La coalition Benno Siggil Senegaal (mouvance présidentielle) se méfie de Me Wade et elle l’a clairement affiché hier, vendredi. En conférence de presse organisée à la permanence de l’Afp, Maguette Thiam du Pit et cie ont invité les autorités à prendre très au sérieux les interpellations de l’ancien président de la République. Pour contrer ce dernier d’ailleurs, la conférence des leaders de la coalition Bss a demandé au Chef de l’Etat à publier tout document pouvant édifier les Sénégalais sur les dossiers Petro Tim et Arcelor Mittal.
 
Si le gouvernement de Macky Sall semble pour le moment accorder peu de crédit aux interpellations de Wade (lors du meeting du 21 novembre), du côté de la coalition Benno Siggil Senegaal (Bss-mouvance présidentielle), tel n’est pas le cas. On prend très au sérieux les déclarations du secrétaire général national du Parti démocratique sénégalais (Pds). Face à la presse hier, vendredi 5 décembre, dans les locaux de l’Alliance des forces de progrès (Afp), la conférence des leaders de ladite coalition qui avait soutenu la candidature de Moustapha Niass au premier tour de la présidentielle de 2012, a tenu à attirer l’attention de Macky Sall et son régime sur la capacité de nuisance du ténor des opposants de la scène politique sénégalaise. Mieux, ces leaders ont invité le gouvernement a donner suite aux interpellations du Pape du Sopi sur les dossiers Petro Tim et Arcelor Mittal.
 
Précisant que leur déclaration n’est pas «une prise de position, mais un avis citoyen, républicain basé sur la traçabilité des faits et des actes posés par le gouvernement», Mamadou Berthé, entouré de Maguette Thiam du PIT et de Ma Ibou Badiane, a été le premier à lancer l’avertissement. «Il ne faut prendre les propos de Wade à la légère. Les membres et sympathisants doivent les prendre très au sérieux, compte tenu du contexte de leur tenue, fait d’une conjoncture économique et sociale difficile. Le gouvernement doit réagir».
 
Embouchant la même trompette, Ma Ibou Badiane a précisé que «Wade dou waxantou» («Wade tient à sa parole» en langue wolof). Et de renchérir : «Nous avons pratiqué Wade. Le professeur Maguette Thiam le connait bien ; le Parti de l’indépendance et du travail (Pit) faisait partie des premiers alliés du Pds. Moi, j’étais militant du Pds… Ceci pour dire qu’on connait bien l’homme, c’est lui qui nous a formés…
 
Nous savons donc de quoi il est capable. Quand Wade parle, il faut répondre. Si vous ne répondez pas, il fonce », prévient-t-il. « C’est ça sa logique et Wade «dou waxantou».
Au regard de ces diverses considérations, la conférence des leaders de BSS exhorte donc le Chef de l’Etat à faire publier tout document pouvant édifier les Sénégalais sur l’imposture qui est devenue une «arme privilégiée» par l’opposition. «Nous savons qu’il est de tradition, de traiter ces questions-là dans la durée. Mais nous estimons cette fois, qu’il faudra que cela se fasse dans des délais relativement courts. Qu’on donne toutes les informations dont l’Etat dispose, pour clarifier ce point et informer objectivement l’opinion sur les tenants et les aboutissements de ce dossier. C’est ça le point de vue de Bss».

mardi, 25 février 2014 14:36

Le Citron copté par l'art à Menton en France

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L’ART avec des citrons, des agrumes

En 1929, Menton est encore le premier producteur de citron du continent. Un hôtelier a l’idée d’organiser une exposition de fleurs et d’agrumes dans les jardins de l’Hôtel Riviera. Le succès est tel que l’année suivante, la fête descend dans la rue : des chariots d’arbustes plantés d’oranges et de citrons évoluent avec de charmantes Mentonnaises. La municipalité, désireuse de développer le tourisme, cherche à donner au défilé une couleur typiquement locale

la Fête du Citron® naît en 1934.

