Propos recueillis par Nicolas Journet
Le rejet de l'image, celui du théâtre et de toute fiction partent d'un même regard soupçonneux jeté sur toutes les formes de représentations, qu'elles soient sacrées ou profanes.
Sciences Humaines : La Peur des représentations, titre de votre dernier livre traduit en français, fait penser immédiatement à la répétition dans l'histoire de ces crises iconoclastes, au cours desquelles, au nom de la lutte contre l'idolâtrie, on a détruit des images religieuses. On en a un exemple récent en Afghanistan. Comment expliquer cet anathème jeté contre la figuration sacrée ?
Jack Goody : C'est une question plus large que celle de l'interdiction des idoles. J'ai écrit ce livre bien avant que les talibans ne détruisent les bouddhas de Bamian. Cet acte iconoclaste est souvent mis à contribution par des politiciens pour appuyer l'idée que l'islam et le christianisme sont des civilisations fondamentalement différentes. J'avais l'intention de montrer que, si l'islam peut se montrer hostile à toutes les images, ça n'a pas toujours été le cas, et surtout que ce n'est pas la seule religion à avoir rencontré ce problème.
L'Ancien Testament, qui est un texte commun au judaïsme, au christianisme et à l'islam, affirme clairement qu'il faut détruire toutes les idoles. Chacun de ces monothéismes s'en est inspiré avec plus ou moins de rigueur et à des moments différents de son histoire : le judaïsme tolère l'image peinte, mais non gravée, et le christianisme a connu deux grandes crises iconoclastes, à Byzance au viiie siècle, et lors du schisme protestant, au xvie siècle. D'autres grandes religions ont eu maille à partir avec les images. Le bouddhisme, par exemple : avant que les Grecs ne conquièrent l'Asie centrale, avant la civilisation des Koushans, l'aire bouddhiste était aniconique, c'est-à-dire rejetait toutes les représentations figuratives. On a peine à le croire aujourd'hui. On ne peut donc pas maintenir l'idée que certaines traditions ou civilisations seraient spécifiquement hostiles à l'image pour des raisons qui leur seraient particulières et simplement dogmatiques.
Pour ma part, je pense que ce sont les principes mêmes de la représentation figurée, de la fabrication et de l'usage des icônes qui posent problème à l'esprit humain et l'amènent dans certaines circonstances à rejeter l'image, ou plus simplement, à l'ignorer, et dans d'autres, à lui rendre un culte qui peut aller jusqu'à l'adoration. L'image peinte ou gravée, de même que d'autres modes d'expression artistique, comme le théâtre ou la fiction littéraire, sont des types de représentation vis-à-vis desquels les sociétés se montrent particulièrement ambivalentes et changeantes. Pour donner un avant-goût des raisons que l'on peut trouver à cela, je dirai que toute représentation, y compris l'usage du langage lui-même, peut être suspectée d'infidélité au modèle, de facticité. L'image n'échappe pas à cette règle. Elle est donc suspecte de mensonge, alors qu'elle se présente comme vraie.
Est-ce pour cette raison que l'iconoclasme atteint de préférence l'imagerie religieuse ?
Le sacré est, par excellence, ce qui ne doit pas être mis en doute. L'image la plus sacrée, ce serait celle de la figure du dieu suprême. Mais comment la rendre présente ? Il y a une tendance générale des religions à ne pas représenter Dieu. C'est le cas, bien entendu, dans celles qui interdisent la figuration en général : l'islam, le judaïsme et le christianisme primitif. Mais cette réticence est présente même dans des religions très portées à l'imagerie sacrée. Il y a de cela dans l'hindouisme : Brahma, le dieu suprême, n'est presque jamais figuré, alors qu'on trouve une profusion de représentations d'autres divinités inférieures. En Afrique subsaharienne, qui n'est pas nécessairement musulmane ou chrétienne, on trouve surtout des statues d'ancêtres, et des représentations de divinités animales ou secondaires. Mais le dieu créateur est rarement représenté ou, s'il l'est, c'est de manière abstraite, géométrique.
Le christianisme est une exception, et on peut s'étonner qu'il ait trouvé, à partir d'une certaine époque, l'audace de représenter Dieu en vieillard barbu, et pas seulement sous les traits du Christ. On notera tout de même qu'il s'agit d'une figure autrement plus rare que celle du Christ, des apôtres, de la Vierge et des saints.
En dehors même du contexte particulier qui est celui de l'interdiction de la figuration, la représentation du dieu suprême semble donc poser problème. A mon sens, il ne s'agit pas seulement d'un problème vis-à-vis de l'image et de sa valeur morale mais, plus généralement, d'un problème de logique : si le dieu créateur était là avant toute chose, comment pourrait-il avoir l'apparence des êtres de ce monde ? Le christianisme a résolu la difficulté en proclamant le dogme de l'Incarnation. Mais dans la plupart des cas, on préfère ne pas lui donner de figure. Il y a d'autant plus de problèmes à le faire qu'il s'agit d'une icône sacrée, d'un objet de culte : l'artiste qui la fabrique usurpe quelque part la place du Créateur en manufacturant son image, dans la mesure où il ne s'agit pas seulement d'un symbole, mais d'une figuration vraie de la divinité. L'image sacrée pose aussi des problèmes parce qu'elle est un artefact, une production humaine censée incarner une réalité bien supérieure à l'homme.
Mis à part le dogme chrétien de l'Incarnation, comment cette difficulté a-t-elle été résolue ?
