A la veille du retour très attendu de l’ancien chef de l’Etat Macky Sall à Dakar, l’Alliance pour la République (Apr) a tenu, ce jeudi, un point de presse décisif. En campagne pour le poste de Secrétaire général des Nations unies, l’ex-Président vient y chercher le soutien de sa Nation et rencontrer son successeur, le Président Bassirou Diomaye Faye. Entre élan patriotique, opportunités majeures pour le Sénégal et dénonciation ferme des tensions politiques, retour sur les enjeux d’un rendez-vous historique.
C’est un véritable événement national et diplomatique qui se dessine ce vendredi 17 juillet 2026. Après plusieurs mois d’une intense campagne de coulisses, marquée par des consultations aux quatre coins du globe auprès des Etats membres et de hauts dirigeants internationaux, l’ancien Président Macky Sall revient fouler sa terre natale. Cette étape dakaroise, loin d’être un simple jalon, constitue le cœur battant de sa quête vers le sommet de l’Organisation des Nations unies (Onu).
Pour son parti, l’Alliance pour la République (Apr), ce retour au pays est celui «d’un fils du Sénégal, d’un homme d’Etat et d’un diplomate». L’enjeu central de cette visite réside dans l’audience prévue avec l’actuel chef de l’Etat. Un rendez-vous au sommet salué chaleureusement par l’Apr, qui a tenu à rendre hommage au «sens de l’Etat» et à la «hauteur républicaine» du Président Diomaye Faye. En s’affranchissant des clivages partisans, cette rencontre illustre une diplomatie sénégalaise unie derrière l’ambition d’un des siens.
Un rayonnement sans précédent pour le Sénégal et l’Afrique
Les arguments avancés par les partisans de cette candidature dépassent largement le cadre de la politique intérieure. Placer un Sénégalais à la tête de la plus grande organisation mondiale doterait le pays d’un prestige et d’une influence exceptionnels. Une telle position ouvrirait, selon l’Apr, des canaux directs et renforcés avec des agences stratégiques comme l’Oms, l’Unicef ou le Pnud, facilitant ainsi des partenariats cruciaux pour la santé, le climat et l’emploi des jeunes au Sénégal.
Pour le continent noir, l’accession de Macky Sall représenterait une première historique pour l’Afrique francophone, succédant aux mandats de Boutros Boutros-Ghali (Egypte) et de Kofi Annan (Ghana). Son bilan à la présidence de l’Union africaine (Ua), notamment l’intégration historique de l’organisation au G20 et son plaidoyer constant pour l’allègement de la dette africaine, pèse de tout son poids dans la balance diplomatique internationale.
«Cette candidature n’est pas celle de l’Apr. Elle est celle du Sénégal, elle est celle de l’Afrique. Le reste n’est que patriotisme»
Face à ce qu’elle qualifie d’opportunité historique, l’Apr martèle que le soutien à Macky Sall relève du «patriotisme». Le parti a ainsi lancé un appel vibrant aux Sénégalais de tous horizons, de l’intérieur comme de la diaspora, à transformer cette visite en un grand moment d’unité, de fierté et de communion nationale.
Toutefois, ce retour suscite également de vives vagues de contestation chez certains opposants, qui tentent de ramener sur le devant de la scène la question des victimes et des martyrs des violences politiques passées. Une agitation que l’Apr balaie d’un revers de main, dénonçant des polémiques stériles portées par «l’éternel clan des fossoyeurs de la République», cherchant à «torpiller la marche du pays» et à «susciter une tension sociale sur la base de mensonges et de manipulations».
La réplique des partisans de l’ancien chef de l’Etat est d’ailleurs sans équivoque : si le combat de ces détracteurs relève réellement de la justice et non de l’instrumentalisation politique, «qu’ils aient le courage d’aller jusqu’au bout de leur logique. Qu’ils abrogent la loi d’amnistie». Une manière de renvoyer l’opposition à sa propre sincérité législative.
A l’approche du jour J, l’Apr exhorte les citoyens à rester focalisés sur l’essentiel : l’intérêt supérieur de la Nation. «Lorsque le Sénégal s’élève, c’est chaque Sénégalais qui grandit.» Pour Dakar, l’heure n’est plus aux règlements de comptes, mais bien à l’écriture d’une nouvelle page où le drapeau national s’apprête à briller sur la scène mondiale.

