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mercredi, 03 juin 2015 16:32

Football: dix scandales à la Fifa qui en disent long

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La Coupe du monde au Qatar, la faillite d'ISL, des opposants écartés et des scandales de corruption... une longue liste d'affaires ont émaillé la Fédération internationale de football que le Suisse Joseph Blatter dirigeait depuis 1998.
 

1999. Des élections truquées? Après près de 20 ans à gravir les échelons, Joseph « Sepp » Blatter atteint son Graal en 1998 en battant son mentor le Brésilien Joao Havelange, alors patron du foot mondial depuis 24 ans, à la présidence de la Fifa. « Tu as créé un monstre », lui lance alors son rival battu alors que la presse britannique évoque un scrutin truqué. En vain. Le Suisse obtient gain de cause devant la justice.

2001. La faillite d'ISL. Au tournant des années 2000, International Sport and Leisure (ISL) règne en maître sur le petit monde du football. En mai 2001, cette société suisse de marketing sportif qui gérait en exclusivité les droits de retransmissions de la Coupe du monde, en plus des contrats commerciaux de la Fifa, est déclarée en faillite. Une longue enquête suisse éclabousse l'instance dirigeante du football mondial, à commencer par Joao Havelange et son gendre Ricardo Texeira, alors président de la Fédération brésilienne. Au total, près de 40 millions d'euros de pots-de-vin auraient été versés.

2006. Mastercard voit rouge. Le Français Jérôme Valcke, qui n'est alors que le directeur marketing de la Fifa, est écarté après une affaire de contrat litigieux concernant les compagnies rivales de cartes bancaires, Mastercard et Visa. Six mois plus tard, Valcke est pourtant rappelé et nommé Secrétaire général de la Fifa.

2010. Le Nigérian Adamu dans la tourmente. En 2010, le Nigérian Amos Adamu, ponte de la Fifa, et le Tahitien Reynald Temarii, président de la Confédération d'Océanie, sont suspendus pour avoir contrevenu au code d'éthique sur des soupçons de corruption dans les attributions des Mondiaux 2018 et 2022. Ils auraient ainsi reçu un million et demi de dollars de dons pour leurs fédérations en échange d'un vote en faveur du Qatar. Le Tunisien Slim Aloulou, président de la Chambre de Résolution des Litiges et membre de la Commission du Statut du Joueur, le Malien Amadou Diakité, membre de la Commission des Arbitre, le Botswanais Ismael Bhamjee, membre d’honneur de la CAF, sont également sanctionnés.

2011. Bin Hammam s'oppose à Blatter. Il ne fait pas bon s'en prendre à Blatter. Membre du comité exécutif de 1996 à 2011, le Qatarien Mohammed Bin Hamman se présente face au Suisse lors de l'élection à la présidence de la Fifa en 2011. Avant le vote, la commission d'éthique de la Fifa ouvre une procédure contre lui et Jack Warner, président de la Concacaf (Confédération de football d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes) et à ce titre vice-président de la Fifa. Bin Hamman, qui est aussi président de la Confédération asiatique (AFC) rétorque par une procédure contre Blatter avant de se retirer le lendemain et d'être radié à vie le surlendemain. Reconnu coupable de corruption et d'achat de voix, Bin Hamman voit sa peine annulée par le Tribunal arbitral du sport, fautes de « charges suffisantes » mais reste banni à vie par la Fifa pour des malversations au sein de l'AFC.

2011. Des matches arrangés?  Au coeur de l'été, le New York Times déclenche une nouvelle polémique en révélant des détournements de fonds et une corruption latente au sein de la Fifa mais aussi l'existence de matches truqués au profit des bookmakers. Un Estonie-Bulgarie aurait ainsi reçu de nombreux paris sur le nombre de buts alors que des sommes investies pour l'organisation du Brésil-Portugal auraient disparues dans la nature.

