Youssou Touré et ses camarades enseignants de l’Apr approuvent le quinquennat. Et c’est pour se démarquer de Moustapha Cissé Lô qui prône le septennat.

Youssou Touré n’émet pas sur la même longueur d’ondes que Mous­tapha Cissé Lô sur le mandat du président de la République. Si le vice-président de l’Assemblée nationale milite pour un septennat, le leader des enseignants  de l’Apr dit plaider un quinquennat pour Macky Sall qui a affiché sa volonté de réduire son mandat. «Nous disons que, nous Réseau des enseignants, ce que Macky Sall a dit nous engage. Nous sommes dans le respect de l’engagement du Président dans la mesure du possible», a  déclaré M. Touré hier au cours d’un point  de presse. Pour lui, cet engagement «va dans le sens de l’approfondissement de la démocratie». ce qui, précise-t-il, ne les empêchent pas outre mesure de se demander si les  5 ans suffiront pour mener le travail pour lequel il a été porté à la tête de l’Etat. «De ce point de vue, on aurait préféré que le mandat soit maintenu à 7 ans. C’est pour permettre à n’importe quel président de la République de pouvoir poser, de façon durable, des actes allant dans le sens de prise en compte des préoccupations des populations», souligne-t-il.

Le secrétaire d’Etat à l’Alpha­bétisation précise que malgré ces interrogations, le Réseau des enseignants de l’Apr «n’a jamais remis en cause  l’engagement du président de la République de ramener son mandat de 7 à 5ans». A ceux qui cherchent au sein de leur parti à dissuader le Président de se détourner de cette voie, il dit : «Le Président Macky Sall est ouvert mais, sur les principes, il est très ferme. C’est la raison pour laquelle, nous ne nous faisons pas d’illusions. Si la loi le permet, il ramènera son mandat à 5 ans. La question doit être posée sur la table des juristes. 5 où 7 ans, c’est la même chose pour nous. Nous nous plierons à ce que Dieu décidera en 2017. Nous ne sommes pas des assoiffés de pouvoir.»

lequotidien.sn

mercredi, 01 avril 2015 17:34

Seydou Gueye, un politicard hâbleur

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Les propos virulents de Seydou Gueye à l'encontre du Président Pape Diop  sont exagérés, indignes et sans fondement.

Les refus d'une décoration contrairement à ce que pense Seydou Gueye ne sont pas si rares. De nombreuses personnalités dans le monde l'ont refusée pour des raisons diverses, de Louis Aragon à Albert Camus, de Claude Monet à Hector Berlioz, ou de Jean-Paul Sartre à Simone de Beauvoir.

Le président Pape Diop est tout à fait libre de refuser sa décoration car il a toujours considéré comme Thomas Pikety, économiste et auteur à succès que la priorité des peuples est ailleurs. Macky Sall, en campagne électorale permanente ne travaille pas mais amuse la galerie par des cérémonies officielles. Il a brisé l’espoir du peuple sénégalais  qui l’a élu Président de la république. Tourner la page Macky Sall est un impératif pour garantir  une alternance politique saine, crédible et viable.

Quant à notre cher Seydou Gueye,  recyclé après sa cinglante défaite électorale, est dans la cour présidentielle des courtisans. Cet assemblage d'incompétents  ou le seul travail et d’initiative demeurent des querelles médiocres, des conflits de vanité, des coups bas et des mesquines trahisons. Dans ce cabinet présidentiel obscur et sulfureux, Seydou Gueye ne brille pas par la pertinence de ses prises de positions mais par la bassesse de ces attaques aux adversaires politiques.

Pour assurer une position personnelle auprès du Président, Seydou Gueye est prêt à tout. C'est la raison pour laquelle, il excelle dans  l'invective et la courbette. C'est un illusionniste, un politicard qui n’a ni vision, ni conviction,  qui ne comprend même pas le sens de l'histoire et qui lorgne toujours dans le  sens de ses intérêts. D’Abdourahim Agne à Macky Sall, pour ne citer que ceux-là, le parcours politique sinueux de Seydou Gueye illustre le destin du traître, toujours à l'affût de ses propres intérêts personnels.

La fédération Bokk Gis Gis de France exhorte le président Pape Diop à rester fidèle à son engagement auprès des sénégalais car l'honorabilité doit être décernée par le peuple et non par le gouvernement.

La fédération Bokk Gis Gis de France

mercredi, 01 avril 2015 17:32

Suspension de la 4G : Macky crache sur les offres

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Le gouvernement du Sénégal  a mis fin à l’expérimentation de la 4G. Les autorités entendent ainsi identifier les options possibles de mise en vente de cette licence, en prenant en compte les intérêts du Sénégal. Car, le Président Macky Sall a jugé dérisoires les offres de la Sonatel et de l’Artp respectives de 12 et 15 milliards de francs Cfa.

La phase-test de la 4G ne sera pas prolongée une deuxième fois. Le gouvernement a décidé de suspendre l’expérimentation de cette fameuse licence. L’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp) a notifié hier, aux opérateurs de téléphonie, que le moratoire du 31 mars décidé à la suite de la requête du Premier ministre, Mohammad Boun Ab­dallah Dionne, expire ce mardi à 23h 59 mn. Avant cette prolongation, le gouvernement avait autorisé une phase-pilote d‘avril 2013 au 31 décembre 2014.