C'est tout le problème de ce que l'on appelle les « fétiches » : ils sont créés par l'homme, mais incarnent des puissances qui lui sont supérieures. Lorsqu'on leur rend un culte, adore-t-on le pouvoir créateur des dieux ou celui de l'homme ? C'est le genre d'ambivalence que véhicule l'image sacrée. Une des manières d'en venir à bout consiste, quand on le peut, à oblitérer l'origine humaine des images ou des statues. En Inde, et chez les orthodoxes grecs, une image est beaucoup plus valable si elle est un « objet trouvé », sans auteur connu. C'est vrai aussi chez les chrétiens : la plupart des Vierges noires, en France (Chartres, Le Puy...), sont des statues sans auteur, dont la légende affirme qu'elles ont été trouvées toutes faites. Il en va de même pour la Vierge de Montserrat, près de Barcelone, qui est un des pèlerinages favoris des Espagnols.
Ces images « trouvées » sont en effet des figures pour lesquelles il existe une dévotion toute particulière, avec pèlerinages, offrandes et guérisons miraculeuses. C'est la même chose chez les hindouistes : les lingam sont d'autant plus efficaces qu'ils ont été « trouvés » et non façonnés par l'homme. Enfin, mieux encore, certaines images ne sont pas des représentations mais des traces de l'original : c'est le cas du suaire de Turin, qui se présente comme une figure miraculeusement née du contact direct avec le corps du Christ. De là, on passe aisément au principe de la relique qui n'est, à proprement parler, plus une image, mais un fragment de l'objet de culte.
Ces images « acheiropoiètes » (qui n'ont pas été façonnées par la main) s'affranchissent d'une des incertitudes les plus graves qui pèsent sur les images en général : sont-elles authentiquement liées à l'original ? Si aucune intention humaine éventuellement trompeuse ne les a produites, alors comment en douter ? C'est sans doute ce qui explique que, même en islam et dans le judaïsme, la photographie n'est pas rejetée complètement : d'un certain point de vue, ce sont des images faites par la machine, et non par l'homme. Elles ne trompent pas.
Les portraits photographiques des imams et des martyrs sont placardés et exhibés partout dans les pays chi'ites. Cela n'empêche pas que le rejet puisse toucher la photographie : en Afghanistan, le régime des talibans, lorsqu'il était au pouvoir, prohibait l'usage des caméras, du magnétoscope et de la télévision. C'était, en bonne partie, à cause de la frivolité des fictions cinématographiques et vidéographiques, mais la prohibition pouvait toucher le support photographique dans son entièreté, sans trop de succès d'ailleurs. Le rejet de l'image passe souvent par des détours compliqués, et sa frontière est très mobile.
En dehors des religions du Livre, trouve-t-on des exemples aussi clairs de rejet de l'image ?
L'aire des grandes religions correspond grossièrement à celle des civilisations de l'écrit. Dans les sociétés de culture orale, comme je l'ai souvent soutenu, les règles changent un peu : les idées sont moins explicitement énoncées que dans les sociétés de l'écrit, et il n'y a en général pas de loi ou de règle formelle qui interdise de faire des images. La plupart des arts dits « primitifs » sont figuratifs, parfois très stylisés, mais figuratifs tout de même. A côté de cela, il existe des exemples de sociétés - comme les Tallensis du Ghana - où l'on ne produit que des symboles géométriques et des décors abstraits. Selon moi, cet aniconisme n'est pas attribuable à une simple ignorance. Dans l'art préhistorique, on trouve partout des figurations animales et elles sont présentes sur tous les continents. Donc, on ne peut pas supposer que, là où elles sont absentes aujourd'hui, c'est qu'on n'y a jamais pensé. Le fait de représenter ou de ne pas représenter, ou encore de n'utiliser que des symboles arbitraires, résulte d'un choix.
J'ai travaillé sur une société ghanéenne où les représentations figuratives ne sont pas interdites, mais extrêmement rares et peu développées. Par exemple, contrairement à beaucoup de sociétés subsahariennes, ces gens ne font pas de masques... Et pour eux, mettre un masque devant son visage est très inquiétant, très suspect : c'est une façon de créer l'illusion qui les dérange. Qu'elle se traduise par une interdiction, un rejet tacite, ou une simple absence de goût, je crois que la figuration pose partout le même problème : celui de la nature ambivalente des images, qui sont à la fois proches de l'original et fausses.
Mais les images profanes ne prétendent pas toujours à la vérité. Echappent-elles pour autant au rejet ou à l'interdiction ?
Pour cela, il faut qu'il y ait une place prévue pour la fiction. Une culture qui refuse l'image sacrée peut accepter l'image profane, comme c'est le cas aujourd'hui dans beaucoup de pays musulmans tolérants. Mais, à d'autres moments de l'histoire, l'interdiction a pu s'étendre en dehors des lieux de culte et à propos d'autres figurations que religieuses, comme on l'a vu en Afghanistan, parce que toute fiction est assimilée à un divertissement intolérable. A l'inverse, dans les sociétés iconodoules, l'image sacrée peut être - pour la même raison - la seule à être vraiment approuvée. J'ai visité les musées de Bologne et j'y ai vu que, jusqu'à la Renaissance, il existait très peu d'images profanes en Italie. La représentation des choses profanes était mal vue, presque interdite.