2014. Trafic de billets. En plein coeur de la Coupe du monde brésilienne, une nouvelle affaire éclate. Mohamadou Lamine Fofana, membre de la Fifa, ainsi que Ray Whelan, directeur Match Hospitality, sont arrêtés par la police dans le cadre d'un vastre trafic de billets de matches qui pèse 70 millions de dollars et date des quatre derniers Mondiaux. Match Hospitality, prestataire exclusif de la Fifa, appartient à la société suisse Infront Sports and Media, dirigée par Philippe Blatter, le neveu de Sepp Blatter.

2014. Michael Garcia claque la porte. En débarquant dans la Fifa, Michael Garcia est un enquêteur reconnu, ancien procureur fédéral américain. Moins de deux ans après son arrivée, et après un rapport amplement modifié sur les soupçons de corruption qui pèsent sur l'attribution des Coupes du monde 2018 et 2022, Garcia démissionne de son poste de président de la chambre d'instruction du comité d'éthique le 17 décembre 2014, justifiant sa décision par un sentiment d'impuissance.

2015.Corruption africaine. L'attribution de la Coupe du monde 2022 au Qatar soulève bien des questions. Le feuilleton début dès 2010 avec la suspension du Tahitien Reynald Temarii et le Nigérian Amos Adamu pour achat de voix. Selon Phaedra Almajid, ex-employée de la candidature qatari, trois dirigeants du continent se seraient vu offrir des « encouragements » de 1,5 million de dollars: Adamu, donc, ainsi que l'Ivoirien Jacques Amouma et le Camerounais Issa Hayatou, toujours président de la Confédération africaine.

2015. Une semaine pour tout changer. Le 27 mai, deux jours avant l'élection du président de la Fifa, les justices américaine et suisse passent à l'offensive en procédant à l'arrestation de sept hauts responsables de l'instance mondiale, impliqués dans différentes affaires de corruption et de blanchiment d'argent. Sepp Blatter est bien élu pour un cinquième mandat malgré le scandale. Dans la foulée, alors que le Sud-Africain Danny Jordaan a reconnu avoir versé 10 millions de dollars à la Concacaf, Jérôme Valcke est une nouvelle fois mis en cause. Cette fois, le Secrétaire général est soupçonné d'avoir transféré cette somme sur des comptes gérés par Jack Warner, ex-vice-président de la Fifa. Quelques heures après ses révélations du New York Times, Blatter annonce sa démission.

Le Sénat américain a finalement voté la réforme du Patriot Act proposée par l’administration Obama, dans les mêmes termes que la Chambre des représentants. Dans la foulée, le président américain Barack Obama a promulgué la loi. Et ce sont désormais les compagnies téléphoniques qui conserveront les données téléphoniques : une réforme qualifiée de majeure par la Maison Blanche. Ce sont plusieurs mois de débats sur la sécurité intérieure qui se terminent.

La suspension du Patriot Act aura duré moins de 48h. Les services de renseignements américains vont reprendre leur travail de collecte des données, dont la conservation sera désormais assurée par les compagnies téléphoniques.

Des garde-fous sont prévus dans cette nouvelle loi, appelée Freedom Act, afin d’éviter toute intrusion dans la vie des citoyens qui n’ont rien à se reprocher. Les sénateurs conservateurs ont étalé au grand jour leurs divergences. Entre la droite qui souhaitait conserver le texte dans les termes prévus au lendemain du 11 septembre, et l’extrême droite libertarienne, qui voulait simplement abandonner tout système d’écoute, aucun compromis n’a été possible.

Le résultat est amer pour la majorité républicaine, puisque c’est le texte Obama qui est finalement adopté. Texte qu'il a aussitôt promulgué, puisqu'il ne manquait plus que sa signature pour qu'il entre en vigueur après le vote du Sénat. Une réforme « majeure » selon la Maison Blanche, motivée par les révélations d’Edward Snowden, il y a tout juste deux ans.

Les derniers sondages d’opinion ont sans doute eu raison de la détermination initialement affichée par les uns et les autres. Les Américains se prononcent en effet à une forte majorité en faveur de la nouvelle loi.

Les règlements de compte se poursuivent au Front national. Suspendu le mois dernier du parti par sa fille, Jean-Marie Le Pen a décidé de contester cette décision en justice.

