Contribution

Les partis politiques sénégalais, crise de confiance ou désintérêt ?

Les partis politiques n'ont plus la cote. Et c'est un euphémisme au pointqu’on évoque leur disparition un jour ou l’autre pour laisser la place à des mouvements plus participatifs. Nous constatons une dégénérescence presque programmée des structures partisanes et les militants désertent depuis des années ces partis traditionnels dans lesquels ils ne se reconnaissent plus. Il y’a aujourd’hui une forte tendance au sein de la population sénégalaise pour considérer que ceux-ci ne comprennent pas les problèmes du pays. Ce sentiment est lié au fait que les notables qui lesdirigent refusent d’élargir tout processus de renouvellement et de réformes. Et cetteabsence de renouvellement entraîne la désaffection politique. Comme dans toute activité humaine, la non-concurrence et l’instauration de monopoles de situation finissent par étouffer toutes initiatives. 

Des partis à l’ancienne

Ce sont ces partis à l’ancienne où des milliers de personnes encartées sont toujours convoquées à des réunions de fédérations, de sections, de cellules toutes les semaines pour satisfaire les caprices du chef. Aucune proposition, ni d’offre politique alternative sérieuse n’émane de ses réunions de comité. Ces pratiques finissent par lasser les militants politiques qui luttent en faveur du développement du pays. On peut déplorer que ces partis se contentent de jouer le rôle de machine électorale au service d’aventures personnelles. La politique reste pour eux un territoire où la souveraineté populaire et la citoyenneté ne sont que des illusions. L’absence de débat interne, de structuration, de propositions concrètes et de stratégies de gouvernance engendre une profonde fracture entre le monde politique et les citoyens. En même temps qu’une grande frustration de l’électorat.

Une défiance forte des citoyens vis-à-vis des responsables politiques

Face à cette situationles citoyens aspirent de plus en plus à sortir de ce schéma traditionnel et à mettre en place des formes de démocraties directes ou participatives afin de reprendre en mains leur destin. On voitainsi émerger de nombreux mouvements qui entendent revitaliser la démocratie en remettant le citoyen au cœur du débat public. Le phénomène grandissant de ces nouvelles organisations témoigne d’une volonté de changement. Les mouvements politiques de citoyens sont aujourd’hui une réelle alternative pour une opposition éclairée, forte, lucide, imaginative et déterminée, contre la gouvernance actuelle du pays dans laquelle nos compatriotes sentent captifs.

Le renouveau politique, un vaste chantier

Ma conviction, c’est que nous avons besoin d’un renouveau politique, une nouvelle force capable de dessiner un projet émancipateur, social et économique. Pour être légitime, les mouvements devront s’adresser, rassembler le plus grand nombre en acceptant l’hétérogénéité des cultures et en assurant une cohérence d’ensemble. Mais, et ce point est fondamental, cette mutation ne saurait résulter d’un simple réagencement de l’existant, d’une recomposition à partir des appareils politiques actuels. Le renouveau politique appelle à un vaste chantier, celui d’un véritable « contrat démocratique ». Le potentiel existe dans notre pays dès lors que l’on sort de la politique électoraliste permanente qui bloque toutes les initiatives et interdit toute émancipation citoyenne. Il est impératif de revivifier le débat public afin d’associer toutes les forces vives sénégalaises à la restauration d’un véritable Etat démocratique porteur d’ambitions et d’espoir. Les mouvements politiques citoyens sont les seuls en mesure de pouvoir l’initier. Le mouvement UN AUTRE AVENIR s’inscrit dans cette dynamique pour redorer le blason de la politique et réinventerle dialogue au service des vrais préoccupations et des aspirations de la population sénégalaise.

Ibrahima Thiam, Président d’UN AUTRE AVENIR

Ichrono.info

DISCOURS DE WILLIE LYNCH et l’art de contrôler les esclaves pour mieux en profiter ; asservissement

 

DISCOURS DE WILLIE LYNCH à lire avec calme 

Ce discours a été prononcé par Willie Lynch au bord du fleuve James dans la colonie de virginie en 1712. Lynch était un propriétaire d'esclaves anglais des Caraïbes. Il fut invité pour enseigner ses méthodes aux propriétaires d'esclaves. Le terme « lynching » (lynchage) serait dérivé de son nom
SALUTATIONS
Messieurs, je vous salue ici sur la rive du fleuve de James en l'année mille sept cents douze de notre Seigneur. D'abord, je vous remercie, messieurs de la colonie de la Virginie, de me faire venir ici.
Je suis ici pour vous aider à résoudre certains de vos problèmes avec les esclaves. Votre invitation m'a atteint sur ma modeste plantation des Antilles, où j'ai expérimenté quelques-unes des plus récentes et des plus anciennes méthodes pour le contrôle des esclaves. La Rome antique nous envierait si mon programme était mis en application. Alors que notre bateau accosta au sud du fleuve James, nommé après notre roi illustre, dont nous chérissons sa version de la bible, j'en ai vu assez pour savoir que votre problème n'est pas unique. Tandis que Rome utilisait des cordes de bois comme croix pour tenir les corps humains en grand nombre le long de ses chemins, vous utilisez ici l'arbre et la corde occasionnellement.

J'ai aperçu le corps d'un esclave mort pendu à un arbre quelques kilomètres en arrière. Vous ne perdez pas seulement des réserves de valeurs par la pendaison, vous avez des soulèvements, les esclaves s'enfuient, vos collectes ne rapportent pas le bénéfice maximum, vous souffrez d'incendies occasionnels, vos animaux sont tués. Messieurs, vous savez quels sont vos problèmes. Je n'ai pas besoin de les énumérer, je suis ici pour vous présenter une méthode afin de les résoudre.

Dans mon sac ici, J'AI UNE METHODE COMPLETE POUR CONTRÔLER VOS ESCLAVES NOIRS. JE GARANTIS À CHACUN D'ENTRE VOUS QU'ÉTANT INSTAURÉE CORRECTEMENT, ELLE CONTRÔLERA LES ESCLAVES PENDANT AU MOINS 300 CENTS ANNÉES.
Ma méthode est simple ; n'importe quel membre de votre famille ou de votre entourage peut l'utiliser.

J'ai tracé les grandes lignes d'un certain nombre de différences parmi les esclaves, et je prends ces différences et les rends plus grandes.
J'utilise la MÉFIANCE ET L'ENVIE pour la commande. Ces méthodes ont fonctionné dans ma modeste plantation des Antilles et elles fonctionneront dans tout le Sud. Prenez cette simple petite liste de différences, et méditez dessus.

Au top de ma liste il y a l'ÂGE, mais il est là seulement parce qu'il commence par A. Puis il y a la COULEUR ou teint, l'INTELLIGENCE, la TAILLE, le SEXE, la TAILLE DES PLANTATIONS, le STATUT dans les plantations, l'ATTITUDE DES MAÎTRES, si les esclaves vivent dans la vallée, sur une colline, à l'est, à l'ouest, au nord, au sud, ont les cheveux fins, cheveux bruts, ou sont grands ou courts.

Maintenant que vous avez une liste de différences, je donnerai un contour d'action, mais avant, je vous assure que LA MÉFIANCE EST PLUS FORTE QUE LA CONFIANCE, et L'ENVIE PLUS FORTE QUE L'ADULATION, LE RESPECT OU L'ADMIRATION.
L'esclave noir, après réception de cette endoctrinement, sera « auto-réapprovisionnant » pour des CENTAINES d'années, peut-être des MILLIERS.

