La Colombie de Radamel Falcao? L'Angleterre de Harry Kane? Difficile d'établir un favori entre ces deux "outsiders" plutôt en verve avant leur 8e de finale du Mondial-2018, mardi. Seule certitude: le vainqueur sera sur la voie royale, car son adversaire en quarts, la Suède ou la Suisse, sera moins prestigieux.

Allemagne sortie au premier tour, Espagne et Argentine en huitièmes... Il ne fait pas bon être favori en Russie. Ca tombe bien, car ni la Colombie ni l'Angleterre ne le sont.

La première avait atteint les quarts de finale du Mondial-2014, ce qui constituait déjà une performance satisfaisante. "J'espère que nous pourrons répéter la même chose que lors du précédent Mondial", avait ainsi confié à l'AFP l'ancien international Faryd Mondragon avant le coup d'envoi de la compétition.

"Individuellement, nous avons de très bons joueurs, un sélectionneur qu'on connaît et qui connaît le groupe, c'est son deuxième Mondial, et il aura comme défi de convertir tout ce talent individuel en collectif", expliquait-il.

Problème, pour Jose Pekermann et ses "Cafeteros": la Colombie avait été guidée il y a quatre ans par James Rodriguez, en état de grâce au point qu'il avait convaincu le président du Real Madrid de claquer 80 millions d'euros pour le recruter, à l'AS Monaco. Et cette fois, celui qui évolue désormais au Bayern Munich pourrait bien manquer à l'appel.

Après avoir encore été décisif en phase de groupes en effet, le milieu offensif de 26 ans a dû quitter ses partenaires lors du 3e match contre le Sénégal (1-0), victime d'un "oedème mineur sans rupture fibrillaire au muscle soléaire droit" du mollet gauche, a expliqué la Fédération colombienne. Sans indiquer s'il pouvait être rétabli pour le match de mardi, mais la tendance n'est pas à l'optimisme.

- Duel Kane-Falcao -

En son absence, la Colombie peut quand même s'appuyer sur son capitaine Radamel Falcao, revanchard après le Mondial-2014 qu'il avait manqué pour cause de blessure et deux saisons ratées en Angleterre. Et sur Juan Fernando Quintero, décisif malgré la défaite contre le Japon et étourdissant contre la Pologne.

Et l'Angleterre? Avec sa longue tradition d'équipe décevante en phase finale, qui reste sur une piteuse élimination dès les huitièmes de finale de l'Euro-2016 contre les bizuths islandais et qui n'était pas sorti de la phase de groupes au Mondial-2014, difficile de faire des pronostics.

D'un côté, elle s'est montré très convaincante au début de la phase de poules, entre sélectionneur - Gareth Southgate - habile a déminer scandales médiatiques et querelles de joueurs, football offensif et moderne, et Harry Kane, meilleur réalisateur du tournoi jusque-là (5 buts). De l'autre, sans le stakhanoviste buteur des Spurs, elle s'est pris les pieds dans le tapis belge (0-1) lors de son 3e match.

A la presse anglaise qui lui demandait s'il se sentait capable de marquer à chaque match, son attaquant a modestement répondu: "Oui, je crois. Surtout lorsque les ballons vous arrivent dessus et que les choses vont bien, vous avez hâte de jouer. (...) Je sors d'un coup du chapeau (contre le Panama, ndlr) et je suis prêt pour notre prochain match".

"Nous avons une vision claire de la façon dont nous voulons jouer. Nous sommes très confiants dans notre façon de jouer", a de son côté observé Dele Alli. "Nous ne changeons pas notre jeu en fonction de l'adversaire. On s'amuse bien aussi. Cela peut affecter votre jeu si vous n'êtes pas heureux, mais tout le monde ici est de bonne humeur et s'entend bien."

Mais mardi, ce sont la Colombie et les matches à élimination directe qui s'avancent. Attention à ce qu'ils ne gâchent pas la petite fête des Trois Lions...

Par AFP

Le 31e sommet des chefs d’Etats de l’Union africaine se tient En Mauritanie ces 1er et 2 juillet 2018. Une rencontre à laquelle une vingtaine de dirigeants prennent part, avec en tête une priorité : faire le point sur les réformes institutionnelles initiées par le président rwandais Paul Kagame. L’un des enjeux de cette réforme consiste à permettre aux Etats africains de financer eux-mêmes cette institution.

Tout est parti d’un constat : plus de 80% du budget de l’Union africaine provient de donateurs extérieurs, ce qui limite son autonomie. Certains pays cumuls des arriérés et ne parviennent pas à s’acquitter de leur cotisation annuelle. Résultat : de nombreux projets restent lettre morte.

Pour Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l’Union africaine, la réforme passe par un effort financier des Etats membres. « On ne le répétera jamais assez : sans autonomie financière, notre ambitieux agenda 2063 ne sera qu’un catalogue de bonnes intentions et notre prétention au leadership continental, et à l’appropriation africaine, rien d’autre qu’un vœux pieux », avertit le diplomate tchadien.

C’est ainsi qu’est né le projet d’une taxe de 0,2 % que chaque Etat devrait prélever sur certains produits importés. Le but est de permettre aux membres de l’UA d’apporter des contributions de manière régulière.

« Chaque Etat prélève 0,2 % sur les importations éligibles et ouvre un compte Union africaine à la Banque centrale, et pour s’acquitter de sa contribution statutaire annuelle, ce qui est prélevé, est transféré du compte à la banque centrale, directement au compte de l’Union africaine au siège, à Addis-Abeba, indique le Professeur Pierre Mukoko Mbonjo, qui dirige l’Unité de mise en œuvre de la réforme institutionnelle. C’est une manière d’avoir une source de financement pérenne, prévisible et soutenable. »

Objectif : 400 millions de dollars d'ici 2020

Cette taxe n’est une idée nouvelle. La Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest, la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale et la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale se financent déjà sur ce modèle.

Pour l’heure, 23 pays l’ont adoptée au sein de l’UA. « L’objectif est d’arriver à 400 millions de dollars par an d’ici 2020, explique le professeur Pierre Mukoko Mbonjo. La première année, c’est 65 millions de dollars. Au moment où je vous parle, nous avons dépassé 45 millions de dollars. C’est un fait sans précédent… sans avoir toutes les contributions. C’est un fait sans précédent, que ce soit dans l’histoire de l’Organisation de l’Unité Africaine ou de l’Union africaine », s’enthousiasme ce responsable.

Seulement il faut encore du temps pour convaincre certains pays d’adhérer à système. « Tout changement nécessite beaucoup d’arbitrage et nous touchons là à des domaines qui en général sont régaliens, observe Tiéman Coulibaly, le ministre Malien des Affaires étrangères. Je pense qu’il y a certains Etats qui ont besoin de s’organiser en interne, qui ont besoin de changer quelques paramètres dans leurs finances publiques, pour pouvoir donner satisfaction à cette mesure de l’Union africaine. »

Autre projet qui suscite tout autant de bouleversement : l’instauration d’une zone de libre-échange à l’échelle du continent.

Par RFI

Le 31e sommet des chefs d’Etats de l’Union africaine se tient En Mauritanie ces 1er et 2 juillet 2018. Une rencontre à laquelle une vingtaine de dirigeants prennent part, avec en tête une priorité : faire le point sur les réformes institutionnelles initiées par le président rwandais Paul Kagame. L’un des enjeux de cette réforme consiste à permettre aux Etats africains de financer eux-mêmes cette institution.

Tout est parti d’un constat : plus de 80% du budget de l’Union africaine provient de donateurs extérieurs, ce qui limite son autonomie. Certains pays cumuls des arriérés et ne parviennent pas à s’acquitter de leur cotisation annuelle. Résultat : de nombreux projets restent lettre morte.

Pour Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l’Union africaine, la réforme passe par un effort financier des Etats membres. « On ne le répétera jamais assez : sans autonomie financière, notre ambitieux agenda 2063 ne sera qu’un catalogue de bonnes intentions et notre prétention au leadership continental, et à l’appropriation africaine, rien d’autre qu’un vœux pieux », avertit le diplomate tchadien.

C’est ainsi qu’est né le projet d’une taxe de 0,2 % que chaque Etat devrait prélever sur certains produits importés. Le but est de permettre aux membres de l’UA d’apporter des contributions de manière régulière.

« Chaque Etat prélève 0,2 % sur les importations éligibles et ouvre un compte Union africaine à la Banque centrale, et pour s’acquitter de sa contribution statutaire annuelle, ce qui est prélevé, est transféré du compte à la banque centrale, directement au compte de l’Union africaine au siège, à Addis-Abeba, indique le Professeur Pierre Mukoko Mbonjo, qui dirige l’Unité de mise en œuvre de la réforme institutionnelle. C’est une manière d’avoir une source de financement pérenne, prévisible et soutenable. »

Objectif : 400 millions de dollars d'ici 2020

Cette taxe n’est une idée nouvelle. La Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest, la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale et la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale se financent déjà sur ce modèle.