 

Deux ans plus tard, est lancée la première exposition d’agrumes et de fleurs dans les jardins Biovès. François Ferrié est chargé de concevoir les dessins des chars en citrons et en oranges et des motifs dans les jardins. Une réussite, qui se confirmera d’année en année.

" Nous pouvons créer avec tout, c'est notre imagination qu'il faut libérer" Pape Cissoko

mardi, 25 février 2014 14:34

L'Afrique «Happy» le chante sur la Toile

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L'Afrique est Happy, et le « buzze » haut et fort, sur la Toile. De nombreux internautes du continent se mettent en scène dans des vidéos qui reprennent le dernier le clip de Pharrell Williams, sur les réseaux sociaux.

Depuis quelques semaines, une épidémie de joie se répand sur la Toile. Elle se propage de continent en continent, en passant par les plateformes d’échanges de vidéos et les réseaux sociaux. C'est le dernier titre de l’artiste américain Pharrell Williams, Happy, qui en est à l'origine. Cette vidéo interactive, d'une durée de 24 heures, diffusée sur un site dédié, a été conçue par les We Are From LA, deux jeunes réalisateurs français, et « clippeurs » de génies, Pierre Dupaquier et Clément Durou, qui résident à Los Angeles.

Le clip de Pharrell a été dévoilé fin novembre 2013. On y découvre des adultes joyeux, des enfants heureux, dansant au rythme de la musique, et qui déambulent, avec une bonne humeur franchement contagieuse, dans leur environnement quotidien.

Réaction en chaîne des internautes

Depuis fin janvier, les internautes produisent à leur tour des centaines de vidéos amateurs, autrement appelées des « lipdubs », qui reprennent le succès planétaire de Happy. Les meilleures réalisations sont regroupées sur le site We Are Happy From.com et sur une page Facebook du même nom. En Afrique, le phénomène prend de l’ampleur, comme le démontre cette version béninoise, We are happy from Cotonou, réalisée par Stéphane Brabant et produit par Afrikafun, qui a été postée dimanche dernier, sur Youtube.

La version We are happy from Cotonou est particulièrement réussie, et offre en bonus, sur le générique, le making-off du « lipdub ».

Tout le clip est un hommage subtil rendu au chanteur américain, dont la famille est originaire du Bénin. Le site We are happy from... comprend aujourd’hui, près de 300 vidéos de même qualité, et la démonstration éclatante, que le Web, donne aux internautes du monde entier, la possibilité de partager, avec bonheur, une certaine joie de vivre.

Rfi

Iba Ndiaye est né en 1968 à Saint-Louis du Sénégal. Il vit et travaille à Guet Ndar. Pêcheur en pirogue à l'âge de 12 ans, il est envoyé à 17 ans en formation chez un grand peintre piroguier à Dakar Yoff. Son talent fougueux éclate dans les couleurs chatoyantes dont il orne les flancs des pirogues de pêche ou de course... et sur les piliers des Mbar, les petits auvents communautaires qui font face à l'océan. Après 10 ans d'absence, Iba Ndiaye est de retour et nous propose une exposition originale intitulée « du fleuve à l'océan ».

 

Résidence poético-picturale en partenariat avec le Cercle des poètes et des écrivains de Saint-Louis. Des ateliers ludiques et pédagogiques avec le public scolaire : Horaires et jours d'ateliers : Mercredi et jeudi de 9h30 à 11h30 et de 15h30 à 17h30 Atelier peinture et conte Public : grandes sections, classes de CP et CE1 Atelier Eco Art' Public : du CP au CM2 Atelier peinture et poésie Public : Classes primaires du CE1 au CM2. Atelier d'écriture poétique Public : Classes de CE2 à CM2 Projection de documentaires en lien avec le fleuve, l'océan, la pêche de 16 h à 18h qui seront suivis de conférences ou débats animés par des acteurs de la pêche . Peintures et construction de pirogues modèles réduit. l'Artiste sera à la disposition du public pour parler de son art et dévoiler les significations des symboles picturales sur les pirogues. Ces visites se feront de manière conviviale, autour d'un thé à la menthe.