Le vieux tribun donnait l’impression ces derniers jours de vouloir apaiser les choses. « Marine, parlons-nous », avait répondu Jean-Marie Le Pen, le 22 mai, interrogé sur les propos qu'il aimerait tenir à sa fille. Visiblement, la discussion entre le père et la fille n’a pas eu lieu.

Malgré les tentatives de rapprochement opérées notamment par Bruno Gollnisch, l’un des proches du patriarche, la présidente du Front national n’entend nullement dévier de sa ligne. Elle veut priver son père de la fonction de président d’honneur du FN et faire avaliser cette proposition par les militants.

Mouvement concurrent ?

Ces derniers seront appelés à se prononcer par mail sur le sujet à partir du 20 juin. Le résultat devrait être rendu public aux alentours du 10 juillet. Il s'agit là d'une décision insupportable pour Jean-Marie Le Pen, qui ne peut accepter de se voir écarter d’un parti qu’il a lui-même fondé en 1972.

Ce dernier est donc désormais engagé dans une lutte à mort avec sa fille. Dans un premier temps, il a donc décidé de contester son exclusion en justice. Cette exclusion le prive de son titre de président d’honneur. Pour la suite, il réfléchit à créer un autre mouvement et pourrait également être tenté de ne plus prêter d’argent, via son micro-parti, Cotelec, aux candidats frontistes aux scrutins locaux.

mercredi, 03 juin 2015 16:13

Engrais frelatés au Mali: la colère des paysans

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Après le courroux d'élus, celui des paysans maliens : Ils ont entamé ce mardi, un sit-in de trois jours à la Bourse du travail de Bamako pour notamment interpeller le gouvernement malien sur le scandale des engrais importés, des engrais qui devaient en principe permettre de stimuler la production du coton et de céréales. Mais une partie de l'engrais importée est périmée.

Des paysans venus de l’intérieur du Mali sont en colère. Après leur premier jour de rassemblement, organisé à la Bourse du travail de Bamako, ils réclament toujours à corps et à cris deux choses : la fin de l’accaparement des terres et la lumière sur ce qu’on appelle désormais ici le « scandale des engrais périmés importés ».

Massa Koné est un membre influent de l'UACDDDD, l'Union des associations et coordinations d'associations pour le développement et la défense des droits des démunis. Porte-parole de la Convergence Malienne pour l’accaparement des terres (CMAT), il a participé au rassemblement. « C’est des gros bonnets qui se tirent entre eux, qui font leur marché, qui font leur business sur notre dos et [créent] l’accaparement des terres et ce problème d’engrais, s'indigne Massa Koné. Suite au résultat, immédiatement on devrait procéder à des sanctions et à des arrestations ! Quand on dit un Etat de droit il faut qu’il y ait l’autorité de l’Etat ! »

L’Etat malien n’a pas encore donné des réponses claires. Certes, le président malien IBK a récemment déclaré que sur le dossier des engrais périmés il sera intraitable, sans pitié. Mais jusque-là des questions restent sans réponse. Par exemple, quelle est la quantité exacte des engrais périmés et surtout qui sont ces gros bonnets fautifs dont parlent les paysans.

«La détention de Karim Wade est arbitraire», estime le groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire. La décision date du 7 mai mais elle n'a été notifiée officiellement que lundi 1er juin aux avocats de la défense de Karim Wade, condamné à six ans de prison ferme en mars dernier pour enrichissement illicite. Le groupe de travail des Nations unies demande donc au Sénégal de prendre les mesures nécessaires pour remédier au préjudice subi, en prévoyant une réparation intégrale.
 