Pour l’heure, 23 pays l’ont adoptée au sein de l’UA. « L’objectif est d’arriver à 400 millions de dollars par an d’ici 2020, explique le professeur Pierre Mukoko Mbonjo. La première année, c’est 65 millions de dollars. Au moment où je vous parle, nous avons dépassé 45 millions de dollars. C’est un fait sans précédent… sans avoir toutes les contributions. C’est un fait sans précédent, que ce soit dans l’histoire de l’Organisation de l’Unité Africaine ou de l’Union africaine », s’enthousiasme ce responsable.

Seulement il faut encore du temps pour convaincre certains pays d’adhérer à système. « Tout changement nécessite beaucoup d’arbitrage et nous touchons là à des domaines qui en général sont régaliens, observe Tiéman Coulibaly, le ministre Malien des Affaires étrangères. Je pense qu’il y a certains Etats qui ont besoin de s’organiser en interne, qui ont besoin de changer quelques paramètres dans leurs finances publiques, pour pouvoir donner satisfaction à cette mesure de l’Union africaine. »

Autre projet qui suscite tout autant de bouleversement : l’instauration d’une zone de libre-échange à l’échelle du continent.

RFI

Dans cette coupe du monde de football qui se déroule actuellement en Russie il y a ce qui se passe sur la pelouse et ce qui se dit dans les coulisses. Et ces derniers jours, en marge de la compétition, une affaire à fait grand bruit, je veux parler de l’écart de langage, c’est un euphémisme, d’Alan Sugar, pardon Lord Alan Sugar, présentateur vedette de la BBC.

Celui-ci a cru bon tenir des propos racistes et humiliants à l’égard des joueurs de l’équipe nationale du Sénégal, allant jusqu’à comparer les Lions de la Téranga à des « vendeurs à la sauvette sur une plage de Marbella ». Alors qu’au même moment, ceux-ci battaient la Pologne 2-1, accomplissant un véritable exploit. 

A se demander ce qui a bien pu lui passer par la tête. La prude Albion nous avait habitué à des sketches de mauvais goût avec la série des Benny Hill, mais là, c’est le pompon !

Et comme si ce grossier personnage estimait n’en n’avoir pas assez fait, voilà qu’il accuse ses détracteurs de manquer d’humour. Vous avez dit humour ? J’y vois surtout pour ma part un dérapage lexical injustifiable. 

Comment, dès lors, s’étonner que le conseiller sportif de Macky Sall, Ndongo Ndiaye, ait demandé à la BBC de licencier son chroniqueur ? Certes il existe pour tout citoyen, fusse-t-il journaliste, la liberté de parole mais celle-ci trouve ses limites dans la diffamation qui elle, est sanctionnée par les tribunaux.

Le plus grave dans tout cela, et au-delà du juridisme, c’est qu’à travers ses joueurs, c’est tout un pays qui s’est senti offensé et qui a été blessé par des propos ignobles. La BBC, dont la réputation de sérieux n’est plus à démontrer, serait bien inspirée de se séparer de ce personnage sulfureux qui a terni son image. A moins que, dans un sursaut d’honneur, l’intéressé lui-même ne présente sa démission. J’en doute fort toutefois, car ce genre d’individu, qui ignore ce qu’est l’altruisme, méconnaît aussi l’amour propre. 

By, by, my lord !

Le Directeur de la publication

Ichrono  

 

Mohamed Iqbal, penseur d'un autre Islam
Article publié le 02/09/2014
Par Nicolas Hautemanière

C'est en lisant le Pr Souleymanne Bachir DIAGNE que je suis tombé sur ce philosophe. P B CISSOKO


Mohamed Iqbal (1877-1938) est un poète et philosophe musulman originaire des Indes britanniques. Bien qu'il soit considéré comme le père spirituel du Pakistan moderne, la fécondité de sa pensée politique et religieuse interdit de réduire son œuvre à celle d'un simple militant nationaliste de la décolonisation. Sa relecture radicale de l'Islam et la complexité de ses idéaux politiques en font l'un des grands penseurs musulmans du XXe siècle, dont la réception dépasse largement les frontières de son pays natal.


Parcours biographique


Né le 9 novembre 1877 à Sialkot, dans la région du Pendjab, Mohamed Iqbal grandit dans une famille musulmane religieuse et traditionnelle. Ses capacités intellectuelles lui permirent néanmoins très tôt de quitter ses terres d'origine : il se lia en effet d'amitié avec le philosophe britannique Thomas Arnold (1864-1930), qui l'encouragea à poursuivre ses études en Angleterre, au Trinity College de Cambridge, où il était lui-même professeur. Mohamed Iqbal y étudia la philosophie de 1905 à 1908 et y publia sa thèse de doctorat sur La Métaphysique en Perse, avant de retourner en Inde où lui était offert un poste de professeur au Government College de Lahore.


Appartenant aux élites occidentalisées de sa province, il entama naturellement une carrière juridique et politique. Il devint avocat en 1911, puis s'engagea dans le « Mouvement pour le califat » (Khilafat Movement), à l'heure où la jeune République Turque discutait de la réforme de cette institution autrefois liée au sultanat de l'Empire ottoman. La chute définitive du califat, qui survint en 1924, constitua une rupture dans son engagement politique. C'est en effet après l'échec d'une refondation de cette institution qu'il s'engagea dans la All-India Muslim League, dont il fut le président annuel en 1930. Il ne s'agissait plus pour Mohamed Iqbal de lutter pour l'union de l'intégralité des Musulmans sous l'égide d'un unique calife, mais d'obtenir des Britanniques l'autonomie des régions islamiques des Indes Britanniques.
Il mourut en 1938, dix ans avant que ne soit réalisée l'indépendance pakistanaise, à laquelle il avait fourni ses fondements théoriques.


Une nouvelle philosophie de l'Islam


La grande familiarité qu'acquit Mohamed Iqbal avec le mode de vie européen et la philosophie occidentale lors de son séjour à Cambridge est décisive pour comprendre la conception de l'Islam qu'il défendit tout au long de son existence.
Deux expériences marquèrent cette période de sa vie. La première est la prise de conscience de l'écart scientifique et technique séparant les mondes musulman et occidental à l'aube du XXe siècle. Bien qu'il récusât le matérialisme allant de pair avec le développement économique de l'Europe, il lui importait de comprendre les causes du décrochage des régions islamiques. Cette interrogation n'était d'ailleurs pas propre à Mohamed Iqbal mais marquait profondément les sphères intellectuelles musulmanes de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. On en trouve un écho tardif mais particulièrement éloquent dans la publication de l'essai du Syrien Sakib Arslan répondant au titre lapidaire de « Pourquoi les Musulmans sont-ils en retard alors que les autres sont en avance ? » en 1939. La seconde expérience qui marqua Iqbal durant son séjour en Europe fut la prise de contact avec la philosophie d'Henri Bergson. En 1907, ce dernier était au faîte de sa gloire : cette année-là, il publiait L'évolution créatrice, qui reçut un accueil triomphal et fut lue avec enthousiasme par le jeune Mohamed Iqbal. Il y défendait une philosophie de la vie, une pensée du mouvement et une conception « vitale » du réel, opposées à la tradition de philosophie contemplative héritée de la philosophie grecque.


C'est à partir de sa lecture de Bergson que Mohamed Iqbal entendait à la fois expliquer le « déclin » supposé du monde musulman et contribuer à un renouvellement complet de sa culture. Si les cultures islamiques étaient incapables de modernité, c'est qu'elles s'étaient figées depuis le XIIIe siècle. La vitalité de la pensée musulmane des premiers temps aurait alors était perdue. Le poids des autorités religieuses aurait fait de l'interprétation du Coran un simple exercice de mémorisation de gloses anciennes, condamnant toute nouveauté quant à l'exégèse des textes sacrés. L'avancée du temps historique n'aurait plus été perçue que de manière négative, comme un élément venant progressivement corrompre l'Islam « pur » des premiers siècles. Ainsi s'expliquerait, d'après Mohamed Iqbal, que le monde musulman contemporain se soit montré incapable de prendre sa part à la modernisation scientifique, économique et culturelle du XIXe siècle.


