'être français car ils ne sont pas renvoyés à leurs origines tous azimuts.

3- La prolifération des armes de guerres en provenance de la mafia des Balkans depuis la dislocation du bloc de l'est a atteint son apogée.

Les djihadistes partent les mains vides s'entraîner à l'étranger mais se procurent, avec une facilité déconcertante, des armes de guerres (kalachnikovs, lances roquettes grenades...) sur le territoire national.

Si ces réseaux des marchands de mort de l'est ne sont pas démantelés nous verrons le pire au-delà des djihadistes.

Le vivre ensemble nécessite une Egalité de tous les citoyens devant la loi, une Egalité de dignité et une Egalité de traitement par le pouvoir.

Il y a du chemin !

Mais ne perdons pas espoir !

RIP à tous les victimes des attentats djihadistes partout dans le monde

Le numéro post-attentat de Charlie Hebdo qui sort ce mercredi 14 janvier est tiré à 3 millions d'exemplaires et est distribué dans 25 pays. Si une version numérique sera disponible notamment en arabe, la version papier ne sera cependant pas vendue en Algérie ni au Maroc. Mais la diffusion pose également problème dans d'autres pays plus inattendus, comme l'Australie.

avec nos correspondants,

En Algérie, le journal ne sera pas distribué mais ce n'est pas une mesure spéciale, car déjà en temps normal le journal n'est jamais disponible. La Une de l'hebdomadaire a fait le tour des réseaux sociaux, pour la version papier, il faudra aller se la procurer à l’étranger.

Ce numéro de Charlie Hebdo provoque déjà un malaise. Représenter le prophète, en Une, est vu par certains comme une provocation. Ils dénoncent un nouveau dessin sur le thème de l’islam, alors qu’il y a bien d’autres thèmes à traiter. Les dessinateurs de presse eux sont dans une position délicate. S’ils revendiquent le droit à la liberté d’expression, s’ils ont été très touchés par l’attaque contre le journal satirique, l’Algérie est un pays musulman, où l’islam est religion d’Etat. Difficile d’accepter publiquement une caricature du prophète.

Au-delà des réactions de la société, les autorités considèrent qu’il y a une ligne à ne pas franchir : les médias annoncent que le journal Marianne a été interdit de parution cette semaine pour offense à Allah et Mahomet.

→ à lire aussi la Revue de presse Afrique du jour avec les réactions

Au Maroc, si la condamnation du terrorisme a été unanime, les commentaires prennent peu à peu leur distance avec la campagne « Je suis Charlie ». Il y a ceux qui se demandent si les Marocains ont vraiment les moyens « d’être Charlie » dans un contexte de liberté de parole plus restreint qu’en France.

Il y a ceux qui estiment difficile d’être en accord avec la ligne éditoriale du journal satirique jugée offensante pour les musulmans. Les publications de représentations de Mahomet avaient largement choqué en leur temps et cette nouvelle représentation du prophète dans le nouveau numéro est de nature à offenser à nouveau une large partie de l’opinion.

Une opinion assez en ligne avec le discours officiel : le président de la Chambre des représentants, chambre basse du Parlement, a déploré les attaques offensantes de Charlie Hebdo envers les musulmans au nom de la liberté d’expression. La publication satirique ne devrait pas sortir au Maroc où toute production remettant en cause la religion d’Etat est interdite. Comme on l’a vu récemment avec le péplum américain de Ridley Scott, Exodus, interdit pour sa version contestée d’un passage de la Bible.

Au Royaume-Uni

Seuls les quotidiens The Guardian et The independent ont publié dès mardi en pages intérieures la Une du journal satirique mais discrètement, en bas de page et en format réduit. Même prudence sur leurs sites internet : Le Guardian par exemple avertit ses lecteurs « Attention : cet article contient la Une de 'Charlie Hebdo', pouvant paraître offensante ». Le Guardian a pourtant débloqué 127 000 euros pour aider le journal satirique. Mais cette timidité était déjà perceptible la semaine dernière au lendemain de l’attaque contre Charlie Hebdo. Beaucoup de quotidiens et de chaînes d’information ont soutenu spontanément l’hebdomadaire français, beaucoup proclamaient « je suis Charlie » mais pratiquement aucune publication n’a reproduit les caricatures de Mahomet. En revanche les journaux sont fiers de pointer le courage individuel de leurs compatriotes : le Daily telegraph et le tabloid Daily Mail consacrent tous les deux ce matin un long article admiratif à une marchande journaux dans un petit village du sud-ouest de l’Angleterre qui a décidé la peur au ventre de réserver une centaine de copies de Charlie Hebdo qui ne sera disponible dans les kiosques britanniques qu’en fin de semaine. Une décision qui contraste avec celle des grandes chaînes de distribution de la presse qui elles ont décidé de ne pas mettre en kiosque Charlie Hebdo.