Les autorités entendent, à travers cette décision, préserver les intérêts du Sénégal et à donner au pays, les chances d’obtenir les meilleurs résultats dans cet exercice d’attribution des autorisations d’exploitation de la 4G. En effet, les propositions faites par les opérateurs de téléphonie ont été jugées insuffisantes et ne prennent pas en compte les préoccupations de l’Etat du Sénégal en termes d’investissements futurs.
Du côté de la Sonatel, les responsables disent n’avoir pas été invités «à soumettre une proposition pour l’obtention d’une licence 4G». Mais Le Quotidien a appris que la société nationale de télécoms a fait une proposition de 12 milliards de francs Cfa. Face à cette modique somme, Abdou Karim Sall, directeur général de l’Artp et son équipe ont proposé 15 milliards. Et le rapprochement de ces deux offres a fait sorti le Président Macky Sall de ses gonds. En Conseil des minis­tres, le chef de l’Etat a indiqué qu’on a manqué de respect au Sénégal. Quant on sait que des pays comme le Maroc et la Côte d’Ivoire ont respectivement attribué cette licence à un montant de 260 millions d’euros, soit plus de 170 milliards de francs Cfa par opérateur. Macky Sall a exigé que le Sénégal optimise ses chances dans ce cadre en travaillant à la recherche d’un cabinet d’audit, qui se verra confier le processus d’attribution de cette licence de téléphonie. Le président de la Répu­bli­que ne veut pas que la licence 4G soit bradée.
Malheureusement, les responsables de l’Artp ne semblent pas être animés par le même sentiment. En effet, s’ils avaient pris le dossier au sérieux, des prix de vente auraient dû être fixés aux opérateurs depuis longtemps.
Pour essayer d’harmoniser les positions de toutes les structures de l’Etat, le Premier ministre, Mo­hammad Boun Abdallah Dionne, a reçu le collège des délégués de l’Artp, qui fait office de Conseil d’administration de l’institution, en même temps que le directeur général Abdou Karim Sall, et ce fut pour leur annoncer la décision de la suspension de cette phase expérimentale. Il faut noter qu’après son dérapage dénoncé en son temps par Le Quotidien, le Pm Dionne semble avoir pris les mesures des intérêts de l’Etat.
En attendant, comme l’a indiqué la Sonatel dans un communiqué, les clients peuvent continuer à surfer sur le réseau 3G+ du Sénégal. Mais, la couverture sur ce réseau n’est pas des meilleures et ne serait, selon des chiffres de l’Artp que de 38%. Face à cela, le collège des délégués de l’Artp avait demandé que des sanctions soient prises à l’encontre des opérateurs. Mais jusqu’ici le Dg a préféré fermer les yeuxLe 3G ne couvre pas tout le territoire national. Son taux de couverture n’est que de 38%. Ainsi, le collège des délégués de l’Artp avaient demandé que des sanctions soient prises à l’encontre des opérateurs. Mais jusqu’ici, le régulateur a fermé les yeux.

lequotidien.sn

 