Pour le gouvernement, le groupe de travail de l'ONU n'a rendu qu'un simple avis. Le pourvoi en cassation de Karim Wade n'est pas encore vidé. Seule compte la décision des juridictions sénégalaises. Maître Aly Fall, avocat de l'Etat sénéglais, conteste les conclusions du rapport. « Cette affaire a été jugée régulièrement par des juridictions sénégalaises régulièrement composées et qui fonctionnent normalement. C'est pas à un groupe d'experts d'ordonner ou de faire une quelconque injonction au pouvoir judiciaire au Sénégal. Cela me semble ahurissant. »

Pour les avocats de Karim Wade, c'est la confirmation de ce qu'ils ont toujours dénoncé. Maître Mohamed Seydou Diagne salue la position de l'ONU : « le groupe de travail des Nations unies rend enfin justice à M. Karim Wade. C'est la victoire du droit sur l'arbitraire, c'est la victoire du droit sur la force d'un Etat ». Et il appelle les autorités à « appliquer les avis et recommandations de l'ONU », à « libérer immédiatement » le fils de l'ancien président et à « l'indemniser à hauteur de son préjudice ».

Il s'agit d'un document de neuf pages dans lequel les experts listent plusieurs manquements constitutifs de violations des lois nationales et du droit international. Les membres du groupe de travail décrivent la Crei, la Cour de répression de l'enrichissement illicite, comme une juridiction d'exception. Une juridiction incompétente pour juger Karim Wade, ministre en exercice au moment des faits incriminés.

Selon le groupe de travail des Nations unies, la détention de Karim Wade est arbitraire, parce que le prolongement de sa détention préventive n'avait pas de base légale. Ensuite parce que les délais des procédures n'ont pas été respectés : selon les textes qui régissent la Cour de répression de l'enrichissement illicite, Karim Wade devait être fixé sur son sort dans les neufs mois, or la procédure a duré le double : 18 mois en tout.

Le groupe de travail dénonce d'autres manquements à la Déclaration universelle des droits de l'homme et au pacte international relatif aux droits civils et politiques, comme la différence de traitement entre les prévenus puisque certains ont bénéficié d'une liberté provisoire quand Karim Wade était maintenu en prison.

C'est une violation du droit à un procès équitable, selon l'institution onusienne. En fait, cette liste de griefs a été soumise au groupe de travail par la défense de Karim Wade. Les arguments de l'accusation n'ont pas été pris en compte dans la rédaction de cet avis, précise par ailleurs le groupe de travail. L'Etat sénégalais n'a pas respecté les délais et a rendu sa réponse un jour trop tard

Au Burundi, l’opposition vient enfin de réagir au sommet des chefs d’Etat des pays de la région à Dar es Salaam, dans une déclaration signée par 17 partis qui se disent prêts à discuter de tous les sujets et notamment de la question centrale concernant le 3e mandat du président Nkurunziza.

Trois jours après le sommet sur le Burundi, l’opposition prend acte de la demande des chefs d’Etat de la région et se dit prête à reprendre le dialogue avec le pouvoir du président Pierre Nkurunziza.

Légère inflexion dans le discours, les leaders des dix-sept partis et organisations politiques signataires de cette déclaration ne disent plus désormais que le retrait de la candidature à un troisième mandat est un préalable non négociable. Ils acceptent que la question fasse partie des sujets de discussions.sur la table. Bujumbura a dit récemment que les chefs d’Etat de la région avaient clos la question, les dix-sept partis et organisation en appellent au pays, et dénoncent le mensonge du gouvernement et du parti au pouvoir.

Enfin, les chefs d’Etat de la région ont appelé à cesser les violences au Burundi. L’opposition burundaise appelle à la poursuite des manifestations pacifiques. L'un de ses leaders a expliqué d'ailleurs que ce message s’adressait plutôt au pouvoir à l'origine de la violence jusqu’ici.

Fait notable, la société civile burundaise à la pointe des manifestations contre le troisième mandat de Nkurunziza n’est pas signataire de la déclaration. Elle devrait sortir plus tard son texte, mais elle se dit d’ores et déjà d’accord, pourvu que les conditions minimales pour un véritable dialogue soient respectées.

Un diplomate en poste à Bujumbura estime que le dialogue est la seule option pour éviter le pire, même si les manifestations semblent ce mercredi 3 juin marquer le pas.