Ce qui est intéressant, c'est que ces fluctuations n'intéressent pas seulement les images peintes ou gravées. On constate la même chose pour le théâtre en islam : le seul drame vraiment autorisé dans l'aire musulmane est celui de la mort de 'Ali, chez les chi'ites. C'est un sujet religieux. En Europe chrétienne, jusqu'au xve siècle, le seul théâtre représenté était religieux également. C'est un phénomène étonnant du point de vue de notre histoire, parce que la vie culturelle des anciens Grecs et Romains était tournée vers la sculpture, la peinture et le théâtre. Et tout cela a presque disparu jusqu'à la Renaissance, pendant une période très longue, près d'un millier d'années.
Nous devons admettre que l'Europe chrétienne a été elle aussi touchée par le rejet des représentations profanes. Ces arts n'ont survécu qu'à travers la religion, peut-être même sous le couvert de la religion. Cela a donné une légitimité au théâtre, et à l'image et à la fiction en général. Le roman sera confronté lui aussi au soupçon et au rejet : jusqu'au xixe siècle, il était assez mal vu par l'Eglise, de sorte que très peu de gens ont lu des romans jusqu'à ce siècle. Auparavant, des textes populaires comme ceux de Robinson Crusoé ou Don Quichotte ne se présentaient pas comme des fictions, mais comme des mémoires authentiques. On se méfiait de la fiction comme on se méfiait de la comédie.
Toute interdiction portée contre les arts de la représentation est-elle nécessairement d'origine religieuse ?
Ce qu'on peut dire, c'est que la frontière de l'interdit de l'image suit assez bien les mouvements d'expansion et de rétraction du domaine de l'autorité religieuse sur l'ensemble de la vie sociale et morale. Au xvie siècle, à Edimbourg, les calvinistes ont rejeté le théâtre. Les puritains et Cromwell ont interdit le théâtre en Angleterre. Mais dès la Restauration, le théâtre est revenu, et même un théâtre assez licencieux. Aujourd'hui, Edimbourg est le lieu du plus grand festival mondial de théâtre.
Je peux donner d'autres exemples. Aux Etats-Unis, le Massachusetts a d'abord été peuplé par les puritains venus d'Angleterre. Ils refusaient les images ainsi que le théâtre, de sorte que, jusqu'à l'indépendance, il n'y a pas eu de théâtre dans le Massachusetts. Puis, l'immigration juive est arrivée. Ce qui est curieux, c'est que puritains et juifs étaient par tradition des adversaires de l'image, de la fiction et de toutes sortes de figurations. A la fin du xixe siècle encore, il était très difficile à un juif de Russie de faire de la peinture figurative : pour en faire, Marc Chagall a dû émigrer à Paris.
Mais, au cours du xxe siècle, tout a changé. Aujourd'hui, les descendants de ces protestants rigoristes et de ces juifs iconophobes sont les plus grands patrons des médias, du cinéma et du divertissement mondial ! Tout cela évidemment n'aurait pu se faire sans un repli de la règle religieuse sur l'espace privé. Mais dans les sociétés modernes, d'autres exigences morales sont venues motiver la réglementation de certaines images : les images ou les représentations violentes et pornographiques sont les dernières à être encore sous surveillance.
Quel est le problème commun à l'image, au théâtre et à la fiction romanesque ?
C'est celui de la représentation en général : est-elle honnête, est-elle trompeuse ? Dans certains cas, c'est le caractère mensonger de la représentation qui appelle son rejet. Dans le cas du théâtre, c'est sa nature fictive qui gêne : l'acteur n'est pas le personnage qu'il incarne et le décor est faux. Les objections du judaïsme et de l'islam contre le théâtre sont liées au caractère trompeur de la représentation. C'est comme la pomme d'Eve : le péché avance caché.
Mais ce n'est pas le seul versant de la représentation : toute représentation est travaillée par une ambivalence. Une représentation visuelle n'est certes pas la chose représentée, mais en même temps, elle l'est tout de même un peu plus que le mot qui sert à désigner cette chose. Dans le cas des symboles, le rapport est conventionnel et complexe. Dans le cas de l'image, il fait appel à une analogie forte, qui peut induire la confusion chez l'observateur. Il y a donc des cas ou le rejet de l'image, en particulier sacrée, s'appuie sur le fait qu'il existe une confusion possible entre l'image et le référent : dans le cas de l'islam sunnite, par exemple, l'interdit de la représentation humaine repose sur le fait qu'il y aurait confusion possible entre le Créateur, qui a fait l'homme, et l'artiste, qui prétendrait lui aussi pouvoir créer des figures humaines. Donc on n'autorise que les motifs abstraits et les caractères d'écriture.
C'est un argument qui d'ailleurs est très discutable : un des premiers califes de l'islam, Abu Bakr, affirmait que, Dieu étant le concepteur non seulement de toute chose, mais de toute forme, il n'y avait pas plus de mal à façonner une figure humaine qu'un décor abstrait... L'image étant, par nature, ambivalente, elle peut donner lieu à des interprétations parfaitement opposées. C'est pourquoi il peut exister, à l'intérieur d'une même société, d'une même culture, des adversaires et des partisans de l'image, du théâtre, du roman qui s'affrontent violemment, comme l'ont fait catholiques et protestants au xvie siècle en Europe.
Jack Goody Anthropologue. Dernier ouvrage paru : La Peur des représentations. L'ambivalence à l'égard des images, du théâtre, de la fiction, des reliques et de la sexualité, 1997, trad. La Découverte, 2003.
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mardi, 20 janvier 2015 10:29