N'oubliez pas que vous devez monter le VIEUX mâle noir contre le JEUNE mâle noir, et le JEUNE mâle noir contre le VIEUX mâle noir. Vous devez utiliser les esclaves à peau FONCÉE contre les esclaves à peau CLAIRE, et les esclaves à peau CLAIRE contre les esclaves à peau FONCÉE.

Vous devez utiliser la FEMELLE contre le MÂLE, et le MÂLE contre la FEMELLE. Il faut également que vos domestiques blancs et les contrôleurs se méfient de tous les Noirs, mais il est nécessaire que VOS ESCLAVES VOUS FASSENT CONFIANCE ET DÉPENDENT DE VOUS. ILS DOIVENT VOUS AIMER, VOUS RESPECTER ET NE FAIRE CONFIANCE QU'À VOUS.

Messieurs, ces kits sont vos clés pour la commande. Utilisez-les. Que vos épouses et vos enfants les utilisent, ne manquez jamais une occasion. Utilisez cette méthode de façon intense pendant une année, les esclaves eux-mêmes resteront perpétuellement méfiants.
Merci messieurs,
Willie Lynch


Willie Lynch ou la théorisation de l'esclavage


Ce discours a été prononcé par Willie Lynch au bord du fleuve James dans la colonie de virginie en 1712. Lynch était un propriétaire d'esclaves anglais des Caraïbes. Il fut invité pour enseigner ses méthodes aux propriétaires d'esclaves. Le terme « Lynching » (lyncher) est dérivé de son nom.
MESSIEURS, JE VOUS SALUE ICI SUR LA BANQUE DU FLEUVE DE JAMES EN L'ANNÉE MILLE SEPT CENTS DOUZE DE NOTRE SEIGNEUR. D'ABORD, JE VOUS REMERCIE, MESSIEURS DE LA COLONIE DE LA VIRGINIE, DE ME FAIRE VENIR ICI.


JE SUIS ICI POUR VOUS AIDER À RÉSOUDRE CERTAINS DE VOS PROBLÈMES AVEC LES ESCLAVES. VOTRE INVITATION M'A ATTEINT SUR MA MODESTE PLANTATION DES ANTILLES, OÙ J'AI EXPÉRIMENTÉ SUR QUELQUES-UNES LES PLUS RÉCENTES ET LES PLUS ANCIENNES MÉTHODES POUR LE CONTRÔLE DES ESCLAVES. LA ROME ANTIQUE NOUS ENVIERAIT SI MON PROGRAMME ÉTAIT MIS EN APPLICATION. ALORS QUE NOTRE BATEAU ACCOSTA AU SUD DU FLEUVE JAMES, NOMMÉ APRÈS NOTRE ROI ILLUSTRE, DONT NOUS CHÉRISSONS SA VERSION DE LA BIBLE, J'AI VU ASSEZ POUR SAVOIR QUE VOTRE PROBLÈME N'EST PAS UNIQUE. TANDIS QUE ROME UTILISAIT DES CORDES DE BOIS COMME CROIX POUR TENIR LES CORPS HUMAINS EN GRAND NOMBRE LE LONG DE SES CHEMINS, VOUS UTILISEZ ICI L'ARBRE ET LA CORDE OCCASIONNELLEMENT.


J'AI APERÇU LE CORPS D'UN ESCLAVE MORT PENDU À UN ARBRE QUELQUES KILOMÈTRES EN ARRIÈRE. VOUS NE PERDEZ PAS SEULEMENT DES RÉSERVES DE VALEURS PAR LA PENDAISON, VOUS AVEZ DES SOULÈVEMENTS, LES ESCLAVES S'ENFUIENT, VOS COLLECTES NE RAPPORTENT PAS LE BÉNÉFICE MAXIMUM, VOUS SOUFFREZ D'INCENDIES OCCASIONNELS, VOS ANIMAUX SONT TUÉS. MESSIEURS, VOUS SAVEZ QUELS SONT VOS PROBLÈMES ; JE N'AI PAS BESOIN DE LES ÉNUMÉRER, JE SUIS ICI POUR VOUS PRÉSENTER UNE MÉTHODE AFIN DE LES RÉSOUDRE. DANS MON SAC ICI, J'AI UNE MÉTHODE COMPLÈTE POUR CONTRÔLER VOS ESCLAVES NOIRS. JE GARANTIS A CHACUN D'ENTRE VOUS QU'ÉTANT INSTAURÉ CORRECTEMENT, ELLE CONTRÔLERA LES ESCLAVES PENDANT AU MOINS 300 CENT ANNÉES. MA MÉTHODE EST SIMPLE ; N'IMPORTE QUEL MEMBRE DE VOTRE FAMILLE OU DE VOTRE ENTOURAGE PEUT L'UTILISER.


J'AI TRACÉ LES GRANDES LIGNES D'UN CERTAIN NOMBRE DE DIFFÉRENCES PARMI LES ESCLAVES, JE PRENDS CES DIFFÉRENCES ET LES RENDS PLUS GRANDES. J'UTILISE LA MÉFIANCE ET L'ENVIE POUR LA COMMANDE. CES MÉTHODES ONT FONCTIONNÉ DANS MA MODESTE PLANTATION DES ANTILLES ET CELA FONCTIONNERA DANS TOUT LE SUD. PRENEZ CETTE SIMPLE PETITE LISTE DE DIFFÉRENCES, ET MÉDITEZ DESSUS. AU TOP DE MA LISTE IL Y A L'AGE, MAIS IL EST LÀ SEULEMENT PARCE QU'IL COMMENCE PAR A. LA SECONDE EST COULEUR OU TEINT, IL Y A L'INTELLIGENCE, LA TAILLE, LE SEXE, LA TAILLE DES PLANTATIONS, LE STATUT DANS LES PLANTATIONS, L'ATTITUDE DES PROPRIÉTAIRES, SI LES ESCLAVES VIVENT DANS LA VALLÉE, SUR UNE COLLINE, À L'EST, À L'OUEST, AU NORD, AU SUD, ONT LES CHEVEUX FINS, CHEVEUX BRUTS, OU SONT GRANDS OU COURTS.


MAINTENANT QUE VOUS AVEZ UNE LISTE DE DIFFÉRENCES, JE DONNERAIS UN CONTOUR D'ACTION, MAIS AVANT CELA, JE VOUS ASSURE QUE LA MÉFIANCE EST PLUS FORTE QUE FONT CONFIANCE, ET L'ENVIE EST PLUS FORTE QUE L'ADULATION, LE RESPECT OU L'ADMIRATION. L'ESCLAVE NOIR, APRÈS RÉCEPTION DE CETTE ENDOCTRINEMENT, SERA « AUTO-RÉAPPROVISIONNANT » POUR DES CENTAINES D'ANNÉES, PEUT-ÊTRE DES MILLIERS.


