Contribution

Quelle politique des NTIC au Sénégal?

Au Sénégal, sommes-nous au courant des transformations technologiques qui sont en train de s’opérer au niveau mondial et ne risque-t-on pas de rater encore une fois, «d’être mal parti» comme à chaque fois qu’une transformation du monde s’opère ? 

Il y a un jour, j’ai assisté à Namur en Belgique à un forum sur les NTIC. On nous parlait d’un nouveau monde qui est en train de naître sous nos yeux et que rien ni personne ne peut arrêter et, ne pas prendre le train en marche serait synonyme de sombrer dans le sous-développement.

Dans ce monde, rien ne sera plus comme avant, et la révolution technologique en cours serait le marqueur essentiel des mutations à venir.

Les intervenants nous parlaient d'intelligence artificielle, dans le monde de la santé, dans le secteur de l’automobile, dans l’automatisation de tous les systèmes, ce qui va concerner l'éducation, l'agriculture, les services, tout le monde du travail etc.

Dans un futur proche, les logiciels vont transformer la plupart des industries traditionnelles et le robot va de plus en plus prendre la place de l’homme dans tous les circuits de fabrication et de production. Avec un simple logiciel, on peut posséder tout et dominer quasi tout le monde et avoir des influences sur toutes les entreprises et dans la vie de tout être humain quel que soit l’endroit où il se situe sur cette planète. 

On a donné l’exemple de Uber qui, avec un simplement logiciel, et ne possédant aucune voiture, est devenu la plus grosse compagnie de taxi au monde. Airbnb est présentement la plus grosse chaîne hôtelière au monde alors qu'il ne possède aucun établissement hôtelier.

Aux États-Unis, les avocats ne trouvent plus de travail, parce que l'ordinateur Watson de IBM peut donner un avis légal en quelques fractions de secondes, pour des cas plus ou moins compliqués, et avec un taux de satisfaction de 90% en comparaison des 70% pour les avocats.

Le modèle économique que nous connaissons actuellement va disparaître et tous les emplois avec et une nouvelle forme de travail va prendre le relai avec de nouveaux emplois.

Mais en écoutant tous ces discours, j’ai une pensée pour mon pays le Sénégal, et je me suis posé la question de savoir si nous sommes conscients des transformations qui sont en train de s’opérer dans le monde.  Tous ces nouveaux emplois qui vont se créer nécessitent une bonne formation de notre jeunesse et en voyant la situation de l’école sénégalaise, on se demande si nous n’allons pas rater encore une fois le départ du train et rester en retard par rapport au reste du monde.

Au moment où les pays développés entrent dans l’ère de l’alphabet numérique, 70% des Sénégalais sont analphabètes et 90% ne maitrisent pas ou non pas accès aux NTIC.

Nous sentons non plus aucun engagement de nos gouvernants pour connecter notre pays à ce train en marche qui risque de passer la gare Sénégal sans prendre aucun passager. Notre ambition devrait être de créer des Google, WhatsApp et autre Facebook à la sénégalaise. De pouvoir créer des logiciels pour accompagner le développement de notre agriculture, de pouvoir penser et concevoir des systèmes informatiques made in Sénégal, qui donneraient à l’humain la place qu’il mérite dans ce big-bang technologique qui risque de nous anéantir si on n’y pas garde.

C’est aujourd’hui que nous devons élaborer les stratégies nécessaires pour éviter à nos enfants et petits-enfants d’être les analphabètes numériques comme notre génération qui a été victime de l’analphabétisme, qui nous a maintenu dans cette pauvreté car étant incapable de penser et créer des solutions par nous-mêmes et pour nous-mêmes.

Si nous voulons vivre un Autre Avenir différent de celui des damnés éternels de la terre, nous devons insuffler un nouveau souffle, dynamique et énergique à notre pays et travailler ensemble pour l’accrocher sur le train déjà en mouvement de la révolution numérique.

Ibrahima Wade

Secrétaire général Un Autre Avenir

Faut-il s’inquiéter du niveau d’endettement du Sénégal ? (Par Ibrahima Wade)

Suite à l’alerte du FMI sur le niveau d’endettement du Sénégal qui frôle la barre des 65% de son PIB, le ministère de l’Economie et des finances nous sort un communiqué pour nous tranquilliser en nous indiquant la notation de Moody’s comme preuve de la solidité de notre économie. A mon avis, il faut essayer d’expliquer de manière pédagogique à la population sénégalaise ce qui se cache derrière ces notations, sur le recours systèmantique à l’endettement par nos autorités et essayer de voir s’il faut s’inquiéter de cette tendance ou pas.