Face à ces pesanteurs, Mohamed Iqbal entendait « remettre l'Islam en mouvement », c'est-à-dire lui rendre sa vitalité et renouer avec la tradition interrompue au XIIIe siècle. Reprenant à Bergson l'idée que la culture, la religion et la Création toute entière sont des objets « vivants », il défendait la nécessité d'une relecture continuelle du Coran, devant sans cesse en faire renaître le sens dans un monde aux contours changeants. A ce principe, Iqbal donnait le nom d'ijtihad, que l'on pourrait traduire par « effort d'adaptation constant ». Pour l'expliquer, l'auteur aimait à citer une tradition prophétique relative à Muâd Ibn Jabal. Ce dernier était chargé par Mahomet de veiller au bon gouvernement de la population yéménite récemment convertie à l'Islam. Mahomet s'entretient avec son jeune protégé : « Ô Muhâd, lui demanda-t-il alors, que feras-tu lorsque l'on soumettra un cas à ton jugement ? Je jugerai conformément au livre de Dieu. Le prophète de reprendre : et si tu ne trouves aucune solution dans le livre de Dieu ? Muâd : Alors je jugerai conformément à la coutume de son Messager. Le prophète d'insister : et si tu ne la trouves pas dans la coutume du Messager ? Alors, dit Muâd, j'utiliserai le raisonnement en toute liberté (ijtihad) pour former ma propre opinion [1] ». Ainsi, Mahomet aurait confié à ses disciples la responsabilité de faire évoluer les règles religieuses aux nouvelles situations se présentant dans le monde. La nouveauté, loin d'être un facteur de dégradation de l'Islam, serait le gage de sa vitalité et de la poursuite de l'œuvre entamée par le Prophète. Réformé, l'Islam pourrait retrouver une nouvelle modernité et épouser les transformations du monde contemporain.


Nationalisme pakistanais ou universalisme islamique ?


La réflexion religieuse de Mohamed Iqbal avait des conséquences politiques très fortes, qu'il convient maintenant d'expliciter.
La modernisation qu'il appelait de ses vœux ne devait pas se traduire par une importation directe et irréfléchie des modèles politiques et sociaux de l'Occident. On l'aura compris, la réforme de l'Islam devait naître d'un mouvement interne au monde musulman. C'est l'Islam lui-même, qui, pour Iqbal, est porteur d'une certaine modernité, y compris politique. Aucune relecture du Coran ne devait être tributaire de principes politiques ou religieux imposés de l'extérieur, tels des corps étrangers s'immisçant dans un organisme vivant et autonome. Plus particulièrement, il était inadmissible que la communauté musulmane importât sans ciller les principes de l'Etat-nation et de la laïcité : « Est-il possible de garder l'islam comme idéal éthique et de le récuser comme communauté politique au profit de communautés nationales où la disposition religieuse n'est autorisée à jouer aucun rôle [2] ? ». Venant de la plume de celui qu'on considère comme le père du nationalisme pakistanais, ces paroles pourront sans doute étonner. Leur cohérence n'en est pas moins certaine.


Le partage d'une unique religion par l'ensemble de la communauté musulmane devait en effet pousser celle-ci à s'organiser en une unique entité politique, qui se donnerait pour but la réalisation des idéaux moraux portés par l'Islam. Par-là, il ne faut pas entendre une application littérale et non circonstanciée de la shari'a, mais une mise en œuvre raisonnée et pour ainsi dire « adaptative » de ses principes dans le monde contemporain. La laïcité est à exclure, puisqu'elle empêche la communauté de s'imposer à elle-même ses règles morales. Mais l'organisation nationale des Etats l'est également, puisqu'elle limite artificiellement le champ d'application de la loi musulmane et divise injustement la communauté de destin formée par la umma. Ici s'explique l'engagement d'Iqbal dans le mouvement pour la refondation du califat. Cette institution incarnait la possibilité d'une union politico-religieuse transcendant les frontières nationales. Son renouvellement aurait également permis de renouer avec la période de floraison et de vitalité de l'Islam tant regrettée par Iqbal : celle du califat abbasside du XIIIe siècle, détruit par les Mongols.


Dès lors, comment expliquer l'engagement politique d'Iqbal en faveur de l'indépendance pakistanaise ?

Il semble y avoir, à l'origine de ce choix, une certaine renonciation. Les négociations politiques pour le maintien du califat avaient échoué en 1924, et le réalisme imposait la constitution d'une entité politique musulmane aux dimensions réduites. Mais il faut surtout comprendre que le revirement politique de Mohamed Iqbal ne fut pas complet. Le célèbre discours qu'il prononça à l'occasion de l'ouverture de la 25e session annuelle de la All-India Muslim League en 1930 montre qu'il ne se rallia jamais au mode de pensée nationaliste des Occidentaux. C'est l'Islam qui devait constituer le lien essentiel au sein de la communauté pakistanaise à venir, et non un quelconque sentiment national. De même, la souveraineté et l'indépendance des régions musulmanes des Indes n'étaient pour lui pas essentielles.

L'autonomie de ces territoires devait suffire, puisque ce qui importait, c'était la capacité qu'auraient les populations de ces régions à se donner à elles-mêmes leurs propres lois, conformes à l'enseignement du Coran. Enfin, et c'est peut-être là le point essentiel, la fondation d'un Etat pakistanais n'était pas conçue comme un but en soi par Iqbal. A travers lui devait être fondé un espace propice à l'exercice de l'ijtihad. Les terres du Nord-Ouest des Indes auraient ainsi pu devenir un nouveau cœur du monde musulman, lui permettant de se « remettre en mouvement ». Pour reprendre les termes employés par S. B. Diagne, il s'agissait moins de créer un Etat islamique et national que de créer un « Etat des Musulmans », dans lesquels ceux-ci disposent d'un lieu d'expérimentation politique et religieuse devant les porter vers la modernité. Et c'est finalement à l'ensemble de la culture musulmane que devait servir la fondation d'un nouvel Etat au Pakistan, par-delà les frontières imposées par le réalisme politique.


De telles ambitions avaient sans doute quelque chose d'illusoire, et Mohamed Iqbal le confessait lui-même lorsqu'il écrivait dans ses carnets : « les nations naissent dans le cœur des poètes ; elles prospèrent et meurent entre les mains des politiciens [3] ». Sa pensée politique esquisse néanmoins le chemin vers une « troisième voie », entre le modèle de l'Etat laïc occidental et celui de l'Etat islamique caractérisé par l'application stricte de la shari'a. Ceci justifie sans doute le renouveau de l'intérêt porté à cette grande figure de l'Islam du XXe siècle, en particulier au sein de la recherche anglo-saxonne.

Vers un nouveau califat ? Une mise en perspective historique


Bibliographie :
• Diagne Souleymane Bachir, Bergson postcolonial. L'élan vital dans la pensée de Léopold Sédar Senghor et de Mohamed Iqbal, Paris, CNRS, coll. « Les conférences au Collège de France de la chaire d'histoire contemporaine du monde arabe », 2011.
• Iqbal Mohamed, Stray Reflections. The private Notebook of Muhammad Iqbal, Téhéran, Iqbal Academy Pakistan, 2008.
• Iqbal Mohamed, Reconstruire la pensée religieuse de l'islam, trad. De Eva Meyerovitch, Paris, Librairie d'Amérique et d'Orient Adrien-Maisonneuve, 1955.
• Leaman Olivier, « Muhammad Iqbal », in Leaman Olivier (ed.), Biographical Encyclopaedia of Islamic Philosophy, t. 1, 2006, pp. 333-335.
• Razzaqi Shahid Hussain (ed.), Discourses of Iqbal, Téhéran, Iqbal Academy Pakistan, 2008.
[1] Cité d'après Souleymane Bachir Diagne, Bergson postcolonial. L'élan vital dans la pensée de Léopold Sédar Senghor et de Mohamed Iqbal, Paris, CNRS, coll. « Les conférences au Collège de France de la chaire d'histoire contemporaine du monde arabe », 2011, p. 88.
[2] Mohamed Iqbal, Stray Reflections. The private Notebook of Muhammad Iqbal, Téhéran, Iqbal Academy Pakistan, 2008, p. 112.
[3] Mohamed Iqbal, Stray Reflections. The private Notebook of Muhammad Iqbal, Téhéran, Iqbal Academy Pakistan, 2008, p. 112.
https://www.lesclesdumoyenorient.com/Mohamed-Iqbal-penseur-d-un-autre.html

 

Souleymane Bachir Diagne : "À la poursuite de l'islam éclairé"


Musulman sénégalais, il enseigne la philosophie islamique à l'université de Columbia. À deux pas de Ground Zero, il nous parle d'Averroès.
Propos recueillis par Roger-Pol Droit
Le Point.fr en 2011

"Bergson postcolonial, l'élan vital dans la pensée de Léopold Sédar Senghor et de Mohamed Iqbal", de Souleymane Bachir Diagne (éditions du CNRS) © DR


