Donald Trump dévoile son nouveau « Conseil de la paix » et rencontre le président ukrainien, Volodymyr Zelensky ce jeudi à Davos, tentant de muscler son bilan d’autoproclamé « faiseur de paix » après avoir désamorcé la veille le conflit sur le Groenland qu’il avait lui-même provoqué.
Donald Trump a soudainement annoncé mercredi lever la menace de droits de douane visant plusieurs pays européens, après plusieurs semaines de tensions. Il a justifié cette décision en évoquant un « cadre d’un futur accord concernant le Groenland et […] toute la région arctique », à l’issue d’une réunion « très productive » à Davos avec le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte.
Le président américain a signé ce jeudi matin a charte fondatrice d’un « Conseil de la paix » à sa main, censé oeuvrer à la résolution des conflits dans le monde en concurrence avec l’ONU. Il avait initialement été conçu pour superviser la reconstruction de Gaza. Mais le projet de charte prévoit un mandat bien plus vaste que la seule question du territoire palestinien. Il doit ensuite rencontrer Volodymyr Zelensky.
10h40 : Donald Trump signe la charte fondatrice du « Conseil de la paix » à Davos
Le président américain Donald Trump a signé jeudi à Davos (Suisse) la charte fondatrice du « Conseil de la paix », quelques instants après avoir assuré que cette instance travaillerait « en coordination » avec les Nations unies. « Félicitations président Trump, la charte est maintenant en vigueur et le Conseil de paix est désormais une organisation internationale officielle », a déclaré Karoline Leavitt, la porte-parole de la Maison Blanche, lors de cette cérémonie en présence d’un parterre de dirigeants ayant accepté l’invitation de Washington à rejoindre le « Conseil ».
10h36 : Merz dénonce la menace russe dans l’Arctique et salue la promesse de Trump de ne pas attaquer le Groenland
Le chancelier allemand a salué jeudi l’assurance de Donald Trump de ne pas recourir à la force au Groenland, tout en appelant à protéger l’île de la Russie, un des arguments utilisés par le président américain pour justifier ses ambitions territoriales. « Nous allons protéger le Danemark, le Groenland, le Nord de la menace que représente la Russie », a dit Friedrich Merz dans un discours à Davos, saluant l’annonce de Donald Trump qu’il n’utilisera pas la force pour conquérir le Groenland et que des négociations sur l’île se feront sur la base des principes de la « souveraineté et de l’intégrité territoriale ».
10h11 : Les États-Unis et le Danemark vont renégocier leur accord de défense de 1951 sur le Groenland selon une source proche du dossier
Les États-Unis et le Danemark vont renégocier leur accord de défense datant de 1951 sur le Groenland, a indiqué jeudi à l’AFP une source proche des discussions ayant eu lieu la veille à Davos entre Donald Trump et le chef de l’Otan Mark Rutte. La sécurité de l’Arctique va être renforcée et les pays européens de l’Otan y contribueront, a affirmé cette source, ajoutant que l’idée de placer des bases américaines au Groenland sous la souveraineté des États-Unis n’avait pas été évoquée lors de ces discussions.
09h55 : L’administration Trump a détruit 80 ans d’alliances, déplore le gouverneur de Californie
Le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom a dénoncé ce jeudi la destruction par l’administration Trump des alliances nées à la fin de la Seconde guerre mondiale, au cours d’une intervention au Forum économique mondial de Davos. « Ce n’est pas anodin de détruire plus de 80 ans d’alliances. Il faut des décennies et des décennies pour bâtir la confiance, les organisations, l’architecture sur lesquelles reposent tout cela. Il suffit de quelques semaines, de tweets, d’heures ou de minutes, parfois, pour la détruire », a dit le gouverneur de Californie. « La destruction ce n’est pas la force. L’administration Trump c’est la faiblesse déguisée en force », a insisté l’opposant démocrate, qui pourrait être candidat à la Maison Blanche en 2028.
09h36 : Les discussions avec Washington sur le Groenland visent à priver la Russie et la Chine « d’accès » économique et militaire au territoire dit l’Otan
Les discussions entre les États-Unis et l’Otan sur le Groenland visent à priver la Russie et la Chine d’un « accès » à ce territoire autonome danois et aux pays de l’Arctique, a déclaré jeudi le secrétaire général de l’Alliance atlantique, Mark Rutte. Ces discussions, engagées depuis le Forum économique de Davos avec le président américain Donald Trump, ont pour objectif d’assurer « collectivement » la sécurité de sept pays de l’Arctique face à la Russie et la Chine, a indiqué Mark Rutte en citant les États-Unis, le Canada, le Danemark, l’Islande, la Suède, la Finlande et la Norvège.