D’abord, il faut comprendre que ces notations attribuées par ces agences sont destinées aux investisseurs et ne constituent aucunement un marqueur de développement. L’attribution de ces notes correspond aux perspectives de remboursement et à la capacité de tenir ses engagements envers ses créanciers. La notation financière constitue pour un investisseur (privé, institutionnel ou Etat), un critère pour estimer le risque lié à ses investissements dans un pays donné.

D’ailleurs, tous les points sur lesquels Moody’s se base pour attribuer une note sont liés aux situations qui permettent à l’Etat de garder une certaine solvabilité pour rembourser ses dettes, et il n’est nullement fait référence dans ces notes d’un développement quelconque du pays.

Les quatre principaux critères de notation sont : la solidité économique, la solidité institutionnelle, la solidité fiscale et le risque événementiel.

La solidité économique du Sénégal est portée pour une grande partie par les activités des entreprises étrangères (françaises, chinoises, indiennes, turques, marocaines etc.) Ainsi, une grande partie de la croissance économique est captée par des étrangers. Donc le pays est économiquement solvable pour Moody’s, mais ce que l’histoire ne dit pas c’est que notre économie est organisée pour permettre à des entreprises étrangères de faire des affaires et de rapatrier 100% de leurs bénéfices nets, ce qui nous prive de capitaux pour un développement endogène.

La solidité institutionnelle est vérifiable sur le respect d’un Etat de droit, sur les comportements et la respectabilité des gouvernants, mais si on voit la facilité de reniement de la parole présidentielle, la confusion dans laquelle s’est installée notre justice, les comportements au niveau de l’Assemblée Nationale, il y a lieu de se demander si nous avons des Institutions solides.

La fiscalité de l’Etat, dépend essentiellement des facteurs de production, des activités économiques, de la consommation, des impôts divers etc. Cela veut dire, qu’il faut qu’il y ait une certaine activité économique pour générer une fiscalité positive pour l’Etat. Malheureusement, nous constatons chaque jour une dégradation du tissu économique, ce qui n’augure pas une bonne collecte fiscale pour l’Etat.

Lorsque Moody’s parle de risque événementiel, il pense à des événements qui peuvent menacer la stabilité d’un pays ; par exemple des guerres, des révoltes ou des émeutes. Même si ces genres de menaces ne sont pas imminentes pour le Sénégal, il y a lieu de penser qu’une certaine instabilité liée surtout à la gestion de l’affaire Khalifa Sall ou celle de Karim Wade peut pousser Moody’s à dégrader sa note.

Le ministère de l’Economie et des finances nous parle de la note attribuée au Sénégal comme étant une preuve du succès de sa politique économique et financière. La note du Sénégal, d’après le document que j’ai lu est de Ba3. Il faut comprendre ce que cette note signifie avant de tirer des conclusions hâtives. Dans sa classification, Moody’s a un rating de Ba qui est divisé en Ba1, Ba2 et Ba3. Donc dans cette catégorie, il y a le bon, le moins bon et le mauvais. La notation Ba signifie en anglais, « Non-investment grade,speculative » que l’on peut traduire simplement comme spéculatif, c’est-à-dire, une dette spéculative qui peut ainsi être attaquée par des spéculateurs. En plus ça concerne des emprunts long terme ce qui veut dire que ces dettes seraient payées par les générations futures. Le Sénégal est donc dans la zone dangereuse et c’est pour cela que le FMI a sonné l’alerte. Il faut savoir qu’après Ba qui signifie spéculatif, vient B qui veut très spéculatif et ensuite, Caa qui correspond à une situation risquée.

Eh bien, si le ministère de l’économie et des finances veut nous faire croire que tout va bien et en plus sa seule stratégie de levée de fonds vers le Sénégal est l’endettement, il est de notre devoir d’alerter la population que de l’austérité n’est pas à exclure car si nous continuons à s’endetter au-delà des 70% du PIB autorisé dans la zone CEDEAO, nous allons payer des taux d’intérêt plus élevés, ce qui va augmenter le service de la dette.

Certains disent que l’Etat s’endette pour faire des investissements, mais encore faudrait-il qu’il y ait un retour sur investissement car si nous prenons le cas de l’aéroport de DIAS dans lequel l’Etat s’est endetté et qu’aujourd’hui, on nous dit que c’est un grand groupe français qui a la concession du Duty free, alors que le bon sens serait de permettre à des privés sénégalais de l’exploiter afin que les retombées soient directement injectées dans l’économie sénégalaises au lieu de se volatiliser encore une fois vers l’étranger.