LE PLUS. Le 22 octobre, c'était la journée mondiale du bégaiement. Un trouble de la parole qui touche environ 1% de la population. C'est le cas de Marie-Noëlle Guillouzouic, bègue depuis ses 15 ans. Aujourd'hui âgée de 43 ans, elle fait partager son expérience, le moment où son bégaiement s'est déclaré et comment elle a réussi à s'en détacher. Témoignage.
J'ai 43 ans, je suis responsable RH dans une ONG et je suis bègue. Je bégaie depuis mes 15 ans. L'origine de ce trouble, c'est une agression par un homme. Je n'ai rien dit à personne. En un mois, j'ai grossi de 10 kg et le bégaiement est survenu.
Je pense qu'il y avait un terrain favorable. On devient rarement bègue comme ça à 15 ans ! Quand j'étais enfant, au moment de l'acquisition de la parole, j'ai eu un début de dyslexie. Mes parents s'en sont inquiétés : je confondais par exemple les lettres p et b. Mais ça s'est résolu tout seul.
Impossible de demander son Tipex à ma voisine d'amphi
Quand j'ai commencé à bégayer à 15 ans, je l'ai caché. Je n'en ai parlé à personne. Je me taisais pour qu'on ne le remarque pas. J'avais tellement honte. C'était handicapant. J'avais peur de bégayer. Alors, même quand j'avais la bonne réponse ou que je voulais poser une question, je ne prenais pas la parole, que ce soit à l'école, ou, plus tard, au travail ou en réunion. Entendre le professeur dire "Ah, question pertinente !" quand c'était celle que je n'avais pas osé poser était très frustrant.
À 21 ans, j'ai décidé d'aller voir une orthophoniste. C'était une initiative isolée, une bouée à la mer, puisque je ne m'en étais confiée à personne. Mais j'ai eu beau lui décrire mes symptômes et lui faire part des crispations au niveau du ventre et de la gorge, de la tension qui s'emparait de moi dès qu'il fallait prendre la parole, elle a diagnostiqué que je n'étais pas bègue mais que je bredouillais. J'ai arrêté les séances après deux mois et demi car je trouvais les exercices vains. Et je me suis dit que j'allais faire avec.
Je suis partie six ans en mission humanitaire à l'étranger. Et c'est en revenant en France que je me suis dit que ça ne pouvait plus durer. En reprenant mes études à la fac, je me suis rendu compte que j'étais incapable de demander à voix basse son Tipex à ma voisine d'amphi. Même pour des points sans enjeux, je n'arrivais pas à être dans la communication. Le bégaiement m'empêchait d'être moi-même, de dire, de faire.
Un jour, j'ai vu une orthophoniste de l'Association Parole-Bégaiement dans l'émission "Ça se discute", avec Jean-Luc Delarue. J'ai contacté l'association. J'avais 30 ans. C'est là que j'ai entrepris une thérapie.
Il a fallu que je m'accepte comme personne bègue
J'ai 43 ans, je suis responsable RH dans une ONG et je suis bègue. Je bégaie depuis mes 15 ans. L'origine de ce trouble, c'est une agression par un homme. Je n'ai rien dit à personne. En un mois, j'ai grossi de 10 kg et le bégaiement est survenu.
Je pense qu'il y avait un terrain favorable. On devient rarement bègue comme ça à 15 ans ! Quand j'étais enfant, au moment de l'acquisition de la parole, j'ai eu un début de dyslexie. Mes parents s'en sont inquiétés : je confondais par exemple les lettres p et b. Mais ça s'est résolu tout seul.
Impossible de demander son Tipex à ma voisine d'amphi
Quand j'ai commencé à bégayer à 15 ans, je l'ai caché. Je n'en ai parlé à personne. Je me taisais pour qu'on ne le remarque pas. J'avais tellement honte. C'était handicapant. J'avais peur de bégayer. Alors, même quand j'avais la bonne réponse ou que je voulais poser une question, je ne prenais pas la parole, que ce soit à l'école, ou, plus tard, au travail ou en réunion. Entendre le professeur dire "Ah, question pertinente !" quand c'était celle que je n'avais pas osé poser était très frustrant.
À 21 ans, j'ai décidé d'aller voir une orthophoniste. C'était une initiative isolée, une bouée à la mer, puisque je ne m'en étais confiée à personne. Mais j'ai eu beau lui décrire mes symptômes et lui faire part des crispations au niveau du ventre et de la gorge, de la tension qui s'emparait de moi dès qu'il fallait prendre la parole, elle a diagnostiqué que je n'étais pas bègue mais que je bredouillais. J'ai arrêté les séances après deux mois et demi car je trouvais les exercices vains. Et je me suis dit que j'allais faire avec.
Je suis partie six ans en mission humanitaire à l'étranger. Et c'est en revenant en France que je me suis dit que ça ne pouvait plus durer. En reprenant mes études à la fac, je me suis rendu compte que j'étais incapable de demander à voix basse son Tipex à ma voisine d'amphi. Même pour des points sans enjeux, je n'arrivais pas à être dans la communication. Le bégaiement m'empêchait d'être moi-même, de dire, de faire.
Un jour, j'ai vu une orthophoniste de l'Association Parole-Bégaiement dans l'émission "Ça se discute", avec Jean-Luc Delarue. J'ai contacté l'association. J'avais 30 ans. C'est là que j'ai entrepris une thérapie.
Il a fallu que je m'accepte comme personne bègue
En dix jours, j'ai eu un rendez-vous avec une orthophoniste, Anne-Marie Simon, une ponte du bégaiement, pas comme l'orthophoniste que j'étais allée voir à mes 21 ans, qui n'était pas formée au bégaiement. Je voulais à l'origine quelque chose de rapide, des techniques expresses, ni vu ni connu, comme un bras cassé et plâtré caché sous les vêtements jusqu'à ce qu'il soit réparé. Mais le bégaiement ne se traite pas magiquement ! Ces séances individuelles ont duré deux ans et demi.
On m'a expliqué que le bégaiement était un monstre qui aimait le noir et que, pour moins bégayer, il fallait l'accepter et en parler. Après avoir beaucoup lu sur le bégaiement, pour comprendre intellectuellement ce trouble, l'appréhender rationnellement, s'est ensuivie une "détabouisation".
Les premières séances d'orthophonie, je les ai passées à pleurer. Les vannes lâchaient, toute la tristesse et la frustration accumulées sortaient. Mais c'était un soulagement : j'étais prise en charge, reconnue comme bègue. Oui, mes symptômes étaient ceux d'une personne bègue et, oui, il était possible de travailler ensemble. Enfin, je n'étais plus seule, j'étais entre de bonnes mains, des mains professionnelles et tellement bienveillantes.
Il a donc fallu que je m'accepte en tant que personne bègue, tout en sachant que je ne me résume pas à mon bégaiement. C'est un long chemin, que je poursuis encore. Disons que j'ai fait 90% du travail.
Le dire à ma mère, c'était comme un coming-out
Un des premiers défis que j'ai relevés, c'est d'aller coller des affiches A4 pour la journée mondiale du bégaiement. J'avais peur du regard des autres. On allait me voir et je serais potentiellement assimilée à une personne bègue. La parole, c'est une fonction que l'on acquiert à 2-3 ans et moi, à 30 ans, je n'y arrivais pas. J'avais une honte terrible. Je me sentais bête et me dévalorisais.
Peu à peu, j'en ai parlé avec des proches. Ils m'ont dit : "Ah bon ? Je n'avais pas remarqué !" ou "Oui, c'est vrai, tu cherches tes mots." Sauf que mon mot, il est là, je ne le cherche pas, c'est juste que je ne parviens pas à le dire.
Puis j'ai dû en parler à ma mère. Je l'ai vécu comme un coming-out. Il m'a fallu environ quatre mois de préparation pour passer ce coup de téléphone. J'y étais obligée : j'avais témoigné dans un magazine. Je savais qu'elle ne le lisait pas, mais je craignais que son entourage ne lui apprenne avant moi. J'ai bien fait : je l'ai appelée le samedi, le dimanche, une amie lui a parlé de l'interview.
Elle m'a dit : "Tu ne bégaies pas beaucoup pourtant." Mais il faut savoir que la souffrance liée au bégaiement n'est pas liée à l'intensité des bégaiements. C'est ce que j'ai appris lors des groupes de parole, que j'ai commencé à suivre six mois après le début des séances d'orthophonie individuelles.
Peur de ne pas comprendre ce que les autres bègues disaient
Au début, je ne voulais pas participer à ces groupes de parole. J'avais peur d'être confrontée à d'autres bègues, à ce miroir de moi-même. C'était contradictoire : à la fois, il était important pour moi que je sois reconnue comme bègue par l'orthophoniste et, dans le même temps, je ne voulais pas le dire sur une place publique ni ne savais comment côtoyer d'autres bègues.