En Australie, où on a aussi défilé pour rendre hommage aux victimes des attentats, la publication de l'hebdomadaire pourrait tomber sous le coup d'une loi anti-discrimination. Mais depuis mercredi dernier, plusieurs voix se sont élevées pour demander la modification du texte. L'article 18c du Racial Discrimination Act stipule en effet qu'il est illégal d'offenser, d'insulter ou d'humilier un groupe de personnes en s'attaquant à leur couleur de peau ou leur appartenance ethnique. Les caricatures de Charlie Hebdo pourraient être interprétées de cette manière, même si la ligne éditoriale de l'hebdomadaire ne va évidemment pas dans ce sens. Après les attentats de Paris, deux sénateurs libéraux ont demandé la réouverture du débat sur la liberté d'expression jugeant cet article trop restrictif.

Mais, s'ils ont reçu le soutien du commissaire en charge des droits de l'homme Tim Wilson, qui reconnait qu'en raison de l'article 18C un magazine comme Charlie Hebdo « ne pourrait pas exister » en Australie, ce n'est pas le cas du vice-Premier ministre libéral Warren Truss. Lundi, il a exclu toute modification de la législation. On se souvient que l'an dernier, une tentative de révision de l'article avait suscité une levée de bouclier de la part de différents groupes ethniques, obligeant le gouvernement à faire marche arrière.

Au Mali, pays à plus de 90% musulman, l’attaque de Charlie Hebdo avait suscité une vive émotion, mais les réactions à la nouvelle Une du journal étaient attendues. Charlie Hebdo qui pardonne, par la voix du prophète : cette prise de hauteur et ce message d'humanité pour répondre à la barbarie meurtrière, a trouvé quelques soutiens dans la rue de Bamako. « C'est une bonne idée, explique ainsi un passant, parce que le monde entier va avoir l'image du prophète qui pardonne à ces gens-là [...] C'est un bon message pour la paix ».

Mais cette position est loin d'être majoritaire. En publiant une nouvelle caricature du prophète, Charlie Hebdo reste fidèle à sa ligne provocatrice, persiste et dessine là où ça fait mal. Une attitude que déplore cet étudiant: « Je condamne ce qui s'est passé. On ne doit pas aller assassiner des innocents parce qu'ils ont fait des dessins. Mais d'un autre côté, ce n'est pas bon, dans la religion musulmane, que les gens fassent des caricatures du prophète Mahomet. Ça heurte les sensibilités. Il faut aussi respecter, parce que la liberté d'expression a aussi ses limites. »

C'est justement ce que Charlie Hebdo récuse, mais au-delà du débat sur ce qui doit ou non être perçu comme une insulte, il y a ceux qui ont peur. « C'est bien de pardonner, explique l'un deux, mais il ne faut pas dessiner, car si l'on dessine encore [...] ça va créer d'autres problèmes ». Qu'elles estiment que cette nouvelle caricature du prophète soit une nouvelle provocation pour l'ensemble des musulmans du monde ou pour les terroristes islamistes uniquement, la grande majorité des personnes rencontrées aurait préféré qu'elle ne soit pas publiée.

En Côte d'Ivoire, la rédaction de G'Bich, une parution satirique où travaillent chrétiens, animistes, bouddhistes et musulmans a quant à elle favorablement accueilli la nouvelle couverture du journal satirique. Quelques caricaturistes reviennent sur cette Une qui représente Mahomet.

Réactions des caricaturistes de G'Bich à la nouvelle couverture de Charlie Hebdo
Ils sont en train de nous dire qu'ils ne vont pas abandonner leur ligne éditoriale sous la menace. Je pense que c'est ce combat même qui doit être porté par tout le monde. On ne peut pas enfermer la pensée. On ne peut pas empêcher l'artiste de créer.
Parution satirique ivoirienne

Rfia

"Des héros ont été recrutés, ils ont promis et ils ont agi", déclare, dans une vidéo, l'un des dirigeants d'Aqpa, Nasser Ben Ali al-Anassi. Qui ajoute que cette attaque contre Charlie Hebdo a été menée sur ordre d'Ayman al- Zawahiri, le grand chef d'Al-Qaïda depuis la mort de Ben Laden.