Je pense qu’il y a lieu de s’inquiéter du niveau d’endettement du Sénégal et il faudrait que les Sénégalais sachent que ces notations des agences internationales même très positives, ne mesurent pas notre niveau de développement, mais notre capacité à rembourser nos dettes. Si vous ramenez ça au niveau d’un père de famille qui s’endette pour construire sa maison, ce n'est pas parce qu’il rembourse son loyer qu’il y a toujours à manger à la maison. Et pour que la maison puisse être soldée et entrer dans le patrimoine familial, le papa doit pouvoir payer la totalité de l’emprunt.

Ibrahima Wade

Secrétaire général Un Autre Avenir

Hommage à mon Professeur de Philosophie de l’Université de Franche-Comté parti rejoindre Socrate à Hadès : Pr R. DAMIEN est mort à 68 ans le 26/10/2017.  «Pr R DAMIEN «  Les qualités de l’homme d’autorité : c’est trois choses :  -il doit être instru

 

Hommage à mon Professeur de Philosophie de l'Université de Franche-Comté parti rejoindre Socrate à Hadès : Pr R. DAMIEN est mort à 68 ans le 26/10/2017.

«Pr R DAMIEN « Les qualités de l'homme d'autorité : c'est trois choses :
-il doit être instruit de la situation ( comme le juge d'instruction )
-Il doit être juste et judicieux dans l'action ici et maintenant ( ne pas penser le passé qui peut polluer le jugement)
-Il doit assumer les conséquences heureuses ou malheureuse de ses actions ou choix
En conclusion il dira que l'homme d'autorité est un Chef et il n' y a de pire autorité que l'homme qui n'assume pas . »

C'est en 1990 que j'ai débarqué à l'Université de Franche-Comté au département de philosophie. J'avais vécu deux années blanches et je ne pouvais en subir une 3 ème.
Dans cette université j'ai rencontré des professeurs qui avaient une obsession : faire comprendre à leurs étudiants le contenu de leurs enseignements, les préparer au monde du travail, et les faire réussir en leurs donnant tous les rudiments du savoir.
Parmi ces enseignants , il y avait Louis UCCIANI ( Licence et Maitrise : Initiation à la lecture des Stomates de Clément d'Alexandrie, patrologie), DEA avec le Pr Robert DAMIEN ( La prière chez Origène) puis il accepte de m'encadrer en thèse ( Ethique et vie esthétique : l'exemple des arts africains-non soutenue).
Tout ceci pour en arriver à mon Professeur qui vient de rendre l'âme et le ballon de rugby sans parler de la bibliothèque augmentée comme condition du savoir organisé.
Le Pr R DAMIEN nous a toujours impressionné mais en même temps savait nous rassurer. Il aimait nous dire que celui qui le choisit pour diriger son travail universitaire doit s'armer de patience et se mettre à la re-correction jusqu'à trouver la bonne formule, la bonne phrase, la phrase intelligente.
Avec moi votre bagage sera bien et bon pour la suite. Oui il était exigent, mais gentil et proche de ses étudiants.
Il savait écouter et donner le conseil adapté. Sous cette «carapace de rugbyman » il y avait un cœur, et le geste paternel et affectueux.
Lors d'un cours de DEA, le Pr pour détendre l'atmosphère lors d'un cours sur HOBBES, il nous parla de rugby. Une expérience qui l'avait fortement marquée. Dans son équipe il y avait un homme d'origine africaine bref un homme noir, et ce dernier avait fait un mauvais geste et le Professeur entraîneur de lui crier dessus en lui disant ce n'est pas une noix de coco. Ce dernier se met en colère rouge et Mr Damien alla s'excuser et il compris qu'il avait blessé l'homme. Depuis il retourne 7 fois sa langue avant de sortir un «mot». Ce moment était difficile pour lui qui aimait tant les gens et il comprit qu'on pouvait blesser sans le vouloir.


Quand j'ai su que le Professeur R Damien a trouvé un poste à l'Université de Nanterre alors que je l'avais cherché partout ( annuaire, email, etc) je reçois une réponse tardive : oui c'est bien moi.

Comment allez-vous Mr Cissoko des cafés-philo) ?
J'étais content comme un jeune enfant et je me suis hâté de lui répondre et de lui demander un rendez-vous à l'Université de Nanterre.

Il répondit vite et j'arrive avec des mangues bien mures. Il me dit que sa femme aime beaucoup les mangues. On parle de ses enfants et de son travail universitaire. Nous parlons aussi de l'université de Besançon, de mes activités diverses, de Anne Merker brillante étudiante devenue brillante professeure à Strasbourg. On a échangé sur les écoles platoniciennes et les différentes querelles.