 

Lieu :
Institut français du Sénégal
Antenne de Saint-Louis
Avenue Jean Mermoz
BP 368 Saint Louis

mardi, 25 février 2014 14:29

Film "Douze ans d'esclavage" years a slave

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CINEMA - Le nouveau film de Steve McQueen bouleverse en montrant l'esclavage de façon réaliste...

Récompensé à Toronto, couronné par le Golden Golden Globe du meilleur drame, cité neuf fois aux Oscars, 12 Years a Slave de Steve McQueen a créé une véritable onde de choc pour le public américain. Le calvaire de Solomon Northup, homme libre kidnappé et vendu comme esclave dans l’Amérique de 1841 a bouleversé les spectateurs. «Ce film est l'équivalent pour l’esclavage de ce que La liste de Schindler de Steven Spielberg était pour la Shoah, explique Didier Allouch, correspondant cinéma à Hollywood pour Canal+. Il évoque un sujet dont les spectateurs estiment qu’il aurait dû être traité depuis longtemps par le 7ème Art».

L’esclavage vu de façon réaliste

Le réalisateur d’Hunger et Shame décrit sans concession les épreuves d’êtres humains traités comme des bêtes par des propriétaires qui ont tout pouvoir sur eux. «Il me semblait important de faire contraster la beauté paisible des paysages des plantations avec les horreurs s’y déroulant au quotidien. C’est aussi pour cela que j’ai beaucoup travaillé la bande-son», dit le cinéaste. Chiwetel Ejiofor, éblouissant en père de famille joueur de violon et petit commerçant prospère, est pris dans l’engrenage d’un système qui semble normal à ceux qui l’appliquent. «Tous les esclavagistes n’étaient pas des sadiques, insiste McQueen. Ils étaient les produits d’une époque».

Une pléiade de stars

Benedict Cumberbatch, Paul Dano, Brad Pitt et Paul Giamatti ont accepté des rôles peu reluisants, mais la palme revient à Michael Fassbender, acteur fétiche du réalisateur, terrifiant en maître dévoré de désir pour une jeune esclave. Les malheurs de la pauvrette déchirée entre la concupiscence de l’homme et la jalousie de son épouse débouche sur l’une des scènes les plus éprouvantes du film. «L’idée n’était pas de dégoûter, insiste Steve McQueen, mais de montrer comment les choses se déroulaient vraiment. S’il existe beaucoup de films sur l’esclavage, je souhaitais que le mien ne soit pas vu comme un film de genre». C’est sans doute ce qui explique l’accueil triomphal de cette œuvre radicale d’une puissance rare.

Caroline Vié

L’histoire vraie de Solomon Northup

«Quand ma femme m’a eu fait découvrir le livre «Douze ans d’esclavage» (Editions Entremonde), j’ai su qu’il fallait que je le porte à l’écran. Jamais je n’avais lu un témoignage aussi bouleversant sur la vie des esclaves», déclare Steve McQueen. Dans cet ouvrage, Solomon Northup décrit sa vie heureuse puis ses épreuves avec une pudeur et une précision qui font passer des frissons dans le dos. Ce livre fort constitue un complément parfait au film.

"Rien ne vaut la liberté, on n'a pas besoin de contraindre les gens pour exister, le respect est une vertu " Pape CISSOKO

mardi, 25 février 2014 14:13

Facebook achète WhatsApp pour 16 milliards de dollars

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Le réseau social Facebook a annoncé mercredi l'achat de WhatsApp, société spécialisée dans la messagerie mobile, pour 16 milliards de dollars (11,65 milliards d'euros) en numéraire et en titres. Un million de personnes ouvrent un compte WhatsApp chaque jour, assure Facebook.
 
