Bras de fer entre l’Exécutif et le Législatif : LA GUERRE DES SESSIONS

Nouveau bras de fer au sommet de l’Etat : alors que les députés s’apprêtaient à examiner la proposition de loi sur le régime juridique des crédits spéciaux, l’Exécutif a saisi in extremis les «Sages» du Conseil constitutionnel. En réaction à ce qu’elle qualifie de manœuvre d’«obstruction», l’Assemblée nationale gèle la session du 19 août, sans pour autant paralyser l’ensemble des travaux parlementaires.

Le climat politique monte d’un cran entre le Pouvoir exécutif et l’Assemblée nationale du Sénégal. Dans un communiqué publié ce mardi 18 août 2026, la XVᵉ Législature a annoncé la suspension de la séance plénière qui devait se tenir ce mercredi 19 août, consacrée à l’examen de la proposition de loi portant sur le régime juridique des crédits spéciaux.

A l’origine de cette décision, figure un recours déposé par l’Exécutif devant le Conseil constitutionnel. Le gouvernement soutient que certaines dispositions de cette proposition de loi -visant initialement à renforcer la transparence dans la gestion des deniers publics- relèvent en réalité du pouvoir réglementaire et non du domaine de la loi. Une démarche vivement déplorée par l’Assemblée nationale, qui n’hésite pas à dénoncer «une volonté d’obstruction systématique du processus législatif».

Apaisement et «élégance républicaine»

Malgré cette vive contestation, la Représentation nationale a choisi la voie de la retenue. Bien que le recours auprès des «Sages» du Conseil constitutionnel n’ait aucun effet suspensif automatique selon la Constitution ou le Règlement intérieur du Parlement, le Bureau a préféré jouer la carte de la prudence. Soucieuse de maintenir «la stabilité, l’élégance républicaine et le dialogue entre les institutions», l’Assemblée a ainsi pris la décision souveraine de geler temporairement l’examen du texte en attendant l’arbitrage constitutionnel.

Le reste du calendrier parlementaire maintenu

Si la plénière du mercredi 19 août est ajournée, les travaux du Parlement ne sont pas pour autant totalement à l’arrêt. L’Assemblée nationale a tenu à rassurer sur la continuité de son agenda législatif : la journée du jeudi 20 août 2026 est bel et bien maintenue.

Les députés se réuniront comme prévu pour examiner la ratification des propositions de résolution portant sur la création de commissions d’enquête parlementaire, le projet de loi n°25/2026 relatif à la protection des infrastructures d’informations critiques et à la sécurité numérique. L’attention reste désormais tournée vers le Conseil constitutionnel dont la décision est attendue pour débloquer cette nouvelle im­passe institutionnelle.