Il s’agit aussi d’assurer que « les Chinois et les Russes ne puissent avoir accès économiquement et militairement au Groenland », a-t-il ajouté. La porte-parole de l’Otan, Allison Hart a précisé que « le secrétaire général n’avait proposé aucun compromis sur la souveraineté » du Danemark.
09h15 : [Éclairage] Quatre questions sur le «Conseil de la paix», alternative trumpienne à l’ONU
Donald Trump doit profiter du Forum économique de Davos, ce jeudi 22 janvier, pour lancer officiellement son « Conseil de la paix », dont l’ambition est d’œuvrer à la résolution des conflits dans le monde. Le projet de charte, diffusé dans les médias, dessine les contours d’une initiative largement contrôlée par le président américain, qui en serait le chef.
08h32 : Volodymyr Zelensky est en route pour le Forum économique de Davos
Volodymyr Zelensky est en route pour le Forum économique de Davos, a indiqué ce jeudi matin la présidence ukrainienne, sans précision concernant une rencontre avec son homologue américain Donald Trump. « Le président est en route pour Davos », a déclaré aux journalistes, dont l’AFP, le conseiller du dirigeant ukrainien, Dmitro Lytvyn. Mercredi, Donald Trump a annoncé qu’il rencontrerait le dirigeant ukrainien à Davos.
08h11 : Le Groenland, un territoire stratégique difficile à surveiller même pour l’armée américaine
Les marins l’appelle le GIUK pour « Groenland Island United Kingdom ». Le GIUK est un triangle marin hautement sensible entre le Groenland et la Norvège, car plus au Nord encore se trouve la presqu’île de Kola et le port de Mourmansk, débouché russe sur la mer de Barents et l’océan Arctique. Mourmansk, siège de la flotte du Nord accueille la moitié des sous-marins russes.
Pour les suivre les avions de Patrouille maritime américains, les Boeing P-8 Poseidon sont déployés en Islande et au Royaume-Uni, mais il faut aussi occuper la surface et en raison des icebergs omniprésents y naviguer exige des compétences que possèdent, les marines otaniennes du Nord de l’Europe, dont la France, nation riveraine avec l’archipel de Saint-Pierre et Miquelon.
La présence permanente des marines britanniques norvégiennes et danoises assure aux Américains un soutien crucial car la Navy déployée dans le Pacifique ne peut plus opérer partout, même avec 10 porte-avions dont le taux de disponibilité est assez faible.
Les forces américaines bien qu’elles soient les plus puissantes au monde précisent le président Trump, ne peuvent être présentes à la fois à l’est à l’ouest au sud et au nord, elles ont besoin de l’appoint des marines européennes pour protéger l’Arctique et le Groenland. Les amiraux américains l’ont surement rappelés au locataire de la Maison Blanche.
07h36 : Les Européens maintiennent leur sommet convoqué en urgence pour ce jeudi à Bruxelles
On a entendu il est vrai des commentaires satisfaits, de l’Italienne Giorgia Meloni ou des Premiers ministres néerlandais et danois mais les 27 se retrouveront ce jeudi soir à Bruxelles, rapporte notre correspondant sur place, Pierre Bénazet. Le soulagement n’efface pas le fait que l’Union a senti passer le vent du boulet et le président du Conseil européen Antonio Costa cherche à construire sur l’unité trouvée dimanche pour la défense unanime de la souveraineté du Danemark et du Groenland. Les 27 peuvent désormais prouver qu’une réponse unie est plus effective que la stratégie de l’apaisement choisie l’an dernier et qui a débouché sur l’accord commercial désavantageux de Turnbury, signé en Écosse par la présidente de la commission sur le terrain de golf de Donald Trump.