À l'époque, j'étais complètement coincée et dans le jugement. Je me disais que je n'allais rien comprendre à ce qu'ils allaient dire, surtout s'ils avaient un bégaiement prononcé. Mais j'y ai passé deux ans et demi et c'était génial. J'y ai appris que, l'important, c'est de communiquer, que le sens de ce qu'on dit est le plus important, pas la façon dont on le dit.
J'ai ensuite fait partie du self-help Paris, qui est un espace d'entraide et de parole entre personnes bègues et, à la différence des groupes de parole, sans orthophoniste. Je me suis investie et j'y ai pris confiance en moi.
Aujourd'hui, je suis un dictionnaire de synonymes
Aujourd'hui, je suis libre : je pose des questions – en tout cas, je ne vais pas ne pas poser une question parce que je suis bègue. Je prends la parole en public, j'ai acquis une aisance à communiquer, à parler de moi, et du bégaiement si besoin. Tout à l'heure, dans l'ascenseur, devant un collègue, j'ai bégayé. Parce que la porte allait se fermer, ce qui ajoutait une pression temporelle. J'ai dit :
"Ah, ça, c'est un beau bégaiement !"
Maintenant, je peux le dire, ça fait baisser la pression. C'est ce que le Dr François Le Huche, phoniatre, appelle le "comportement tranquillisateur". Quand je remarque que je bégaye, je fais une pause, je respire, pour lâcher le ventre et la gorge qui se crispent. Je souris, et là je peux dire le mot sur lequel je butais.
Avant, quand je savais que j'allais par exemple bloquer sur le v de voiture, je prononçais le mot sans la première consonne : "oiture". Si on ne fait pas attention, on entend "voiture". Mais ces techniques-là de réédition de la parole, je ne les utilise plus. Je n'essaie pas non plus de contourner la difficulté en utilisant un synonyme – même si, comme tous les bègues, je suis un vrai dictionnaire de synonymes !
J'ai témoigné dans le bonus du "Discours d'un roi"
Aujourd'hui, à 43 ans, je suis tellement mieux dans mes baskets qu'à 30 ans. Quand je participe à la journée annuelle du bégaiement ou aux colloques organisés par l'Association Parole-Bégaiement, c'est comme une piqûre de rappel. Je me souviens d'où je viens, de comment j'étais avant. Et à ceux qui n'ont pas encore vécu ma progression, je dis que c'est possible de s'en sortir, que l'on peut avoir une belle vie avec ce trouble de la communication.

Le regard de mes proches n'a pas changé depuis que j'assume d'être bègue. J'ai témoigné dans le bonus du film "Le discours d'un roi". Ce témoignage, je l'ai montré à ma famille. Ils m'ont félicitée d'avoir surmonté cette épreuve.
En revanche, j'ai toujours une gêne dans mes rapports amoureux. Quand je suis dans une relation de séduction, que je veux absolument donner une bonne image de moi, il y a toujours une phase où je me dis que je ne vais pas y arriver parce que je suis bègue. Mais ça tend à disparaître. Ça tient davantage au fait que l'homme en question m'impressionne.
Et, mine de rien, être bègue a des points positifs. J'ai développé des facultés d'écoute, je suis plus sensible aux autres, plus humble et modérée face aux handicaps.
Le message que je souhaite faire passer, c'est de ne pas rester seul avec ce bégaiement mais d'oser pousser la porte d'un cabinet d'un(e) orthophoniste formé(e) en bégaiement. Pour amorcer ce beau changement. Pour enfin oser être soi-même. Pour enfin commencer à vivre sereinement.
Propos recueillis par Daphnée Leportois. http://leplus.nouvelobs.com

mercredi, 01 avril 2015 14:38

Sois bègue et tais-toi de WILLIAM CHIFLET

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Quand, le jour de Noël, son fils de 3 ans se met à bégayer, William ressent une douleur insupportable, un vrai coup de poignard. Parce qu'il est bègue depuis l'enfance, l'idée que ses fils puissent suivre le même chemin lui est inconcevable. Car ce qui paraît un handicap anodin est en réalité une grande souffrance.
Comment envisager des études ou avoir une vie professionnelle et amoureuse normale quand s'adresser à autrui est quasi impossible ? Quand les échanges du quotidien deviennent source de moquerie et quand un coup de téléphone peut être un véritable calvaire ?
William a passé sa vie à lutter. Il a tout essayé, mais il bégaye toujours et a dû se résoudre à faire avec. Aujourd'hui, grâce à son humour et à une volonté hors de commun, il considère qu'il s'en est sorti. Il vit avec cet intrus qu'il a réussi à dompter. Les obstacles sont les mêmes mais il a trouvé des parades. La vie paraît plus sereine même si la plaie est toujours ouverte. William sera toujours différent.
Pour ses enfants, pour ses proches et pour les 600 000 bègues de France qui souffrent comme lui aujourd'hui, il a décidé de témoigner, de dire la souffrance mais aussi l'espoir.
Pour qu'enfin les bègues s'assument et ne se taisent plus.