Comment devient-on terroriste ? Claudie Bert

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Qui sont les terroristes ? Quelles sont les conséquences de leurs actes sur la population des pays visés ? Une revue de psychologie sociale (1) a réuni une série de comptes rendus de recherches menées sur ces sujets, en se concentrant sur le terrorisme international.
D'abord, qu'appelle-t-on « terrorisme » et « terroriste » ? Cela n'est pas évident, estiment des chercheurs de l'université de Bologne, citant une étude de 1988 qui recensait déjà 109 définitions différentes ! Eux-mêmes ont demandé à des centaines d'étudiants de leur université de définir le terrorisme par opposition à la guerre. La majorité définit la guerre comme « visant des objectifs militaires », « entre Etats ou populations », « déclarée », « obéissant à des règles » ; le terrorisme, comme « visant des civils », « non déclaré », « sans règles », « imprévisible ». Mais quand, dans un deuxième temps, les auteurs invitent les répondants à qualifier de « terroristes », ou non, des actes intervenus dans le cadre du conflit du Moyen Orient, le tableau se nuance : par exemple, les sujets, surtout s'ils sont de droite, ont tendance à qualifier de « terroriste » une attaque contre un poste militaire commise par des Arabes ou des Palestiniens, et d'« opération de guerre », une attaque contre des combattants palestiniens par des Américains ou des Israéliens.
"Ni déprimés, ni très perturbés"
Qui devient terroriste, comment et pourquoi ? Les auteurs de la présentation générale de ce numéro commencent par balayer, en s'appuyant sur diverses recherches, les plus anciennes théories, « psychologisantes ». Ils citent notamment un article de Post (2005), selon lequel les terroristes « ne sont ni déprimés, ni très perturbés ; ce ne sont pas non plus des fous fanatiques ». On peut même les qualifier de » normaux », ajoute-t-il, du fait qu'ils ne sont pas cliniquement fous. La cause de leur comportement est plutôt à chercher dans leur « identité sociale », c'est-à-dire dans le ou les groupes dans lesquels ils se reconnaissent, et dans le milieu qui les y conduit.
Ainsi Nicole Tausch et ses collaborateurs (2) s'interrogent-ils sur les facteurs associés, chez les musulmans anglais, à une vision plus ou moins indulgente des attentats terroristes de juillet 2005 à Londres. A 1 000 Anglais musulmans, ils ont posé une seule et même question : « Certains disent que les attentats à la bombe de juillet étaient justifiés par le soutien apporté par les Britanniques à la guerre des Américains contre le terrorisme. Etes-vous d'accord ? » Seule une minorité l'est : 11,3 % sont « plutôt d'accord », 11,4 %, « tout à fait d'accord ». Mais ce sont les caractéristiques de cette minorité qui sont intéressantes : l'identité religieuse ne joue pas, puisque les réponses ne diffèrent pas en fonction du degré de pratique affirmé. En revanche, l'identité nationale joue fortement : plus on se sent « anglais », plus on condamne les attentats. Et cette identité naît sur une base matérielle : on est plus porté à se voir comme anglais si l'on habite un quartier où les Musulmans sont peu nombreux, et si l'on fréquente couramment des non-Musulmans.
La théorie de gestion de la terreur
Il ne s'agit ici que de compréhension envers le terrorisme. Mais celle-ci peut conduire à la violence, puisque de nombreux auteurs décrivent la transformation d'un individu normal en terroriste comme une lente progression. Le premier pas est l'adhésion à un groupe. Si celui-ci a pour objectif des attentats terroristes, il va commencer par forger chez toute nouvelle recrue un solide sentiment de solidarité avec le groupe, avant de lui demander de passer à l'action. Cette évolution vers le terrorisme n'est pas seulement le fruit d'un endoctrinement : elle est alimentée par la réaction des victimes, réelles ou potentielles, réaction qu'étudient plusieurs articles de ce numéro. Le plus substantiel est celui de Marr Motyl et Tom Pyszczynski, qui s'appuie sur la Terror Management Theory, ou théorie de gestion de la terreur. Selon cette théorie, tout événement qui accroît la conscience de notre mortalité avive une angoisse que nous essayons d'apaiser en donnant plus de sens à notre vie, et plus de sens à notre mort, que ce soit par l'espoir du paradis ou par la création d'une œuvre qui nous survivra. Cet effort nous rapproche de ceux qui ont les mêmes valeurs que nous, et nous éloigne de ceux qui professent des valeurs différentes, renforçant ainsi l'opposition entre « nous » et « eux ». Les auteurs citent de nombreuses études qui ont validé cette théorie, par exemple en montrant que seule la peur de la mort a cet effet, et non d'autres peurs, telle celle de la douleur physique ; ou que toute évocation de leur mort future conduisait les sujets américains testés à se déclarer davantage en faveur d'une intervention militaire massive au Moyen Orient, et les sujets iraniens, en faveur d'attentats suicides contre les Occidentaux. Les auteurs d'une autre étude, menée en Allemagne, montrent que cette accentuation de la peur de la mort a même un effet paradoxal au premier abord : elle rend moins populaires les « colombes » du camp ennemi. Parce que, estiment les chercheurs, ces colombes (des Musulmans qui combattent le terrorisme) ne sont pas conformes au stéréotype du musulman fanatique, ce qui est déstabilisant à un moment où l'on cherche la sécurité dans le repli sur ses propres valeurs, opposées à celle des « autres ».
Victimes et auteurs dans un cercle vicieux
Si l'on prend ces recherches dans leur ensemble, elles font comprendre comment le terrorisme enferme dans un cercle vicieux victimes et auteurs ou complices : un attentat réveille la peur de mourir chez les membres de la communauté visée, les poussant à se solidariser avec les leurs et accentuant leurs préjudices envers le groupe auquel appartiennent, où auquel sont assignés, les auteurs de l'attentat. Ce qui renforce chez les membres du groupe en question la défense de leur identité et le sentiment qu'« ils » nous détestent. Un fait qui va rendre plus facile le recrutement de nouveaux terroristes...
Cet enchaînement est-il fatal ? Non, répondent plusieurs de nos auteurs. Ils formulent des suggestions, ou, mieux encore, citent des expériences qui montrent que l'on peut freiner, voire arrêter, cette course à l'abîme. L'article de Motyl et Pyszczynski sur la théorie de gestion de la terreur est le plus riche en suggestions pour améliorer les relations inter-groupes, à savoir :
- Mettre en évidence les expériences et les sentiments communs à tous les êtres humains. Une série de recherches a eu recours pour cela à la même stratégie de base : d'abord activer les préjugés des gens en les faisant penser à leur mort, puis leur présenter des images ou des textes montrant des hommes de nationalités diverses se livrant aux mêmes activités (manger, jouer...) ou affrontant les mêmes dangers (le changement du climat sur la terre entière, par exemple). Le résultat est le même partout : cette insistance sur notre commune humanité rend les gens moins hostiles envers « les autres », plus portés à préférer, en cas de conflit, la négociation à la violence.
- Dévaloriser la violence : des Américains auxquels on a fait lire un texte présentant la violence comme un comportement animal, digne de sous-hommes, se montrent ensuite nettement moins portés à prôner la guerre contre l'Iran.
- S'appuyer sur les valeurs religieuses consensuelles, c'est-à-dire mettre en évidence la charité, l'amour du prochain que prônent toutes les religions. Ainsi, aux Etats-Unis, les fondamentalistes religieux sont-ils nettement moins nombreux à approuver le recours à la violence contre le terrorisme quand, avant de les consulter, on leur a lu des passages de la Bible judicieusement choisis. Il en va de même chez les chiites d'Iran : la lecture de passages pacifistes du Coran a sensiblement réduit leur hostilité envers les Occidentaux.

