Rapport – Crédits des institutions de microfinance à l’économie : 849, 9 milliards de francs Cfa en 2025

Dans le secteur de la microfinance, «la production de crédit a connu une hausse de 2, 6% pour ressortir à 902, 8 milliards de francs Cfa en 2025. Sur une base annuelle, l’encours de crédit a enregistré une hausse de 9, 8%, pour atteindre 849, 9 milliards de francs Cfa en 2025. Il a représenté un taux de financement de l’économie de 5, 2%, traduisant ainsi la contribution croissante des institutions de microfinance au financement des activités économiques», relève la Direction de la réglementation et de la supervision des systèmes financiers décentralisés (Drs-Sfd), à travers son rapport annuel 2025.

En 2025, la dynamique positive, observée les années précédentes, s’est globalement maintenue, avec une amélioration progressive des principaux indicateurs du secteur de la microfinance. Cette évolution s’est notamment traduite par une progression du taux de pénétration des institutions de microfinance (Imf), une augmentation de l’encours des dépôts et des crédits, ainsi qu’un renforcement global des fonds propres, souligne la Direction de la réglementation et de la supervision des systèmes financiers décentralisés.

En effet, renseigne la Drs-Sfd, via son rapport annuel, «la production de crédit a connu une hausse de 2, 6% pour ressortir à 902, 8 milliards de francs Cfa en 2025. Sur une base annuelle, l’encours de crédit a enregistré une hausse de 9, 8%, pour atteindre 849, 9 milliards de francs Cfa en 2025. Il a représenté un taux de financement de l’économie de 5, 2%, traduisant ainsi la contribution croissante des institutions de microfinance au financement des activités économiques».

Quant à l’encours de crédit sain, note la Drs, «il s’est établi à 798, 8 milliards de francs Cfa enregistrant une hausse de 11, 2% par rapport à l’exercice précédent. Il est constitué de crédits à court terme représentant 36%, de crédits à moyen terme, 41%, et de crédits à long terme, 23%.

Les crédits en souffrance se sont établis à 51 milliards de francs Cfa en 2025, contre 56 milliards de francs Cfa en 2024, soit une baisse de 8, 5% sur la période sous revue, traduisant une amélioration de la qualité du portefeuille de crédit. La qualité du portefeuille des Imf s’est ainsi améliorée de 1, 2 point de pourcentage par rapport à 2024. Le taux de crédit en souffrance est ressorti, en 2025, à 6, 0% pour un plafond de 3%».

Quid des dépôts ? Ils ont affiché, selon le rapport, «une progression de 9, 5% par rapport à 2024 pour ressortir à 634 milliards de francs Cfa, représentant 3, 8% du Pib. Ils sont constitués, majoritairement, des dépôts à vue pour un taux de 48% et des dépôts à terme, 38%.

Hausse de 19, 4% des financements reçus par les Imf

Composé essentiellement d’emprunts à terme (99% du total), le volume des financements reçu par les Imf a progressé de 19, 4% par rapport à l’année précédente pour s’établir à 198 milliards de francs Cfa. Les fonds propres ont connu une progression de 5, 1% pour se fixer à 230 milliards de francs Cfa en 2025 contre 219 milliards francs Cfa en 2024».

A fin décembre 2025, le nombre d’institutions de microfinance au Sénégal s’est établi à 129, titulaires de 298 agréments, opérant à travers un réseau de 1009 points de service. Le secteur est structuré autour de dix unions mutualistes regroupant cent soixante-neuf Institutions mutualistes d’épargne et de crédit (Imcec) affiliées, de onze sociétés commerciales, de deux associations, ainsi que de cent six Institutions mutualistes d’épargne et de crédit (Imcec) non affiliées.

Ces institutions de microfinance ont enregistré 4 707 707 comptes ouverts en 2025 contre 4 496 082 en 2024.

Ainsi, le taux d’accès brut aux services financiers des Imf, calculé en rapport avec la population totale, est ressorti à 25, 8% en 2025 contre 24, 8% en 2024. Quant au taux d’accès de la population adulte corrigé des doublons et des comptes inactifs, il a progressé de 0, 3 point de pourcentage par rapport à l’année précédente pour s’établir à 20, 6%.

Malgré cette évolution, indiquent Amar Seck, directeur de la Drs-Sfd et ses collaborateurs, «certaines vulnérabilités, notamment en matière de respect des ratios prudentiels, telles que la limitation des prêts aux dirigeants, l’autosuffisance opérationnelle, le coefficient d’exploitation et le niveau de rentabilité, persistent. Ces insuffisances demeurent particulièrement marquées au niveau de certaines institutions de petite taille ou en situation financière fragile».

Dans le cadre de sa mission de supervision, la Drs-Sfd dit avoir poursuivi l’exécution de missions d’inspection ciblées, orientées notamment vers les institutions en difficulté et celles présentant des insuffisances majeures en matière de conformité aux dispositifs Lbc/Ft/Padm (Lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme/la prolifération des armes de destruction massive : Ndlr). Cette approche basée sur les risques a permis, selon le Directeur, «de renforcer l’efficacité du dispositif de supervision».

En interne, la Drs-Sfd a poursuivi «l’amélioration du suivi des institutions à travers la digitalisation des échanges avec les Imf. Ces initiatives visent à améliorer la qualité de la supervision et à favoriser une meilleure réactivité dans le traitement des informations». La Drs-Sfd réaffirme ainsi, pour l’année 2026, sa volonté de «promouvoir un secteur de la microfinance sain, inclusif et résilient, capable d’accompagner efficacement les politiques publiques de financement de l’économie et de contribuer durablement à l’inclusion financière des populations».