Facebook s'offre l'acquisition la plus importante de son histoire, quelques semaines après avoir soufflé ses dix bougies. Le réseau social en ligne annonce l'achat de l'application de messagerie instantanée pour smartphones WhatsApp pour environ 16 milliards de dollars.
 
"WhatsApp est en passe de connecter un milliard de personnes. Les services qui atteignent ce niveau ont tous une valeur incroyable", a commenté le PDG-fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg. "WhatsApp a construit un service de messagerie mobile en temps réel qui a une position de leader et qui croît très vite", souligne également Facebook dans son communiqué.
450 millions d'utilisateurs mensuels
 
WhatsApp rassemble plus de 450 millions d'utilisateurs mensuels, dont 70% sont actifs quotidiennement. Un million de personnes ouvrent un compte chaque jour. Le volume de messages envoyés approche pour sa part "le volume entier des SMS des opérateurs télécoms mondiaux", assure encore Facebook, tandis que la bourse n'avait pas l'air si enthousiaste puisque l'action du groupe reculait de 4,5 % mercredi soir.
 
Facebook précise qu'il versera quatre milliards de dollars en numéraire et le reste en titres. Il ajoute que Jan Koum, co-fondateur et directeur général de WhatsApp, rejoindra son conseil d'administration.
Les médias sur Internet sont de plus en plus dépendants du moteur de recherche Google et la tyrannie du référencement influence même le contenu des articles.
En langage technique, on a appelle ça le SEO, le "Search Engine Optimization" l'optimisation pour les moteurs de recherche. En d'autres termes : comment apparaître en tête de listes sur Google et consort ?
 
On appelle cela aussi le référencement. C'est le saint Graal pour tous les sites web marchands ou d'information aujourd'hui. Mais le problème, c'est que cela devient une véritable dictature.
 
Pour être sûr de figurer en bonne place, parmi les 3 ou 5 premières réponses dans un moteur de recherche lorsqu'un internaute lance une requête, on en vient à formater soigneusement chaque article et chaque titre en fonction des désirs de l'ogre Google.
 
Avec des règles surprenantes.
 
Par exemple : les titres "formules" chers à Libération ou à L'Equipe sont à proscrire car Google n'a aucun sens de l'humour ni aucun second degré. Il est incapable de savoir qu'un beau jeu de mot peut se cacher une information importante. Les articles mal titrés ont moins de chances que les autres d'être lus par les internautes.
 
En fait, pour plaire à Google, il faut des textes à base de mots clés. Par exemple, un article avec les termes " Hollande démission Gayet bashing " a plus de chances d'être lu qu'un article avec " Hollande Europe traité TVA ".  Ces mots-clés correspondent aux recherches les plus demandées par les internautes.
 
Il y a les sujets qui marchent toujours comme les faits divers, les infos people et les affaires insolites (cela dit, dans ce domaine, Google n'a rien inventé). Par exemple, l'un des articles les plus lus l'an dernier sur Internet s'intitulait " Ivre, il fait l'amour à un bonhomme de neige ".
 
Certains sites, peu scrupuleux, n'hésitent pas à suivre en temps réel les mots-clés à la mode pour produire quantité d'articles sur ces sujets. Cela permet de " faire du clic ", comme on dit, et de gagner de l'argent grâce à la publicité.
 
Que reste-t-il aux médias réputés " sérieux " ? Et bien, c'est un vrai casse-tête. Comment être visible sur les moteurs de recherche sans céder à la dictature du SEO ? Même si finalement, cette dictature est aussi une forme de démocratie...
 
Cela dit, le choix des mots dans des mots-clés ce n'est qu'un aspect du SEO qui fait appel à de nombreux paramètres très compliqués. D'autant plus compliqués que personne ne sait réellement comment fonctionne Google...

