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Morgan Howen

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Lettres de poilus martiniquais / Sabine Andrivon-Milton

« Un ouvrage intéressant et lève un coin de vérité. Je remercie Jean Jacques SEYMOUR éditorialiste venu nous parler de cet ouvrage à l’occasion de la projection du Film de Aimé NOUMA et J P MIOTTO «14-18 Aux morts de la Grande guerre». P B CISSOKO »

EXTRAITS DE LETTRES DE POILUS MARTINIQUAIS

Dardanelles, 12 août Ma chère mère, Je suis en pleine campagne. Depuis ma dernière lettre, j’ai reçu quelques petites blessures, mais sans importance. Le 22, ma Cie reçut l’ordre de se porter en avant. Nous nous élançâmes furieux contre l’ennemi qui dut éprouver de fortes pertes. Nous primes plusieurs tranchées : je faillis y devenir sourd tant les éclatements d’obus faisaient du tapage. Le 26 août, nous reçûmes encore l’ordre d’aller chercher les officiers morts sur le champ de bataille et cela au milieu des balles ennemies. Je faillis plusieurs fois être blessé, et je ne pensais pas à revenir. Aussi, le colonel me promit une citation à l’ordre du jour de l’armée et me félicité grandement de ma bravoure. Aussi, chère mère, je suis à la veille d’avoir une belle médaille.  Je t’embrasse… G. HILLION (Zouave)  

dans Généalogie et Histoire de la Caraïbe numéro 221 Janvier 2009 (p 5772)

Sabine Andrivon-Milton continue ses recherches et publications, en particulier sur le thème de la Martinique et de la Grande guerre (publications en 1996, 2005, 2006 : voir GHC p. 1888 et 2242, 2391 et 2523, 4857 et 4895, 5110). Cette fois ce sont des lettres écrites par des soldats martiniquais (ils furent près de 9 000 à quitter leur île) sur le front européen et sur le front d’Orient (Les Dardanelles), lettres que lui ont confiées des familles ou qu’elle a relevées dans des journaux de l’époque, comme le carnet de route d’un mobilisé entre Martinique et Bordeaux, les lettres envoyées au député Joseph Lagrosillière, la correspondance en créole entre un père et son fils.

Les lettres sont livrées telles quelles, sans commentaire mais avec quelques identifications des personnes qui écrivent ou sont citées (grâce aux travaux antérieurs de l’auteur) : recueil intéressant sur les plans historique et pédagogique et émouvant sur le plan humain par l’enthousiasme, le patriotisme, le courage et les souffrances des combattants.

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« Les « poilus » martiniquais réhabilités

Les noms de 150 « poilus » martiniquais ont été inscrits sur les monuments aux morts de l’île à l’occasion du 11-Novembre 2006. Ces combattants avaient été oubliés par distraction des familles ou de l’administration.

Les noms de 150 « poilus » martiniquais vont être inscrits sur les monuments aux morts de l’île à l’occasion du 11-Novembre. Ces combattants décédés lors de la guerre de 1914-1918 avaient été oubliés par distraction des familles ou de l’administration.

Il s’agit des derniers des 1 876 soldats français de la Martinique officiellement « morts pour la France », sur les 8 788 envoyés se battre. Ils étaient partis par patriotisme et parce que, pas davantage que leurs compatriotes, ils n’avaient pas le choix. Leurs élus avaient expliqué qu’il fallait repousser l’ennemi hors du territoire national. A l’époque, cet engagement marquait de surcroît la volonté des habitants des colonies de s’assimiler, de se montrer des Français à part entière, de chérir la mère patrie jusqu’à vouloir verser « l’impôt du sang ».

Les Français de Guadeloupe et de Martinique étaient en effet déjà des citoyens, à la différence des « indigènes » d’Afrique. Il n’y a d’ailleurs pas eu de bataillons antillais. Ces soldats furent dispersés dans toutes les unités et il y eut, proportionnellement, autant de morts blancs que noirs dans leurs rangs.

Le geste en l’honneur des 150 est né de l’opiniâtreté d’une historienne martiniquaise, Sabine Andrivon-Milton, qui a consacré sa thèse à la Martinique pendant la première guerre mondiale et présente à la Bibliothèque Schoelcher de Fort-de-France une exposition sur ce thème : « Je voulais compléter les cases manquantes de notre histoire », explique-t-elle, sans sacrifier pour autant au discours de victimisation affirmant que ces soldats étaient moins bien traités que leurs compatriotes de métropole : « Pendant la période hivernale, les Antillais étaient repliés sur l’Afrique du Nord ; à Paris, ils bénéficiaient d’un « foyer colonial » qui leur était réservé ; des recommandations spéciales étaient prises pour qu’on prenne soin d’eux, au niveau de la santé et de la nourriture. »

Pour les oubliés réhabilités, des cérémonies ont été organisées dans plusieurs des 34 communes de la Martinique. Ainsi, au Vauclin, place Charles-de-Gaulle, une plaque de marbre comportant douze noms va être ajoutée sur le monument aux morts à côté de celle listant depuis des lustres les 86 enfants de la commune morts à la guerre : « Il y a des Vauclinois, raconte le maire (socialiste), Raymond Occolier, qui ne savent pas que leurs parents ont participé à la guerre et ils passent à côté du monument sans le voir. De même, il y a des combattants aussi méritants que d’autres, tombés dans l’anonymat et qu’il faut honorer pareillement. Dans notre imagerie populaire, nous n’avons pas de Jeanne d’Arc ni de Godefroy de Bouillon, mais des humbles qui ont apporté leur contribution contre la barbarie. En 1914, les fils des colonies se sont souvent portés volontaires pour défendre la France et, dans ces moments de grande difficulté, partager le pire comme le meilleur avec leurs frères de métropole. »