07h09 : Le Danemark se dit prêt au dialogue sur le Groenland mais dans le respect de son « intégrité territoriale »
Le Danemark souhaite poursuivre « un dialogue constructif avec ses alliés » à propos du Groenland et de la sécurité dans l’Arctique mais dans le respect de son « intégrité territoriale », a déclaré jeudi la Première ministre Mette Frederiksen. « Nous pouvons négocier tous les aspects politiques : sécurité, investissements, économie. Mais nous ne pouvons pas négocier notre souveraineté. J’ai été informée que cela n’avait pas été le cas », a déclaré dans un communiqué la Première ministre, après l’annonce par le président américain Donald Trump d’un projet d’accord avec le secrétaire général de l’Otan.
06h47 : « Il ment » : le recul de Donald Trump sur le Groenland accueilli avec scepticisme par les habitants de l’île
Plusieurs Groenlandais interrogés par l’AFP à Nuuk, la capitale du territoire âprement convoité par Donald Trump, se sont montré dubitatifs en apprenant la nouvelle ou ont refusé d’y croire. « Un mensonge tout simplement. Il ment », a réagi Mickel Nielsen, un technicien de 47 ans. « Je ne crois à rien de ce qu’il dit et je pense que je ne suis pas le seul », a-t-il ajouté.
« Trump? Je n’y crois pas », a commenté Anak, une aide-soignante de 64 ans. « Le Groenland est le pays des Groenlandais. On ne peut pas en disposer comme ça, pour quoi que ce soit. En tout cas pas pour Trump », a-t-elle ajouté. Même sentiment chez Miki, qui accepte de témoigner sous ce nom d’emprunt. « Il peut dire quelque chose et deux minutes plus tard, il dit le contraire. C’est donc difficile de le croire », explique cet homme de 31 ans.
Donald Trump a refusé de préciser si le compromis en discussion donnait aux États-Unis la possession du territoire autonome danois, comme il l’a exigé à de multiples reprises. Mais il a affirmé que le projet d’accord en discussion donnait aux États-Unis « tout ce (qu’ils) voulaient ». « Je pense que cela met tout le monde dans une très bonne position, en particulier concernant la sécurité et les minerais et tout le reste », a-t-il dit.
« L’Otan n’a en aucun cas le droit de négocier quoi que ce soit sans nous, le Groenland. Rien sur nous, sans nous », a réagi la députée groenlandaise Aaja Chenmitz, l’une des deux élues représentant le Groenland au parlement danois. « Et que l’Otan ait son mot à dire sur notre pays et nos minéraux, c’est complètement dingue », a-t-elle ajouté.
06h23 : « La fermeté des Européens a payé » selon l’ancienne ambassadrice de la France à l’Otan, Muriel Domenach
Le recul de Trump marque un semblant de désescalade, alors que la tension avec les européens étaient montés très sérieusement. Ces derniers envisageaient l’utilisation pour la première fois de l’instrument anticoercition. Mais pour Muriel Domenach, ancienne ambassadrice de France auprès de l’Otan, membre du conseil des think thanks ECFR et Blogsec, cette attitude plus ferme de l’Europe a joué dans le revirement américain.
06h00 : Les contours de ce futur accord concernant le Groenland reste flous
Dans une interview à la Chaine CNBC, Donald Trump est resté sur flou sur projet d’accord censé « durer pour toujours ». Lesd questions de sécurité et les minerais devraient en faire partie selon le président américain. Le Dôme d’or, ce vaste projet de Donald Trump visant à intercepter les missiles balistiques intercontinentaux, pour lequel, selon lui, le Groenland est vital devrait aussi être au menu des discussions. Un revirement éclair alors que l’escalade semblait bien avancé avec les européens.
Cette volte face a eu lieu à la suite d’une réunion avec le secrétaire générale de l’Otan Mark Rutte, qui a tenté de rassurer le Président américain. « Les européens ne payaient pas autant que les États-Unis et nous avons réussir à résoudre ce problème. Et c’est crucial car nous avons besoin d’argent pour nous protéger. Aujourd’hui et hier, vous disiez que vous n’étiez pas sur que les européens viendraient à votre rescousse en cas d’attaque. Laissez-moi vous le dire, ils seront là », a-t-il assuré.
Le Danemark, le Groenland et les États Unis négocieront pour empêcher la Chine et la Russie de s’implanter sur l’île annonce l’Otan, tandis que Copenhague évoque des messages positifs. Le New York Times évoque la possibilité d’un compromis selon lequel le Danemark céderait aux États-Unis la souveraineté sur de petites parcelles de territoire groenlandais permettant la construction de bases militaires, selon trois hauts responsables proches des discussions.
RFI