France Info.fr

mardi, 25 février 2014 14:08

Le soleil comme vous ne l'avez sûrement jamais vu

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Grâce à l'agrégation de plusieurs clichés du soleil pris par son satellite SDO (Solar Dynamics Observatory), la NASA a pu réaliser une vidéo sur laquelle on peut admirer quelques-unes des éruptions les plus spectaculaires observées l'an dernier sur notre étoile. Des images éblouissantes d'effervescence.

Cela fait quatre ans que SDO, l'observatoire solaire de la NASA, a été placé en orbite autour de la terre. Survolant notre planète à près de 36 000 kilomètres d'altitude au-dessus de l'océan Pacifique, il est devenu un paparazzi de haut vol du soleil, qu'il obverse et photographie à raison d'environ 80 images à la minute !

Tous ces clichés sont envoyés dans une station terrestre de la NASA, située au Nouveau-Mexique, et permettent aux scientifiques de surveiller l'activité de l'étoile. Et ce que l'on peut voir, c'est qu'elle ne manque pas de bouillonnements.

Chaque éruption fait au moins la taille de la Terre toute entière

Cette effervescence a été mise en évidence dans une vidéo réalisée à partir des clichés d'éruptions particulièrement spectaculaires observées en 2013. Ce montage, en vitesse accéléré, permet d'apprécier la ferveur de notre soleil dans toute sa splendeur et son ampleur, chaque éruption faisant au moins la taille de la Terre toute entière. On se sent tout petit...

Adopté par le Sénat le 20 janvier, le projet de loi qui encadre la géolocalisation dans les enquêtes de police arrive à l'Assemblée nationale... dans sa version initiale, rétablie par la commission des Lois : géolocalisation autorisée pour 15 jours (les sénateurs l'avait ramenée à huit jours), et pour des infractions punies d'au mois trois ans de prison (les sénateurs espéraient 5 ans).
 
C'est un texte qui doit être débattu en urgence - la procédure parlementaire a été raccourcie : une lecture dans chaque chambre. Car le temps presse. Depuis près de cinq mois, beaucoup d'enquêtes sont à l'arrêt. Depuis que la Cour de cassation a pris deux arrêts, qui obligent les enquêteurs à demander l'autorisation d'un juge pour pouvoir géolocaliser un suspect à l'aide de son téléphone portable. "Ingérence à la vie privée", disait la Cour...
 
Du coup, il a fallu faire vite pour mettre sur pied un projet de loi. Autoriser la géolocalisation pour une durée réduite - 15 jours - et quand on suspecte un fait grave - passible d'au moins trois ans de prison. Les sénateurs, quand ils ont examiné le texte le 20 janvier, l'ont passablement retoqué : le délai est passé à huit jours, et la gravité des faits a été poussée à cinq ans de prison.
 
La commission des Lois n'en a eu cure, et a rétabli le texte dans sa version initiale. Celle que les députés examinent ce jour. La géolocalisation à nouveau autorisée pour 15 jours - au-delà, il faudra une autorisation du juge des libertés et de la détention, pour un mois renouvelable. Autorisée pour des infractions punies d'au moins trois ans de prison.

France.Info

Sur la place de la mairie de Sébastopol, le grand port de Crimée dans l'est russophone de l'Ukraine, lundi 24 février, un colosse blond au visage rougi, essoufflé, pantelant, fend la foule. « Où est-ce qu'on s'inscrit pour la milice ? » demande-t-il.  On indique à Alexeï Nitchik un stand où on s'enregistre prestement dans  les brigades d'autodéfense créées ici samedi 22 février pour « défendre la ville », en miroir inversé de celles de Kiev et de l'ouest révolutionnaire.

Alors que l'Ukraine n'a pas encore de premier ministre, que l'autorité du pouvoir central reste à s'affirmer, un vide politique s'est creusé dans les provinces de l'Est. A Sébastopol, peuplée en majorité de Russes et atterrée par le « coup d'Etat » de Kiev, une foule a pris l'hôtel de ville lundi, quelques heures après  que M. Nitchik a rejoint la milice. Elle y a forcé l'installation d'un  nouveau maire lundi soir. La police de la ville, à peine visible autour de la foule, a laissé faire.