N'OUBLIEZ PAS QUE VOUS DEVEZ MONTER LE VIEUX MÂLE NOIR CONTRE LE JEUNE MÂLE NOIR, ET LE JEUNE MÂLE NOIR CONTRE LE VIEUX MÂLE NOIR. VOUS DEVEZ UTILISER LES ESCLAVES À PEAU FONCÉE CONTRE LES ESCLAVES À PEAU CLAIRE, ET LES ESCLAVES À PEAU CLAIRE CONTRE LES ESCLAVES À PEAU FONCÉE. VOUS DEVEZ UTILISER LA FEMELLE CONTRE LE MÂLE, ET LE MÂLE CONTRE LA FEMELLE. IL FAUT ÉGALEMENT QUE VOS DOMESTIQUES BLANCS ET LES CONTRÔLEURS SE MÉFIENT DE TOUS LES NOIRS, MAIS IL EST NÉCESSAIRE QUE VOS ESCLAVES NOUS FASSENT CONFIANCE ET DÉPENDENT DE NOUS. ILS DOIVENT NOUS AIMER, NOUS RESPECTER ET NE FAIRE CONFIANCE QU'A NOUS UNIQUEMENT. MESSIEURS, CES KITS SONT VOS CLÉS POUR LA COMMANDE. UTILISEZ-LES. QUE VOS ÉPOUSES ET VOS ENFANTS LES UTILISENT, NE MANQUEZ JAMAIS UNE OCCASION. UTILISEZ CETTE MÉTHODE DE FAÇON INTENSE PENDANT UNE ANNÉE, LES ESCLAVES EUX-MÊMES RESTERONT PERPÉTUELLEMENT MÉFIANTS.


FAISONS UN ESCLAVE


C'ÉTAIT DANS L'INTÉRÊT DES ESCLAVAGISTES D'ÉTUDIER LA NATURE HUMAINE, LA NATURE DE L'ESCLAVE EN PARTICULIER, EN VUE DE RÉSULTATS PRATIQUES. MOI-MÊME ET BEAUCOUP D'ENTRE EUX ONT ATTEINT D'ÉTONNANTES CAPACITÉS DANS CETTE DIRECTION. ILS N'AVAIENT AFFAIRE NI À LA TERRE, NI AU BOIS NI À LA PIERRE, MAIS À DES HOMMES, ET POUR LEUR PROPRE SÉCURITÉ ET PROSPÉRITÉ ILS AVAIENT BESOIN DE CONNAÎTRE LE MATÉRIEL SUR LEQUEL ILS ALLAIENT TRAVAILLER. CONSCIENT DE L'INJUSTICE ET DU MAL QU'ILS PERPÉTRAIENT CHAQUE HEURE ET SACHANT CE QU'ILS FERAIENT EUX-MÊMES ILS SURVEILLAIENT CONSTAMMENT LES PREMIERS SIGNES DE « CRAINTIVES RÉCOMPENSES ». ILS OBSERVAIENT DONC AVEC UN ŒIL HABILE, APPRIRENT À LIRE AVEC UNE GRANDE EXACTITUDE L'ÉTAT D'ESPRIT ET LE CŒUR DE L'ESCLAVE, À TRAVERS SON VISAGE.


UNE INHABITUELLE SOBRIÉTÉ, DES DISTRACTIONS APPARENTES, UNE MAUSSADERIE OU UNE INDIFFÉRENCE, TOUTES HUMEURS HORS DE L'ORDINAIRE ÉTAIENT SUFFISANTES POUR LA SUSPICION ET LES ENQUÊTES. « LET'S MAKE A SLAVE » DE FREDERICK DOUGLAS EST UNE ÉTUDE DU PROCÉDÉ SCIENTIFIQUE DU « CASSAGE » DE L'HOMME ET DE LA FABRICATION D'ESCLAVE. CELA DÉCRIT LES RÉSULTATS DES IDÉES ANGLO-SAXONNES ET DES MÉTHODES POUR ASSURER LA RELATION MAITRE/ESCLAVE.


DE QUOI AVONS-NOUS BESOIN?

TOUT D'ABORD IL NOUS FAUT UN HOMME NÉGRO, UNE FEMME NÈGRE ENCEINTE ET SON BÉBÉ NÉGRO. ENSUITE, NOUS UTILISERONS LE MÊME PRINCIPE DE BASE EMPLOYÉ POUR CASSER UN CHEVAL, COMBINÉ AVEC QUELQUES FACTEURS PLUS DURABLE.


CE QUE NOUS FAISONS AVEC LES CHEVAUX C'EST LES CASSER D'UNE FORME DE VIE À UNE AUTRE QUI LES SORT DE LEUR ÉTAT NATUREL. TANDIS QUE LA NATURE LES POURVOIT AVEC LES CAPACITÉS NATURELLES POUR PRENDRE SOIN DE LEUR PROGÉNITURE, NOUS LES CASSONS DE CET ÉTAT D'INDÉPENDANCE ET NOUS CRÉONS DONC UN ÉTAT DE DÉPENDANCE, AINSI NOUS SOMMES CAPABLES D'OBTENIR D'EUX UNE PRODUCTION UTILE POUR LES AFFAIRES ET LE PLAISIR.
PRINCIPES CARDINAUX POUR FAIRE UN NÉGRO


NOUS SAVONS QUE LA MAUVAISE PLANIFICATION ÉCONOMIQUE RÉSULTE EN DES PÉRIODES ÉCONOMIQUES CHAOTIQUES ; DONC POUR ÉVITER DES DOMMAGES DANS L'ÉCONOMIE, NOUS DEVONS PLANIFIER EN DÉTAILS. DE PEUR QUE NOS GÉNÉRATIONS FUTURES NE COMPRENNENT PAS LES PRINCIPES DU CASSAGE : SACHEZ QUE LE CHEVAL ET LE NÉGRO SONT MAUVAIS POUR L'ÉCONOMIE DANS LEUR ÉTAT SAUVAGE. ILS DOIVENT TOUT DEUX ÊTRE CASSÉ ET ATTACHÉ POUR UNE PRODUCTION ORDONNÉE. À DES FINS DE CONTRÔLE, UNE ATTENTION SPÉCIALE ET PARTICULIÈRE DOIT ÊTRE ACCORDÉE À LA FEMELLE ET AU JEUNE ENFANT. CES DERNIERS DOIVENT ÊTRE HYBRIDES POUR PRODUIRE UNE VARIÉTÉ ET UNE DIVISION DE TRAVAIL. TOUS DEUX DOIVENT ÊTRE ENSEIGNÉS À RÉPONDRE À UN NOUVEAU LANGAGE PARTICULIER. DES INSTRUCTIONS PSYCHOLOGIQUES ET PHYSIQUES DE CONTENTEMENT DOIVENT ÊTRE CRÉÉES POUR EUX.


UN ANIMAL ET UN NÉGRO SAUVAGE SONT TOUS DEUX DANGEREUX MÊME SI ILS SONT CAPTURÉS, CAR ILS AURONT TENDANCE À CHERCHER À RETROUVER LEUR LIBERTÉ, ET EN FAISANT CELA, ILS POURRAIENT VOUS TUER PENDANT VOTRE SOMMEIL. VOUS NE POUVEZ PAS VOUS REPOSER. DORMANT QUAND VOUS ÊTES ÉVEILLÉS, ET ÉVEILLÉ LORSQUE VOUS DORMEZ. ILS SONT DANGEREUX PRÈS DE LA MAISON FAMILIALE ET CELA DEMANDE TROP DE TRAVAIL À LES SURVEILLER HORS DE LA MAISON. PAR-DESSUS TOUT, VOUS NE POUVEZ PAS LES FAIRE TRAVAILLER DANS CET ÉTAT NATUREL. C'EST POURQUOI LE CHEVAL ET LE NÉGRO DOIVENT TOUS DEUX ÊTRE CASSÉ; IL S'AGIT DE LES CASSER D'UNE VIE MENTALE À UNE AUTRE. LAISSEZ LE CORPS, PRENEZ L'AME ! EN D'AUTRES TERMES, CASSEZ LA VOLONTÉ DE RÉSISTER. LE PROCÉDÉ DU CASSAGE EST LE MÊME POUR LE CHEVAL ET POUR LE NÉGRO, IL VARIE SEULEMENT ET LÉGÈREMENT EN DÉGRÉ.