Préface
Quand j'ai vu Le Discours d'un roi, tassé sur mon fauteuil dans une salle de projection d'avant-première, bêtement, j'ai pleuré. Et je suis sûr que William Chiflet a pleuré, et quelques milliers d'autres aussi.
J'avais huit ans peut-être, et il m'arriva d'être bègue. Pour être juste, on devrait écrire « tomber bègue », comme on dit « tomber malade » ou « tomber enceinte ».
J'ai mis quelques décennies à pouvoir aborder le sujet, sans me cacher ou sans mourir de honte.
J'avais huit ans, et tous les mots chantaient dans ma tête. À l'école – cela m'étonne aujourd'hui –, les filles de ma classe m'appelaient « l'orateur ». Comment connaissaient- elles le mot ? Un mot d'instituteur, sans doute, pour moquer gentiment le petit discoureur.
Et puis, ce qui était facile devient difficile, ce qui était aisé devient bloqué, et l'on voit le souci dans les yeux des parents. Bien des gens disent « ça va passer... ». Et
ça ne passe pas.
Il y a des médecins qui s'occupent de ce symptôme étrange, des thérapeutes, des orthophonistes, des psychologues, parfois des psychanalystes. Les uns se risquent à
la chimie, les autres à l'hypnose, les troisièmes au yoga.
Et les consonnes qui bloquent ne passent toujours pas. Sans doute parce que ce ne sont pas les consonnes qui bloquent, ni les lèvres, ni le palais, mais l'enfant secret
qui demeure en nous, et sans doute fut blessé, sans que l'on sache de quelle blessure. Il n'y a rien d'organique dans le bégaiement. Il n'y a
que du secret.
J'ai reçu des dizaines de lettres de garçons (ce sont le plus souvent des garçons, ce qui n'est pas sans signification...) qui me demandaient comment j'avais fait
« pour en sortir ». Que puis-je leur dire qui ne soit pas discours de charlatan ? D'abord, pour être véridique, leur avouer qu'on n'en « sort » jamais tout à fait. Et que ce n'est pas si grave. Je sais très bien, comme nombre de grands acteurs
et de grands hommes politiques, qu'il faut apprivoiser cette bête sauvage qui mord de l'intérieur à l'endroit le plus sensible : la communication avec les autres. Il faut
apprivoiser, il faut ruser avec elle et, au bout du chemin, il faut se moquer de ses morsures.
Ce livre raconte très justement les ruses et stratégies par lesquelles on apprivoise l'ennemi intérieur. Très souvent, dans mes discours, sortent des avalanches de
synonymes, des mots qui jouent les uns avec les autres.
Ces jeux ne viennent pas d'une muse poétique, ni d'un amour inné pour la richesse du vocabulaire français et les habiletés de la rhétorique. Ils viennent du bégaiement
qui oblige à passer dix mots dans son esprit pour pouvoir en dire un ou deux sans buter. Un jour, cela devient une force. Mais ce jour ne vient pas si tôt. Et puis il y a les gestes, les rythmes, les enchaînements qui entraînent la parole, la colère parfois qui délivre. Mais l'essentiel n'est pas là. L'essentiel est dans le traité de paix que l'homme réussit à passer avec l'enfant jamais disparu, toujours inachevé et toujours blessé, qui vit en lui. La paix, ou l'armistice, qui accepte encore quelques escarmouches, mais qui choisit la coexistence et l'apaisement.
Et quel est le chemin de la paix ? Le chemin de la paix déclarée avec l'ennemi intérieur, c'est de vivre, d'aimer, d'entraîner, d'éclater de rire et de pleurer, de regarder les autres au lieu de s'obséder sur soi-même. J'aime beaucoup le coup de colère de Turenne : « Tu trembles, carcasse, mais si tu savais où je vais te mener, tu tremblerais encore bien davantage !... » Créer le mouvement, et qu'importent les blocages, oser et qu'importent les petites humiliations.
Mais, pour faire la paix, il ne suffit pas de s'obliger à emporter les obstacles et les barricades intérieures. Il faut encore regarder l'enfant bloqué que l'on fut, l'adolescent à la parole enchaînée, l'adulte qui n'en sortait pas, leur faire une place affectueuse, sourire avec eux et avoir pour eux un peu d'indulgence et un peu d'affection.
Tous autant qu'ils sont, ils ne sont pas des ennemis......

Demba Ba était heureux après la victoire 2-1 du Sénégal face au Ghana au Havre (France), à l’occasion de son retour en équipe nationale, ce 28 mars 2015. Seule ombre au tableau pour l’attaquant sénégalais : la nouvelle charge d’Alain Giresse, le précédent sélectionneur des Lions, qui l’avait écarté pour la CAN 2015.

Demba Ba, qu’est-ce que ça vous fait de jouer au Havre où vous avez évolué au club du Port Autonome (1999-2000) ?

Demba Ba : J’étais content lorsque j’ai appris qu’on allait jouer ici. Je n’ai jamais joué pour le Havre AC. J’ai bien essayé pourtant ! Mais ils n’ont jamais voulu de moi. (Il sourit) Je reviens avec l’équipe nationale et je suis vraiment très content. Ça s’est bien passé en plus puisqu’on a gagné.

RFI : Et comment avez-vous vécu votre retour en équipe nationale, après avoir été écarté pour la Coupe d’Afrique des nations 2015 ?

C’était super ! C’est comme si je n’étais pas parti. Ça fait huit ou neuf ans que je suis là. Ce groupe, je le connais bien. Je connais les autres joueurs très bien et ils me connaissent bien. Je les aime bien et ils m’aiment bien. Ça facilite bien des choses. […] Ce retour au Havre, ça a été un double retour gagnant.

RFI : Pour votre retour en sélection, vous battez le Ghana 2-1.

Oui, il s’agit du finaliste de la Coupe d’Afrique, il ne faut pas l’oublier quand même ! Mais il reste un long chemin à parcourir. Ce n’est que le début.