C'est une brève vidéo qui n'est restée visible que quelques minutes sur Youtube - le diffuseur l'a rapidement supprimée. On y voit l'un des dirigeants d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), Nasser Ben Ali al-Anassi, revendiquer l'attaque contre Charlie Hebdo : "Des héros ont été recrutés et ils ont agi, ils ont promis et sont passés à l'acte à la grande satisfaction des musulmans. Nous, Al-Qaïda dans la péninsule arabique, revendiquons la responsabilité pour cette opération comme vengeance".

Et le dirigeant de poursuivre : "Nous tenons à préciser à l'intention de la nation musulmane que ce sont nous qui avons choisi la cible, financé l'opération et recruté son chef. L'opération a été menée sur ordre de notre émir général Ayman al-Zawahiri et conformément à la volonté posthume d'Oussama ben Laden".
 

L'un des frères Kouachi s'était déjà réclamé d'Aqpa, peu après l'attaque.

Le Monde.fr

mercredi, 14 janvier 2015 10:33

Comment vivent les islamistes radicaux regroupés à Fresnes

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Manuel Valls veut généraliser d'ici la fin de l'année des quartiers spécifiques au sein de certains établissements pénitentiaires pour regrouper les détenus radicalisés. Une expérimentation est déjà en cours à Fresnes. Sophie Parmentier suit cette expérience depuis plusieurs semaines. Et elle a pu se rendre plusieurs fois de manière exceptionnelle dans cette partie de la prison.
Au premier étage de la première division sud de la prison de Fresnes, une vingtaine de détenus considérés comme des islamistes radicaux sont presque tous regroupés. Ils sont incarcérés dans le cadre d'affaires en lien avec le terrorisme islamiste. Une dizaine de ces détenus rentrent de Syrie. Les deux tiers d'entre eux attendent leur procès. Ils sont regroupés dans des cellules voisines. Des cellules aux petites portes de bois. Ces détenus sont parfois plusieurs dans une même cellule. Il y a jusqu'à trois lits superposés dans ces cellules de 9 mètres carrés. "Ainsi, il n'y a aucun matelas au sol", précise le directeur de la prison, Stéphane Scotto, qui est d'ailleurs à l'origine de cette expérimentation lancée, il y a tout juste trois mois. Ces détenus sont donc regroupés, les uns à côté des autres, mais ils ne sont pas isolés des 600 autres détenus qui sont dans le même bâtiment. Il faut savoir qu'à Fresnes, il y a d'autres bâtiments, d'autres quartiers hommes et femmes.
Dans la première division sud, depuis le début du regroupement de ces islamistes radicaux, un seul détenu est à l'isolement en permanence. Selon nos informations, il s'agit de Flavien Moreau, le premier djihadiste condamné depuis son retour de Syrie. Il a été condamné en novembre dernier à sept ans de prison, par le tribunal correctionnel de Paris.
A part lui, tous les autres détenus dits radicalisés ne sont pas donc pas totalement isolés, mais les fenêtres de leurs cellules ne donnent pas sur les autres bâtiments. C'est donc plus difficile pour eux de lancer des appels à la prière, selon le directeur.

Comment vivent les islamistes radicaux regroupés à Fresnes - enquête Sophie Parmentier
L'idée de l'expérimentation pour éviter le prosélytisme
 
C'est donc lui, Stéphane Scotto qui a eu l'idée de cette expérimentation. L'idée a germé peu à peu dans son esprit. A l'été 2014, il n'y avait à Fresnes qu'une douzaine de détenus déjà condamnés pour des affaires de terrorisme en lien avec une pratique radicale de l'islam. A l'automne 2014, de douze, ils sont passés à 20, et ils ont commencé à exercer une pression sur les autres détenus de la prison. Des détenus qui pratiquent dans leur immense majorité un islam modéré, ont commencé à se plaindre et à s'inquiéter de la pression exercée par les radicaux, assure le directeur. Par exemple, des détenus modérés disaient qu'ils ne pouvaient plus prendre leurs douches nus, ou alors que les radicaux voulaient les obliger à faire leurs prières cinq fois par jour. Ou encore les radicaux les auraient forcés à retirer de leurs cellules des photos féminines.
En décidant le regroupement des détenus radicalisés, le directeur a avant tout voulu protéger les autres détenus, et éviter le prosélytisme. Ce qui est très clair c'est que la décoration des cellules des détenus radicalisés est très différente des autres. Lors de ma première visite à Fresnes, il y a quelques semaines, j'ai pu visiter une cellule occupée. Le détenu n'était pas à l'intérieur à ce moment-là. Mais j'ai pu constater que sur les murs blancs décrépits, il n'y avait aucune décoration, juste une petite feuille scotchée, qui donnait les heures de la prière. J'ai pu comparer avec une autre cellule dite banale, qui elle, était couverte de posters de grosses cylindrées ou de femmes dénudées.
 