MAIS COMME NOUS L'AVONS DIT PLUS TÔT, IL Y'A UN ART DANS LA FAÇON DE FAIRE. VOUS DEVEZ GARDER VOS YEUX ET VOS PENSÉES SUR LA FEMELLE ET SUR L'ENFANT DU CHEVAL OU DU NÉGRO. UN BREF DISCOURS SUR LE DÉVELOPPEMENT DE L'ENFANT VA METTRE DE LA LUMIÈRE SUR LA CLÉ DE CE PRINCIPES ÉCONOMIQUE.
PRÊTEZ PEU D'ATTENTION SUR LA GÉNÉRATION DU CASSAGE ORIGINAL, MAIS CONCENTREZ VOUS SUR LA GÉNÉRATION FUTURE. AINSI, SI VOUS CASSEZ LA MÈRE, ELLE VA CASSER L'ENFANT DANS SES PREMIÈRES ANNÉES DE DÉVELOPPEMENT ET LORSQUE L'ENFANT EST ASSEZ ÂGÉ POUR TRAVAILLER, ELLE VA VOUS LE LIVRER COMME SUR UN PLATEAU CAR SES TENDANCES PROTECTRICES AURONT ÉTÉS PERDUES DURANT LE CASSAGE ORIGINAL.


PAR EXEMPLE PRENEZ LE CAS DE DEUX CHEVAUX SAUVAGES, UNE JUMENT ET UN PONEY, ET COMPAREZ LE PROCÉDÉ DU CASSAGE AVEC DEUX NÉGRO CAPTURÉS DANS LEUR ÉTAT NATUREL, UNE NÈGRE ENCEINTE AVEC SON ENFANT. PRENEZ LE CHEVAL ET CASSEZ-LE POUR UN « CONTAINMENT » LIMITÉ. CASSEZ LA FEMELLE COMPLÈTEMENT JUSQU'À CE QU'ELLE DEVIENNE TRÈS DOCILE, JUSQU'À CE QUE VOUS OU N'IMPORTE QUI PUISSE LA CHEVAUCHER CONFORTABLEMENT. ÉLEVEZ LE CHEVAL JUSQU'À CE QUE VOUS OBTENIEZ LE "MIXAGE" DÉSIRÉ. ENSUITE VOUS POUVEZ LIBÉRER, RENDRE LA LIBERTÉ AU CHEVAL JUSQU'À CE QUE VOUS AYEZ À NOUVEAU BESOIN DE LUI. ENTRAINEZ LA FEMELLE AFIN QU'ELLE VOUS MANGE DANS LA MAIN, ET ELLE ENSEIGNERA SON ENFANT À VOUS MANGER DANS LA MAIN ÉGALEMENT. QUANT AU CASSAGE DU NÉGRO SAUVAGE, UTILISEZ LE MÊME PROCÉDÉ, MAIS VARIEZ LES DEGRÉS ET AUGMENTER LA PRESSION POUR CRÉER UN RETOURNEMENT D'ESPRIT COMPLET. PRENEZ LE NÉGRO MISÉRABLE ET AGITÉ, DÉNUDEZ-LE DEVANT LES AUTRES NÉGROS, LA FEMELLE ET L'ENFANT, BRULEZ-LE, ATTACHEZ CHACUNE DE SES JAMBES À UN CHEVAL DIFFÉRENT FAISANT FACE À UNE DIRECTION OPPOSÉE, FAITES PARTIR LES CHEVAUX POUR LE "DÉCHIRER" DEVANT L'AUTRE NÉGRO. L'ÉTAPE SUIVANTE CONSISTE A PRENDRE UN FOUET ET DE BATTRE AU POINT DE MORT, DEVANT LA FEMELLE ET L'ENFANT. NE LE TUEZ PAS, METTEZ CRAINTE DE DIEU EN LUI AFIN QU'IL SOIT UTILE POUR LES FUTURS REPRODUCTIONS.


LE PROCÉDÉ DE CASSAGE DE LA FEMME AFRICAINE


PRENEZ LA FEMELLE ET FAITES UNE SÉRIE DE TESTS SUR ELLE POUR VOIR SI ELLE SE SOUMETTRA VOLONTAIREMENT À VOS DÉSIRS. TESTEZ LA DE TOUTE LES MANIÈRES, PARCE QU'ELLE EST LE FACTEUR LE PLUS IMPORTANT POUR UNE BONNE ÉCONOMIE. SI ELLE MONTRE LE MOINDRE SIGNE DE RÉSISTANCE À SE SOUMETTRE COMPLÈTEMENT À VOTRE VOLONTÉ, N'HÉSITEZ PAS À UTILISER LE FOUET SUR ELLE POUR EXTRAIRE LA DERNIÈRE PART DE SA NÉGRITUDE D'ELLE. PRENEZ GARDE À NE PAS LA TUER, CAR DANS CE CAS VOUS GASPILLEREZ UNE BONNE ÉCONOMIE. EN ÉTAT DE SOUMISSION COMPLÈTE, ELLE ENTRAINERA SON ENFANT DÈS SON PLUS JEUNE ÂGE À TRAVAILLER QUAND IL SERA EN ÂGE DE LE FAIRE. COMPRENDRE CELA EST LA MEILLEURE DES CHOSES. NOUS ALLONS DONC ALLER PLUS PROFONDÉMENT DANS CE DOMAINE CONCERNANT CE QUE NOUS AVONS PRODUIT DANS LE PROCÉDÉ DU CASSAGE DE LA NÉGRESSE. NOUS AVONS INVERSÉ LA RELATION.


DANS SON ÉTAT NATUREL SAUVAGE LA NÉGRESSE EU UNE GRANDE DÉPENDANCE SUR LE NÉGRO SAUVAGE, ET ELLE AURAIT EU UNE TENDANCE PROTECTIVE LIMITÉE ENVERS SON ENFANT, ET ELLE L'AURAIT ÉDUQUÉ POUR QU'IL SOIT DÉPENDANT COMME ELLE. LA NATURE A CRÉÉ CE TYPE DE BALANCE. NOUS AVONS INVERSÉ LA NATURE EN BRULANT ET "ARRACHANT" UN NÉGRO SAUVAGE ET EN FOUETTANT L'AUTRE AU POINT DE MORT, TOUT CELA EN SA PRÉSENCE. EN ÉTANT SEULE, NON PROTÉGÉE, AVEC L'IMAGE DU MÂLE DÉTRUIT, LA SITUATION L'A POUSSÉE À QUITTER SON ÉTAT PSYCHOLOGIQUE D'INDÉPENDANCE À UN ÉTAT DE DÉPENDANCE FIGÉE. DANS CET ÉTAT, ELLE VA ÉDUQUER SON ENFANT MALE ET FEMELLE EN RÔLE INVERSE. PAR CRAINTE POUR LA VIE DES JEUNES MÂLES ELLE VA LES ENTRAINER PSYCHOLOGIQUEMENT À ÊTRE MENTALEMENT FAIBLE ET DEPENDANT, MAIS PHYSIQUEMENT FORT. PARCE QU'ELLE EST DEVENUE PSYCHOLOGIQUEMENT INDÉPENDANTE, ELLE ENTRAINERA SES ENFANTS FEMELLES À ÊTRE PSYCHOLOGIQUEMENT DÉPENDANTES. QU'AVEZ-VOUS DONC ? VOUS AVEZ LA NEGRESSE À L'AVANT ET LE NÉGRO À L'ARRIERE ET APPEURÉ. C'EST UNE SITUATION PARFAITE POUR L'ÉCONOMIE.