À sa manière - discrète, nette, précise, efficace -, ce philosophe incarne un autre monde possible. Où l'ouverture d'esprit se substitue au fanatisme, les échanges aux affrontements. Où se construit une autre manière de faire de la philosophie, pas moins rigoureuse, pas moins cohérente qu'hier, mais ouverte à d'autres héritages que celui des Grecs. On y voit, par exemple, l'Inde et l'Afrique lisant Bergson, l'islam découvrant Nietzsche, les philosophes arabes inventant des voies nouvelles. Souleymane Bachir Diagne, né en 1955 au Sénégal, est musulman, philosophe et logicien, sénégalais et cosmopolite, sans oublier d'être démocrate et rationaliste. Tout ensemble. Sans conflit apparent. C'est pourquoi il a choisi de vivre aux États-Unis, d'y faire venir sa famille et d'y élever ses enfants, après le 11 Septembre. Car il refuse les logiques de guerre au profit de la raison, du partage des idées, de la philosophie. Élève d'Althusser et de Derrida à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm, il est passé par Harvard avant de revenir professer à Dakar, à l'université Cheikh Anta Diop, tout en étant conseiller du président Abdou Diouf pour l'éducation et la culture de 1993 à 1999. Il enseigne aujourd'hui la philosophie islamique à quelques pas de Central Park, dans le département de philosophie de Columbia University, où il nous a reçu. Au moment où le sort des chrétiens d'Orient montre les ravages de l'intolérance islamiste, il n'est pas inutile, malgré la disproportion des événements, de s'intéresser, comme exemple d'antipoison, au succès américain d'un philosophe qui tient ensemble les Lumières et l'islam. De multiples cris incitent à présent au mépris et à l'affrontement - ceux des populistes européens, des militants du Tea Party, des terroristes d'Égypte, d'Irak et d'ailleurs. Malgré tout, quand ce philosophe parle d'Averroès et d'Avicenne, à quelques encablures de Ground Zero, il faut désormais lui donner une salle plus grande...


Le Point : Comment expliquez-vous le succès que rencontrent vos cours ? Apparemment, il ne vous surprend pas...


Souleymane Bachir Diagne : Le fait est que cet enseignement de la philosophie en islam a toujours été extrêmement suivi. C'était déjà le cas quand j'enseignais à Chicago, à Northwestern University. Je constate qu'il existe, chez les étudiants, une grande curiosité pour le monde musulman. À mes yeux, effectivement, ça n'a rien de surprenant. Les campus universitaires sont normalement des lieux de curiosité intellectuelle, d'ouverture à l'autre, d'hospitalité pour la différence. Il faut ajouter que cet enseignement ne s'adresse pas qu'aux spécialistes. Ici, les cours de première année réunissent des étudiants se destinant à toutes sortes de spécialisations. Et le cours d'histoire de la philosophie est obligatoire pour tous les étudiants de deuxième année. Cette approche devrait être adoptée dans les systèmes d'enseignement, notamment en Europe ou en Afrique.


Comment définiriez-vous, s'il vous paraît possible de le faire en quelques mots, la philosophie islamique ?


Pour ma part, je préfère parler de "philosophie en islam", pour bien indiquer que ce qui s'est désigné, à partir du IXe siècle, par le mot grec arabisé de falsafa continue, dans les centres intellectuels du monde musulman, la tradition de pensée philosophique grecque et hellénistique. Quant à la définition, c'est celle même de la philosophie. Car, par-delà les colorations spécifiques à telle ou telle culture, il s'agit toujours de la même exigence : questionner ce qui est reçu !
Pourtant, cet examen critique de l'héritage semble peu actif dans le monde intellectuel musulman moderne...
Avant d'en venir à cela, il faut d'abord rappeler que c'est bien autour de grandes interrogations philosophiques que se sont constituées, à partir de la fin du VIIe siècle de l'ère commune, des écoles de théologie spéculative. On trouve ainsi au coeur des réflexions philosophiques en islam le libre arbitre et la prédestination, liées aux interrogations sur la justice de la puissance divine, la relation entre l'essence du Dieu un et la multiplicité de ses attributs, le caractère créé ou incréé de la parole de Dieu... Ce questionnement philosophique interne au monde musulman naît de la lecture du Coran et de son commentaire.


Est-ce la seule source de la philosophie en islam ?


Certainement pas, car d'autres interrogations sont nées de la confrontation de l'univers intellectuel et spirituel de la religion musulmane avec les thèses philosophiques des Grecs. Celles-ci ont été connues quand des oeuvres grecques majeures ont été traduites en arabe, d'abord à partir de la langue syriaque, par des penseurs chrétiens, nestoriens, familiers de la philosophie grecque. Un exemple de ces problèmes de confrontation : comment entendre et justifier l'idée abrahamique d'une création du monde par Dieu, alors que les Grecs, en particulier Aristote, jugent illogique de supposer autre chose qu'une éternité du monde ?


Quel fut, à vos yeux, le résultat de ces confrontations ?


La nécessité d'accorder religion et philosophie. Ce n'est pas par hasard que le philosophe andalou Ibn Rushd (mort en 1198), que l'on connaît généralement sous son nom latinisé d'Averroès, a rédigé un ouvrage intitulé Traité sur l'accord de la philosophie et de la religion. Ce livre peut passer pour une profession de foi rationaliste. À ses yeux, en effet, une vérité, celle de la foi, ne saurait en contredire une autre, celle de la raison. Cette position évoque celle des Modernes devant l'opposition de l'Eglise à la science. Conséquence de cette affirmation : les choses de la foi doivent être entendues, c'est-à-dire interprétées, de manière à être en accord avec ce que dit la raison.


Revenons à l'époque moderne. Dans le monde musulman, globalement, le dogmatisme religieux ne l'a-t-il pas emporté sur l'esprit critique et l'examen rationnel ?


Il faut nuancer ce jugement. Il est vrai qu'à partir du XIIIe siècle une pétrification intellectuelle s'est produite dans le monde de l'islam. Elle a fait perdre cet esprit rationaliste d'ouverture, d'accueil de ce que découvre une raison humaine qui ne rencontre d'autre obstacle dans sa quête que ses propres limitations internes. Toutefois, heureusement, à l'époque moderne, de grands penseurs se sont donné pour tâche de rouvrir ces possibilités créatrices. Car il faut reconnecter le monde de l'islam à son principe de mouvement. L'Indien Mohamed Iqbal (1877-1938) est l'un des plus importants de ces rénovateurs. Son principal ouvrage en prose (on lui doit aussi une oeuvre poétique immense, en ourdou et en persan) s'intitule La reconstruction de la pensée religieuse en islam. Cela exprime clairement son projet.


Vous avez consacré à Iqbal le premier ouvrage paru en français sur son oeuvre et, dans votre dernier livre, Bergson postcolonial, vous insistez sur l'influence qu'a exercée Bergson sur sa pensée. Comment se fait le lien entre le philosophe de la durée et de l'élan vital et le penseur qui fut aussi le père du Pakistan ?


Plus que tout autre, Bergson a contribué à ébranler les visions statiques du monde et à faire comprendre que la vraie fidélité est dans le mouvement. Mohamed Iqbal n'a pas seulement lu Bergson, il est venu le rencontrer à Paris en 1932 ! Aujourd'hui, il convient plus que jamais de souligner la valeur de ce dialogue entre un philosophe demeuré, malgré son attirance pour la conversion au christianisme, enfant d'Israël, et un musulman indien qui avait le projet de repenser la cosmologie coranique.


Ici même, à New York, après les polémiques suscitées par le projet de construction, non loin du World Trade Center, d'un centre culturel musulman abritant une mosquée, avez-vous le sentiment que ce dialogue appartient au passé ?


Pas du tout, même s'il est vrai que cette querelle a révélé une méfiance profonde à l'égard de l'islam. Elle s'explique par ce traumatisme sans nom qu'a été la tragédie de l'attaque terroriste du 11 Septembre, et la facilité avec laquelle des politiciens peuvent exploiter cette méfiance à leurs propres fins. Mais cette même querelle a montré aussi ce que l'Amérique a d'admirable, qui s'est manifesté dans des positions de principe comme celle du maire de New York, Michael Bloomberg. Sans se soucier des sondages ni des risques politiques, il a su accueillir le projet simplement au nom des principes sur lesquels l'Amérique est fondée.


Bergson postcolonial, l'élan vital dans la pensée de Léopold Sédar Senghor et de Mohamed Iqbal, de Souleymane Bachir Diagne (éditions du CNRS, 128 p., 8 euros).


Repères
1955Naissance à Saint-Louis (Sénégal).
1978Ecole normale supérieure, agrégation de philosophie.
1988 Thèse : "Philosophie symbolique et algèbre de logique. Les lois de la pensée de George Boole ".
1993-1999 Conseiller du président du Sénégal, Abdou Diouf, et professeur à l'université Cheikh Anta Diop (Dakar).
2001Publie " Islam et société ouverte " (Maisonneuve et Larose).
2008Professeur à l'université de Columbia (New York).
http://www.lepoint.fr/grands-entretiens/souleymane-bachir-diagne-a-la-poursuite-de-l-islam-eclaire-20-01-2011-130599_326.php

Diabète : bientôt une pilule d'insuline au lieu des injections ?


Des chercheurs de Harvard proposent une formulation d'insuline sous forme de traitement oral pour éviter les injections quotidiennes que subissent les diabétiques. Il a fallu résoudre deux problèmes : la sensibilité de l'insuline à l'acidité gastrique et sa mauvaise absorption intestinale.