Un fait a marqué et perturbé le Pr DAMIEN, sorti de la messe il fait un faux pas dans un trou qui lui valut de marcher avec des béquilles. Le fait d'être dans cette situation lui a beaucoup atteint et on dirait qu'il déprimait : difficile d'accepter de boiter....


Le Pr R DAMIEN nous a initié la réflexion sur la bibliothèque augmentée, à lire le livre des livres la Bible.

Le must c'est quand il nous parle du philosophe conseiller du roi.

La figure du conseil dans les livres anciens et nouveaux.

Il a su concilier la notion d'autorité, de chef, de conseil dans ses travaux monumentaux et érudits.


Trois ouvrages à son actif mais beaucoup de collaboration et d'articles.


Ce n'est pas un philosophe des médias même si je l'y voyais bien, avec R ENTHOVEN, il nous a séduit avec ses éclairage sur l'obéissance et la contrainte. Un homme bon comme ses anciens collègues André TOZEL, Ucciani, Cotten, Martin, etc, tous de l'Université de Franche-Comté.

Le Pr R DAMIEN aimait que toute action soit efficace comme au rugby et c'est à l'université de Besançon qu'il nous permis d'entendre tout un pan de cette réflexion action : la théorie de l'agir. Selon lui c'est méconnaître la philosophie que de penser qu'elle est simplement spéculative.


http://www.ichrono.info/index.php/gadgets/item/3823-le-professeur-de-philosophie-robert-damien-est-aussi-entraineur-et-jouer-de-rugby-a-68-ans-il-rejoint-naude-et-socrate.


Je voulais ici juste témoigner de ma gratitude au Pr R DAMIEN qui m'a pris son aile, m'a appris à être plus rigoureux et quand il m'a dit Mr CISSOKO vous avez beaucoup progressé, j'avais les larmes aux yeux. Vous m'avez appris cette notion ("la prière actantielle, cette prière qui transforme). Il ajoute vous avez acceptez de travailler avec moi et par votre courage vous êtes toujours resté avec moi qui vous demandais sans cesse de réécrire, de lire ou relire tel ouvrage, à présent vous êtes prêts et je vous le dis sérieusement en levant la main gauche pointée vers moi et le ciel. Beaucoup de vos camarades ont abandonné en cours de chemin et vous avez tenu. C'était ainsi avec le Pr Damien.
Christine Grenaud la secrétaire du département de Philo me disait toujours je ne sais pas mais le Pr R Damien t'aime beaucoup, il parle souvent de tes activités ( le café philo, les conférences, tes cours à l'IUFM, etc).
Cher Pr vous partez si tôt, 68 ans, c'est jeune mais il faut accepter l'autorité de Dieu qui nous arrache à la vie quand on ne s'y attend pas.
A votre famille je présente mes plus sincères condoléances.


P Bakary CISSOKO

Avis d'obsèques

USSEL - BOURG-EN-BRESSE
LONS-LE-SAUNIER - BESANÇON - PARIS
Sa femme, Martine DAMIEN ;
Ses enfants,
Ses frères et soeurs, et leur famille,
Sa belle-mère, Mme Yvette FOURNAJOUX ;
Son gendre,
Sa petite Elsa
ont la tristesse de faire part du décès de
Monsieur Robert DAMIEN
Professeur émérite Paris X, Nanterre
Docteur en philosophie
survenu le 26 octobre 2017, à Paris, à l'âge de 68 ans.
Une cérémonie aura lieu vendredi 3 novembre, à 15 heures, en l'église Saint-Pierre de Montrouge, Paris XIVe, Métro Alésia.

Pour mieux faire connaissance avec les travaux de mon Pr R DAMIEN

Robert Damien
ISBN : 2200271875
Éditeur : ARMAND COLIN (23/10/2013) Résumé :
Omniprésents, dans la famille, la société, au travail, l'autorité et son exercice ne font étonnamment plus l'objet du questionnement philosophique. Pourquoi obéir et à qui ? Pourquoi y a t il des chefs ? Faut-il qu'il y en ait ? Comment s'en passer afin de se gouverner soi-même ? Cet ouvrage délibérément provocateur s'appuie sur une relecture des philosophes les plus classiques mais aussi sur l'expérience personnelle de l'auteur
Robert Damien : de la figure de l'entraîneur à celle de Mandela .Robert Damien, professeur émérite de philosophie (Paris X) publie un ouvrage trapu et stimulant : ?Éloge de l?autorité. Généalogie d?une (dé)raison politique? (Armand Colin). Qu?est-ce qu?un chef ? Peut-il y en avoir de bons ? Pourquoi obéir et à qui ? Pour Mediapart, Antoine Perraud l'interroge sur la figure de l'entraîneur.
Le philosophe conseiller du prince : une nouvelle figure (XVII-XVIII siècles), le bibliothécaire voyageur
par Robert Damien Thèse de doctorat en Lettres Sous la direction de Bernard Bourgeois et de Bernard Bourgeois.
Soutenue en 1992 / Sorbonne