Le précédent maire de Sébastopol avait démissionné et quitté la ville après la débandade du pouvoir central. Son poste est sensible. La ville abrite la flotte de la mer Noire de l'armée russe. L'un des premiers gestes de M. Ianoukovitch après son arrivée au pouvoir, en 2010, avait été d'en renouveler le bail, qui court jusqu'en 2042. Pour ces raisons, le principal administrateur de Sébastopol n'est pas élu par ses habitants, mais nommé directement par la présidence.

[B]« KIEV A ÉTÉ PRISE PAR DES GROUPES FASCISTES »[/B]

Or, de présidence « il n'y en a plus », déclarait  lundi devant la mairie, Guennadi Bassov, patron du Bloc russe (Rousski  Blok), un groupe radical qui milite pour le rattachement de la Crimée à  la Russie, et qui trouve dans les événements actuels une audience inédite. « Kiev a été prise par des groupes fascistes, des gens en armes qui sont déjà arrivés à Kharkiv et à Donetsk », les grandes villes de l'Est, « et qui viendront chez nous si nous ne faisons rien », prévient-il.

Ce discours fait écho aux prises de position de Moscou,  lundi 24 février, après le rappel de son ambassadeur à Kiev. Vladimir  Poutine est resté muet sur l'Ukraine. Mais les autres messages, vers  l'intérieur et l'extérieur, étaient limpides. A Moscou, sept  manifestants ont été condamnés à des peines allant jusqu'à quatre ans de  prison, pour avoir protesté la veille de l'investiture du président russe, le 6 mai 2012. Poutine a laissé le premier ministre, Dmitri Medvedev, exprimer les « doutes sérieux » de Moscou sur la légitimité du pouvoir central à Kiev. « Si on considère que des gens qui se baladent dans Kiev avec des masques et des kalachnikovs sont le gouvernement, alors il nous sera difficile de travailler avec un tel gouvernement », a-t- il dit.

Lire aussi : L'UE se mobilise pour éviter la faillite de l'Ukraine

Cette déclaration, à Sébastopol, a suscité un grondement de  soulagement parmi les manifestants. Mais derrière les déclarations  outrées des responsables russes, la position du Kremlin semble retenue.  De la butte qui domine le centre-ville  de Sébastopol, où siège une partie de l'état-major de la flotte russe,  pas un bruit n'a filtré lundi, alors que la ville se rebellait contre  les autorités de Kiev.

La rébellion, le conseiller municipal Guennadi Bassov et quelques autres l'ont lancée samedi, sur  la place de l'Amiral-Nakhimov, défenseur de la ville durant le siège  franco-britannique de la guerre de Crimée. Quelque 3 000 personnes ont  accueilli en héros un groupe de Berkout (forces antiémeutes), revenus  défaits de la bataille de Kiev. Dimanche, une dizaine de milliers de  personnes s'y rassemblaient de nouveau. Des brigades d'autodéfense ont  été formées. La foule a élu à main levée son nouveau maire.

[B]UN MAIRE ÉLU À MAIN LEVÉE
[/B]

L'élu est un industriel originaire de la ville, Alexeï  Tchaly. L'homme réside à Moscou, où il a établi le siège de sa  compagnie, Tavrida electrics, spécialisée dans l'outillage électrique et  active dans une vingtaine de pays. Sa première intervention politique  remarquée en Crimée remonte à fin novembre. Il louait alors la décision  de Viktor Ianoukovitch de renoncer à signer l'accord d'association avec l'Union européenne pour se rapprocher de la Russie, qui sans cela, disait-il, eut fermé son marché aux industries de Crimée.