(1) Revue internationale de psychologie sociale, vol. 22, n° 3-4, décembre 2009. Tous les articles cités en sont tirés, sauf mention contraire.
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En République démocratique du Congo, le Sénat reprend ce mardi l'examen de la loi électorale. Un texte fortement contesté par l'opposition qui a tenté de défiler lundi à Kinshasa. Une manifestation violemment réprimée par la police. Le bilan officiel fait état de trois morts alors que du côté de la Fédération internationale des droits de l'homme, on évoque le nombre de 14 victimes.

Ce mardi, le calme semble être revenu, mais le climat reste très tendu dans la capitale. Tout d’abord parce qu’il y a beaucoup d’interrogations du côté des réseaux de communication. Par exemple, depuis lundi soir minuit à Kinshasa, mais aussi sur l’ensemble du territoire, plus aucun accès à Internet ne fonctionne ; de même les SMS ne passent plus.

Le ministre des Télécommunications et le porte-parole du gouvernement, tous deux n’ont pas été en mesure d’expliquer dans l’immédiat cette panne généralisée, mais ils démentent toute implication. Il n’empêche que forcément beaucoup s’interrogent. En effet, des photos de blessés et de civils tués par balle ont circulé lundi sur Twitter tout comme des informations sur la mobilisation.

Interrogations aussi quant à la situation sécuritaire notamment à Kinshasa. Dans le quartier des affaires, la circulation a repris normalement, mais plusieurs sources signalent avoir entendu des tirs du côté de la place de la Victoire, non loin du Parlement, et à l’université de Kinshasa. Deux endroits où la mobilisation a été particulièrement forte hier.

Des opposants arrêtés

Enfin, il y a beaucoup de questions aussi autour des arrestations. Le président du SCODE, cet ex-parti de la majorité présidentielle qui a rejoint l’opposition il y a peu, Jean-Claude Muyambo a été arrêté ce mardi matin à l’aube à son domicile. A Goma également dans l’est du pays, deux responsables locaux des plus gros partis d’oppositions du pays, l’UDPS et l’UNC, ont été interpellés suite à la manifestation de ce lundi.

Et ces arrestations pourraient se poursuivre, car le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, a prévenu hier soir dans un message télévisé que la justice allait sévir. Notamment suite aux débordements et aux cas de pillage constatés à Kinshasa.

Absent à son procès, hier : Karim Wade se présente après le renvoi Cheikh Bamba DIAGNE Edition Abonnés 20 janvier 2015  Karim Meïssa Wade n’a pas comparu hier. Il a suivi sa logique de ne plus déKarim Meïssa Wade n’a pas comparu hier. Il a suivi sa logique de ne plus déférer à une convocation de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei), tant que ses «droits ne seront pas rétablis». Une décision qu’il a prise, dit-on, «pour protester contre les violations des droits de sa défense». A en croire un de ses avocats, Me Seydou Diagne, «Karim Wade ne veut pas comparaître» à la barre de la Crei «pour des raisons qui lui sont propres». «Son état physique et mental ne lui permet pas de comparaître devant la cour», précise-t-il, avant d’ajouter : «C’est un droit pour tout prévenu de refuser de comparaître ; c’est tout !». D’après une source de l’administration pénitentiaire, les éléments de l’Epi, venus à bord d’un 4X4 de couleur blanche, n’ont pas pu extraire l’ancien ministre de sa cellule. D’ailleurs, le juge était énervé par le comportement de l’ancien ministre de l’Energie. «Ce matin (hier), des éléments de l’Epi se sont rendus à la Maison d’arrêt Rebeuss pour chercher Karim Wade. Une fois sur les lieux, il leur a fait part de sa volonté de ne plus répondre à la Crei. C’est pour vous dire que Karim Wade a refusé de faire le déplacement. Après, les gardes ont rendu compte au juge, par téléphone», explique un maton.

Selon ce dernier,  les gardes n’ont pas voulu user de la force. Sachant, certainement, que toute complication de son état de santé, fragilisé par une blessure au genou la semaine dernière, pourrait les exposer davantage. D’autant plus que c’est un des leurs qui est mis en cause. Après avoir «pris acte» de ce refus de M. Wade, les gardes pénitentiaires se sont alors pliés à la volonté du détenu le plus célèbre de la prison de Rebeuss. Pourtant, à l’heure habituelle de l’audience, les avocats des deux parties étaient présents dans la salle. Sur place, l’incompréhension est le sentiment qui prédomine.   

Karim aurait refusé les services d’un médecin
Après trois heures d’attente, la reprise du procès de Karim Wade a été reportée à aujourd’hui. Le président de la Cour l’a «renvoyé d’office». Et sans audience. Sur une note affichée devant la porte de la salle n°4 qui abrite le procès, il est écrit : «L’audience est renvoyée jusqu’à demain à 9 heures.» Un renvoi sans motif, qui a provoqué la colère de la défense. Pour Me Demba Ciré Bathhily, c’est «un manque de respect» parce que Henri Grégoire Diop «n’a pas eu la courtoisie de venir à l’audience». Ce qui, considère-t-il, est «inacceptable». Me Bathily se dit «très choqué» par le comportement de la cour.  Les avocats de l’Etat, eux, retiennent que c’est «une fuite en avant» de la défense. «Si (Karim Wade) est blessé et qu’il ne peut pas comparaître, il doit apporter des preuves. Nous avons reçu des informations selon lesquelles, il a refusé les services d’un médecin dépêché par le Parquet», a révélé Me Yérim Thiam.

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La recherche d’un vaccin et des médicaments pour lutter contre le virus Ebola passe par une recherche harmonisée et concertée. C’est en ce sens qu’un forum dont le thème porte sur «La voix et le leadership africain pour accélérer l’évaluation des traitements et des vaccins potentiels du virus Ebola en Afrique» s’est ouvert hier.