Joseph Blatter, dit « Sepp », n'a pas résisté au scandale de corruption qui éclabousse depuis plusieurs jours l'instance dirigeante du football mondial. Le dernier élément en date concerne la Coupe du monde organisée en Afrique du Sud en 2010. Pretoria aurait versé 10 millions de dollars au vice-président de la Fifa de l'époque pour obtenir le Mondial.

Au centre de l’affaire, 10 millions de dollars. Selon la justice américaine, Jack Warner, ex-vice président de la Fédération internationale de football association (Fifa), aurait reçu de l’argent de Pretoria en échange de son soutien pour la candidature de l’Afrique du Sud à l'organisation de la Coupe du monde 2010. L’acte d’accusation va jusqu'à expliquer comment aurait eu lieu la transaction.

En Afrique du Sud, on se refuse à parler de corruption. Oui, une telle somme a bien été versée, confirme le président de la Fédération sud-africaine de football (Safa), mais il ne s’agit pas d’un achat de voix, ajoute Danny Jordaan. La question est pourtant de comprendre pourquoi Pretoria aurait payé une telle somme à un fonds de développement dans les Caraïbes. Le mystère demeure. Et un courrier datant de 2008, exposé par la presse mardi, est accablant.

Molefi Oliphant, président de la Safa à l’époque, y demande à la Fifa de verser 10 millions de dollars à un fonds de développement de la Confédération de football d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes (Concacaf), dont Jack Warner est alors le président. Et le patron de la Safa ajoute que cet argent doit être géré par M. Warner. Une somme qui sera ensuite déduite de la contribution de la Fifa à l’Afrique du Sud pour l’organisation de cet événement.

Les autorités sud-africaines vont devoir s'expliquer

La justice américaine soupçonne Jack Warner d'avoir empoché les 10 millions en échange de trois voix en faveur de l'Afrique du Sud pour la désignation du pays hôte du Mondial 2010. M. Warner a été arrêté la semaine dernière. Il s'en est pris aux Etats-Unis, vexés selon lui de ne pas avoir organisé la compétition en 2022, au profit du Qatar (à noter que les Etats-Unis ont organisé la Coupe du monde il n'y a pas si longtemps, en 1994). Le problème de l'ancien patron de la Concacaf, c'est qu'il a développé ses arguments en brandissant un article de The Onion, un site internet parodique dont les articles sont bidons, comme Le Gorafi en France.

Plusieurs partis d'opposition sud-africains réclament l'ouverture rapide d'une enquête. L'Alliance démocratique a également demandé à ce que les responsables de la Safa viennent s'expliquer devant le Parlement. Le parti Freedom Front Plus envisage quant à lui de saisir directement la justice pour que les responsables soient nommés et poursuivis. Les autorités sud-africaines devaient s'exprimer ce mercredi matin lors d'une conférence de presse du ministre des Sports.

La chute de Joseph Blatter, qui a annoncé sa démission mardi, signe la fin d'un règne qui aura duré 17 ans. Le tout-puissant président de la Fifa a jeté l'éponge moins de cing jours après avoir été réélu à son poste en pleine tempête médiatique. A 79 ans, le Suisse n'accomplira donc pas de cinquième mandat plein, constatant qu'il n'a pas « le soutien de l'intégralité du monde du football » pour ce faire.

Abdoulaye Wade s’en est souvent sorti quand il s’est agi de crise au sein de son parti. Mais fera-t-il la sourde oreille face à Fada, Aïda Mbodj, Mamadou Lamine Keïta, quelques rares Libéraux qui ont échappé à la marée de Benno bokk yaakaar dans les régions aux dernières Locales ?