Pour des millions de personnes souffrant de diabète de type 1, les injections quotidiennes d'insuline sont indispensables car leur organisme ne produit pas cette hormone. Administrée par une pompe ou des injections sous la peau, l'insulinothérapie vise à contrôler la glycémie des patients. Ces injections répétées ont un impact sur leur qualité de vie et interfèrent avec leurs activités. Et s'ils ne suivent pas correctement leur traitement, les patients s'exposent à de graves complications.
Plusieurs équipes cherchent des moyens pour administrer l'insuline oralement ; un essai clinique mené par Oramed Pharmaceuticals a même démarré aux États-Unis. La prise orale d'insuline pose des problèmes car la molécule n'apprécie pas l'acidité de l'estomac et est mal absorbée par l'intestin. Un article paru dans Pnas décrit un traitement oral qui pourrait révolutionner la vie des patients.

L'insuline doit passer l'acidité de l'estomac et la barrière intestinale


Les chercheurs de Harvard proposent de transporter l'insuline dans une solution ionique contenant de la choline et de l'acide géranique, le tout inclus dans une gélule résistant à l'acidité. Cette présentation se conserve deux mois à température ambiante et quatre mois au réfrigérateur. Dans l'intestin plus alcalin, l'enveloppe du médicament, formée de polymères, se dissout et libère le liquide contenant l'insuline, qui doit encore passer dans le sang.


Dans un communiqué de Harvard, Amrita Banerjee, principale auteure de cette recherche, a expliqué que « Lorsqu'une molécule protéique telle que l'insuline pénètre dans l'intestin, de nombreuses enzymes ont pour fonction de dégrader les protéines en acides aminés plus petits. » L'insuline dans sa solution ionique resterait stable. De plus, la formulation qui utilise de la choline et de l'acide géranique a déjà montré son efficacité pour passer deux barrières : le mucus intestinal et les jonctions serrées des cellules intestinales, connues pour gêner le passage de grosses molécules comme l'insuline. Ici, chez des rats, cette insuline a pu réduire leur glucose sanguin. Il reste donc à tester cette formulation chez d'autres animaux, puis lors d'éventuels essais cliniques chez l'homme.
Pour en savoir plus


uPill, la pilule à ultrasons pour éviter les piqûres
Article de Janlou Chaput paru le 30 juin 2012


Pour éviter l'inconfort des piqûres quotidiennes que sont obligés de subir certains patients, voilà peut-être la solution du futur : une pilule à ultrasons nommée uPill. Un tel système accélèrerait l'absorption du principe actif durant la digestion et sa distribution aux régions à soigner, ce qui était jusque-là le facteur limitant des cachets classiques.
Voilà une annonce qui pourrait plaire aux personnes diabétiques. Celles-ci s'injectent quotidiennement par voie intraveineuse des quantités précises d'insuline pour réguler leur glycémie et doivent supporter l'inconfort et les douleurs qu'une telle manipulation entraîne.


Depuis longtemps, les scientifiques tentent de développer de nouveaux systèmes pour fournir une meilleure qualité de vie à ces patients. Malheureusement, l'insuline, lorsqu'elle est avalée, n'est pas absorbée assez rapidement par le système digestif et ne pénètre pas les tissus dans des délais raisonnables. Le concept a donc été abandonné et les diabétiques n'ont toujours pas d'autre choix que d'utiliser des seringues.


Depuis quelques années, on a découvert l'intérêt des patchs à ultrasons qui délivrent un médicament de manière dix fois plus efficace à travers la peau. Les ondes sonores chauffent légèrement les cellules et perméabilisent davantage les membranes, permettant à la molécule active d'intégrer le cytoplasme des cellules cibles.

Pour mesurer leur glycémie, les personnes diabétiques doivent récupérer une goutte de sang au bout du doigt. Elles peuvent ainsi évaluer la quantité d'insuline à s'injecter dans la circulation. Il n'existe pour le moment pas d'autre solution que la piqûre. © Amanda Mills, CDC, DP


Les pilules remplaceront les piqûres


C'est à partir de ce même concept que des chercheurs du MIT, en collaboration avec l'entreprise ZetrOZ spécialisée dans le matériel médical, ont développé uPill, une pilule qui émet des ultrasons et facilite l'absorption digestive des médicaments. Le cachet serait recouvert de la substance active et les ultrasons se déclencheraient une fois le dispositif avalé. La pilule est conçue pour résister aux sucs digestifs acides et s'élimine par les voies naturelles.
L'une des principales nouveautés de cette découverte, c'est la miniaturisation du procédé. Les inventeurs se targuent même d'être en train de développer le plus petit système à ultrasons du monde. Ils espèrent lancer uPill d'ici 2 ans, mais viennent pour l'heure d'entamer les tests sur les animaux pour s'assurer que leur prototype ne présente aucun danger. Son innocuité devra ensuite être vérifiée chez l'Homme puis son efficacité prouvée.


Il y a encore un hic : la pilule pourrait être vendue autour de 20 à 30 dollars pièce (16 à 24 euros) mais se veut, en théorie, réutilisable. Les chercheurs eux-mêmes doutent de la popularité de leur dispositif à un tel coût, surtout pour les personnes qui en ont un besoin quotidien. Des efforts supplémentaires devront être consentis pour réduire les tarifs et faire en sorte qu'uPill remplace finalement les piqûres.


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 La Cataracte–Chirurguie;  etc Protégeons nos yeux - par le DR Damien GATINEL


Définition de la cataracte


La cataracte est une affection oculaire définie par l'opacification partielle ou totale du cristallin, responsable d'une réduction de la performance visuelle. Le cristallin est une lentille naturelle biconvexe convergente, située juste derrière l'iris. Son diamètre est d'environ 1cm, et son épaisseur ne dépasse pas généralement 0.4cm. Elle est constituée d'une capsule entourant un cortex et un noyau.
L'accommodation (ou capacité de l'œil à faire la mise au point de près) repose sur la déformation du cristallin sous l'action du muscle ciliaire. Le cristallin, du moins avant l'age de la presbytie (45 ans) est une structure élastique, qui reprend sa forme d'équilibre entre deux efforts d'accommodation.


Les cataractes constituent une cause très courante de détérioration de la vision: baisse de l'acuité visuelle, réduction de la sensibilité aux contrastes, symtômes visuels (voile, etc.). Des progrès importants ont été réalisés dans le traitement de cette maladie ces dernières années et la plupart des personnes qui en sont atteintes peuvent maintenant espérer recouvrer la vue en totalité ou, du moins, en grande partie.


Il ne faut pas confondre cataracte primaire et cataracte secondaire. La cataracte primaire correspond à la définition donnée ci-avant (opacification du cristallin). La cataracte secondaire s'observe après la chirurgie et est définie par l'opacification du sac capsulaire (le traitement de la cataracte secondaire est la capsulotomie au laser Yag).
Le remplacement du cristallin opaque par un implant permet de rétablir la transparence de l'oeil, et le choix adapté de du type et de la puissance optique de l'implant biométrie) de réduire la dépendance aux verres correcteurs après l'opération.



Manifestations cliniques de la cataracte


La cataracte se traduit pour le patient atteint par des symptômes visuels à type de gêne, de voile, d'éblouissements, puis de perte de dixième d'acuité visuelle (ces symptômes peuvent être isolés ou associés selon le stade de la cataracte). L'ophtalmologiste confirme le diagnostic par la visualisation à l'examen à la lampe à fente (biomicroscope) des opacités du cristallin, dont la localisation définit le type de cataracte, et l'importance son stade.
Aspects biomicroscopiques de la cataracte
Une cataracte est caractérisée par la présence d'une opacification du cristallin, qui est une petite lentille normalement claire et transparente de l'œil. Il ne s'agit ni d'une tumeur ni de la formation d'une nouvelle peau sur l'œil, mais plutôt de la formation d'opacités croissantes sur le cristallin proprement dit. Si les symptômes visuels du patient permettent d'évoquer le diagnostic de la cataracte (impression de « voile », de « vision sale », éblouissements dans les formes précoces, etc.), sa confirmation est souvent fournie par l'examen au biomicroscope (ou lampe à fente). Les images suivantes sont des clichés pris à la lampe à fente du segment antérieur d'un oeil atteint d'une cataracte de forme dite « nucléaire ».
Cataracte cortico-nucléaire : photo prise au biomicroscope de face (en haut, le cristallin est observé en coupe lumineuse)
Quand la cataracte est constituée, le cristallin devient opaque et la lumière ne peut être correctement transmise à la rétine, ce qui produit une image qui n'est pas « claire ». L'image formée souffre d'une « diffusion » lumineuse excessive. Il arrive souvent, en particulier au début de l'évolution de la cataracte, qu'une partie seulement du cristallin soit atteinte, ou s'opacifie plus rapidement.
Quand le centre du cristallin (noyau) est particulièrement opacifié, on parle de cataracte nucléaire. Ce type de cataracte provoque souvent un changement de correction lunettes, ou l'apparition d'une myopie tardive (myopie d'indice). D'autres formes d'opacités de cataracte sont possibles, de manière isolée en associées entre elles : sous capsulaires antérieures, sous capsulaires postérieures, etc.
En fonction de l'emplacement des opacités de la cataracte et de leur importance, on peut classifier le stade de la cataracte. Il existe aujourd'hui des méthodes plus objectives que le simple examen à la lampe à fente pour apprécier le degré d'opacité du cristallin. La densitométrie en est une (imagerie par camera rotative Scheimpflug, instrument Pentacam).