Les détenus radicalisés regroupés ont-ils un traitement à part ?
 
Cette vingtaine de détenus considérés comme islamistes radicaux, mis à l'écart des autres détenus, ne sont pas pour autant totalement coupés du reste de la détention. Il y a simplement des règles différentes, pour eux. Ils n'ont pas les mêmes heures de promenade que les autres détenus. Ils sont aussi à part pour les activités sportives à l'extérieur. Mais pour le sport intérieur, la musculation, ou pour les activités scolaires ou culturelles, ils peuvent être mélangés aux autres détenus, mais ils sont surveillés de très près par l'administration pénitentiaire.Le directeur de Fresnes insiste en tout cas sur l'importance que tous les détenus aient accès à toutes les activités. Et il assure que trois mois après le lancement de cette expérimentation, le climat est pacifié dans la prison, même si des syndicalistes estiment qu'ils manquent de moyens et de formations pour surveiller correctement ces détenus radicalisés.
 
C'est cette expérimentation à Fresnes qui pourrait être étendue à d'autres centres pénitentiaires français
 
La ministre de la Justice, Christiane Taubira, s'est rendue à Fresnes mardi en fin d'après-midi, juste après le discours de Manuel Valls. Elle a bien insisté sur le fait qu'il fallait encore quelques dernières évaluations, avant de généraliser cette expérience. La garde des Sceaux veut surtout mettre en place très rapidement, dans les prochains jours, un programme de déradicalisation dans les prisons, avec des psychologues, des aumôniers spécialement formés. A Fresnes, pour 2 700 détenus, il n'y a à ce jour que deux aumôniers musulmans, un homme et une femme, et un troisième devrait arriver très prochainement, dans le cadre du renforcement crucial des aumôniers, lancé depuis des mois par Christiane Taubira.

Cinq millions d'exemplaires seront finalement imprimés, a annoncé le distributeur, à raison de 500.000 exemplaires par jour. 700.000 exemplaires ont déjà été livrés mercredi matin et l'Union nationale des diffuseurs de presse a annoncé que le numéro de Charlie Hebdo était épuisé dans les 27.000 points de vente de presse en France.

La Une du journal, on la connaissait depuis lundi soir - le prophète Mahomet qui tient une pancarte "Je suis Charlie". Ce que l'on ignorait, c'était tout le reste... Au fil des pages on croise donc Jésus, Soeur Emmanuelle, le pape, des rabbins, des imams, des enfants de choeur - dessinés, caricaturés, moqués toujours. Il y a aussi des politiques qualifiés de clowns, des apprentis djihadistes comparés à des étudiants qui partent en Erasmus en Syrie.

L'équipe avait promis que l'esprit Charlie serait bien là, elle a tenu parole. La dernière page, féroce, est consacrée aux terroristes encagoulés - moqués, méprisés. Après la visite au journal, la mort à l'imprimerie : "j'ai peur que ça fasse un peu intello" lance un des frères Kouachi, allongé dans un bain de sang. Et dans un coin on voit la mort qui se marre en lisant Charlie Hebdo et qui lance : "moi aussi je m'abonne !". Bref, Charlie fidèle à lui-même : jamais l'humour ne disparaît derrière l'hommage.
Dans au moins 20 pays, et en cinq langues

Cinq millions d'exemplaires seront au final imprimés, a annoncé le distributeur, les Messageries Lyonnaises de Presse - qui parlait auparavant de trois millions. Car les 700.000 exemplaires livrés mercredi matin de ce que la rédaction appelle "le numéro des survivants", ont été très vite vendus. L'Union nationale des diffuseurs de presse a annoncé que le numéro de Charlie Hebdo était épuisé dans les 27.000 points de vente de presse en France.

Ces cinq millions "seront distribués à raison d'environ 500.000 exemplaires par jour, ce qui permettra à tous les kiosques qui le demandent d'être réapprovisionnés", explique la présidente des MLP, Véronique Faujour.

Le Monde

Souleymane Ndéné Ndiaye a officiellement déclaré, hier, sa candidature à la succession de Wade et à la prochaine Présidentielle. Une déclaration qui intervient après l’annonce du congrès du Pds par Wade le 8 août prochain. Lecture d’une candidature.

