Les pays de l’Union européenne ont trouvé un accord jeudi matin à Bruxelles pour infliger de nouvelles sanctions à la Russie, ont indiqué des diplomates, après plusieurs longues semaines de négociations et des mesures restrictives abandonnées en route.
Ce 21e paquet de sanctions, obtenu dans la matinée de jeudi après d’âpres négociations, vise notamment à prolonger pendant un an un dispositif de plafonnement du prix du pétrole exporté par la Russie, à 44 dollars le baril. Il permet ainsi de limiter les revenus pétroliers de la Russie, qui financent une grande partie de sa guerre contre l’Ukraine. Un enjeu d’autant plus important que, sans le prolongement de ce plafonnement des prix, le pétrole russe aurait pu se vendre à des prix se rapprochant de celui du marché international, élevé en raison de la guerre en Iran.
Un train de sanctions négocié et allégé
Ce nouveau train de sanctions, fruit de semaines de tractations, a dû être allégé par rapport à la proposition initiale de Bruxelles. Il a notamment fallu les adapter pour lever les réticences de la Grèce au sujet du gaz naturel liquéfié (GNL) russe. Athènes souhaitait que l’UE autorise ses entreprises à continuer de transporter du GNL, tant qu’il est destiné à des clients en dehors de l’Europe. Un compromis a été trouvé sur ce point. Ces transferts de GNL vers les pays tiers seront autorisés par dérogation pour les contrats conclus avant le 24 février 2022, date de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Les pays européens réexamineront cette dérogation chaque année.
D’autres mesures ont été abandonnées ou assouplies. La Commission européenne avait ainsi proposé d’interdire aux Russes ayant combattu en Ukraine d’entrer dans l’Union européenne. Selon des diplomates, les États membres se sont seulement engagés à œuvrer en faveur d’une telle interdiction à l’avenir. La Bulgarie s’est aussi targuée d’être parvenue à bloquer l’inscription du patriarche orthodoxe russe Kirill sur la liste des personnes visées par un gel des avoirs et un blocage des visas. Des diplomates ont par ailleurs indiqué que le Portugal et la France s’étaient opposés à la fin des importations de morue et de lieu d’Alaska russes.
« Nos sanctions continuent de fragiliser la machine de guerre russe »
Ce paquet de sanctions comprend également des interdictions de transactions visant le secteur financier russe, ainsi que de nouvelles mesures à l’encontre des cryptomonnaies. Il vise également de nouveaux navires pétroliers de « la flotte fantôme », utilisés par la Russie sous de faux pavillons pour transporter de l’énergie et autres marchandises. Il comprend enfin de nouvelles restrictions commerciales afin de fragiliser l’industrie militaire russe.
« À l’heure où l’Ukraine engrange des avancées sur le front militaire, nos sanctions continuent de fragiliser les fondements économiques de la machine de guerre russe », s’est réjouie la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans un message posté sur X.