AVANT LE PROCÉDÉ DE CASSAGE, NOUS DEVIONS ÊTRE SUR NOS GARDES À TOUT MOMENT. DÉSORMAIS NOUS POUVONS DORMIR TRANQUILLE, CAR À CAUSE D'UNE GRANDE CRAINTE SA FEMME SE TIENT EN TANT QUE GARDE POUR NOUS. L'ENFANT NE PEUT PAS ÉVITER LE PROCÉDÉ, IL EST UN INSTRUMENT UTILE PRÊT À ÊTRE ATTACHÉ AU CHEVAL DÈS LE PLUS JEUNE ÂGE. LORSQUE L'ENFANT NÉGRO ATTEINT L'ÂGE DE 16 ANS, IL EST COMPLÈTEMENT CASSÉ ET PRÊT POUR UNE LONGUE VIE DE TRAVAIL. PÉRIODIQUEMENT, PAR LE CASSAGE DU NÉGRO SAUVAGE, EN JETANT LA NÉGRESSE SAUVAGE DANS UN ÉTAT PSYCHOLOGIQUE FIGÉ, EN TUANT L'IMAGE PROTECTIVE DU MÂLE, ET EN CRÉANT UN ESPRIT SOUMIS ET DÉPENDANT DU MALE NÉGRO, NOUS AVONS CRÉÉ UN CYCLE QUI TOURNE SUR SON PROPRE AXE POUR TOUJOURS, À MOINS QU'UN PHÉNOMÈNE AIT LIEU ET RÉTABLISSE LA POSITION DE L'ESCLAVE MÂLE ET FEMELLE. NOUS SAVONS DE QUOI NOUS PARLONS PAR EXEMPLE. PRENEZ LES DEUX UNITÉS ÉCONOMIQUES D'ESCLAVE ET EXAMINEZ-LES AVEC ATTENTION.


UNITÉ DE MARRIGAGE DES NÉGROS


NOUS ÉLEVONS DEUX NÉGROS AVEC DEUX NÉGRESSES. ENSUITE NOUS ÉLOIGNONS LE NÉGRO D'EUX ET NOUS CONTINUONS À LES FAIRE TRAVAILLER. SUPPOSONS QU'UNE DES FEMELLES ENFANTE UNE NÉGRESSE ET QUE L'AUTRE ENFANTE UN NÉGRO. LES DEUX NÉGRESSES ÉTANT SANS L'INFLUENCE DE L'IMAGE DU MALE NÉGRO, FIGÉES AVEC UNE PSYCHOLOGIE INDÉPENDANTE, VONT ÉDUQUER LEUR ENFANT DANS DES POSITIONS INVERSES. CELLE AVEC L'ENFANT FEMELLE LUI APPRENDRA À ÊTRE COMME ELLE, INDÉPENDANTE ET NÉGOCIABLE (NOUS NÉGOCIONS AVEC ELLE, À TRAVERS ELLE, PAR ELLE, NOUS LA NÉGOCIONS À VOLONTÉ). CELLE AVEC L'ENFANT NÉGRO ÉTANT SUBCONSCIEMMENT FIGÉ, CRAINT POUR SA VIE ET L'ÉDUQUE AFIN QU'IL SOIT MENTALEMENT DÉPENDANT ET FAIBLE, MAIS PHYSIQUEMENT FORT, EN D'AUTRES TERMES, LE CORPS AU-DESSUS DE L'ÂME. DANS QUELQUES ANNÉES, LORSQUE CES DEUX ENFANTS DEVIENNENT FERTILES POUR UNE REPRODUCTION PRÉCOCE, NOUS LEUR FERONT PERPÉTRER LE CYCLE.

CECI EST UN PLANNING LONG ET DÉTAILLÉ.

ATTENTION : POSSIBILITÉ D'INTRUSIONS NÉGATIVES


NOS EXPERTS NOUS ONT AVERTI À PROPOS DES POSSIBILITÉS QUE CE PHÉNOMÈNE SE PRODUISE ET RÉTABLISSE LES POSITIONS DES SAUVAGES MÂLE ET FEMELLE CAR ILS DISENT QUE L'ESPRIT A UNE FORTE TENDANCE À SE DIRIGER ET SE CORRIGER SUR UNE PÉRIODE DE TEMPS DONNÉ SI CELA TOUCHE À CERTAINES BASES HISTORIQUES SUBSTANTIELLES, ET ILS NOUS ONT AVERTI QUE LE MEILLEUR MOYEN DE GÉRER CE PHÉNOMÈNE EST "D'EFFACER" L'HISTOIRE MENTALE DE LA BRUTE ET DE CRÉER UN MULTITUDE DE PHÉNOMÈNES D'ILLUSIONS, AFIN QUE CHAQUE ILLUSION TOURNOIE DANS SON PROPRE ORBITE, QUELQUE CHOSE SIMILAIRE À UNE BALLE FLOTTANTE DANS UN ASPIRATEUR. CETTE CRÉATION DE MULTIPLES PHÉNOMÈNES D'ILLUSIONS ENTAILLE LES PRINCIPES DE REPRODUCTION DU NÉGRO ET DU CHEVAL COMME MENTIONNÉ PLUS HAUT, LE BUT EST DE CRÉER UNE DIVISION DIVERSIFIÉE DE TRAVAIL, CRÉANT AINSI DIFFÉRENTS NIVEAUX DE TRAVAIL ET DIFFÉRENTES NIVEAUX D'ILLUSIONS À CHAQUE NIVEAU DE TRAVAIL. LE RÉSULTAT EST LA SÉPARATION DES POINTS DE DÉPARTS ORIGINAUX POUR CHAQUE SPHÈRE D'ILLUSION.


POUR NE PAS RENDRE LE SUJET PLUS COMPLEXE CONCERNANT LE BUT, LA RAISON ET L'EFFET DE LA REPRODUCTION DES CHEVAUX ET DES NÉGROS, NOUS ALLONS DONNER LES TERMES DE DÉFINITION SUIVANTS POUR LES GÉNÉRATIONS FUTURES. LE CYCLE OU ORBITE SIGNIFIE QUELQUE CHOSE QUI TOURNE ET AYANT UNE TRAJECTOIRE. L'AXE SIGNIFIE SUR QUOI OU AUTOUR DE QUOI LE CORPS TOURNE. LE PHÉNOMÈNE SIGNIFIE QUELQUE CHOSE AU-DELÀ DES CONCEPTIONS ORDINAIRES, INSPIRANT UN RESPECT MÊLÉ DE CRAINTES ET DE RÊVES. LA MULTIPLICITÉ SIGNIFIE UN GRAND NOMBRE. CELA VEUT DIRE UN GLOBE.