L’objectif de cette rencontre de deux jours à laquelle prennent part des experts et des chercheurs dans le domaine de la santé sera une occasion pour ces derniers d’élaborer des positions communes dans le but de venir à bout de cette pandémie. Selon Pr Souleymane Mboup, président du Réseau africain pour la recherche sur le Sida (Rars), les perspectives locales et communautaires sont indispensables dans cette recherche de solutions à cette épidémie qui sévit dans la région ouest africaine depuis maintenant un an. «Il faut repositionner le leadership africain. Même s’il y avait des Africains qui participaient, on ne les avait pas beaucoup entendus et là le moment est venu de pouvoir repositionner le leadership africain», a-t-il déclaré.
Rejoignant le Pr Mboup sur l’importance de la recherche, le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Awa Marie Coll Seck, venue présider cette manifestation, a soutenu qu’il faut de la recherche opérationnelle et surtout socio-anthropologique. D’après Pr Seck, «il faut comprendre les choses pour pouvoir mener une riposte». «La riposte ne sera possible que si chaque pays donne un engagement ferme. En cela, il faut une responsabilité politique et humanitaire pour mettre un coup d’arrêt à cette catastrophe», a-t-elle déclaré. Et le ministre de la Santé d’ajouter : «Cela ne peut se faire qu’en déployant massivement les ressources dans les pays affectés en s’attaquant à cette épidémie à sa source et en investissant dans la recherche sur les vaccins et les traitements efficaces. Cette riposte vigoureuse doit être coordonnée, organisée et mise en œuvre sous un leadership clair tant au plan national, sous régional, régional et international.»
Pour le Pr Mboup, spécialiste des maladies infectieuses, dans cette recherche de solutions à cette pandémie, «il faut aller vers un nouveau paradigme qui est celui d’accélérer l’accès à ces médicaments et à ces vaccins». D’après lui, il faut en avoir «la démonstration tout en essayant de respecter tant bien que mal les procédures déjà établies pour les essais vaccinaux d’une manière générale».
Outre les chercheurs qui prennent part à cette rencontre, ce forum enregistre aussi la participation «des survivants d’Ebola et des convalescents» qui, selon Pr Mboup, sont «des facteurs incontournables dans le cadre de cette lutte et dans la recherche». D’ailleurs, indique-t-il, il n’y a pas encore de traitements confirmés, mais parmi les recherches qui sont en train d’être faites, il y a celle qui concerne des anticorps développés à partir des plasmas des sujets convalescents d’Ebola. «Il y a des recherches qui sont en train d’être faites sur deux médicaments et il y a des candidats, 3 vaccins qui sont en train d’être testés et tout ça doit être prouvé scientifiquement. Et les recherches pour le vaccin vont commencer normalement en février», a-t-il expliqué.
Au terme de ces échanges de deux jours, une Déclaration de Dakar, dans laquelle il y aura les recommandations des experts qui prennent part à cette rencontre, sera soumise aux décideurs.

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Comme s’ils se sont passé le mot, la majorité des maires balançaient des signes de désapprobation. Dans ce vacarme ambiant, le maire de Ziguinchor tente néanmoins de s’expliquer : «Nous sommes une association moderne qui aspire à améliorer la gouvernance. Dans la salle, on ne sait pas qui est maire et qui ne l’est pas. Il faut avoir une liste électorale, c’est-à-dire l’ensemble des communes. Nous allons procéder par appel et chacun des maires va voter. Nous avons décidé que ce soit à bulletin secret. C’est cela la démocratie ; il ne faut pas la biaiser aujourd’hui.» Une des adeptes du scrutin à main levée, Thérèse Faye Diouf, soutient que le vote par bulletin secret «est un jeu». «Il faut qu’on s’assume. Tous les maires qui sont là sont des responsables. Donc, on doit agir en toute responsabilité. Nous savons tous qui est le candidat : c’est Aliou Sall», estime le maire apériste de Diarrère (département de Fatick).

Thérèse Faye arrache le micro
Néanmoins, elle ne sera pas suivie par le président de séance qui maintient le vote par bulletin secret. Après les lenteurs constatées dans la mise en place de ce mode de scrutin, elle revient à la charge. Elle est appuyée cette fois-ci par son camarade de parti, Farba Ngom, qui quitte son siège et s’invite au présidium. Malgré les invites des Forces de l’ordre, la directrice de l’Agence nationale de la petite enfance et de la Case des tout-petits arrache le micro du speaker et lance : «Nous allons changer ce mode de scrutin parce que c’est lent. Le candidat est connu de tous. Donc, pourquoi nous retenir ici avec ce mode de scrutin. On va passer la journée ici.» Elle est tout de même encouragée par des applaudissements de ses camarades de l’Apr.

lequotidien.sn

mardi, 20 janvier 2015 10:00

CAN 2015: les Fennecs sont soulagés

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Juste après en avoir terminé avec leur premier match face l’Afrique du Sud, les Fennecs et leur staff se sont dits « heureux » de ne pas avoir échoué pour ce premier rendez-vous dans le groupe C. Et pourtant, la tâche fut difficile.

De notre envoyé spécial à Mongomo,

« Nous sommes passés par tout les états », avoue, un peu troublé, le coach Christian Gourcuff. Entre un terrain difficile et la chaleur, l’ancien entraîneur de Lorient savait parfaitement ce qui l'attendait...

« Nous avons fait dix bonnes premières minutes et ensuite, les Sud-Africains nous ont perturbé avec leur vitesse. Du coup, la confiance a changé de camp. On a eu un grand trou au niveau de la défense et tous les joueurs disaient qu’ils n’avaient plus de jus », explique Gourcuff. Le penalty raté par les Sud-Africains aura marqué un vrai tournant selon le Breton. Comme depuis le début de la CAN, tous les matches sont très disputés et il faut tenir la cadence. « On ne peut pas se permettre de souffler lors de ces premiers matches », acquiesce-t-il. Il va falloir recharger les batteries.

