Six noms ont été caviardés sans explication par le ministère de la Justice dans le dossier du criminel sexuel Jeffrey Epstein, ont dénoncé des élus américains ayant pu examiner lundi des documents non caviardés. Parmi eux, il y aurait un homme « assez haut placé dans un gouvernement étranger ».
Le ministère de la Justice a publié le 30 janvier plus de trois millions de pages en partie caviardées du dossier Epstein, affirmant que l’administration Trump s’était ainsi acquittée de son obligation, imposée par une loi adoptée en novembre par le Congrès, de faire toute la lumière sur ce dossier politiquement explosif.
Plusieurs parlementaires des deux grands partis américains ont commencé à consulter lundi les documents non occultés, le ministère de la Justice ayant envoyé une lettre la semaine dernière aux élus pour les informer de la possibilité de le faire sur place sur ordinateur.
Parmi eux figurent les deux coauteurs de la loi de transparence sur l’affaire Epstein, tous deux élus à la Chambre des représentants, le républicain Thomas Massie et le démocrate Ro Khanna.
« Ce qui m’a posé problème est que les noms d’au moins six hommes ont été caviardés alors qu’ils sont probablement impliqués du fait de leur inclusion dans ces documents », a déclaré Thomas Massie aux journalistes à la sortie du ministère.
« Une personnalité assez éminente »
« Il y a six hommes, certains avec leur photo, dont les noms ont été caviardés, sans explication de pourquoi ils l’ont été », a précisé Ro Khanna. Les deux parlementaires se sont refusés à révéler l’identité de ces six hommes, mais l’un d’eux est « assez haut placé dans un gouvernement étranger », a indiqué M. Massie, son collègue évoquant « une personnalité assez éminente » parmi les cinq autres.
La loi autorise des caviardages dans de strictes conditions, essentiellement pour préserver l’intimité des victimes. En revanche, elle interdit expressément toute rétention de documents au motif du tort que leur publication pourrait causer à qui que ce soit, « responsable gouvernemental, personnalité publique ou dignitaire étranger », ou de leur « caractère politiquement sensible ».
Les deux élus appellent le ministère de la Justice à « revoir sa copie et de corriger ses erreurs ». D’autre part, Jamie Raskin, représentant démocrate du Maryland, qui a également pu consulter une partie des dossiers est extrêmement critique vis-à-vis du ministère de la Justice: il « essaie de se couvrir depuis des mois en tentant de mettre tout ça sous le tapis… »
RFI

