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Morgan Howen

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Pékin et Washington montrent les muscles

La situation se gâte entre la première puissance mondiale et celle qui aspire à le devenir. Hier en réponse aux augmentations des droits de douane américains le pouvoir chinois à répondu par une dévaluation du yuan établissant le cours désormais à 7 yuans pour un dollar, son niveau le plus bas depuis 11 ans. 

Par cette mesure Pékin espère atténuer les effets de la hausse des tarifs douaniers US sur les produits chinois. Dans un premier temps cette mesure va en effet améliorer la compétitivité des produits chinois sur les marchés internationaux. En revanche elle risque de provoquer une fuite des investisseurs qui souhaitent s’installer en Chine. Plus de 500 milliards ont déjà quitté le pays depuis 2015 à cause de l’affaiblissement du yuan face au dollar. Autre conséquence les produits importés, tel le pétrole, coûteront plus chers à la Chine et cette baisse va alourdir le fardeau de la dette en dollars des entreprises chinoises.

Bras de fer commercial et monétaire Donald Trump – Xi Jinping

Cette avantage de Pékin risque donc d’être provisoire et illusoire car Trump peut être tenté, et il ne l’a pas caché, d’augmenter encore un peu plus les tarifs douaniers. A ce petit jeu de la guerre commerciale sino-américaine personne ne sortira gagnant, Xi Jinping promettant déjà à Donald Trump des « représailles » en cas de surtaxes américaines prohibitives. De son côté l’Europe bénéficie de la dévaluation du Yan et dès l’annonce de cette mesure par Pékin l’euro à profité de la chute de la devise chinoise. En revanche ce n’est pas le cas de l’industrie, notamment allemande, pour qui, en particulier dans le secteur automobile, cette annonce est une mauvaise nouvelle.

Hong Kong, une situation explosive

Au-delà de ces questions financières d’autres situations inquiètent les dirigeants occidentaux. En particulier ce qui se passe actuellement à Hong-Kong où des millions de protestataires réclament toujours vigoureusement la démission de la cheffe de l’exécutif hongkongais, la pro-pékin Carrie Lam et craignent une influence grandissante du pouvoir central chinois sur cette Région administrative spéciale qui jouit d’un statut particulier depuis 1997, date de la rétrocession du territoire de la Grande-Bretagne à la Chine. Un statut qui devrait arriver à échéance en 2046 et voir Hong Kong intégrer définitivement et totalement le giron de la mère patrie chinoise. Lundi la tension est montée d’un cran avec le lancement d’une grève générale qui a paralysé les transports aériens internationaux, mais aussi les rames de métro. Le secteur financier (Hong-Kong est la 3ème place forte financière après New-York et Londres) lui-même a été impacté. Le risque est que face à une aggravation de cette situation à caractère insurrectionnel et à la veille du 70ème anniversaire de la révolution chinoise (1er octobre prochain) la Chine ne décide d’intervenir militaire pour rétablir l’ordre comme elle le fit place Tienanmen à Pékin en 1989. La garnison présente à Hong-Kong pourrait bien à cette occasion sortir de ses casernes pour réprimer les manifestations.

La mer de Chine, lieu de tous les danger

Enfin dernière source d’inquiétude, les manœuvres navales chinoises en mer de Chine qui inquiètent tous ses voisins de la région, le Viêt-Nam, la Corée du Sud, les Philippines et bien sûr le Japon. Plusieurs marines occidentales croisent elles aussi dans cette zone sensible pour bien montrer au pouvoir en place à Pékin qu’il doit refréner son ambition expansionniste. Ce sont là autant de sujets d’inquiétude en ce mois d’août et après son influence grandissante en Afrique et l’établissement de la route de la soie la Chine montre ainsi sa volonté de disputer aux Etats-Unis sa position de première puissance mondiale, que ce soit sur le plan économique, commercial et militaire. Un jeu jusque-là subtile mais dangereux où il suffirait d’une étincelle pour provoquer une explosion.

Jean-Yves Duval, directeur d’Ichrono