Quel a été le discours du nouveau sélectionneur Aliou Cissé pour vous convaincre de participer à ce match face au Ghana ?

Il m’a simplement dit qu’il était dans un nouveau projet et qu’il allait utiliser son expérience et son vécu en équipe nationale. Parce qu’il a eu une très bonne carrière en équipe nationale. Il essaie de mettre en place ses idées. A nous d’y adhérer.

RFI : Dans un entretien accordé au magazine France Football, le précédent sélectionneur du Sénégal Alain Giresse, qui vous avez tenu à l’écart de l’équipe nationale, dit à votre sujet « il a craché sur tout le monde ». Que lui répondez-vous ?

Demba Ba : (Enervé) Giresse a vu de la salive sortir de ma bouche ? Je n’en ai pas vu moi ! (Il fait mine de partir)

La situation au Yémen est « extrêmement alarmante ». C’est avec ces mots que le haut-commissaire des Nations unies a qualifié l’évolution de la situation dans le pays. Les Houtis combattent férocement pour conquérir le territoire et les avions de la coalition poursuivent leur pilonnage intensif des sites de rebelles. Le nombre de déplacés augmente et l’on craint de plus en plus une pénurie alimentaire. Le président Hadi, réfugié en Arabie saoudite, réclame désormais une intervention terrestre de la coalition.

Les forces saoudiennes et les milices chiites houthis ont échangé ce mardi des tirs d’artillerie et de roquettes sur plusieurs points de la frontière, des affrontements très intenses et sans précédent. Tout le pays semble désormais pris en étau. Si au Nord on assiste désormais à des affrontements directs, au Sud, les milices chiites houthis seraient parvenues à prendre une base militaire du détroit de Bab el-Mandeb. Un lieu stratégique, car ce détroit, d'une trentaine de kilomètres seulement, qui sépare le Yémen de Djibouti, est considéré comme l'une des zones les plus importantes au monde en termes de trafic maritime. Tout navire souhaitant passer le canal de Suez est obligé de l'emprunter. A Aden, la deuxième ville du pays et fief du président yéménite, les Houthis continuent d’exercer leur pression, malgré les bombardements des avions de la coalition.

Pendant que les combats font rage, la diplomatie, elle, est au point mort. L’Iran, qui soutient les Houthis, estime que l’Arabie saoudite commet une erreur stratégique, alors que Riyad affirme que l’offensive de la coalition se poursuivra jusqu’au rétablissement de la stabilité au Yémen. Téhéran estime qu’il est tout de même possible de coopérer avec l’Arabie saoudite pour rétablir le calme et le dialogue au Yémen, mais pour l’instant aucune discussion ne semble avoir été engagée.

Le Yémen au bord de la crise humanitaire

Sur le plan humanitaire, les organisations internationales présentes sur place sont prises au dépourvu et ne parviennent plus à venir en aide à la population. Mardi soir, les Nations unies ont annoncé le retrait de tout son personnel étranger du pays.

Les treize derniers employés étrangers de l’ONU ont quitté le Yémen. Seuls les employés locaux, plusieurs centaines, resteront présents. C’est un porte-parole de l’organisation qui a annoncé la nouvelle, confirmant ainsi les difficultés rencontrées sur place par les organisations internationales pour venir en aide aux civils.

L’intensification des frappes aériennes de la coalition, notamment sur la capitale Sanaa, et la pression exercée par les milices chiites Houthis aux portes d’Aden empêchent tout travail selon différentes organisations.

Il y a des mouvements de panique. Certains produits commencent à manquer.
Hajir Maalim, directeur d'Action contre la faim (ACF) au Yémenpar Elisa Brinai 01/04/2015 écouter

Le Comité international de la Croix-Rouge, n’a pas pu obtenir les garanties nécessaires pour faire atterrir un avion chargé de matériel médical. Médecins sans Frontières (MSF), de son côté, dénonce les fermetures des aéroports internationaux et les restrictions d’accès au port d’Aden. Pour Hajir Maalim, directeur d'Action contre la faim (ACF) au Yémen, il existe à terme un risque de ne plus être en mesure de nourrir la population. Le Yémen dépend essentiellement des importations.

Depuis l’intervention de l’Arabie saoudite, jeudi dernier, des dizaines de civils ont été tués dans les affrontements dont au moins 62 enfants, selon l'Unicef. Les hôpitaux sont réellement pleins de morts et de blessés, selon Cécile Pouilly, porte-parole du haut-commissariat de l'ONU aux droits de l'homme. Les déplacés se comptent par milliers et ont du mal à rejoindre les camps déjà mis en place. Il est « extrêmement difficile d’atteindre les populations touchées, car les mouvements sont très risqués », estime ainsi le directeur des opérations de MSF. Pour Hajir Maalim (ACF) également il est de plus en plus difficile de venir en aide aux déplacés.
L’attaque sur le camp du Nord lundi a effrayé beaucoup de déplacés, alors la plupart rejoignent les villages pour rester dans leurs familles ou bien ils occupent les écoles et tous les bâtiments vides.
Hajir Maalim, directeur d'Action contre la faim (ACF) au Yémen de Elisa Brinai 01/04/2015 écouter

Le ministre yéménite des Affaires étrangères réclame désormais une intervention terrestre de la coalition. Une option très crédible. L’Arabie saoudite a déjà amassé des dizaines de milliers de soldats à sa frontière avec le Yémen.

Rfi

Manuel Valls l'a réaffirmé toute la journée de mardi à l'Assemblée nationale : malgré la défaite aux départementales, la politique économique du gouvernement ne changera pas. Le Premier ministre a néanmoins proposé aux écologistes un pacte de gouvernement, et se dit « à l'écoute ». A l'écoute, mais sans changer de cap et chacun campe sur ses positions.

