Lettre à Olivier Faure, Premier secrétaire du PS, suite au meurtre du jeune Quentin

A l’évidence, M. le Premier secrétaire du PS, le lynchage en bande organisée, suivi du meurtre du jeune Quentin Deranque, ne semble pas vous avoir ému plus que cela, à en juger par votre silence étourdissant. Quelle indifférence coupable ! Et pourtant vous aviez là une occasion unique de donner une image noble de la politique en vous inclinant devant la mort d’un jeune qui ne partageait pas vos idées. Le débat d’idées ne justifie en aucune occasion, et de qui que ce soit, la violence physique, mais vous avez préféré vous taire, vous le chef de ce qui fût un grand parti. Cette attitude entache votre personne et le mouvement que vous présidez.

Car oui, que vous le vouliez ou non, il y a bien, dans ce qui s’est passé, qui n’est pas qu’un simple fait divers, une responsabilité des dirigeants politiques, responsabilité à tout le moins morale, à travers les propos agressifs tenus dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Avec les députés LFI en premier lieu, qui chaque semaine lors des questions orales nous offrent un spectacle affligeant par l’agressivité de leurs échanges, quand ils ne sont pas orduriers. C’est ce que j’appelle la responsabilité morale directe, une responsabilité aggravée si l’on pense  au député, fiché S, Raphaël Arnault, dont l’assistant parlementaire, Jacques-Elie Favrot vient d’être mis en examen par un juge d’instruction de Lyon, au motif de « complicité d’homicide volontaire ». Responsabilité morale directe donc de cette secte, du fait de ses appels incessants à la violence et de ses propos antisémites. Mais aussi responsabilité morale « indirecte » car qui ne dit mot consentor vous vous gardez bien la moindre critique à l’égard des Insoumis, qu’on devrait plutôt qualifier d’enragés.  Certains disent, par peur de son gourou, Jean-Luc Mélenchon, d’autres par soumission à l’égard d’un mouvement qui a permis l’élection de plusieurs  de vos députés aux élections législatives.  Dans les deux cas, où est votre fierté Olivier Faure ? Vous lui êtes redevable et il vous tient par la barbichette. En 2024, vous avez signé un pacte avec les Insoumis et vous avez contracté une dette envers Mélenchon et depuis lors celui-ci ne cesse de vous réclamer le paiement des intérêts. Vous découvrez qu’il ne fait pas bon être débiteur, surtout lorsque le créancier est un usurier !

Un vieil adage nous enseigne « qui sème le vent, récolte la tempête », or c’est précisément ce que fait chaque semaine au Palais Bourbon, en le « bordélisant », le groupe des Insoumis. C’est ce que fait aussi son leader, le Chavez français, à longueur de discours et lors de ses meetings. La société française est déjà suffisamment éruptive pour qu’on n’alimente pas davantage le foyer sauf à être un incendiaire et vouloir jouer avec les allumettes. Or, loin de vous inquiéter, vous encouragez cette atmosphère délétère par votre silence complice. Qu’un Mélenchon entretienne un climat prérévolutionnaire, lui qui en appelle à la fureur et la violence, n’a rien de surprenant, mais comment, vous Olivier Faure, un démocrate, ne s’inquiète-t-il pas de ce climat de guerre civile ?

Oliver Faure, qu’avez vous fait des convictions « humanistes » si chères à Jaurès ? Que faites-vous de vos propres valeurs, en marchandant ainsi des voix pour un siège ? En vous acoquinant avec Mélenchon vous avez vendu votre âme au diable, en oubliant que lorsqu’on veut déjeuner avec celui-ci il faut avoir une longue cuillère.  Vous vous êtes vendu contre quelques deniers, certains diraient une poignée de haricots,  c’est vraiment misérable. Et au lieu d’adopter une posture courageuse vous préférez vous enfoncer encore un peu plus dans l’indignité et le déshonneur. Devant le chef de meute, vous ne vous êtes pas contenté de mettre un genoux à terre, vous vous êtes littéralement couché. Il suffit qu’il aboie pour que vous lui léchiez les bottes, vous ne marchez plus, vous rampez devant votre maître. Blum doit se retourner dans sa tombe, en voyant le spectacle pitoyable que vous donnez. Le PS était moribond, grâce à vous il est à l’agonie. Serez-vous le « prêtre » défroqué qui lui apportera les derniers sacrements ?

En vous voyant et en vous écoutant, il me vient à l’esprit la fable de la grenouille et du scorpion. Vous la connaissez bien sûr. C’est l’histoire d’un scorpion face à une rivière qu’il ne peut traverser et qui avisant une grenouille lui propose de monter sur son dos afin de franchir l’obstacle. Celle-ci lui dit, oui, « mais qu’est-ce qui me garantit que tu ne vas pas me piquer ? », le scorpion lui répond : « réfléchis, si je le fais, je mourrai noyé avec toi ». La grenouille accepte donc de le transporter, mais parvenue au milieu de la rivière elle est piquée par le scorpion, elle lui demande alors « pourquoi as-tu fait cela ?  » et le scorpion de lui répondre « c’est plus fort que moi ! ».  Il fallait y réfléchir à deux fois, avant de vous compromettre avec LFI !  Votre situation me rappelle aussi les mots célèbres de Churchill, s’adressant à Neville Chamberlain, Premier ministre de Grande-Bretagne qui, avec le français Edouard Daladier, avait signé à Munich le 30 septembre 1938 un traité destiné à apaiser Hitler : « Vous aviez à choisir entre la guerre et le déshonneur, vous avez  choisi le déshonneur et vous aurez la guerre ». La suite, lui donna raison.

Il reste à espérer que le peuple français ne soit pas dupe de votre danse du ventre, et vous inflige un cinglant camouflet lors des élections prochaines. Tout reniement mérite salaire et comme Judas a perçu trente pièces d’argent après avoir livré le Christ, vous aurez le vôtre  !

Jean-Yves Duval, journaliste écrivain.