LA REPRODUCTION CROISÉE D'UN CHEVAL SIGNIFIE PRENDRE UN CHEVAL ET LE L'ACCOUPLER AVEC UN ÂNE, VOUS OBTENEZ DONC UNE MULE QUI N'EST PAS PRODUCTIF. LA REPRODUCTION CROISÉE DES NÉGROS SIGNIFIE PRENDRE AUTANT DE BONNES GOUTTES DE SANG BLANC ET LES METTRE DANS AUTANT DE NÉGRESSES QUE POSSIBLE, EN VARIANT LES DOSES AVEC LE TON VOULU, PUIS LES LAISSER S'ACCOUPLER ENTRE EUX JUSQU'À CE QU'UN AUTRE CYCLE DE COULEUR APPARAISSE COMME VOUS LE DÉSIREZ. CELA SIGNIFIE CECI : METTEZ LE NÉGRO ET LE CHEVAL DANS UN POT DE REPRODUCTION, MÉLANGEZ-LE AVEC DES ÂNES ET DU BON SANG BLANC ET QU'EST-CE QUE VOUS OBTENEZ? VOUS AVEZ UNE MULTITUDE DE COULEURS, DES NÉGROS INHABITUELS, CERTAINS AUTO-PRODUCTIFS, D'AUTRES NON, LES UNS ROBUSTES ET LES AUTRE S MOURANTS, NOUS GARDONS CEUX QUI SONT ROBUSTES CAR NOUS NE POUVONS REMPLACER LES MULES PAR D'AUTRES INSTRUMENTS.


LANGAGE CONTRÔLÉ


LA REPRODUCTION TERMINÉE, POUR UN RENFORCEMENT DE LEUR POINT DE DÉPART, NOUS DEVONS COMPLETEMENT ANNIHILER LA LANGUE NATIVE DU NOUVEAU-NÉGRO ET DE LA NOUVELLE MULE ET INSTITUER UN NOUVEAU LANGAGE QUI IMPLIQUERA LA NOUVELLE VIE DE TRAVAIL DES DEUX. VOUS SAVEZ QUE LA LANGUE EST UNE INSTITUTION PARTICULIÈRE. CELA MÈNE JUSQU'AU CŒUR DES GENS. PLUS UN INDIVIDU CONNAIS LA LANGUE D'UN AUTRE PAYS, PLUS IL EST CAPABLE DE SE DÉPLACER DANS TOUS LES NIVEAUX DE CETTE SOCIÉTÉ. DONC, SI UN ÉTRANGER EST UN ENNEMI DU PAYS, AU POINT QU'IL MAITRISE LA LANGUE, À CE POINT, LE PAYS EST VULNÉRABLE À L'ATTAQUE OU L'INVASION D'UNE CULTURE ÉTRANGÈRE. PAR EXEMPLE, SI VOUS PRENEZ UN ESCLAVE ET QUE VOUS LUI ENSEIGNEZ VOTRE LANGAGE, IL CONNAITRA TOUS VOS SECRETS ET IL N'EST PLUS UN ESCLAVE CAR VOUS NE POUVEZ PLUS LE TROMPER, ET ETRE DUPE ET L'UN DES INGRÉDIENTS BASIQUES DE LA MAINTENANCE DU SYSTEME ESCLAVAGISTE. PAR EXEMPLE, SI VOUS DITES À UN ESCLAVE QU'IL DOIT RÉCOLTER "NOTRE CHAMP" ET QU'IL CONNAIS BIEN LA LANGUE, IL SAURA QUE "NOTRE CHAMP" NE SIGNIFIAIT PAS "NOTRE CHAMP" ET LE SYSTÈME ESCLAVAGISTE S'ÉCROULERAIT, CAR IL RELATERAIT LA SOURCE DE CE QUE "NOTRE CHAMP" SIGNIFIAIT VRAIMENT.


VOUS DEVEZ DONC FAIRE ATTENTION EN METTANT EN PLACE LE NOUVEAU LANGAGE CAR LES ESCLAVES SERONT BIENTÔT DANS VOTRE MAISON, VOUS PARLANT "D'HOMME À HOMME" ET C'EST LA MORT DE NOTRE SYSTÈME ÉCONOMIQUE. DE PLUS, LES DÉFINITIONS DE MOTS OU DE TERMES SONT UNE PETITE PARTIE DU PROCÉDÉ. LES VALEURS SONT CRÉÉES ET TRANSPORTÉES À TRAVERS LE LANGAGE. UNE SOCIÉTÉ TOTALE POSSÈDE BEAUCOUP DE SYSTÈMES DE VALEURS "INTERCONNECTÉES". TOUTES LES VALEURS DE LA SOCIÉTÉ ONT DES RELAIS DE LANGAGE POUR LES CONNECTER AFIN DE FONCTIONNER CORRECTEMENT DANS LA SOCIÉTÉ.


MAIS DANS CES RELAIS DE LANGAGE, LES SYSTÈMES DE VALEURS POURRAIENT PROFONDÉMENT ÊTRE INTERFÉRÉ ET CAUSER DES CONFLITS OU UNE GUERRE CIVILE, LE DEGRÉ DE CONFLIT ÉTANT DÉTERMINÉ PAR LA MAGNITUDE DES PROBLÈMES OU DES FORCES RELATIVES D'OPPOSITION PEU IMPORTE LA FORME. PAR EXEMPLE, SI VOUS METTEZ UN ESCLAVE DANS UN ENCLOS DE COCHON, QUE VOUS L'ENTRAINEZ À Y VIVRE ET QUE VOUS LUI INCORPOREZ DE LE CONSIDÉRER COMME UNE SITUATION DE VIE NORMALE, LE PLUS GRAND PROBLÈME QU'IL VOUS CAUSERA ET QU'IL VOUS ENNUIERA POUR QUE L'ENCLOS SOIT PROPRE. ET SI QUELQUE CHOSE EST INCORPORÉ DANS SON LANGAGE AU POINT QU'IL VALORISE UNE MAISON PLUS QUE SON ENCLOS DE COCHON, VOUS AUREZ UN PROBLÈME : L'ESCLAVE SERA BIENTÔT DANS VOTRE MAISON.


MERCI MESSIEURS. WILLIE LYNCH

Le discours de l'esclavagiste William Lynch commenté et analysé par Léon Kidjimalé GRANT


Ce discours a été prononcé par un esclavagiste européen, William Lynch, en 1712. Il avait été invité par ses collègues afin de venir présenter une nouvelle technique de contrôle des Africains déportés aux États-Unis mais qui se révoltaient chaque jour, et mettaient ainsi à mal leurs « affaires ». William Lynch de par sa compétence et l'expertise qu'il avait développé, était devenu un « consultant » en ce domaine.

« Mesdames, Messieurs, Je vous salue ici, en cette année de notre seigneur, 1712. J'aimerais d'abord vous remercier de m'avoir invité. Si je suis là aujourd'hui, c'est pour vous aider à résoudre les problèmes que vous avez avec vos esclaves. J'ai expérimenté dans ma modeste plantation, des méthodes nouvelles de contrôle des esclaves. La Rome antique nous envierait si mon programme était appliqué. Non seulement vous perdez de l'argent en pendant vos esclaves, vous avez aussi des insurrections, des révoltes, vos champs restant ainsi longtemps sans être cultivés, vos propriétés sont souvent victimes d'incendies, votre cheptel est tué. Je ne suis pas là pour énumérer tous les problèmes que vous avez avec ces esclaves, mais pour vous aider à les résoudre.

Je dispose d'une méthode qui vous permettra de contrôler définitivement vos esclaves noirs, et qui a fait ses preuves dans ma propriété. Je vous garantis à tous que si vous l'appliquez correctement, elle vous permettra de contrôler vos esclaves pendant au moins 300 ans. Ma méthode est simple, tout membre de votre famille ainsi que vos ouvriers blancs peuvent l'utiliser. Je fais ressortir un certain nombre de différences parmi les esclaves; il me suffit de reprendre ces différences, de les agrandir, de les exagérer. Puis je suscite la peur, la méfiance, l'envie, la méfiance en eux, afin de les contrôler; par exemple, prenez cette liste de différences: l'âge, la couleur, l'intelligence, la taille, le sexe, la superficie des plantations, l'attitude des propriétaires, le lieu d'habitation des esclaves (vallées, montagnes, l'est, l'ouest, le nord, le sud), le type de cheveux des esclaves (fins ou crépus), la taille des esclaves (grands de taille ou courts).