Le président de la République François Hollande l'a dit : « Le cap, il a été fixé et il sera tenu. »

Tenir, coûte que coûte. François Hollande et Manuel Valls sont sur la même ligne, ne rien changer, au grand désespoir des socialistes frondeurs, et des écologistes, à qui Manuel Valls vient de proposer un pacte de gouvernement. Christophe Cavard est député Europe Ecologie-Les Verts (EELV) : « Ce que fait Manuel Valls nous inquiète un peu parfois sur l’impression qu’il donne de dire, "je les veux", mais à chaque fois dans des conditions telles que, en gros, il fait tout pour qu’on ne vienne pas. »

L’ex-ministre Cécile Duflot renvoie Manuel Valls à son « logiciel périmé ». François Hollande continue de lui faire les yeux doux. Mais jusqu’à quand ?, prévient le socialiste Olivier Faure : « Je préfèrerai qu’elle revienne à de meilleurs sentiments, maintenant si ce n’est pas possible, viendra le jour où effectivement la patience aura assez duré et nous travaillerons avec ceux qui veulent travailler. »

Des débauchages individuels, le chef de l’Etat pour l’instant s’y refuse. Mais comment rassembler sans changer de politique ? « Etre à l’écoute » ne suffit pas. L’équation semble impossible, la situation bloquée. Il y a pourtant péril en la demeure, s’alarme Malek Boutih, député de l’Essonne : « La question qui est posée pour la gauche, c’est est-ce qu’elle va disparaître de la carte politique ou pas ? Se retrouver morcelée, éclatée à la sortie de 2017 ou pas ? »

C’est en effet la principale leçon des élections départementales pour François Hollande : avec une gauche si faible et si divisée, il ne serait pas qualifié pour le second tour de la présidentielle.

Rfi

La commission électorale nigériane a annoncé mardi que le succcesseur du président sortant Goodluck Jonathan serait le principal candidat de l'opposition, Muhammadu Buhari. Retour en cinq points sur le parcours de celui qui aura désormais les rênes du plus peuplé des pays d'Afrique entre les mains durant quatre ans.

    Un musulman originaire du Nord

Muhammadu Buhari est né le 17 décembre 1942 à Daura, dans l’État de Katsina situé au nord du Nigeria à la frontière avec le Tchad. Issu d’une famille nombreuse (il est le dernier d’une fratrie de 23 enfants), le candidat du All Nigeria Peoples Party (APC) s’est marié deux fois et a eu dix enfants.

En 2011, Muhammadu Buhari s’est exprimé publiquement lors d’un séminaire en faveur d’une application totale de la loi islamique dans tout le pays. "Si Dieu le veut, nous n'arrêterons pas l'agitation pour la mise en œuvre totale de la charia dans le pays", avait-il déclaré. Mais en janvier 2015, en pleine campagne électorale, il avait rectifié le tir en défendant la liberté de culte, rappelant au passage n’avoir jamais imposé la charia lorsqu’il était au pouvoir entre 1983 et 1985.

>> Lire aussi Nigeria : Muhammadu Buhari est-il inéligible ?

    Militaire et chef de junte pendant vingt mois

À l’âge de 19 ans, Muhammadu Buhari rejoint l’armée. Suivent plusieurs années de perfectionnement en Grande Bretagne, puis il gravit les échelons pour devenir en 1980 officier général des forces armées nigérianes. Une carrière qui a notamment été accélérée par sa participation en 1966 au coup d’État mené par le lieutenant-colonel Murtala Muhammed pour renverser le régime d’Aguiyi Ironsi.

Quelques années plus tard, en décembre 1983, le général Buhari prendra les rênes du pouvoir après avoir renversé le président Shehu Shagari élu en 1979. Ce passage à la tête de l’État durera jusqu’en août 1985, date à laquelle il est renversé par le général Ibrahim Babangida. Ses vingt mois de gestion du pays ont conduit de nombreuses personnes en prison, dont Fela Kuti, inventeur légendaire de la musique nigériane "afrobeat" et éminent activiste des droits de l'homme.

L’affaire Umaru Dikko est l’un des épisodes les plus célèbres de la présidence Buhara. Dikko, ministre dans le gouvernement renversé, avait alors été kidnappé à Londres par les agents secrets nigérians. Un agent des douanes de l’aéroport de Stansted découvre alors dans une "valise diplomatique" à destination de Lagos, l’ex-ministre inconscient. L'incident avait provoqué une crise diplomatique majeure avec la Grande-Bretagne et quatre hommes avaient été emprisonnés pour enlèvement.

La "méthode Buhari" était donc rude, dans de nombreux domaines. Le quotidien britannique The Telegraph indique par exemple que la tricherie lors d'examens universitaires pouvait conduire à une peine d’emprisonnement de vingt ans et que les fonctionnaires étaient soumis à des punitions physiques en cas de retard au travail.

En 1984 et en 1985 alors que l'Afrique de l'ouest traversait une grave crise alimentaire, Buhari avait fait expulser plusieurs centaines de milliers de Nigériens vivant alors au Nigeria. Aujourd'hui encore l'épisode de cette famine est surnommée "El-Buhari" à l’est du Niger.

>> Lire aussi Nigeria : Muhammadu Buhari, l'anti-Jonathan... et son principal adversaire

    Trois fois candidat malheureux à la présidentielle

Muhammadu Buhari a été désigné candidat en décembre 2014 par le principal parti d’opposition, le Congrès progressiste (APC), avec 3 430 voix, loin devant l'ancien vice-président Atiku Abubakar qui n'a obtenu que 954 voix.