Pour la succession de Wade à la tête du Pds et la candidature en 2017, il y aura des débats. Et peut-être aussi des dégâts. Le Secrétaire général du parti a annoncé la tenue du congrès le 8 août 2015 lors de son «discours à la Nation» le 31 décembre dernier, depuis Paris. Une annonce qui sonnait comme un appel à candidatures. Mais Wade voudrait-il ne pas être surpris en titillant les projets de certaines «têtes brûlées» ? Tout semble indiquer qu’il sondait les potentiels adversaires de son fils, proclamé par nombre de responsables libéraux et surtout son entourage, secrétaire général du Pds et candidat contre Macky. N’est-ce pas le père qui avait vu le fils «au second tour» avec son successeur ? Si Souleymane Ndéné Ndiaye n’a jamais caché ses intentions de prendre le parti et de faire face à son «ami» Macky Sall à la prochaine Présidentielle, il reste que sa sortie, hier, à Kaolack, sur Rfm, est encore plus nette. «Je suis le candidat le mieux placé, c’est clair, parce que j’ai été le dernier Premier ministre de Abdoulaye Wade et je pense que je suis le mieux connu au Pds. Si vous faites le tour de tous les responsables du Pds, il n’y en a pas un qui ait accumulé autour de son nom le nombre de voix que j’ai obtenues pendant les dernières élections locales. Donc, cela coule de source», argumente-t-il.

Silence sur Karim, Oumar Sarr son adversaire
L’ancien maire de Guinguinéo écarte Karim qui n’a même pas été candidat. Dans la nuée de potentiels candidats à la succession de Wade et à la Présidentielle, il y en a un qui, de part son statut de coordonnateur et de numéro 2 de fait du parti, n’en rêve pas moins d’abattre ses cartes. Mais celui qui fut directeur de campagne du candidat des Fal2012 minimise la force du maire de Dagana. Il dit : «Demandez à Oumar Sarr qui est son candidat. Il vous dira que c’est Souleymane Ndéné Ndiaye, c’est la vérité. Je connais mieux le Sénégal que lui et je suis plus connu que lui.» Ainsi dit, Ndéné fait de Oumar Sarr un adversaire en refaisant le décompte des Locales. «Personne parmi les candidats du Pds aux Locales n’a recueilli plus de 22 mille 704 voix», ajoute-t-il. Soit ! Le pari du «lion du Walo»- «si je perds je démissionne»- était quand même osé tant il n’était pas évident de ravir la vedette à la forteresse Benno bokk yaakaar au pouvoir. Mais Sarr rempilera tout de même, même s’il a perdu le département. Sous ce rapport, Jules Ndéné ne peut se glorifier de son score, l’objectif étant, in fine, d’être le président du Conseil départemental de Kaolack. Un échec !

Le wax waxeet de Jules
Lorsque Aïda Mbodj réclamait une «dévolution démocratique» pour un Pds qui répond de ce qualificatif, elle le disait en connaissance de cause. Et Souleymane Ndéné Ndiaye semble abonder dans le même sens, mais avec une tournure assez diplomatique : «Il ne faut pas se faire d’illusion. C’est lui (Wade) qui choisira le candidat. Quoi qu’on puisse dire, le parti est démocratique, mais il appartient à Abdoulaye Wade. Que quelqu’un d’autre me prouve le contraire !» C’est que lui-même avait déjà prouvé le contraire il y a quelques semaines seulement. Invité de l’émission Sen jotay de Sen Tv, il avait déclaré, répondant au porte-parole du Pds qui réclamait un congrès extraordinaire pour faire de Karim le candidat du parti en 2017 : «Lui-même (Babacar Gaye) sait que ce qu’il a dit n’est pas logique parce que le candidat du parti est choisi par un congrès et il n’y en a pas encore. Abdoulaye Wade ne peut choisir ni son fils ni personne d’autre.» Le voilà qui avoue aujourd’hui encore : «Quand on veut le parti, on doit être en bons termes avec Abdoulaye Wade et je fais tout pour que ce soit le cas entre lui et moi, pour que je puisse prendre le parti et qu’il me désigne comme son candidat.»

