Tensions entre l’Exécutif et le Législatif : Babacar Ba demande l’arbitrage des «Sages»

Face à une crise institutionnelle marquée par des frictions persistantes entre la Présidence et l’Assemblée nationale, l’organisation citoyenne Forum du justiciable a officiellement déposé un avis en évocation devant les 7 «Sages». L’objectif : inciter la haute juridiction à assumer pleinement son rôle de régulateur social et institutionnel pour conjurer une déstabilisation de la démocratie sénégalaise.

Le thermomètre politique sénégalais affiche une fois de plus des températures critiques. Dans un document officiel rendu public ce mardi 30 juin 2026, le Forum du justiciable, figure de proue de la Société civile, a formellement saisi le Conseil constitutionnel. Cette démarche s’inscrit dans un contexte national lourd, caractérisé par une paralysie rampante des relations entre les institutions de la République.

Selon l’organisation dirigée par Babacar Ba, le Sénégal traverse actuellement une «période délicate» où le dialogue entre le Pouvoir exécutif et le Pouvoir législatif semble rompu. Ces frictions continues, loin d’être de simples joutes politiques ordinaires, menacent désormais de fragiliser de manière irréversible l’équilibre fondamental des pouvoirs. C’est pour anticiper une confrontation ouverte que la Société civile appelle les «Sages» à intervenir.

Dans sa note, le Forum du justiciable rappelle avec force les fondements du Pacte républicain : «La Constitution, en consacrant la séparation des pouvoirs, a voulu garantir un fonctionnement harmonieux de l’Etat. Mais cette séparation ne doit jamais se transformer en confrontation.» L’association insiste sur le principe de complémentarité constitutionnelle, où chaque institution doit jouer son rôle dans le respect strict des prérogatives de l’autre.

Pour les initiateurs de cet avis en évocation, l’enjeu dépasse le simple cadre technique du Droit. Le Conseil constitutionnel est appelé à exercer une triple régulation : judiciaire, sociale et institutionnelle. Une prise de position de sa part, par le biais d’avis ou de recommandations, est désormais perçue comme un «signal fort» indispensable en faveur de la stabilité démocratique et de l’apaisement politique.

Alors que l’opinion publique nationale observe avec inquiétude ce bras de fer au sommet de l’Etat, le Forum du justiciable rappelle que la démocratie ne peut prospérer que dans un climat de confiance et de dialogue. Le Conseil constitutionnel se voit ainsi confier une lourde responsabilité : être le «phare» chargé d’éclairer le chemin du respect mutuel et de la préservation de l’intérêt général.