Le paysage institutionnel de la gestion financière du Sénégal s’apprête à connaître une transformation majeure. Suite à la publication d’un rapport de présentation alarmant, faisant état d’écarts et d’insuffisances notables relevés par la Cour des comptes sur la période 2019-2024, le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a acté une réforme structurelle de grande envergure. Par décret présidentiel en date du 11 juin 2026, contresigné par le Premier ministre Ahmadou Alhaminou Mohamed Lô, est créée la Direction générale des financements et de la dette (Dgfd).
Jusqu’à présent, l’organisation administrative sénégalaise souffrait d’une fragmentation des acteurs et des processus liés à la négociation et au suivi de la dette. Cette dispersion nuisait à la fiabilité et à la centralisation des données comptables. En phase avec l’Agenda national de transformation «Sénégal 2050» et conformément aux exigences communautaires de l’Uemoa (notamment le Règlement n°09/2007/CM/Uemoa), cette nouvelle entité devient la seule et unique structure habilitée à négocier les contrats de financement et à gérer la base de données unique et centralisée sur la dette publique nationale.
Rompre avec la dispersion de l’information financière
Sous la supervision du ministre de l’Economie, des finances et du plan, Cheikh Diba, la Dgfd sera dirigée par un Directeur général, assisté d’un Directeur général adjoint, tous deux nommés par décret parmi les agents de l’Etat de la hiérarchie A. Pour mener à bien ses missions, la Direction générale s’articule autour de neuf directions spécialisées (article 4) comme, entre autres, la Direction de l’audit et du contrôle interne, la Direction des marchés de capitaux, la Direction des financements bilatéraux et multilatéraux.
Le texte du décret encadre strictement les attributions de chaque pôle. A titre d’exemple, la Direction de gestion de la dette et des disques (article 9) aura la lourde tâche de coordonner la politique nationale d’endettement, de veiller à la viabilité à moyen terme de la dette et d’analyser les risques de crédit ainsi que l’impact des contrats de Partenariat public-privé (Ppp). De son côté, la Direction du suivi des financements (article 10) assurera le contrôle rigoureux en temps réel des décaissements et de l’exécution des budgets financés sur ressources d’emprunts ou de dons.
Cette refonte administrative marque un pas décisif vers la restauration de la rigueur budgétaire et la sécurisation des trajectoires financières du pays. En centralisant toutes les étapes, de la prospection de financements innovants à l’audit interne, le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye entend projeter l’économie sénégalaise vers un horizon de croissance durable, souveraine et hautement transparente.