Résumé


Le philosophe a toujours voulu conseiller le prince. Cette volonte, contestee, contestable, sera etudiee a travers l'analyse d'un conflit majeur qui structure l'histoire de cette requisition philosophique. Le service du conseil ne se peut revendiquer comme un privilege de droit que si le conseiller parle le langage de l'universel. Il permet ainsi a chaque libre-arbitre qui l'ecoute et le suit, de faire face a la contingence, l'incertitude, la finitude qui paralysent la realisation historique des fins d'une humanite accomplie. Son autorite tient a sa capacite reconnue de traduire la voix du principe naturel et divin a la source de l'ordre. Cette voix de l'ordre est deposee dans un livre unique et total qui assigne a chaque liberte sa place et sa fonction dans la totalite harmonique que constitue l'ordre du monde. Plusieurs bibles pretendront detenir et exprimer la voix de l'universel ordonnateur : bibles de l'idee, de la nature, de la grace, de la raison, de la conscience. Plusieurs conseillers emergeront et se combattront pour occuper cette fonction strategique du service de l'universel qu'est le conseil : le philosophe-demiurge, le pretre, le noblenotable, l'expert, l'influent objecteur (de conscience). Mais la concurrence des bibles entraine leur relativisation. S'il n'est plus de voix de l'universel deposee dans le livre, il n'est plus d'ordre, plus d'autorite, plus de conseil. L'homme est-il alors condamne au seul combat des interets particuliers, a l'hegemonie des rapports de force ? que peut faire le philosophe s'il veut toujours assumer le requisit du conseil qui le definit ? des bibliotheques.
L'œuvre de Robert Damien se construit autour de la notion d'autorité : autorité du livre, de la bibliothèque et de son classement ; du chef : cet ouvrage, issu d'une journée d'études organisée à la Bibliothèque nationale de France en 2014, s'ouvre en deux parties cohérentes à la pensée de Robert Damien : la première traite d'abord du « testament bibliothécaire », et la seconde se consacre ensuite au « principe autorité ».
Mots clés : classements - culture numérique - démocratie - élaboration des savoirs - institutions - Gabriel Naudé - lecture - politiques culturelles - Robert Damien
Université Paris Nanterre 200 avenue de la République 92001 Nanterre Cedex
www.parisnanterre.fr

https://dep-philo.parisnanterre.fr/les-enseignants/damien-robert-127965.kjsp
DAMIEN, Robert

Robert Damien est professeur émérite au département de philosophie de l'Université Ouest, qu'il avait rejoint comme professeur des Universités en juin 2006. Il est membre du laboratoire SOPHIAPOL, directeur honoraire de l'EA 139 et membre du bureau du Labex Passés Présents de l'Université Université Paris Nanterre. CV Complet

Domaines d'enseignement et de recherche
histoire de la philosophie politique; philosophie politique; histoire et épistémologie des sciences humaines, sociales et politiques; épistémologie et philosophie du conseil et de l'expertise; histoire et philosophie de la bibliothèque (livre, lecture, lecteur) et de la culture
Travaux et publications
Ouvrages en nom propre
Bibliothèque et Etat, naissance d'une raison politique. Paris, PUF, 1995, 316 p
La grâce de l'auteur, essai sur la représentation d'une institution publique, l'exemple de la bibliothèque publique, La versanne, Encre marine, 2001, 232 p
Le conseiller du Prince, de Machiavel à nos jours, genèse d'une matrice démocratique, Paris, PUF, 2003,445 p
Direction d'ouvrages collectifs