Un perdant en puissance
Si c’est cette carte de l’entente avec wade qui doit jouer, alors là, Jules Ndéné a perdu avant l’heure. Puisque naturellement, Abdoulaye Wade est plus qu’en de bons termes avec son fils qui croupit en prison pour enrichissement illicite présumé. Les chances de l’ancien Premier ministre sont minimes. Ses «frères» ne ratent pas l’occasion de chanter : «Il s’est auto-exclu de la succession.» Dans les salons libéraux, l’on retient que Jules a «abandonné» le parti en enlevant son écharpe de député, en choisissant l’Angleterre pour «ses études» au détriment d’un parti «encore fragile» et loin des manifestations pour la libération des «otages politiques». Mais pour eux, le nouveau militant de Kaolack est «à la marge» des activités du Pds par le seul fait de ne pas assister aux réunions du Comité directeur. Lui assimile ces réunions à des «Assemblées générales». Si Souleymane Ndéné Ndiaye ne peut jouer au «fair-play» comme le recommande Wade aux éventuels perdants, il devra sans doute être plus concret que ce qu’il avait laissé entendre dans un entretien avec L’Observateur. «Pour l’instant, mon souhait, c’est d’obtenir que le Pds m’investisse comme son candidat à l’élection présidentielle de 2017. Si mon parti décide autrement, je verrai justement quelle conduite adopter», avait-il dit.

Ndéné à contre-courant de Wade
Dans son «message à la Nation», le Président Wade rassurait pourtant ceux qui lui prêtent des intentions de vouloir parachuter son candidat : «Tout le monde dit que j’ai un candidat. On m’accuse à tort. Il y aura un congrès en bonne et due forme, chargé de désigner le futur candidat. Il y aura un processus qui va partir de la base au sommet pour le renouvellement des instances du parti. Ce sera un processus démocratique puisque des élections vont se tenir à l’échelon des communautés rurales et des départements où les militants vont choisir librement, après vote, le secrétaire général et le futur candidat du parti pour la prochaine Présidentielle.» C’est là justement que l’ancien Premier ministre ne parle pas le même langage avec le Pape du sopi.

lequotidien.sn

mardi, 13 janvier 2015 14:35

La terre inquiète (1955) :

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Incantation"
"« Écoutez, je vous découvre et considère, je suis juste. Tant de neige. Pourtant j'étais d'une autre lave, ô tranquilles.»
- Dans la mi-matin, à peine si un phare faisait de l'ombre la cathédrale de son vol.

« Voyez mes plaies et les cicatrices de mes plaies. Voyez mes orages, mes flux. Je meurs encore, vous qui passez.»
- Ô brousses ô ravins ô foules ô meurtris.
Ô les pays sans épaisseur et les nuits pâles !"

"Promenoir de la mort seule"
"La baie triste n'a pas bougé
Sur un lac de roses, jonchée
De morts pâlis dans les rosiers
Baie funèbre elle est demeurée

La rive hésite la mer passe
Les barques sont laveuses d'eau
Noir est le sable, la couleur
Est évidente dans ce lieu

Les oiseaux y vêtent de gris
L'azur trouble de leurs envols
Telle évidence a rendu folle
La première vague échouée

Vagues de folie en folie
Hâves les autres ont suivi
Les rosiers ont gardé l'aumône
Des suicidés, à leurs replis

La race blanche des frégates
Jamais ne vient à ces repas
Elles vont sonner d'autres glas
Où le vent ne porte point gants

Ici ne bougent que l'émoi
Du souvenir et ce haut cri
Qu'un midi d'août on entendit
Sur la falaise et son troupeau

Un cri de terre qui déploie
Les nervures de sa feuillée
Parce qu'amour l'aura fouillée
Ou que la pluie est avenante

Un cri de femme labourée
À la limite des jachères
Ses seins nubiles partagés
Entre la misère et la mousse

Cri de verrous et cri d'orfraie
Et ce peuple était endormi
L'oiseau rapace fait son nid
Sur la cendre de l'arbre, vive

Et ne bouge encore que lait
Des goémons cette senteur,
La mort vivifie la mort
Baie funèbre elle est demeurée

Mais triste elle n'a bougé
Sur son mac de haines, jonchée
De morts pâlis dans les halliers
Qui vous pardonnent, ô rosiers."
Edouard.glissant. Son nom est Édouard Glissant.

Né en Martinique en 1928, il était poète avant tout, même quand il était philosophe et romancier

(prix Renaudot 1958 pour La Lézarde, du nom de la rivière voisine de son morne Bézaudin)

Le Front patriotique pour la défense de la république (Fpdr) dresse un bilan relativement «négatif» des trois années de gouvernance du régime de Macky Sall. En conférence de presse organisée hier, lundi 12 janvier, à la permanence du Parti démocratique sénégalais (Pds), Mamadou Diop Decroix et compagnie ont déploré le «grand fossé » entre les promesses et les réalisations de Macky Sall depuis 2012. Ils ont ainsi annoncé des actions de masse pour amener le chef de l’Etat à respecter ses engagements vis-à-vis du peuple sénégalais.
 
