États-Unis: JD Vance de retour sur le devant de la scène avec la question du Groenland

Des dirigeants du Danemark et du Groenland arrivent, ce mercredi 14 janvier, à la Maison Blanche pour rencontrer le vice-président américain JD Vance. Au cœur des discussions : l’avenir du Groenland, territoire autonome dépendant du royaume danois. JD Vance avance cependant en terrain difficile : Copenhague va pouvoir désormais compter sur des soutiens au Congrès… 

Et si la question du Groenland était un moyen pour JD Vance de revenir sous les projecteurs ? Le vice-président américain s’était déjà rendu sur ce territoire autonome en 2025 pour y porter les ambitions expansionnistes de Donald Trump. Il reçoit ce mercredi à Washington les émissaires danois et groenlandais, alors que les dix derniers jours ont été largement dominés par la crise au Venezuela.

Sur ce dossier, c’est le secrétaire d’État Marco Rubio qui s’est démarqué. JD Vance, connu pour ses distances avec l’interventionnisme américain et son positionnement « America First », avait été écarté du cercle restreint ayant planifié les frappes militaires à Caracas le 3 janvier ainsi que l’arrestation de Nicolas Maduro.

Succession politique ?

Alors que JD Vance n’a pas encore été désigné comme successeur officiel de Donald Trump et que son avenir politique est encore en jeu face au secrétaire d’État, le vice-président pourrait voir dans le dossier groenlandais une occasion de se repositionner et de donner des gages au président américain.

La veille de cette rencontre, le Premier ministre groenlandais a clairement affiché sa position aux côtés de son homologue danoise, affirmant que le territoire choisirait de rester au sein du royaume du Danemark plutôt que de rejoindre les États-Unis. La cheffe du gouvernement danois a, de son côté, dénoncé une nouvelle fois la « pression totalement inacceptable de la part de notre plus proche allié ». Dans un communiqué publié ce 14 janvier, le ministère de la Défense danois a indiqué vouloir continuer à « renforcer sa présence militaire au Groenland ».
Soutiens bipartisans

Désormais, le Danemark va pouvoir aussi compter sur des soutiens au Congrès même : deux projets de loi visant à empêcher les États-Unis d’envahir un pays allié de l’Otan ont été déposés à la Chambre des représentants, lundi 12 janvier, et au Sénat, le 13 janvier. Les mises en garde de la cheffe du gouvernement danois prévenant qu’une annexion du Groenland signerait l’arrêt de mort de l’Alliance transatlantique ont été entendues à Washington.

Ainsi, deux sénatrices, l’une démocrate, l’autre républicaine, ont introduit un projet de loi pour interdire l’utilisation de fonds du département de la Défense américain visant à « occuper, annexer ou exercer un contrôle » sur n’importe quel des 31 alliés des États-Unis ; lundi, un projet de loi similaire – bipartisan également – a été introduit à la Chambre des représentants. Les parlementaires estiment que l’Otan est une alliance vitale pour Washington, qui les démarque justement de leurs adversaires – comprendre la Chine et la Russie.

Ce sont donc deux signaux clairs envoyés à l’administration Trump, même si au Congrès, les proches du président tentent de minimiser ses propos expansionnistes : le speaker de la Chambre des représentants, Mike Johnson, a ainsi déclaré que personne n’allait déclarer la guerre au Groenland. La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a en tous cas compris le « talon d’Achille » que représente l’Otan pour les États-Unis — et pour les fournisseurs d’armement américains en particulier, qui vendent des F-35 et toutes sortes de munitions aux pays alliés… 

La France ouvrira un consulat au Groenland le 6 février, a annoncé mercredi 14 janvier le chef de la diplomatie française. La décision d’y ouvrir un consulat avait été prise l’été dernier, lorsque le président Emmanuel Macron s’y était rendu, a rappelé Jean-Noël Barrot sur RTL. « Je m’y suis rendu pour ma part à la fin du mois d’août pour préfigurer ce consulat qui sera installé le 6 février », a-t-il ajouté. « C’est un signal politique qui s’associe à une volonté d’être plus présent au Groenland, y compris dans le domaine scientifique. »

Il a également martelé que le Groenland n’était pas à vendre. « Le Groenland ne veut ni être possédé, ni être gouverné, nié, ni être intégré par les Etats-Unis. Le Groenland a fait le choix du Danemark, le choix de l’Otan et le choix de l’Union, a-t-il également commenté. Ce chantage doit naturellement cesser. »

RFI