La densitométrie du cristallin permet de donner un grade objectif à l'opacité du cristallin (cataracte)


Cataracte et retentissement visuel


Même si les symptômes tendent à être plus importants pour les stades élevés de cataracte, le parallélisme anatomo clinique (la corrélation entre le degré d'opacité et les symptômes visuels) n'est pas très élevé.
Si la vision n'est pas considérablement affaiblie (ou si la baisse de vision est modérée et ne gêne pas le patient), il n'est pas forcément nécessaire d'enlever la cataracte. En revanche, si une grande partie du cristallin devient opaque, il peut y avoir une réduction partielle ou totale de la vision tant que la cataracte n'est pas retirée. L'acuité visuelle est diminuée, et n'est pas totalement améliorable par une correction en verres de lunettes.


Certaines techniques comme la mesure de la diffusion lumineuse par double passage (examen OQAS) sont utiles dans les cas où l'on cherche à confirmer (ou infirmer) la responsabilité d'une cataracte dans une baisse de vision. Nous avons rapporté la valeur diagnostique de certains indices fournis par cet instrument pour la cataracte, qui est sensible à la diffusion lumineuse causée par les opacités du cristallin.


Fausses croyances vis à vis de la cataracte


La cataracte n'est pas une affection contagieuse, et elle ne se propage pas d'un œil à l'autre, bien qu'elle apparaisse souvent dans les deux yeux à la fois.
Elle ne correspond pas à un cancer ni à une infection.
Elle n'est pas la conséquence d'une «peau » qui pousserait dans l'œil mais de l'opacification partielle ou totale du cristallin.
Il n'existe aucun lien entre la cataracte et le degré d'effort des yeux.
La cataracte n'est pas une maladie qui rend aveugle, puisque elle est curable grâce à une simple intervention chirurgicale.
Les traitements préventifs ou curatifs par collyres (gouttes) ou compléments alimentaires n'ont aucune efficacité démontrée vis à vis de la cataracte.
Il n'y a pas d'urgence à opérer une cataracte dont les symptômes visuels ne gênent pas le patient.


Causes de la cataracte


La cataracte est causée par une modification de la composition chimique du cristallin. Cette modification est le plus souvent liée au vieillissement. En effet, le processus normal de vieillissement peut causer le durcissement et l'opacification du cristallin :c'est ce qu'on appelle la cataracte sénile. C'est la plus courante et elle peut apparaître dès l'âge de 60 ans.
Il existe d'autre causes telles que l'hérédité, ou des malformations congénitales, qui peuvent provoquer l'apparition précoce d'une cataracte.
Des maladies générales comme le diabète ou certains troubles métaboliques (métabolisme du calcium) peuvent aussi provoquer l'apparition d'une cataracte.
La prise prolongée de corticoïdes, le tabagisme chronique important sont également des facteurs de risques avérés pour la survenue d'une cataracte chez les sujets exposés.
Une blessure importante de l'œil, une contusion violente, l'exposition solaire répétée et prolongée sans protection oculaire aux UV peuvent également causer la survenue d'une cataracte.
La myopie forte (myopie axile) est une cause de cataracte précoce (parfois dès la cinquantaine).


Symptômes visuels de la cataracte


Le patient peut ne pas se rendre compte qu'elle a une cataracte débutante si les opacités du cristallin sont localisées ou de faible intensité. À mesure que la cataracte se développe, la vue peut devenir plus trouble, floue, imprécise. Les symptômes sont souvent unilatéraux au début (un oeil est atteint avant l'autre), mais (en dehors de causes particulières comme les chocs), la cataracte se développe dans les deux yeux avec le temps.


Il peut aussi y avoir des symptômes comme des éblouissements ou une sensibilité accrue aux lumières vives, qui reflètent l'existence d'une dispersion lumineuse accrue par les opacités présentes au sein du cristallin. Ces symptômes sont parmi les plus précoces, de même que l'existence d'une gêne accrue pour distinguer des détails en contre jour. La cataracte peut modifier la réfraction oculaire en causant l'apparition ou l'aggravation de la myopie (en particulier pour les formes de cataractes dites « nucléaires »). L'aggravation de la myopie est liée à l'augmentation de la puissance réfringente du noyau du cristallin)


Elle modifie également la perception des couleurs, en réduisant la sensibilité aux courtes longueur d'ondes (bleu, violet). En effet, les protéines du cristallin cataracté absorbent particulièrement les courtes longueur d'ondes. Ceci explique également l'aspect « jaunâtre » du cristallin atteint de cataracte. Cependant, les patients ne s'en rendent généralement compte qu'après l'intervention du premier oeil, par comparaison avec la vision de l'autre oeil non opéré (les patients opérés signalent l'impression de reflets bleutés sur les objets de couleur blanche au décours de l'opération). Comme la cataracte provoque une filtration très progressive des couleurs comme le bleu, le « cerveau » ne s'en rend pas compte au cours de l'évolution de celle-ci.
Enfin, certains patients décrivent l'apparition d'un «voile permanent » gênant la vision d'un œil (cataracte unilatérale) ou les deux. A ce stade, l'acuité visuelle est souvent réduite de quelques dixièmes.
Plus la cataracte s'aggrave, moins les lunettes deviennent efficaces et ne peuvent compenser l'effet de la perte de transparence du cristallin. Dans les formes très avancées, la pupille, normalement d'apparence noire, peut changer sensiblement de couleur et prendre une coloration blanchâtre.


Types de cataracte


En fonction de la zone anatomique opacifiée du cristallin (noyau, cortex, régions situées près des capsules), on distingue plusieurs sortes de cataracte.

Les différentes portions anatomiques du cristallin sont : le noyau, au centre, le cortex, entre le noyau et la capsule, et les régions immédiatement adjacentes aux capsules.
Cataracte nucléaire
Elle est caractérisée par une opacification du noyau du cristallin. Elle peut induire une myopie d'indice, qui est liée à l'augmentation de l'indice de réfraction du noyau du cristallin opacifié (voir: aberrations optiques de la myopie d'indice, cataracte débutante). L'évolution de la cataracte nucléaire provoque une myopisation croissante, et parfois la perception d'images fantomes dédoublées par triplées (triplopie). Elle se rencontre chez les personnes âgées, ou chez les myopes en particulier.

La cataracte nucléaire est caractérisée par une opacification du noyau du cristallin.


Cataracte cortico-nucléaire


La caratacte cortico nucléaire est une forme fréquente de cataracte sénile. Le noyau et le cortex sont siège de la majorité des opacités.

La cataracte cortico nucléaire est caractérisée par une opacification croissante de la périphérie vers le centre du cristallin.
Photo lampe à fente (biomicroscope) d'une cataracte cortico nucléaire :

Cataracte sous capsulaire antérieure


La cataracte sous capsulaire antérieure est définie par la présence d'opacités proches ou immédiatement sous la capsule antérieure du cristallin. Elle se rencontre plus particulièrement chez les patients diabétiques, après traumatisme oculaire, dans certaines formes d'allergies sévères, etc. Elle provoque une gêne visuelle marquée par la présence d'éblouissements fréquents.

La cataracte sous capsulaire antérieure est marquée par la présence d'opacités souvent radiaires, appelées « cavaliers ».
Exemple (photo au biomicroscope) d'une cataracte dont les opacités prédominent sous la capsule antérieure :

Cataracte sous capsulaire postérieure


La cataracte sous capsulaire postérieure est provoquée par certaines agressions « physiques » comme les ultra violets (expositions solaires répétées sans protection oculaire), ou métaboliques (tabagisme chronique, carences alimentaires, prise répétée de corticoides, etc.). Elle entraîne une gêne visuelle à type de voile, d'éblouissements, qui sont plus marqués en cas de forte luminosité (les symptômes sont atténués dans la pénombre).
La cataracte sous capsulaire postérieure se caractérise par la présence d'opacités situées au contact de la capsule postérieure du cristallin.
Photo prise en rétro illumination au biomicroscope d'une cataracte sous capsulaire postérieure en « médaillon » :

cataracte sous capsulaire posterieure photo


Le cliché suivant montre une autre cataracte sous capsulaire postérieure plus évoluée: l'image en fente lumineuse (à droite) montre la localisation très postérieure des opacités du cristallin.