François Dagognet, une philosophie à l'œuvre, Paris, Les empêcheurs de penser en rond, Diff.Seuil, 1998, 303 p
L'action collective, coordination, planification, conseil, avec André Tosel, Besançon, PUFC/Belles-lettres, 1998, 521 p
Faut-il brûler Régis Debray? avec R.Dumas et F.Dagognet, Champ Vallon, Seyssel, 1999, 207 p
Gabriel Naudé, La politique et les mythes de l'histoire de France, avec Y.C.Zarka, Paris, Corpus, n°35, Fayard, 1999, 202 p
Naudé, Addition à l'histoire de Louis XI, avec Y.C.Zarka, Paris, Fayard, 1999, 194 p
La représentation et ses crises avec J. P. Cotten et A. Tosel, Besançon, PUFC/ Belles-Lettres, 2000, 411 p
L'expertise, Besançon, PUFC/ Belles-Lettres, 2002, 349 p
Proudhon, avec H.Touboul, Paris, Revue Corpus, n°47, 2004, 366 p
Confiance raisonnée et défiance rationnelle, autour de Gaston Bachelard, avec Benoît Hufschmitt, PUFC/Belles Lettres, Besançon, Juin 2006
Conflits et confiances dans les philosophies politiques du XX siècle avec Christian Lazzeri, PUFC/Belles Lettres, Besançon, Octobre 2006
Edition
Qu'est-ce que la propriété ? Réédition de l'ouvrage de Proudhon avec une présentation et une introduction de Robert Damien et d'Edward Castleton, Le livre de poche, Paris, 2009, p.9-42

Articles et chapitres d'ouvrage, 2007-2012
« Bible et bibliothèque, lecture et lecteur dans l'Encyclopédie : la naissance d'un électeur » in L'ordre des renvois dans l'Encyclopédie, Revue Corpus, n° 51, 2007, pp.131-152
« Montesquieu conseiller du prince, une tentation contrariée » in L'héritage de la raison, Emmanuel Cattin et Franck Fischbach, édit., Ellipses, 2007, pp.35-6070 « Jean Leclerc ou la « République des Lettres » comme modèle politique d'une révolution ? » in Monarchie et République au XVII° siècle, Yves Charles Zarka édit., PUF, Paris, 2007, pp.235-26071 « François de Neufchâteau, la craie et l'ardoise » in Médium, n°10, Paris, Janvier-Mars, 2007, pp.197-205
« Trois écritures bibliothécaires du style philosophique : Machiavel, Montaigne, Diderot » in Le style des philosophes, B.Curatolo et J.Poirier dir.,Editions universitaires de Dijon et PUFC, Dijon-Besançon, 2007, pp.45-61


« Pour une épistémologie politique de l'informatique : questions à Gérard Chazal » in Automates, réseaux, interfaces, sous la direction de J.C.Beaune, F.Dagognet et D.Parrochia, Publications de l'Université Jean Moulin Lyon 3, Lyon, 2007, pp.63-77
« Pour un Nouvel Esprit Politique » in L'Internet entre savoirs, espaces publics et monopoles, SENS PUBLIC, n°7-8, Paris, Octobre 2008, pp.39-53
« Les idéologues ou le démon des lumières », in Médium, n°11, Paris, Avril-Juin 2007, pp.154-167
« Mégalomanie et mélancolie » in Qu'est ce qu'un chef ? Médium, n°14, Paris, Juillet-Septembre 2007, pp.115-123
« The theory of plural subjects of Gaston Bachelard", traduit en chinois, in Tongji University Journal Social Science section, Shanghai, n°3, 2008, pp.26-33
« Jean Le Clerc et la république des bibliothèques », Médium, n°15, Paris, Avril-Juin 2008, pp. 149-168
« Trait d'un maître, François Dagognet » in Portraits de maîtres, J. M. Joubert et G.Pons éditeurs, CNRS Editions, Paris, 2008, pp.143-146
« Deux ou trois choses que je sais à propos du rugby » in Activité physique et exercices spirituels, D.Moreau et P.Taranto éditeurs, Paris, Vrin, 2008, pp.169-176
Notices, in L. Foisneau (ed.), Dictionary of Seventeenth-Century French Philosophers, London/New York, Thoemmes-Continuum, 2008: "Aubery, Antoine (1616-95), vol. 1, p. 59; "Barclay, John (1582-1621)", vol. 1, p. 84-85; "Béthune, Philippe de (1561-1649)", vol. 1, p. 150-151; "Corbinelli, Jean (1622-1716)", vol. 1, p. 277-278; "Naudé, Gabriel (1600-1653), in L. Foisneau (ed.), Dictionary of Seventeenth-Century French Philosophers, London/New York, Thoemmes-Continuum, 2008, vol. 2, p. 912-918.
« Eloge du rasoir ou introduction à une petite métaphysique de la barbe », Médium, n°19,Avril-Juin 2009, pp.203-223
« Le concept de ville chez Paul Claudel : une matrice politique » in Claudel Politique, Pascal Lécroart édit., Actes du colloque international de l'université de Franche Comté, Aéropage, Lons le Saunier, 2009, pp.185-193