Je vais ensuite vous donner une stratégie d'action pour mettre tous ces éléments ensemble; mais avant tout, j'aimerais vous dire que la méfiance, le manque de confiance en soi, est plus efficace que le respect ou l'admiration. L'esclave noir, après avoir reçu ce lavage de cerveau, perpétuera de lui-même et développera ces sentiments qui influenceront son comportement pendant des centaines voire des milliers d'années, sans que nous n'avions plus besoin d'intervenir. Leur soumission à nous et à notre civilisation sera non seulement totale mais également profonde et durable. N'oubliez jamais que vous devez opposer les adultes et les noirs âgés aux plus jeunes, les noirs à peau foncée aux noirs à peau plus claire, la femme noire à l'homme noir.

Mesdames, Messieurs, ces solutions sont les clefs qui vous serviront à contrôler vos esclaves. Utilisez-les, faites-en bon usage; faites en sorte que vos femmes, vos enfants, vos ouvriers blancs les utilisent aussi; ne manquez pas cette opportunité. Si vous l'appliquez intensément pendant une année, les noirs eux-mêmes les développeront, les accentueront, et manqueront à tout jamais de confiance en eux-mêmes Cela vous permettra d'asseoir une domination quasi éternelle sur eux. »

Commentaire et analyse du discours par Kidjimalé Léon Grant.

Ce discours est encore d'actualité. Sa portée a été réelle dans l'Amérique esclavagiste. L'esprit de la méthode de William Lynch est tout simple : la mise en évidence d'un certain nombre de différences entre les individus d'un même groupe social, en l'occurrence les Noirs. Il s'appuie pour cela sur l'âge, la couleur de la peau plus ou moins foncée, le sexe, la taille, les cheveux lisses ou crépus...

Par ce moyen, il peut séparer les Noirs. Il peut les empêcher de constituer un groupe pour résister à leur propriétaire blanc. C'est le fameux « diviser pour régner ».
Le texte ne nous dit pas si la méthode a été suivie par les autres fermiers blancs. Mais on peut l'imaginer ...

Pour nous, Africains, des leçons sont à tirées de ce discours face à l'oppression d'où qu'elle émane !
Dans tous les cas, beaucoup de leaders négro-africains tels que Martin Luther King, Nelson Mandela et Gandhi, qui connaissaient ce discours, ont su tirer les conséquences politiques et sociales. Ils ont su maintenir unis ceux avec qui ils menaient le combat pour la liberté des droits.

Gandhi, contre qui les colons anglais, ont opposé Muhammad Ali Jinnah avait essayé en vain de sensibiliser celui-ci contre les ruses de ce discours que les anglais ont adaptées à la situation de l'Inde de l'époque, mais sans succès – c'est-à-dire si la méthode est redoutable !

Mandela, lui, aussi a déployé une énergie immense pour ne pas tomber dans le piège que le régime de l'apartheid avait monté notamment en créant des bantous tans et en attisant les haines tribales entre les Xosas et les Zoulous ...Cela ,malgré les trahisons de Buthélézi et son Inkata...

En Afrique centrale, B. Boganda rêvait d'un Etats-Unis en Afrique centrale. Celui que la France gaullienne lui avait opposé pour faire échouer ce fabuleux projet, fût Léon Mba au Gabon. Sans trop effort, l'on avait réussi à le convaincre que son pays risquerait de partager ses richesses avec d'autres plus pauvres.

En Afrique de l'ouest, la même méthode a été appliquée avec « succès ». Félix Houphouèt-Boigny refusera une fédération des états de l'ancienne colonie française que les panafricanistes de l'époque lui avaient proposée !

« L'esclave noir, après avoir reçu ce lavage de cerveau, perpétuera de lui-même et développera ces sentiments qui influenceront son comportement pendant des centaines voire des milliers d'années, sans que nous (les colons blancs esclavagistes)n'avions plus besoin d'intervenir. Leur soumission à nous et à notre civilisation sera non seulement totale mais également profonde et durable. »

Si je rappelle cette partie du discours de William Lynch, c'est que je pense que c'est le but qu'il recherchait – à savoir soumettre l'homme noir ad vitam aeternam à l'homme blanc, un peu à la manière des dominos qui, succombent les uns après les autres dès la première impulsion.

Lavage de cerveau en vue de pervertir le comportement de l'homme noir, pour le dominer pendant des siècles !
Nous soumettre à leur civilisation. Je ne commenterai pas cette partie, et je renvoie aux écrits de Cheikh Anta Diop et autre Boubou Hama...

Vous avez peut-être constaté que je n'ai pas évoqué un point qu'avait souligné William Lynch, sur les différences qu'il avait citées. En effet il avait mentionné les lieu d'habitation des uns et des autres . Il avait suggéré aussi l'intelligence comme moyen de division !

J'ai été parfois estomaqué de constater que (certains parmi nous qui avant eu l'opportunité d'étudier, de décrocher des diplômes, bref, ceux qui se trouvent intelligents ou intellectuels) expriment un profond mépris pour nos compatriotes moins lotis.
Pire d'ignorer que l'analphabétisme a atteint un record en Centrafrique et parmi les populations noires.

Nous ne devons pas nous laisser instrumentaliser voire flatter comme étant différents des autres. Mais nous devons savoir que si intelligents nous sommes cela nous confère plus d'obligation envers les autres. Je bats ma coulpe pour n'avoir pas aidé nos compatriotes comme j'aurai voulu, à combattre l'ignorance et l'asservissement.

Le tribalisme et le régionalisme participent de cette duperie !

En effet qui n'a pas vu près de lui ou entendu des propos stigmatisant telles ou telles ethnie en R.C.A. ! Surtout lorsqu'un ressortissant d'un groupe ethnique est au pouvoir....

Dans tous les cas, sachons-le, la mayonnaise a bien pris. En être conscient, c'est déjà un début ...
Plus l'on occupe un position sociale importante, plus l'on doit se battre pour l'unité et pour l'épanouissement du plus grand nombre. Se battre pour que la veuve l'orphelin et mes moins nantis aient autant de droit et de chance que les autres.

Notre aliénation remonte donc de loin. Culturellement apprivoisés, nous sommes comme un fleuve qui s'est délité ! Et au premier rang, se trouvent nos dirigeants...

Alors que faire pour commencer ?

Diffuser largement le texte de discours de William Lynch, l'analyser et se l'approprier.

Agir toujours ensemble même si c'est difficile. Sans condamner ou rejeter un individu de bonne volonté ou un groupe qui veut contribuer à un projet politique, économique ou culturel.
Surtout sensibiliser que nous luttons contre une volonté de nous dominer éternellement !!!
Ainsi chacun parviendra progressivement à modifier son comportement. Les actions que nous poserons ensemble seront plus efficaces dans l'intérêt de nos peuples.

Penser aux legs aux générations futures !