Cataracte sous capsulaire postérieure

Il existe des formes plus rares de cataracte, comme la cataracte en « feuilles de fougère », dont l'origine est traumatique (coup de poing, etc.). Les opacités ont un aspect en lobes, en feuilles, et sont situées à l'avant du cristallin.

Cataracte en feuilles de fougère, aspet en rétroillumination à la lampe à fente.

La cataracte congénitale est une opacification totale ou partielle du cristallin présente dès la naissance. Les formes modérées sont souvent bien tolérées. Elles sont souvent formées d'une opacité globuleuse située au contact de la capsule postérieure, où intéresse une ou plusieurs des structures embryonnaires du cristallin.

Cataracte congénitale intéressant le noyau du cristallin, et ses structures embryologiques (noyau foetal)
Type de cataracte et symptômes visuels

L'image suivante résume les principaux symptômes visuels, et le type anatomique de la cataracte qui en est responsable. Ces données sont indicatives, le retentissement visuel subjectif d'une cataracte dépend de nombreux facteurs (degré d'opacité, mode de vie, activité pratiquées, etc.).

Les différentes variantes anatomiques de la cataracte et les symptomes visuels fréquemment associés sont rassemblés sur ce schéma.


Dépistage et diagnostic de la cataracte


Comme signalé plus haut, le diagnostic est effectué par l'ophtalmologiste selon l'observation du cristallin au biomicroscope, la mesure du retentissement exact de la cataracte sur la vision, et l'absence d'une autre pathologie oculaire. Il prendra également des mesures précises des dimensions de l'œil et effectuer une échographie (biométrie) afin de calculer la puissance de l'implant qui devra être posé après l'ablation de la cataracte pour remplacer le cristallin.


Diagnostic objectif de la diffusion lumineuse causée par la cataracte


En cas de doute, il est possible de confirmer ou éliminer la présence d'une diffusion de la lumière liée à la cataracte en réalisant un examen par aberrométrie par double passage. La Fondation Rothschild a été le premier centre chirurgical français à s'équiper de cet instrument (appelé OQAS pour « Optical Quality Analyzing System ») dès 2007. Brièvement, une lumière infra rouge est recueillie et analysée après réflexion sur la rétine. En cas d'opacités cristalliniennes signficatives, on observe une dispersion lumineuse qu'il est possible de quantifier (OSI : Optical Scattering Index). Un OSI normal ELIMINE la présence d'une « vraie » cataracte, et doit faire rechercher une autre origine aux symptômes visuels. Cet examen permet de rassurer certains patients chez qui le diagnostic de cataracte a été posé... par excès.
Voici un exemple dans lequel l'OQAS (aujourd'hui rebaptisé instrument « HD Analyzer ») a permit de confirmer l'origine de symptômes visuels à type d'éblouissements marqués, et gêne en contre-jour. Pourtant, l »acuité visuelle était mesurée à 10/10, et l'examen à la lampe à fente ne retrouvait qu'une opalescence cristallinienne, mais avec la présence de petites vacuoles situées près de la capsule postérieure (flèche).

Patiente présentant une gêne visuelle à type d'éblouissements et de problèmes en contre jour. L'acuité visuelle maximale est de 10/10. A la lampe à fente, la cornée est claire, le cristallin opalescent (1a). En rétro illumination, on remarque de fines opacités situées dans le tiers postérieur du cortex.
La réalisation de l'examen OQAS permet de quantifier l'effet potentiel de ces petites vacuoles sur la qualité de l'image rétinienne.

Examen OQAS (aberrométrie par double passage): l'OSI (Optical Scattering Index pour « Indice de Diffusion Optique ») est 4 fois supérieur à la normale. Le contraste de l'image rétinienne est réduit de moitié. Ce résultat permet d'incriminer la responsabilité des opacités du cristallin dans la gêne visuelle du patient, qui ne présentait pas d'autres anomalies oculaires.
L'intervention de chirurgie de la cataracte est donc proposée. Après sa réalisation, qui consiste à remplacer le cristallin par un implant, l'examen OQAS objective l'amélioration de la qualité de l'image rétinienne et la réduction de la diffusion (diminution de l'OSI), confirmant ainsi le diagnostic initial.

Après chirurgie de la cataracte par phaco émulsification, l'OSI est normalisé, et le contraste de l'image rétinienne restauré.


Choix du type et de la puissance de l'implant


Un implant est systématiquement posé au cours de la chirurgie: si l'on se contentait de ne retirer que la cataracte de l'oeil, celui-ci serait très hypermétrope en postopératoire (un oeil sans cristallin ni implant est appelé « aphake« ), et aurait donc besoin d'une correction (verre de lunette ou lentille) pour voir net. La biocompatibilité du matériau et la durée de vie des implants sont largement suffisants pour qu'ils puissent être posés dans les yeux de tous les patients.
Les implants posés sont « souples », ce qui permet de les introduire au travers d'une petite incision (longueur proche de 2 mm) qui est faite au bord de la cornée au début de l'intervention.

Implant utilisé en chirurgie de la cataracte. A gauche: implant avant insertion: l'optique centrale mesure 6 mm, et est entourée de 4 anses (haptiques) qui permettent de stabiliser l'implant dans le sac capsulaire. La longueur totale de cet implant est proche de 11mm. A droite, l'implant est posé dans le sac capsulaire. Les anneaux de diffraction (qui permettent d'induire 3 foyers : loin, près, intermédiaire) sont bien visibles à la surface de l'implant. Ils ne mesurent que quelques microns de hauteur.
Le calcul de la puissance de l'implant est effectué à partir de mesures oculaires (biométrie) et du souhait du patient en terme de « réfraction » post opératoire. La mesure de la longueur axiale de l'oeil, et de la puissance de la cornée sont utilisées dans une formule de calcul qui fournit la puissance (vergence) de l'implant. Celle-ci s'exprime en dioptrie. En général, la valeur de la puissance de l'implant est en moyenne proche de 22 Dioptries, la gamme des puissances des implants posés dans plus de 95% des cas s'étend de 5 à 30 D (les implants sont moins puissants si l'oeil est myope, et plus puissants si l'oeil est hypermétrope).


Les implants posés peuvent être monofocaux (ils ne corrigent qu'une seule distance : loin ou près) ou multifocaux (les implants bifocaux corrigent la vision de loin et de près, les implants trifocaux corrigent la vision de loin, de près et la vision intermédiaire).


Si le patient souhaite voir simplement de loin sans lunettes, le calcul de la puissance de l'implant monofocal est fait pour l'emmétropie: des lunettes de lecture seront nécessaire pour lire (vision de près). Si le patient souhaite voir de près sans lunettes, le calcul de la puissance de l'implant monofocal est fait pour induire une myopie légère (environ -2.50 D).
Si le patient souhaite ne plus porter de lunettes du tout (ou le moins possible), la pose d'un implant multifocal (bi ou trifocal) pourra être envisagée, en l'absence de contre indications.
En cas d'astigmatisme cornéen prononcé, le choix d'un implant torique permet de corriger l'astigmatisme et réduire le besoin de lunettes en postopératoire (il existe des implants toriques monofocaux: correction de l'astigmatisme en vision de loin, et des implants toriques multifocaux: correction de l'astigmatisme en vision de loin et de près).


La cataracte secondaire peut compliquer l'évolution de toute chirurgie de la cataracte. Certains facteurs de risques existent, liés au type de biomatériau de l'implant, à l'âge du patient. Les patients jeunes (ex: moins de 50 ans) sont généralement atteints à plus ou moins long terme (parfois plusieurs années) de cataracte secondaire. La survenue d'une cataracte secondaire chez les patients les plus jeunes est souvent bruyante sur le plan visuel (impression de « voile », de retour des symptômes de la cataracte primaire) et à l'examen à la lampe à fente, comme le montre l'exemple suivant :
Exemple particulièrement démonstratif d'une cataracte secondaire chez un sujet opéré de cataracte vers l'âge de 45 ans. La capsule postérieure est fibrosée, parcourue de plis importants. Ce tableau constitue une indication à la capsulotomie au laser yag.

https://www.gatinel.com/chirurgie-de-la-cataracte/definition/

A Bruxelles, les vingt-huit dirigeants de l'Union européenne ont trouvé un accord sur la question migratoire, vendredi 29 juin au petit matin, lors d'un sommet tendu, alors que les Italiens menaçaient de faire capoter la réunion faute d'engagements précis de ses partenaires européens concernant l'accueil des migrants.

« Les Vingt-Huit se sont accordés sur les conclusions du sommet, y compris la migration », a annoncé sur Twitter le président du Conseil européen, Donald Tusk, à 4h30 (2h30 TU), après des tractations marathon entamées la veille en début de soirée. Les détails de cet accord n'ont pas été précisés dans l'immédiat. « C'est la coopération européenne qui l'a emporté », s'est aussitôt félicité le président français Emmanuel Macron devant la presse, jugeant que « la solidarité que nous devons aux pays de première entrée a été actée ».