Lirenotre reportage : Les Ukrainiens russophones remettent l'uniforme de l'Armée rouge

Son élection par une foule en colère n'a rien de légal, mais  l'occupation par les manifestants anti-Ianoukovitch des bâtiments  administratifs de Lviv, à l'ouest, en réplique sismique de Maïdan, ne  l'était guère plus. Le lendemain, M. Tchaly parlementait donc avec les  fonctionnaires de la mairie, afin d'établir son autorité. Guennadi Bassov, lui, barrait la porte du bâtiment avec une centaine d'hommes. Il y avait là quelques « loups gris », ces motards avec lesquels s'affiche volontiers le président russe Vladimir Poutine, très actifs en Crimée.

« Les nationalistes ukrainiens vont tout faire pour effacer notre culture, notre histoire », estime Galena Pirojenko, libraire en centre-ville et venue attendre, sous les fenêtres du conseil municipal, que les élus se prononcent sur la candidature de M. Tchaly. Mme Pirojenko, 57 ans, ne vend que des livres russes – elle estime que personne n'aurait l'idée ici de lui acheter un ouvrage en ukrainien. Elle n'a pas supporté de voir le Parlement abolir, samedi, la loi sur les langues régionales, qui accordait au russe un statut de langue officielle dans l'Est et le Sud. « Nous étions un grand peuple. Aujourd'hui nos enfants sont déjà à moitié illettrés, ils parlent mal le russe », se désole-t-elle.

Comme l'est industriel et russophone de l'Ukraine, la Crimée  ne craint pas la domination russe : elle existe simplement. Les Russes  représentent ici quelque 60 % de la population,  pour 2 millions d'habitants. Du règne de l'impératrice Catherine II  jusqu'en 1991, la péninsule a fait partie de la Russie. Alors, quand  Galena Pirojenko veut expliquer sa peur, immense, de la révolution de Kiev, ses nuits passées sur Internet à zapper des images d'émeutes diffusées par les télévisions russes à celles des  chaînes ukrainiennes, ses journées accrochées au poste, dans sa  librairie, à la radio Svoboda (Radio Free Europe), elle parle d'abord d'histoire. Du « cadeau » fait par Nikita Khrouchtchev, de la Crimée russe à l'Ukraine en 1954. Du refus de Boris Eltsine de reprendre la péninsule après l'éclatement du bloc soviétique. Des « vingt ans d'humiliations » subies depuis.

[B]LA CRAINTE DU DÉSORDRE[/B]

Cependant, parmi ces manifestants, c'est plus la crainte des  désordres qu'on évoque qu'un désir de retour dans le giron de la  Russie, porteur d'infinies complications. C'est le cas pour Vladimir  Martinienko, 63 ans, ancien responsable du Parti communiste local et possesseur depuis 1991 de 5 hectares de terres à Sébastopol. M. Martinienko avait commencé à y construire une zone industrielle. Il dit avoir été victime d'un raid, téléguidé par un fonctionnaire du Parlement de Kiev, qui l'a forcé à céder le lieu, quelques années plus tard, sous la menace de « petites frappes » armées. Après treize ans de batailles en justice, M. Martinienko a récupéré son bien en 2011. « La justice avait recommencé à fonctionner sous Ianoukovitch », se félicite-t-il. Il n'avait besoin que d'investisseurs, disposait de  bons appuis. Et voilà que la révolution lui est tombée sur la tête. Il  manifestait dimanche pour M. Tchaly et « la stabilité ».

Lundi soir, il a fallu tordre le bras des conseillers municipaux pour obtenir cela. Certains, par crainte de Kiev, par légalisme, avaient refusé de voter l'investiture. Ils ont été sommés par la foule, plusieurs milliers de  personnes à peine encadrées par quelques policiers en fin de journée, de  voter de nouveau. Ils ont plié. Entre-temps, des officiers de police avaient commencé à patrouiller dans le centre-ville, à bonne distance de la mairie.

Le Monde.fr

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