Il avait effectué son retour en politique en 2003 lors de l’élection présidentielle perdue contre l’ancien général Olusegun Obasanjo, qui l'a aujourd'hui rallié. En 2007 et en 2011, il n'avait pas connu un sort plus heureux face à Umaru Yar’Adua puis Goodluck Jonathan. Sa défaite en 2011 a entraîné des violences au cours desquelles un millier de Nigérians au moins ont trouvé la mort.

    Un ticket avec le sudiste Yemi Osinbajo

Pour équilibrer la candidature de son parti face au président sortant, Muhammadu Buhari a désigné le 17 décembre 2014 pour la vice-présidence Yemi Osinbajo, issu de l’ethnie yoruba du sud du pays. Ce dernier, responsable du département de droit public de l’Université de Lagos, a une riche carrière professionnelle. Il fut notamment conseiller spécial du procureur général du Nigeria, membre de la mission des Nations unies en Somalie… Chrétien évangéliste, Yemi Osinbajo a fait partie du comité chargé de rédiger le manifeste du All Progressives Congress (APC) en 2013.

    Une alliance avec l’ancien président Olusegun Obasanjo

Si Muhammadu Buhari a été battu à la présidentielle de 2003 par Olusegun Obasanjo, tous les deux sont d'anciens généraux de l’armée nigériane et leurs rapports sont très bons, au moins depuis que l’ancien président a publiquement déchiré sa carte de membre du Parti démocratique populaire (PDP, au pouvoir), en février dernier.

Obasanjo avait nommé en 1976 Buhari au poste très stratégique de ministre du Pétrole et des Ressources naturelles. Les relations exécrables entre Goodluck Jonathan et Olusegun Obasanjo ont fortement profité à Buhari dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle.

Jeune Africaine

La mise en œuvre de la Lettre de politique sectorielle de la pêche affiche des résultats très négatifs. Avec 1% de réalisation, le secteur de l’aquaculture en est une illustration parfaite. Seules 1000 tonnes de poissons ont été récoltées sur les 100 000 tonnes prévues et pour un investissement de 7 milliards de francs Cfa.

La Lettre de politique sectoriel du département de la pêche a été très faiblement exécutée. C’est la principale conclusion de l’Atelier national de restitution et de validation du rapport, relatif au bilan de la mise en œuvre de la Lettre de politique sectorielle et de l’actualisation du diagnostic du secteur de la pêche et de l’aquaculture, qui s’est tenu hier à Dakar. La Lps de la pêche, qui a porté sur la période 2007-2013, affiche en effet, des résultats très largement négatifs dans la mesure où, indiquent les experts qui les ont auscultés, «l’essentiel des actions, qui ont eu un début d’exécution, l’ont été avec de grands retards». A preuve, le code de la pêche, dont l’élaboration a pris quelques 5 années, n’est toujours pas adopté. Mais là où les carences de la Lps apparaissent le plus clairement, c’est dans le domaine de l’aquaculture. Dans ce secteur, identifié par le Plan Sénégal émergent (Pse) comme un moteur de croissance et qui doit aider à renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations, on enregistre un taux de réalisation de 1%. Selon Cheikh Guèye, chargé de programme à l’Orga­nisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), les chiffres sont éloquents. «Pour un objectif de 100 mille tonnes de poissons, seules 1000 tonnes ont été produites pour un investissement de 7 milliards de francs Cfa.» Cette situation est le résultat du peu d’efficacité et d’efficience des dépenses d’investissement dans ce secteur. De plus, les mesures préconisées par la Lps, à savoir l’adoption de mesures d’exonération des taxes, n’ont pas été mises en œuvre. De même, il n’existe toujours pas de cadre juridique adéquat. Ce qui a un impact direct sur l’investissement privé qui doit pourtant être la base du développement de l’aquaculture.

Dans un de ces objectifs, la Lps cible la valorisation des captures. Là, le niveau d’exécution de 20% est jugé très faible. Les réalisations concernent la mise aux normes des quais de pêche. Mais l’absence d’une politique de suivie et de maintenance ont annihilé les efforts déjà réalisés. De plus, le rapport relève que les capacités de pêche se sont accrues durant la période 2008-2013. Le Sénégal a enregistré 15% de pêcheurs en plus et 38% de pirogues. Cette expansion non programmée est un signe de l’accroissement des capacités de captures et annonce une nouvelle situation où ce sont les pélagiques qui sont en situation de surexploitation, conclut le rapport.

Retard dans les réformes
Malgré un potentiel élevé en termes de production de richesse et de création d’emploi, la pêche n’a pas pu mener à bien toutes les réformes nécessaires à son essor. Et le ministère est indexé puisque, selon le rapport établi par les experts, la Lps n’a pas été portée par les autorités. Même le Budget consolidé d’investissement (Bci) n’a pas suivi ses orientations Lps. «L’échec de l’exécution des réformes prévues et qui sont un préalable dans la gestion durable, affectent l’efficacité globale», indiquent les experts, qui soulignent même que l’essentiel des investissements du secteur ont été réservés aux infrastructures au détriment de la gestion. Toutes ces raisons font que, pour le représentant de la Fao, «la pêche maritime et continentale se trouve dans un état de vulnérabilité qui peut être considéré comme inquiétant». Pour la prochaine Lettre de politique sectorielle qui couvre les années 2015  à 2019, le ministre de la Pêche et de l’économie maritime, Oumar Guèye, plaide pour «l’identification des priorités d’intervention, le coût, le calendrier d’exécution ainsi que les indicateurs de performance et le mécanisme de suivi-évaluation».

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