Un tournant pour le Parti démocratique sénégalais. La fronde de Modou Diagne Fada et Cie ne peut être minimisée par Abdoulaye Wa­de. Le secrétaire général a su, avec sa ruse inégalable, résoudre nombre de crises internes par une solution Ddr (Désarmement, démobilisation, réinsertion) propre aux conflits armés. Le vocabulaire sied puisqu’il faut bien se rendre compte qu’il s’agit d’une guerre sans merci entre Libéraux, entre potentiels candidats à la succession du «Pape du Sopi». «Nous voulons nous battre à l’intérieur de notre parti pour le réformer, pour le structurer, pour renouveler les secteurs du parti, les fédérations du parti et la direction nationale du parti», a dit le président du groupe parlementaire des Libé­raux et démocrates. C’est une rébellion à laquelle Wade fait face, de façon surprenante sans doute, puisqu’il ignorait que des responsables comme Aïda Mbodj, Mamadou Lamine Keïta, Habib Sy, etc., étaient dans le lot. Il est vrai que Wade président de la Répu­blique a su étouffer la fronde des 12 députés pro-Idrissa Seck par l’arme de l’exclusion et, parfois, par des strapontins «argentés». Comme il l’a fait avec Macky Sall d’ailleurs qui a démissionné de lui-même de l’Assemblée nationale, du Pds et de la mairie de Fatick.

Réformistes contre conservateurs
Il est vrai aussi que Wade, renvoyé dans l’opposition le 25 mars 2012, a gagné le pari des Légis­latives en surclassant les frondeurs comme Pape Diop, Baldé et autres (4 députés), après avoir imposé Oumar Sarr coordonnateur du Pds. Il s’est retrouvé deuxième avec 12 députés. Il a réussi à faire passer la pilule de la candidature de son fils, Karim, à la Prési­dentielle, poussant Souleymane Ndéné Ndiaye par exemple à créer son propre parti. Mais cette fois-ci, la liste des réformistes n’est pas que longue ; elle est aussi lourde de poids politiques qui feront face à des conservateurs, parce qu’«a­deptes du statu quo», «sentant leur disparition devant la représentativité». Presque de ce qui reste du grenier électoral de son parti sur la base en tout cas des résultats des dernières Locales. Mais comment va-t-il s’y prendre ? Fera-t-il la politique de l’autruche en prenant cette rébellion pour de la «poussière» ? Il l’a fait pour le choix de Karim, contre vents et marées. Mais cette opposition qui s’apparente à un courant a posé un acte de défiance contre la personne de Wade qui veut rester secrétaire général jusqu’à la prochaine Présidentielle.

Wade face au cas Oumar Sarr
Wade sait aussi jouer la carte de l’apaisement pour reporter ou annihiler des velléités de rébellion. Dans ce cas de figure, il ne perdrait pas à recevoir les frondeurs et à les rassurer. Quitte à calmer les nerfs, en attendant de les diviser. Quitte aussi à «tuer» Oumar Sarr qui attend la contrepartie de son soutien affiché à la candidature de Karim Wade à la Présidentielle. Seulement, le coordonnateur du Pds n’a jamais fait l’unanimité. Farba Senghor ou Fatou Thiam ont toujours contesté son leadership. Et Wade lui-même avait pourtant désavoué son numéro 2 du parti en déclarant dans un entretien avec le journal français Le Monde : «Le Pds est le parti ma­joritaire, même s’il est dispersé du fait de l’absence d’un leader capable de fédérer tout le monde.» Et ce leader c’est Oumar Sarr qui assurait son intérim alors qu’il était à Versailles.

Interpellé sur la demande du Groupe de travail de l’Onu à l’Etat du Sénégal de libérer Karim Wade, Sidiki Kaba estime que «l’Onu n’est pas un tribunal» et que, par conséquent, elle ne juge pas.

«Le Sénégal est un Etat souverain. Ce sont les institutions judiciaires du Sénégal qui prennent les décisions, les tribunaux, les Cours d’appel, la Cour suprême, le Conseil constitutionnel. Une décision a été prise le 23 mars par la Crei ; cette décision a fait l’objet d’un pourvoi en cassation. C’est la décision qui sera prise par le juge de Cassation qui va s’imposer parce que ce sera une décision rendue au nom du Peuple sénégalais. C’est un principe régalien et il faudrait bien comprendre cela», a dit le ministre de la Justice sur un ton ferme, lors de la Conférence ministérielle sur le renforcement de l’Etat de droit et la lutte contre la corruption en Afrique qui s’est tenue à Dakar, hier.

