Invité de Aïssatou Dioop Fall : Madiambal Diagne dresse un portrait sans concession de la situation actuelle du Sénégal

Hier soir, Madiambal Diagne a dressé un portrait sans concession de la situation actuelle du Sénégal, au cours de son intervention dans l’émission de Aïssatou Diop Fall, hier sur la web Tv Public Sn. Madiambal, qui est devenu l’homme public le plus célèbre dans ce pays à l’heure actuelle, à la suite de ses déboires avec le ministre de l’Intérieur Bamba Cissé et le Parquet judiciaire financier, a jeté un regard très critique sur la gestion de l’économie et la situation actuelle du pays, entre autres.

Il est entre autres, revenu sur le manque de transparence dans la gestion des biens publics, notamment sur les revenus tirés des hydrocarbures du pays. Et comme à son habitude visant à être précis sur des faits, l’ancien dirigeant du Groupe Avenir communication a pris pour référence le dernier rapport de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie) dont il a rappelé qu’il a relevé un gap entre les chiffres officiels de l’Etat sur le pétrole et ceux de la compagnie pétrolière Wood­side, qui exploite le bloc de Sangomar. On sait que la différence est tellement grande que l’Itie a demandé à l’Etat de «réconcilier» les chiffres officiels de production, avec ceux annoncés par l’opérateur Woodside.

Madiambal a mis également le doigt sur le flou entourant les voyages du Premier ministre, notamment en jet privé à travers le monde, dont personne n’a jamais dit combien ils coûtent aux caisses de l’Etat, ni les conditions dans lesquelles s’est fait l’achat des véhicules des députés. Sur cette question de la transparence, M. Diagne a ajouté : «On ne devrait pas être en train de s’interroger sur les conditions avec lesquelles le Sénégal tire environ 45% de son budget sur le marché de l’Uemoa… A l’heure actuelle, le Sénégal emprunte à un taux égal ou supérieur à deux chiffres, car le taux nominal de l’emprunt n’est pas pareil au taux effectif. Quel est le pourcentage des banques et le taux des commissions ? Tout le monde s’accorde aujourd’hui à reconnaître que le Sénégal s’endette à un des taux les plus élevés de son histoire, parce que la signature du pays s’est dégradée.»

M. Diagne s’est voulu pédagogique en expliquant que si le pays continue de s’endetter, malgré les grosses levées de fonds proclamées à grand renfort médiatique, c’est parce qu’«ils n’ont pas perçu de l’argent en espèces, c’est juste des jeux d’écriture. Cela a permis de régulariser les comptes des banques, pour nous éviter une crise systémique». L’ancien journaliste indique que la situation est si dramatique que tout le monde doit apporter sa solution, afin que nos partenaires traditionnels se penchent encore sur le malade Sénégal. «Aujourd’hui, tout le monde cherche la queue du diable.»

D’où le besoin d’avoir de bonnes relations avec ces partenaires, éviter des conflits avec ces pays et/ou leurs ressortissants. Madiambal ne comprend pas ce qui peut justifier un conflit avec Woodside, sur 40 milliards, pour une entreprise qui a investi déjà plus de 3000 milliards de Cfa dans l’exploitation du pétrole. Il se demande comment on en est arrivés à ce que les Américains en viennent à refuser des visas à nos basketteurs… «Il faut que les gens soient à la hauteur des missions que le pays leur a confiées.» Et d’ajouter que «le pays a besoin d’être secouru. Redresser la situation, c’est parfois freiner et changer de trajectoire !».

Dans son analyse sur l’avenir de l’attelage qui dirige le pays actuellement, il a estimé que la séparation entre Diomaye et Sonko est définitive. «La volonté de Bassirou Diomaye Faye de transformer son mouvement en parti politique inéluctable, c’est une option irréversible. C’est adossé dans l’agenda politique.»

Il assure que le jour où les deux vont se séparer, Diomaye va dissoudre l’Assemblée, pour éviter d’avoir un opposant à la tête de la seconde institution du pays, avec une majorité aussi large. Pour l’analyste, aussitôt que les pouvoirs constitutionnels permettront à Diomaye de dissoudre légalement l’Assem­blée, les jours du tandem seront comptés, car la dyarchie au sommet de l’Et ne va pas durer.

Concernant la conjoncture sociale, il a dénoncé une fois de plus, les arrestations arbitraires, qui ont abouti, selon ses dires, «à une très grande demande de statut de réfugiés politiques de la part des Sénégalais à l’étranger, ce qui est le signe d’un climat politique délétère et fortement dégradé», qui fait que ceux qui ne sont pas emprisonnés sont inquiétés même dans leur personne ou celle de leurs proches.