Près de deux semaines après la sortie du chef de l’Etat sur la situation nationale, lors de son adresse à la nation du 31 décembre, c’est au tour du Front patriotique pour la défense de la république (Fpdr) de passer en revue les grandes questions qui ont pu préoccuper et agiter le quotidien des Sénégalais au cours de l’année écoulée. Lors d’une conférence de presse tenue hier, lundi 12 janvier à la permanence Oumar Lamine Badji du Parti démocratique sénégalais (Pds), Mamadou Diop Decroix et compagnie ont pris le contrepied du discours de fin d’année du président de la République.
 
Pour ces membres de l’opposition, «le Sénégal, globalement, n’est pas encore, tant s’en faut, dans la trajectoire du mieux-être, de plus de libertés et de plus de sécurité pour ses populations». Qui plus est, selon eux, le bilan des trois ans de gouvernancede Macky Sall à la tête du Sénégal est relativement «négatif», contrairement à ce que veut faire croire le chef de l’Etat. Pour Decroix et cie, un «grand fossé sépare les promesses et réalisations de Macky Sall depuis son accession à la tête du pays.
 
«Dans trois mois, le Président Sall bouclera trois (3) ans à la tête de l’Etat sans pouvoir apporter le moindre début de réponse à aucune des demandes pour lesquelles les Sénégalais l’avaient élu.  Ses sempiternels discours/promesses n’amusent même plus la galerie. S’agissant de son dernier slogan, «le temps de l’action», il résume à lui tout seul le bilan d’échec de ses trois années de gouvernance.
 
Autrement dit, depuis trois ans que Macky Sall est à la tête de notre pays, c’est seulement maintenant qu’est venu le temps de l’action. Les Sénégalais jugeront, ou du moins, ils ont déjà jugé et se sont détournés», a expliqué le coordonnateur du front, Mamadou Diop Decroix. Avant d’ajouter par ailleurs que «Macky Sall compte gouverner et obtenir un deuxième mandat sur la base de simples promesses, exactement comme il l’a fait en 2012 alors qu’il ne gérait pas l’Etat».
 
ABSENCE DE CAP DE MACKY
 
Poursuivant son propos, le leader de Aj/Pads And-Jëf a souligné par ailleurs avoir constaté une absence totale de vision du chef de l’Etat et de son gouvernement dans la gestion de certains dossiers comme celui de la Casamance, la dette publique du Sénégal, l’agriculture, la pêche, l’école, voire l’emploi. Il en est de même, selon lui, pour ce qui concerne le transport, le front social, les bourses familiales et la couverture maladie universelle ou encore les malades mentaux errants, le soutien à l’économie et la bonne gouvernance.
 
 «En décembre 2014, tandis qu’il déclarait encourager les facilitateurs du dialogue avec le Mfdc à poursuivre leurs louables efforts, pour bâtir, sur le socle des progrès appréciables déjà réalisés, les fondements d’une paix durable en région naturelle de Casamance », Salif Sadio, un des leaders les plus influents du maquis accusait Macky Sall de vouloir anéantir son mouvement. Où sont donc les progrès notables déjà réalisés ?», s’est questionné Mamadou Diop Decroix. Et le responsable politique de marteler que «le Front exige la lumière sur la situation en Casamance. Après trois décennies de silence, on négocie, les Sénégalais veulent enfin savoir».
 
Lors de ce face-à-face avec les journalistes, le Fdpr a également interpellé le chef de l’Etat sur les 30.000 ha de domaines agricoles communautaires (Dac) promis en décembre 2013 ainsi que les 1000 tracteurs pour la modernisation de l’agriculture comme les 70.000 emplois/an promis dans le programme Yoonu Yokkuté. «En 2013, alors que nous devrions être à 140.000 emplois créés, nous nous sommes retrouvés plutôt avec 376 entreprises fermées.  Ce qu’évidemment, les maigres recrutements dans la fonction publique et l’Agence de la sécurité de proximité ne pouvaient combler», a soutenu le coordonnateur du front.
 
Pour lui, le chef de l’Etat doit respecter ses engagements vis-à-vis du peuple sénégalais dans le cadre du programme Yoonu Yokkuté dont on n’entend même plus parler.«A l’époque, il avait fait des promesses au peuple sénégalais. Alors, il faudrait qu’il les respecte en donnant de l’emploi aux jeunes, en développant l’agriculture, en gérant la crise scolaire»

Sudonline

mardi, 13 janvier 2015 09:54

Cristiano Ronaldo remporte son troisième Ballon d’or

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Le Portugais Cristiano Ronaldo a remporté le Ballon d’or 2014, récompensant le meilleur footballeur du monde de l’année écoulée. Il devance Lionel Messi et Manuel Neuer, finalistes à ses côtés. Cette troisième victoire le place désormais au sommet de l'histoire du trophée, à une longueur de Messi.

