Une nouvelle cimenterie va être érigée entre Bargny et Sendou, plus précisément dans l’enceinte du Port minéralier et vraquier. De quoi créer la psychose chez les populations de la zone qui subissent de plein fouet la pollution avec des implantations comme la Sococim, la Centrale à charbon… «Nous sommes en droit de craindre pour notre santé, parce qu’il y a trop d’entreprises polluantes dans la zone (…) Et puis il n’y a aucune urgence à implanter une cimenterie, donc nous disons non à ce projet», a posé le député Saliou Dione, disant porter la voix des populations.
Il s’est exprimé lors de l’audience publique sur l’Etude d’impact environnemental et social (Eies) du projet Sencim, organisée dans le port vraquier. Des défenseurs de l’environnement, notables et conseillers municipaux principalement de Bargny ont boudé la rencontre. «Eviter la dualité entre Bargny et Sendou est la raison pour laquelle nous avons opté pour la tenue de l’audience dans les locaux du port», a relevé l’adjoint au Préfet de Rufisque, Modou Guèye, qui a présidé la rencontre. Une cinquantaine de personnes étaient de la partie.
«Il y a eu 19 prises de parole, et parmi les intervenants, 17 sont pour l’érection de la cimenterie, tout en appelant le promoteur au respect des engagements pris. Deux ont marqué leur opposition en évoquant les effets néfastes de la Sococim et d’autres entreprises qui polluent la zone», a ainsi avancé l’adjoint au Préfet. «Nous ne serons pas une Sococim bis», a toutefois tempéré Amar Ly, directeur du projet Sencim, étant revenu durant son exposé sur l’installation «de dernière génération» qui sera mise sur le site de 6 hectares dédié au projet.
«Le projet n’a rien à voir avec les cimenteries classiques. On va mettre en place un broyeur avec un mélange d’ingrédients pour obtenir le ciment, et une ensacheuse. On n’a pas de four, pas de centrale et pas de carrière in situ. On est dans un endroit dédié, le port vraquier, qui est destiné à ce type de projet», a souligné le directeur du projet.
A l’en croire, le clinker va passer par un tapis hermétique entre le navire qui va le décharger et les silos, avant d’entrer dans la broyeuse. Revenant sur l’étude du jour qui a été validée par la majorité des participants, M. Ly de faire comprendre : «l’étude d’impact environnemental a été faite de manière rigoureuse, parce que le rapport a fait l’objet de plusieurs rejets.
Et sur cette base, un plan d’actions a été mis en œuvre et des corrections ont été apportées de sorte à pouvoir se mettre à niveau par rapport à la réglementation», a-t-il expliqué pour marquer l’ambition de Sencim à se mettre aux normes. «Mieux, on va être certifié Iso 14001 et 45001», a-t-il noté lors des échanges. Cette validation faite, les promoteurs se tournent désormais vers une autre phase.
«On attend l’attestation de conformité qui est délivrée par arrêté ministériel», a-t-il dit, se réjouissant d’une plus-value certaine avec l’implantation de la cimenterie qui sera la 4ème du pays.