Pour les familles, le symbole est important : « C’est une excellente chose, se félicite Denise Thimon, dont le grand-oncle, Léon Nubul, est mort loin du Vauclin à 23 ans. Jusqu’à présent, on ne s’était jamais occupé de ces hommes partis si jeunes. » Pour sa part, Lucien Baste, arrière-arrière-petit-neveu de Jacques Thimon, autre réhabilité, ignorait tout de cet aïeul. L’Histoire et ses propres recherches généalogiques le lui ont fait découvrir et il se réjouit qu’elles lui permettent de rencontrer des parents qu’il ne connaissait pas et qu’elles conduisent les Martiniquais à s’approprier leur passé. C’est ainsi qu’un poilu mort il y a près d’un siècle rapproche des vivants du XXIe siècle.

Le combat de Mme Andrivon-Milton va se poursuivre avec l’hommage dû à 48 soldats martiniquais qui, eux, n’avaient pas obtenu la mention « morts pour la France » alors qu’ils avaient bien succombé au front. Aujourd’hui, deux communes n’ont pas de monument aux morts : Sainte-Luce – mais un projet est à l’étude – et Saint-Pierre, qui a été rayée de la carte des communes de France après la catastrophe de la montagne Pelée qui l’a anéantie en 1902, et qui n’a été réinscrite qu’en 1923.

https://www.lemonde.fr/societe/article/2006/11/10/les-poilus-martiniquais-rehabilites_833162_3224.html

Patrice Louis

Sabine ANDRIVON-MILTON se définit comme étant « une fille du centre » de la Martinique, une représentante de la CACEM (Communauté d’Agglomérations du Centre de la Martinique) : elle est née à Fort-de-France, de parents foyalais (sa mère était de Sainte-Thérèse, son père de Trénelle). Elle a fait ses classes (primaire et collège ) à Sainte-Thérèse puis au Lycée de Bellevue. Elle a commencé et terminé ses études sur le Campus de Schoelcher. Elle a grandi à Saint-Joseph et habite actuellement le Lamentin.

Elle a obtenu sa licence et sa maîtrise d’histoire à la Sorbonne. Son passage à Paris résultait de l’envie de partir découvrir l’ailleurs.  A Paris, elle habitait la résidence Concordia à la rue Tournefort. Là, elle partageait sa petite chambre universitaire avec une Guadeloupéenne appelée Fabienne Vilier.

Titulaire du CAPESA d’histoire-géographie, elle enseigne depuis 1993 au L.P.A. du Robert où pendant trois ans elle a occupé le poste de proviseur adjoint. Elle a, à ses débuts, enseigné dans plusieurs centres de formation: ESCAT, ISCA, GRETA…Elle a été chargée de cours pour le DAEU sur le Campus de Schoelcher.

Elle a soutenu son Doctorat d’histoire sur le Campus de Schoelcher et a fait venir à la Martinique les spécialistes de la Première Guerre Mondiale: Annette Becker et Stéphane Audoin-Rouzeau. Elle tenait absolument à soutenir sa thèse à la Martinique car, selon ses propos:» la qualité des études ici est très bonne, contrairement aux rumeurs ».

Mère de deux enfants (13 et 10 ans), elle sait allier vie familiale, vie professionnelle et recherches scientifiques. Elle est la cadette d’une famille de trois enfants. Elle a deux frères: William Andrivon, docteur en toxicologie (SANOFI-AVENTIS) et Harold Andrivon, chef d’entreprise (EVENT DOM, ESSENTIA CARAIBE).

Ses loisirs sont nombreux: sport en salle, aquagym, cinéma, lecture, danse. Elle avoue sans complexe apprécier le « zouk love » qui selon elle, « est une musique de chez nous », qu’elle qualifie de sensuelle. Ses chanteurs préférés sont: Tania Saint-Val, Princess’Lover, Richard Birman, Rodrigue Marcel. Elle apprécie aussi la jeune génération comme: Perle Lama, Fanny, Cyrielle, Doriane, Laurianne Zacharie.Elle aime les anciens groupes haïtiens: Djet X, Magnum Bang…. et bien sûr Kassav’.

Elle effectue aussi des recherches généalogiques car elle souhaite transmettre à ses enfants leurs racines. Leur expliquer « d’où ils viennent ». Elle s’intéresse plus particulièrement à la généalogie des familles ANDRIVON, MILTON, DESLANCES et LUDON. Elle est très attachée à sa famille et garde des liens avec ses cousins et cousines proches et éloignés.

Elle dit ouvertement ne pas vouloir se lancer en politique car elle estime qu’entrer en politique c’est perdre un peu de sa liberté et ne souhaite pas être attachée à un parti. Toutefois, elle s’intéresse à la chose politique et donne de son temps pour certaines actions.

Elle aime la Martinique qu’elle trouve belle car « son île présente plusieurs facettes ». Elle tient à souligner les efforts des différents organismes touristiques, culturels et sportifs qui mettent en place des manifestations afin d’animer la vie martiniquaise.

Depuis janvier 2007, elle est la présidente de l’Association Histoire Militaire de la Martinique qui organise chaque année des manifestations autour du 11 novembre dont l’opération Monuments aux Morts en Lumières. Elle s’intéresse aux monuments aux morts sur lesquels sont gravés la liste des soldats morts au combat.