« La figure de l'expert : autorité et conseil dans Le Léviathan » in La forme de la bibliothèque, Sur l'œuvre de Robert Damien, Publications de l'université de Lyon III, Lyon, 2009, pp.157-198
Présentation, introduction et notes avec Edward Castleton de « Qu'est ce que la propriété? », (1840), Paris, Le Livre de Poche, 2009
« L'esprit d'équipe » in Le NOUS, Médium n°20, p.183-200
« Daniel Parrochia, une épistémologie politique des révolutions scientifiques » in Mathématisation du sensible, sur l'œuvre de Daniel Parrochia, Editions universitaires de Dijon, Dijon, 2009, p.97-104
« Basket, Abécédaire de la crise » in Multitudes, 37-38, p.39-41, Automne 2009
« La position du missionnaire », in Les cahiers de médiologie, une anthologie, CNRS Editions, p.540-547, Paris, 2009
« Fraternité, fin et suite », in Fraternité, regards croisés, F.Brahami et O.Roynette éditeurs, PUFC, Besançon, 2009
« Internet et la société de contrôle, le piège ?, « avec P.Mathias, présentation et organisation du numéro 39 de la revue Cités, PUF, Paris, 2009
« La balle et le ballon, essai de ludographie culturelle », in Médium, 22, 2009, p.138-145
Préface à l'ouvrage de Sophie Dreyfus, Généalogie du délit politique, LGDJ, Paris, 2009
« L'urgence écologique, un nouvel objet politique » in Le monde émergent, les nouveaux défis environnementaux, Paris, Armand Colin, 2010, p.33-45
« Proudhon : propositions pour une nouvelle lecture » in Bulletin de la société française de philosophie, Paris, Vrin, Avril-Juin 2010, p.1-50
« Les tentations bibliothécaires du conseil : Montesquieu entre Machon et Lamy » in Lambertiana, Hommage à Jacques Lambert, Paris, Vrin, 2010, p.189-209
« La compétition entre conflit et combat, une matrice de la société démocratique ? » in Repenser la démocratie, Yves Charles Zarka édit., Paris, Armand Collin, 2010, p.205-221
Présentation et coordination du numéro 43/ de la revue Cités, PUF, Paris, 2010 Socialismes : y revenir ?
Marly BULCAO, O gozo do conhecimento e da imaginaçào, Préface de Robert Damien, Rio de Janeiro, MAUAD X, 2010, p.19-23, inclus la traduction brésilienne de deux textes de Robert Damien, Dagognet, O Paradigmo Bibliothécàrio do Saber ou As Colunas de Hércules, p185-199 et Dagognet, a Arte e o Objeto, p.207-220
« François Dagognet, philosophe politique et éthique » in François Dagognet, un nouvel encyclopédiste ? sous la direction de Daniel Parrochia, Champ Vallon, Seyssel, 2011, p.67-76
« Pour un nouvel esprit bibliothécaire ou le re/médiations de la bibliothèque numérique » in Horizon 2019, Bibliothèques en prospective, coord.A.M.Bertrand, Presses de l'ENSSIB, Villeurbanne, 2011, p.49-62
« PROUDHON, propositions pour une nouvelle lecture », traduction chinoise, Etudes de philosophie française, Tongji University Press, Shanghai , 2011, p.98-145
« Les identités plurielles de l'Europe, Entre l'Empire et l'Eglise, entre les Etats-Unis et l'Orient », Tongji University Press, Shanghai, 2012, p.27- 58
« Bibliothèque et politique, le cas exemplaire de Gabriel Naudé », Philosophia, Bolletino de lla sociètà italiana di Storia di filosofia, 2/2011, p.23-46
« Pensée de l'acte et conseil de l'action : la perspective proudhonienne du travail industriel » in Penser et agir, Contexte philosophique, praxéologique et langagier, I, sous la direction de Victor Alexandre, Paris, Le Manuscrit, Recherche –Université, 2009, p.61-83
« Eloge du rasoir, introduction à une petite métaphysique du rasoir in Formes, systèmes et milieux techniques après Simondon, Sous la direction de Daniel Parrochia et Valentina Tirloni, Lyon, Jacques André éditeur, 2012, p.41-55
Le conseiller du prince de Machiavel à nos jours
Genèse d'une matrice démocartique Robert Damien (Auteur) Paru en septembre 2003 Essai

Avec Machiavel apparaît le conseil au Prince et la raison politique de l'Etat moderne. Ainsi une bibliothèque des conseils se constitue à partir des oeuvres de Bodin, Bacon. Tocqueville saisira fort bien les dérives de cette autorité démocratique, Proudhon proposera des remèdes et Bachelard favorisera un nouvel esprit politique pour assurer le pluralisme cohérent d'une démocratie des conseils. Confrontée à la révolution de la société information, une politique démocratique peut y trouver ses ressources.