Macky Sall a donné des instructions à l’Inspection générale d’Etat pour auditer les différentes structures étatiques. Le Président, qui parle de retour des mauvaises habitudes, a réaffirmé son intransigeance pour combattre les pratiques corruptives en vigueur au Sénégal. Selon lui, la pratique de l’audit va être désormais régulière, systématique et permanente.

Le chef de l’Etat a réaffirmé, hier, sa volonté de poursuivre le combat contre la corruption au Sénégal. Macky Sall, qui présidait la conférence ministérielle sur le renforcement de l’Etat de droit et la lutte contre la corruption en Afrique, a même déclaré que l’Inspection générale d’Etat va prochainement reprendre du service. «Je vais donner des instructions à l’inspection générale d’Etat. Car l’audit doit être une pratique courante. Il faut que nos structures puissent être auditées régulièrement, systématiquement et de façon permanente. Les gens ont pensé à un moment donné qu’il y avait un ralenti et ont repris les mauvaises habitudes. Mais, c’est une illusion», tempête Macky Sall.

Poursuivant son argumentaire, le chef de l’Etat se veut clair à propos de la lutte contre la corruption. «Ce ne sont pas les sirènes et les chimères qui vont arrêter ce combat. Je veux que cela soit très clair», menace-t-il. Estimant que la corruption est un cancer, qui gangrène la société, le Président Sall indique que la lutte contre de telles pratiques ne sera point facile. Conscient de la complexité, des connexions multiples et des résistances à tous les niveaux, le Président Sall soutient que cela n’entamera pas sa volonté de poursuivre cette politique de rigueur, de transparence, de bonne gouvernance pour le bien des populations. «J’ai demandé au gouvernement de rester ferme sur cette question. De toute façon, moi je ne reculerai pas sur cette question quels que soient les écueils et les résistances en face», s’engage M. Sall. Il est «conscient» que pour gagner ce combat, il faut s’armer de beaucoup de «courage et d’une volonté inébranlable».
Au-delà du cadre législatif et institutionnel mis en place depuis son accession au pouvoir, à travers l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac), il estime qu’il faut viser un changement des comportements à travers des mécanismes sous-régionaux. D’où le sens de cette conférence organisée par le Sénégal, en partenariat avec le Qatar et le Programme des Nations-Unies pour le développement (Pnud). Le Procureur général du Qatar et par ailleurs avocat des Nations-Unies pour le recouvrement des biens mal acquis, Ali Ben Fetais Al Marri, venu assister à la conférence, a annoncé la création à Dakar d’un Centre judiciaire à vocation sous-régionale, à l’image du Centre de Qatar, «l’un des meilleurs centre au monde», selon Abdoulaye Mar Dièye, du (Pnud).

Conséquences de la corruption
60 milliards de dollars quittent l’Afrique pour le Nord
Pour la survie du monde, la lutte contre la corruption s’impose aux Etats. Chaque année, c’est plus de 2 600 milliards de dollars qui sont détournés dans le monde soit 3 % du Pib mondial. «En Afrique, c’est plus de 60 milliards de dollars qui quittent l’Afrique pour le Nord», révèle le directeur Pnud Afrique. Selon lui, si on avait investit cette somme, qui en réalité, «est sous-estimée, on aurait pu doubler la croissance actuelle de l’Afrique», soutient le directeur du Bureau Afrique du Pnud, Abdoulaye Mar Diop. Cette hémorragie financière est assimilée à une tragédie par M. Dièye qu’il faut, selon lui, casser.

Pour Macky Sall, cet argent qui sort de l’Afrique illustre bien que la corruption n’est pas l’apanage des pays africains. En réalité, pense M. Sall, l’Occident est aussi gangréné par ce fléau.  Ce qui fait dire à M. Dièye que la corruption est une avenue à double sens. Macky Sall, qui dit attendre les conclusions des travaux, a également demandé aux experts de réfléchir sur le déséquilibre dans les contrats miniers en Afrique. «Les flux financiers inégaux, en particulier la fraude et l’évasion fiscale, privent les pays africains des ressources considérables et sapent le développement dans ces pays», regrette-t-il.

lequotidien.sn

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