Gérer les moments faibles

Avec son visage très fatigué, c’est aussi le sentiment de Sofiane Feghouli. « Il nous reste deux matches de poules, il faut bien récupérer ». Avec ces trois premiers points, Sofiane Feghouli pense que la prochaine confrontation face au Ghana sera plus simple à gérer. Si comme Feghouli, Aïssa Mandi veut retenir la victoire dans un premier temps, le joueur de Reims ne veut pas s’enthousiasmer. « Il va vraiment falloir gérer mieux nos moments faibles. Le penalty raté nous a servi d’électrochoc pour rebondir et revenir dans le match ». Mais il faut souligner que pour la premier fois depuis 1990, année de leur seule victoire à la CAN, les Fennecs remportent leur premier match en phase de groupes.

Autre son de cloche, celui de Djamel Mesbah. « On a pas douté. L’équipe est mature et c’est de bon augure pour la suite. Cette victoire va nous donner de la confiance et nous en avons ». L’ailier gauche de la Sampdoria de Gênes affiche sa satisfaction sans détour.

Tout comme Madjid Bougherra qui est resté sur le banc mais qui ne boude pas son plaisir. « C’est l’Afrique et c’est spécial. On a souffert mais on a marqué des buts. Je suis content car l’équipe commence à murir ». Bougherra qui vit sa dernière CAN sait qu’il ne faut « jamais rien lâcher ».

Rfi

 

mardi, 20 janvier 2015 09:57

CAN 2015: le Sénégal surprend le Ghana

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Le Ghana et le Sénégal ont ouvert les hostilités dans le Groupe C de la CAN 2015, à Mongomo, lundi 19 janvier. Les deux équipes auraient pu se quitter sur un nul après un but du Ghanéen André Ayew et l’égalisation du Sénégalais Mame Biram Diouf. Mais Moussa Sow a fait le break pour les Lions de la Teranga dans les dernières secondes.

De notre envoyé spécial à Mongomo,

Depuis trois jours, la fête du football africain a pris ses quartiers en Guinée équatoriale. Ce lundi, dans le petit stade de Mongomo, le Ghana et le Sénégal se retrouvaient pour la première grande affiche de la poule C, surnommée pompeusement « le groupe de la mort ».

A la veille de rentrer en lice, le Ghana d’André Ayew n’avait pas du tout l’intention de parader après un triste Mondial au Brésil. Certes, les Ghanéens ont remporté quatre trophées continentaux et leur dernière performance remonte à 2010 avec une finale. Mais comme le précise André Ayew : « On a la poule la plus difficile, il y a de très bonnes équipes, toutes capables d'aller le plus loin possible. » Il ne croyait pas si bien dire.

Les frères Ayew en forme

Par modestie ou par réalisme, le capitaine du Ghana n’affichait pas de grandes ambitions. C’est pourtant lui qui ouvre le score sur penalty (14e) après une erreur du gardien sénégalais Bouna Coundoul. Alors que les deux équipes se jaugent, le match est lancé.

Malgré une motivation énorme, les hommes d’Alain Giresse ont bien du mal à gérer une grande partie de la première période. Sous les coups de butoir d’un Jordan Ayew en forme, le Ghana profite souvent du joueur de Lorient qui lance par exemple Christian Atsu, dont la frappe frôle le poteau gauche (22e). Jordan Ayew récidive à la 39e minute avec un centre parfait au deuxième poteau vers Atsu. La reprise du joueur d’Everton est trop écrasée. Le duo Jordan Ayew - Christian Atsu a largement perturbé le portier sénégalais en première mi-temps.

Moussa Sow, le tombeur

Quelques minutes plus tôt, un geste de classe mondiale, un retourné de Mame Biram Diouf (33e), aurait pu permettre l’égalisation, tout comme la tête de Papy Djibobodji après un coup franc (15e).

C’est en deuxième période que les Lions de la Teranga commencent à rugir avec pour commencer une frappe à ras de terre de la part de Dame Ndoye et un but de Mame Biram Diouf. Le joueur de Stoke City, seul au point de penalty, reprend un ballon revenu après avoir tapé le poteau gauche (58e).

Et alors que le Sénégal poussait et que le Ghana tenait tant bien que mal, Moussa Sow, entré en jeu peu auparavant, a surgi. Sur un bon service en pivot de Mame Biram Diouf à la conclusion d’un beau mouvement collectif, l’ancien joueur de Lille ne laissait aucune chance au portier ghanéen (90e + 3).

Aujourd’hui, le Ghana affrontait une équipe qu’elle connaissait déjà pour l’avoir jouée à trois reprises lors d’une phase finale de Coupe d’Afrique. Avec un bilan favorable pour les « Black Stars » qui s’étaient déjà imposés à deux reprises et avaient fait un nul. Dans la peau de l’outsider, le Sénégal a remporté un premier match face aux Black Stars en finale d’une Coupe d’Afrique des nations. Il a surtout fait un pas vers une éventuelle qualification dans un groupe où les deux premières places seront très chères.


Rfi

mardi, 20 janvier 2015 09:51

Niger: rescapées de Boko Haram, elles témoignent

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Quelque deux cents écolières de Chibok demeurent entre les mains de Boko Haram. Depuis ce kidnapping spectaculaire en avril dernier, les insurgés ont renoué plusieurs fois avec le rapt de masse. En novembre dernier, ils ont enlevé une cinquantaine de femmes et d’adolescentes à Damasak, à quelques kilomètres de la frontière du Niger. Certaines ont pu franchir la frontière et gagner le camp de réfugiés de Chetimari, à quarante-cinq minutes de route à l’ouest de la ville de Diffa. C'est le premier volet d'une série de reportages de notre envoyé spécial au Niger. RFI a recueilli leurs témoignages.