Vous avez la liberté de chercher pour trouver le travail encyclopédique du Pr R DAMIEN élève de Bourgeois et ami de Pr Philosophe et médecin Dagognet etc.
En guise d'hommage et de reconnaissance par son ancien étudiant de l'Université de Besançon département de philo. Pape Bakary CISSOKO

Les partis politiques sénégalais, crise de confiance ou désintérêt ?

Les partis politiques n'ont plus la cote. Et c'est un euphémisme au pointqu’on évoque leur disparition un jour ou l’autre pour laisser la place à des mouvements plus participatifs. Nous constatons une dégénérescence presque programmée des structures partisanes et les militants désertent depuis des années ces partis traditionnels dans lesquels ils ne se reconnaissent plus. Il y’a aujourd’hui une forte tendance au sein de la population sénégalaise pour considérer que ceux-ci ne comprennent pas les problèmes du pays. Ce sentiment est lié au fait que les notables qui lesdirigent refusent d’élargir tout processus de renouvellement et de réformes. Et cetteabsence de renouvellement entraîne la désaffection politique. Comme dans toute activité humaine, la non-concurrence et l’instauration de monopoles de situation finissent par étouffer toutes initiatives. 

Des partis à l’ancienne

Ce sont ces partis à l’ancienne où des milliers de personnes encartées sont toujours convoquées à des réunions de fédérations, de sections, de cellules toutes les semaines pour satisfaire les caprices du chef. Aucune proposition, ni d’offre politique alternative sérieuse n’émane de ses réunions de comité. Ces pratiques finissent par lasser les militants politiques qui luttent en faveur du développement du pays. On peut déplorer que ces partis se contentent de jouer le rôle de machine électorale au service d’aventures personnelles. La politique reste pour eux un territoire où la souveraineté populaire et la citoyenneté ne sont que des illusions. L’absence de débat interne, de structuration, de propositions concrètes et de stratégies de gouvernance engendre une profonde fracture entre le monde politique et les citoyens. En même temps qu’une grande frustration de l’électorat.

Une défiance forte des citoyens vis-à-vis des responsables politiques

Face à cette situationles citoyens aspirent de plus en plus à sortir de ce schéma traditionnel et à mettre en place des formes de démocraties directes ou participatives afin de reprendre en mains leur destin. On voitainsi émerger de nombreux mouvements qui entendent revitaliser la démocratie en remettant le citoyen au cœur du débat public. Le phénomène grandissant de ces nouvelles organisations témoigne d’une volonté de changement. Les mouvements politiques de citoyens sont aujourd’hui une réelle alternative pour une opposition éclairée, forte, lucide, imaginative et déterminée, contre la gouvernance actuelle du pays dans laquelle nos compatriotes sentent captifs.

Le renouveau politique, un vaste chantier

Ma conviction, c’est que nous avons besoin d’un renouveau politique, une nouvelle force capable de dessiner un projet émancipateur, social et économique. Pour être légitime, les mouvements devront s’adresser, rassembler le plus grand nombre en acceptant l’hétérogénéité des cultures et en assurant une cohérence d’ensemble. Mais, et ce point est fondamental, cette mutation ne saurait résulter d’un simple réagencement de l’existant, d’une recomposition à partir des appareils politiques actuels. Le renouveau politique appelle à un vaste chantier, celui d’un véritable « contrat démocratique ». Le potentiel existe dans notre pays dès lors que l’on sort de la politique électoraliste permanente qui bloque toutes les initiatives et interdit toute émancipation citoyenne. Il est impératif de revivifier le débat public afin d’associer toutes les forces vives sénégalaises à la restauration d’un véritable Etat démocratique porteur d’ambitions et d’espoir. Les mouvements politiques citoyens sont les seuls en mesure de pouvoir l’initier. Le mouvement UN AUTRE AVENIR s’inscrit dans cette dynamique pour redorer le blason de la politique et réinventerle dialogue au service des vrais préoccupations et des aspirations de la population sénégalaise.

Ibrahima Thiam, Président d’UN AUTRE AVENIR

Ichrono.info

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