C'est « un très bon compromis », s'est réjoui de son côté le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki. « Il y a des déclarations sur des relocalisations (la répartition de demandeurs d'asile, NDLR) sur une base volontaire et elles sont basées sur le consensus », a-t-il ajouté. Le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte s'est félicité d'un accord qui prévoit « une approche intégrée, comme nous l'avions demandé » avec « une Europe plus responsable et plus solidaire ». « C'était une longue négociation » mais « nous sommes satisfaits », a-t-il affirmé devant les journalistes.

Le président français Emmanuel Macron en discussion avec le président du Conseil, Donald Tusk. «L'Europe aura encore à vivre longtemps avec des pressions migratoires qui viendront de pays en crise, de pays pauvres», a souligné le président français.REUTERS/Francois Lenoir

« Qui arrive en Italie, arrive en Europe »

Parmi les points de satisfaction pour l'Italie, M. Conte a cité « le principe selon lequel qui arrive en Italie, arrive en Europe », « la possibilité de créer des plateformes de débarquement dans les pays tiers, sous l'autorité du Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR) » et celle de « créer des centres (d'accueil) dans les Etats européens mais seulement sur une base volontaire, avec une gestion collective européenne ». De plus, le compromis « pose comme principe que tous les bateaux doivent respecter les lois, donc aussi les ONG, et ne pas interférer avec les opérations des garde-côtes libyens », a-t-il encore approuvé. Cette formulation répond aux critiques de Rome contre les ONG qui secourent des migrants près des côtes libyennes, comme l'ONG allemande qui opère le navire Lifeline, que l'Italie accuse de faire le jeu des passeurs.

Angela Merkel défiée par la CSU

Le sommet a également lieu sur fond de fragilité inédite de la chancelière allemande Angela Merkel, dont l'autorité est défiée sur la question migratoire par ses alliés de la CSU, l'aile droite de sa coalition. Son ministre de l'Intérieur menace de refouler aux frontières les migrants déjà enregistrés ailleurs, de manière unilatérale, faute de mesures européennes contre les déplacements de migrants dans l'UE, appelés « mouvements secondaires ». « L'Europe a beaucoup de défis mais celui lié à la question migratoire pourrait décider du destin de l'UE », a prévenu jeudi Mme Merkel, appelant à des solutions « multilatérales » et non « unilatérales ».

Si les dirigeants européens ne se mettent pas d'accord, ils vont fournir « un nombre croissant d'arguments » à des mouvements populistes, avait auparavant prévenu le président du Conseil européen, Donald Tusk. Et ce, même si les arrivées sur les côtes européennes ont chuté de manière spectaculaire comparé au pic enregistré à l'automne 2015.

Pays européens « volontaires »

Les propositions franco-italiennes qui ont alimenté les débats entre dirigeants européens portaient notamment sur la création de « centres contrôlés » dans des pays européens « volontaires », où seraient débarqués les migrants arrivant dans les eaux européennes. Les migrants éligibles à l'asile pourraient être répartis depuis ces lieux dans d'autres pays européens, eux-aussi volontaires, répondant ainsi au souhait italien d'une « responsabilité partagée » pour tous les migrants arrivant en Europe.

Une source gouvernementale italienne a salué la « contribution importante » de M. Macron, tout en relevant que quelques pays s'étaient opposés « avec force » à ces propositions, en laissant entendre qu'il s'agissait notamment de la Hongrie. « Ce qui est arrivé avec l'Aquarius est intéressant », a fait valoir cette même source en référence à ce navire avec 630 migrants à son bord, à qui l'Italie et Malte avaient refusé l'accostage début juin. « A son arrivée en Espagne, il y a eu un partage entre pays européens » de l'accueil des passagers, a observé cette source. Quant au Lifeline, un autre bateau humanitaire que Rome refusait d'accueillir, il a lui pu accoster mercredi à Malte après des jours d'incertitude.

Des centres hors de l'Union ?

Pour réduire au maximum le nombre de bateaux arrivant dans les eaux européennes, le président du Conseil européen Donald Tusk a de son côté proposé aux dirigeants des pays de l'UE de réfléchir à des « plateformes de débarquement hors de l'Europe » pour les migrants secourus en mer, qui « mettrait fin au modèle économique des passeurs ». Débarquer les migrants hors de l'UE épargnerait aux Européens de se quereller pour la prise en charge de navires. Mais les contours du projet restent encore très flous, et il suscite de nombreuses questions sur sa compatibilité avec le droit international.

Le chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, a déjà fait savoir jeudi que son pays rejetait l'idée de tels centres d'accueil hos de l'Union européenne. Ce sommet du 28 juin devait initialement permettre de débloquer la réforme du régime d'asile européen, enlisée depuis deux ans. Mais cet objectif a été abandonné, les divergences étant trop fortes sur la réforme du Règlement de Dublin, qui confie aux pays de première entrée dans l'UE la responsabilité des demandes d'asile. La Commission propose de déroger à ce principe en période de crise, avec une répartition des demandeurs d'asile depuis leur lieu d'arrivée. Mais des pays comme la Hongrie et la Pologne, soutenus par l'Autriche, s'y opposent frontalement. L'Italie demande de son côté un système permanent de répartition, et l'abandon pur et simple du principe de la responsabilité du pays d'arrivée.

(avec AFP)

Le Sénégal a été éliminé de la Coupe du monde 2018 après une défaite 1-0 face à la Colombie, ce 28 juin à Samara. Devancés par les Japonais au classement du fair-play, les Sénégalais terminent 3e du groupe H. Une conclusion cruelle pour les derniers représentants du football africain en Russie. Mais les « Lions de la Téranga » ne se cherchent pas d’excuses.

De notre envoyé spécial à Samara,

« C’est triste pour nous, c’est triste pour notre peuple et c’est triste pour le continent africain, résume le milieu de terrain sénégalais Cheikh Ndoye, deux heures après une défaite 0-1 fatale face à la Colombie. Vous savez, quand on est éliminé comme ça, ça ne peut être que triste. On est tous dégoûtés ».

Les « Lions de la Téranga » rêvaient de huitièmes de finale et de grandeur en Russie. Mais ils quittent la Coupe du monde en finissant à la 3e place du groupe H, derrière les Colombiens et surtout derrière les Japonais. Le Japon, à égalité parfaite avec le Sénégal, est en effet qualifié parce qu’il a récolté moins de cartons jaune durant ce premier tour.

« Ce sont des choses que nous ne pouvions malheureusement pas maîtriser, soupire le défenseur Lamine Gassama. On a fait le maximum pour l’équipe. Du coup, on a parfois fait preuve de maladresse et reçu des cartons. Hélas, ça fait aussi partie du jeu. C’est cruel de passer à côté d’une qualification à cause d’un nombre conséquent de cartons jaunes ».

« Certains m’ont dit qu’il y avait penalty, d’autres m’ont dit que non »

Le latéral droit ne voulait pas, en revanche, s’en prendre à l’arbitre qui a accordé un penalty à Sadio Mané mais qui est revenu sur sa décision après avoir consulté la vidéo. Milorad Mazic a estimé que Davinson Sanchez avait touché le ballon avant de déséquilibrer Mané. « Personnellement, en voyant l’action sur le terrain, j’étais assez mitigé, explique Gassama. De là où j'étais, j’ai eu l’impression qu’il avait touché le ballon. Donc, je ne veux pas trop interpréter cette décision. Certains m’ont dit qu’il y avait penalty, d’autres m’ont dit que non. Je ne me focalise pas sur ce fait de jeu  ».

L’équipe du Sénégal peut aussi s’en vouloir, alors qu’elle a pourtant eu de la réussite lors de sa victoire 2-1 face à la Pologne et son match nul 2-2 face au Japon. Les Sénégalais ont notamment été rejoints trois fois au score durant ce premier tour. Un manque de concentration coupable. « On l’a encore vu aujourd’hui, sur un coup de pied arrêté, déplore l’attaquant Moussa Sow. Avant le but [de Yerry Mina sur corner, Ndlr], la Colombie n’avait pas vraiment été dangereuse. Mais on a encaissé ce but et c’est vraiment dommage ».

« Je pense qu’on a gagné le respect »

Malgré l’immense déception, l’attaquant Keita Baldé voulait toutefois rester positif, à quelques semaines des éliminatoires pour la Coupe d’Afrique des nations 2019. « Je suis très fier de l’équipe parce qu’elle a tout donné, glisse le joueur de l’AS Monaco (France). Je pense que tout le monde a été admiratif, même les équipes européennes. Même les Colombiens ont dit qu’on avait une très bonne équipe et qu’on avait très bien joué. Je pense qu’on a gagné le respect ».

RFI

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