De notre envoyé spécial à Chetimari,

Adiza Abdou a des gestes doux et précis, le regard d’une écolière studieuse. Son hijab mauve dévoile des yeux mi-clos qui expriment à la fois tristesse et sérénité. Le lundi 24 novembre, avec sa mère et ses trois grandes sœurs Fatima, Bintou et Oumi, elle s’apprêtait à fuir l’attaque de Boko Haram sur Damasak lorsque les insurgés les ont kidnappées, elle et sa famille. Les combattants enturbannés ont d’abord tué un jeune homme devant leurs yeux, avant de les emmener de force dans une voiture. Elle a roulé dans le village pendant une heure, le temps pour le convoi des insurgés de rafler, maison par maison, cinquante autres personnes. Adiza, treize ans, était la plus jeune du groupe. « Ils nous ont dit : si vous parlez, on vous coupe la tête, après ils nous ont dit : une femme peut se marier deux fois, ce n’est pas haram (ndlr : interdit), car vos maris ne sont pas de vrais musulmans. Ils nous ont expliqué ensuite que tuer des gens n’est pas haram non plus, car cela fait partie de la mission que leur a confiée le prophète. ». Les captives étaient détenues dans la maison du chef de village, que Boko Haram a investi. Le troisième jour, Adiza a été désignée et mise à l’écart avec quinze autres filles pour être mariée à des combattants insurgés. Cette nuit-là, raconte-t-elle, sa mère est parvenue à libérer le groupe, qui a traversé la rivière Komadougou Yobé en pirogue pour gagner refuge au Niger voisin. Adiza se souvient d’une évasion à frissons. « Arrivées de l’autre côté de la rivière, nous avons aperçu un insurgé qui nous avait pris en chasse. Lui ne nous a pas vues. Nous nous sommes cachés dans la brousse et nous avons pu lui échapper. »

Obsédés par le mariage

Les combattants insurgés, de jeunes encadrés par un vieil émir, ont donné la même impression à Rukaya, une autre victime du rapt. Cette mère de famille aux larges pommettes a vingt ans, mais on lui en donnerait trente. Avec ses deux enfants en bas âge, elle a subi dix-sept jours de captivité entre les mains des membres de Boko Haram. Rukaya a relevé chez eux la même obsession pour le mariage : « ils nous ont dit qu’ils trouveraient aussi des maris pour les femmes dont les époux ont été tués. ». Comme sa camarade de captivité Adiza, elle a vu plusieurs insurgés tituber de drogue ou d’ivresse, tandis que d’autres étaient submergés dans un état d’euphorie hallucinée propre à certaines sectes. « Ça se voit à leur comportement qu’ils prennent des choses, ce sont des drogués, ils doivent boire de l’alcool aussi, ils avaient les yeux rouges, ils avaient un comportement très étrange, le matin et le soir surtout. On les voyait hurler, et tirer en l’air ». Rukaya n’a pas eu à s’enfuir, elle faisait partie d’un groupe de femmes mariées que Boko Haram a décidé de relâcher au dix septième jour.

Les deux ex-captives, suivies par des psychologues de l’ONG italienne Coopi, remercient Dieu pour leur libération. Rukaya est trop occupée par le nourrisson de neuf mois qu’elle tient dans les bras pour penser à l’avenir, et elle est encore en deuil : son fils aîné de trois ans a été emporté par le choléra dès son arrivée au site d’accueil temporaire des réfugiés de Chetimari. Adiza pour sa part, avant même son enlèvement, vivait dans la crainte d’être kidnappée. Aujourd’hui elle rêve de devenir enseignante, mais pas dans son pays, car dit-elle « j’aurais trop peur, j’ai renoncé au Nigeria ».
Ils nous ont dit: si vous parlez, on vous coupe la tête, après ils nous ont dit: une femme peut se marier deux fois, ce n’est pas haram (ndlr: interdit), car vos maris ne sont pas de vrais musulmans.
Ecoutez les témoignages des réscapées de Boko Haram

Rfi

 

L'exemple du Sénégal Préface d'Amady Aly Dieng
QUESTIONS DE GENRE SOCIOLOGIE SEXUALITÉ AFRIQUE NOIRE Sénégal

Après La parole aux négresses, Awa Thiam aborde, dans ce nouvel ouvrage, la question de la reproduction sociale du côté des femmes, par le biais du marquage du corps, des scarifications, des mutilations sexuelles féminines, de l'habillement, de la coiffure, de la contraception, de l'avortement... et de la sexualité féminine.
Awa Thiam Préface d'Amady Aly Dieng La sexualité féminine africaine en mutation L'exemple du Sénégal-Awa Thiam

Après son best-seller, La Parole aux négresses (Denoël), traduit en anglais, en allemand et en italien et Continents noirs (Tierce), Awa Thiam publie un nouvel ouvrage, La Sexualité féminine africaine en mutation. L'exemple du Sénégal. Il y est question de la reproduction sociale du côté des femmes, par le biais du marquage du corps, des scarifi cations, des mutilations sexuelles féminines, de l'habillement, de la coiffure, de la contraception, de l'avortement... et de la sexualité féminine.
Philosophe de formation, docteur detroisième cycle de philosophie, et docteur«nouveaurégime»d'anthropologie,
Awa Thiam est la cheffe du Laboratoire d'anthropologie culturelle de l'Institut fondamental d'Afrique
noire Cheikh Anta Diop (IFAN CAD).
En 1985, elle reçut la médaille des Droits des femmes de l'État français.
En 2005, elle fut nommée directrice du Centre national d'assistance et de formation des femmes (CENAF) et des Centres départementaux d'assistance et de formation des femmes (CEDAF), structures dépendantes du ministère de la Femme et de la Famille du Sénégal

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Les enfants ne sont pas
Epouses africaines
  https://youtu.be/bbus9GJ3OxA Ces femmes qui refusent de participer au budget familial ...
Rentrée Scolaire :
  VOICI LE LIEN https://youtu.be/V7rGqslDhOA ...
La chronique de Pape
https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc   https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc ...

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