On l’attendait, on le subodorait, on osait presque l’annoncer à l’avance tant ce sacre était prévisible, évident. Le Portugais Cristiano Ronaldo a donc remporté, lundi à Zürich, son troisième Ballon d’or, après 2008 et 2013. Désigné meilleur joueur par un collège composé de sélectionneurs et capitaines d’équipes nationales ainsi que de journalistes, le joueur du Real Madrid a devancé l’Argentin Lionel Messi (2e), qui espérait un cinquième sacre, et le gardien de but allemand Manuel Neuer (3e).

A l’issue de la remise du trophée par Thierry Henry, Ronaldo s’est montré détaché tout en lançant un clin d’œil à son grand rival du FC Barcelone : « Je ne pensais pas remporter ce petit ballon trois fois, mais pourquoi ne pas rattraper Messi ? Cela ne m’empêche pas de dormir, mais j’aimerais entrer dans l’histoire du football comme étant le meilleur et je fais mon chemin. »

Ronaldo rejoint Cruyff, Platini et Van Basten

Son triomphe, Cristiano Ronaldo le doit uniquement à ses performances en club. 2014 a en effet été marquée par la 10e victoire du Real Madrid en Ligue des champions, une performance inédite à laquelle l’attaquant a largement contribué en établissant un nouveau record de buts en une saison dans la compétition (17). Egalement meilleur buteur du championnat d’Espagne (31 buts), Ronaldo a toutefois complètement raté son Mondial avec la sélection portugaise, éliminée dès le premier tour après une entrée en lice catastrophique face à l’Allemagne (0-4).

Les responsables politiques et le monde du football portugais ont salué lundi avec enthousiasme l'attribution d'un troisième Ballon d'or à leur compatriote. « Ce trophée est la reconnaissance de votre excellent niveau sportif, de la détermination et du dévouement qui ont marqué votre parcours de footballeur », a notamment écrit le président de la République Anibal Cavaco Silva dans un message adressé à la star et publié sur le site de la présidence.

En allant à un joueur surdoué et parfois personnel, qui brille plus qu’il ne fait briller les autres, et dont l’immense talent peine toujours à faire du Portugal une grande nation dans le concert du football, le Ballon d’or confirme sa tendance à récompenser des artistes aux statistiques affolantes. Une catégorie dans laquelle le gardien de but Manuel Neuer, deuxième du classement final, n'entre pas malgré des qualités hors normes qui ont joué un rôle immense dans la conquête par l'Allemagne de la Coupe du monde cet été au Brésil.

Avec ce troisième trophée, Cristiano Ronaldo rejoint au palmarès Johan Cruyff, Michel Platini et Marco Van Basten. Seul Lionel Messi, avec quatre Ballon d’or, a fait mieux. Entre le Portugais et l'Argentin, la lutte continuera en 2015. On ne voit guère qui pourrait les empêcher de se disputer à nouveau la célèbre récompense l'an prochain...

Le palmarès complet des récompenses de la Fifa pour l’année 2014

Ballon d’Or :
Cristiano Ronaldo (POR)

Joueuse mondiale de l’année :
Nadine Kessler (ALL)

Prix du fair-play de la Fifa :
A tous les bénévoles des tournois Fifa en 2014

Prix Puskás du plus beau but de l’année :
James Rodriguez (COL)

Entraîneur de l'année pour le football masculin :
Joachim Löw (ALL)

Entraîneur de l'année pour le football féminin :
Ralf Kellermann (ALL)

Prix du président de la Fifa :
Hiroshi Kagawa, journaliste japonais

Onze de l’année :
Gardien : Manuel Neuer (ALL) – Défenseurs : Philipp Lahm (ALL), Sergio Ramos (ESP), Thiago Silva (BRE), David Luiz (BRE) – Milieux : Andrès Iniesta (ESP), Toni Kroos (ALL), Angel Di Maria (ARG) – Attaquants : Cristiano Ronaldo (POR), Arjen Robben (HOL), Lionel Messi (ARG)

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AUDIO

Les enfants ne sont pas
Epouses africaines
  https://youtu.be/bbus9GJ3OxA Ces femmes qui refusent de participer au budget familial ...
Rentrée Scolaire :
  VOICI LE LIEN https://youtu.be/V7rGqslDhOA ...
La chronique de Pape
https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc   https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc ...

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