Comprendre pour mieux agir....P B Cissoko

La nomination du frère du président à la tête de la Caisse des Dépôts démontre qu’il est urgent de moraliser la vie publique (Par Ibrahima Thiam)

L’un des premiers décrets que signa le président Macky Sall à l’issue du son premier conseil des ministres, au lendemain de la formation du nouveau gouvernement fût la nomination du directeur de la Caisse des Dépôts, en l’occurrence son propre frère, Aliou Sall. Cette décision a soulevé dans le pays un mouvement de protestations car une telle décision, si elle relève de la prérogative constitutionnelle du chef de l’Etat, n’est pas sans rappeler de fâcheux précédents. Tout le monde à encore en mémoire Léopold Sédar Senghor qui nomma son neveu Adrien Senghor ministre à plusieurs reprises, Abdoulaye Wade qui fit de même avec son fils Karim. Et que dire d’Abdou Diouf qui nomma un de ses frères, Maguette Diouf, plusieurs fois ministre et un autre, Badara Diouf, vice-consul ? Ce genre de comportement, indigne d’une démocratie, s’apparente au népotisme à moins qu’il ne se réclame de la transmission héréditaire comme au temps des Buurba Djolof, à la période des royaumes du Walo, où le sceptre revenait de droit à l’héritier de la couronne. Faut-il rappeler qu’il s’agissait alors d’un régime monarchique lui-même héritier de pratiques féodales. Et il n’a échappé à personne que nous avons fait le choix de la République, que nous sommes entrés dans le 21e siècle, et que les privilèges de caste ont été abolis. Nation souveraine ne signifie pas que le président de la République est un souverain, en démocratie seul le peuple l’est. Et ce n’est pas parce que toute une lignée de chefs d’Etat a agi de la sorte qu’on ne doit pas remettre en cause une telle jurisprudence. C’est, au contraire, l’honneur d’un homme d’Etat que de remédier aux dysfonctionnements des institutions où de l’interprétation qui en est faite, et non pas de justifier l’injustifiable.

Eternel débat entre légalité et légitimité

Loin de moi l’idée de contester la légalité de la décision de l’actuel président qui nomme à la tête d’une de nos principales institutions financières (dont le bilan annuel se situe autour de 130 milliards de CFA) et à un poste stratégique un membre de sa famille. Mon propos se situe au regard de la légitimité. De quelles compétences Aliou Sall peut-il se prévaloir pour occuper un emploi à un tel niveau de responsabilité, certainement pas celles de maire de Guédiawaye. Or le favoritisme n’a jamais été un gage d’efficacité dans nos sociétés modernes où le mérite et les compétences doivent être les seuls critères retenus. Une telle nomination créée la suspicion et donne l’image de prébendes distribuées à un affidé du régime, de surcroît frère du président.

Faire ce que l’on dit et dire ce que l’on fait

Il s’agit bien là du fait du prince ce qui soulève un problème éthique, de moralité publique et notre pays s’honorerait à l’avenir de renoncer à de telles pratiques qui n’envoient pas le meilleur signal à la population sénégalaise et à nos différents partenaires étrangers. Le président Macky Sall aurait dû se souvenir qu’un an plus tôt il affirmait « qu’il ne mêlerait jamais sa famille à la gestion de l’Etat ». Une belle intention, malheureusement vite démentie par les faits. Il est vrai que pour certains dirigeants les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent et c’est précisément ce type de comportement qui jette le discrédit sur la classe politique. C’est la raison pour laquelle « Faire ce que l’on a dit et dire ce que l’on fait » sera pour ce qui concerne notre mouvement UN AUTRE AVENIR une ligne de conduite où nous serons inflexibles car c’est à ce prix que nous regagnerons la confiance de nos concitoyens.

Des pratiques contestables à défaut d’être condamnables

Et comme à l’évidence il faut changer, ou plutôt faire évoluer le droit, dans les mois qui viennent nous ferons des propositions pour moraliser la vie publique et faire en sorte que demain les nominations aux plus hautes fonc de l’Etat soient impartiales et au-dessus de tout soupçon. En même temps nous présenterons au pays une nouvelle génération d’hommes et de femmes politiques plus vertueux, qui aspirent à servir le pays et non se servir, car de tels mœurs ne sont plus acceptés par les Sénégalais , en particulier notre jeunesse.

Ibrahima Thiam

Président du mouvement UN AUTRE AVENIR

Ichrono.Info

Sénégal : Evaluation du Code des marchés 2014 et propositions pour optimiser la commande publique par Seybani SOUGOU

 

Sénégal : Evaluation du Code des marchés 2014 et propositions pour optimiser la commande publique par Seybani SOUGOU


Ce compatriote est un robuste intellectuel sénégalais. Technicien dans ses domaines. Chaque fois qu'il s'exprime, qu'il nous livre une production écrite, il nous enseigne, nous alerte et nous ouvre les yeux et l'esprit. Notre pays regorge de talents, que fait-on de ces gens prêts servir, conseiller, proposer, etc. pape Cissoko
Les marchés publics sont des contrats administratifs dont la passation est soumise à une procédure particulière. Le terme de marché public recouvre à la fois une catégorie générique de contrats administratifs et la procédure de dévolution de ces contrats.
Au Sénégal, les passations de marchés étaient auparavant réglementées par le Décret n°82-690 du 07 septembre 1982. 32 ans après, le Décret n°2014-1212 du 22 septembre 2014 portant nouveau code des marchés publics (abrogation du Décret n°2011-04 portant code des marchés publics de 2011), était censé procéder à une refonte complète de la commande publique, avec un double objectif : alléger les procédures, et accroitre l'efficacité de l'achat public.
L'élaboration du code des marchés de 2014 découlait d'une logique simple : rassurer les opérateurs économiques nationaux et étrangers, et initier une politique d'achat public dont le maître mot est la transparence.


Le débat portant sur les entorses au code des marchés publics n'est pas nouveau.
Une étude publiée par la revue Politique africaine (n° 83) en octobre 2001, intitulée « Dessus de table, la corruption quotidienne dans la passation des marchés publics locaux au Sénégal », dévoile un véritable système où la corruption est la norme. Cette étude basée sur des données recueillies au cours d'enquêtes de terrain qui se sont déroulées entre 2000 et 2001, dépeint un univers opaque, où les dossiers d'appels d'offres sont tronqués, où la collusion entre décideurs, fonctionnaires véreux et entrepreneurs est la règle, et où la corruption « légale » règne en maître, faisant dire à un Inspecteur Général d'Etat, sous couvert d'anonymat « Les Sénégalais sont très forts en matière de procédures, ils savent comment les respecter tout en les vidant de leur contenu ».
Une enquête menée par le Forum Civil en 2002 conforte cette étude et concluait que 40 % des chefs d'entreprise considéraient la corruption comme un moyen efficace pour gagner les marchés publics au Sénégal.


Dans un registre similaire, un dossier réalisé par le quotidien Wal Fadjiri en décembre 2004 relatif à la passation des marchés publics au Sénégal révélait une impunité généralisée dans les infractions à la réglementation des marchés publics, le non-respect des règles de mise en concurrence, l'entente illicite, le recours abusif aux marchés de gré à gré, l'entorse au principe d'égalité entre les candidats, le début d'exécution des travaux avant la notification du marché au titulaire, etc.....
En 2015, le rapport de l'Autorité de régulation des marchés publics rendu public (résultat d'audits menés par 5 cabinets entre 2013 et 2014) a fini de démontrer que certains acteurs publics sont de véritables prédateurs de deniers publics.
Ces différentes études démontrent si besoin en était, la nécessité d'établir de nouvelles règles reconnues et respectées par tous en matière de commande publique.
Au vu de ce tout ce qui précède, revoir le dispositif lié à la commande publique est une exigence fondamentale pour permettre au contribuable sénégalais d'avoir une plus grande lisibilité quant aux actions de l'Etat et des collectivités locales dans la passation, la gestion et l'exécution de la commande publique.

A l'instar de la France où 4 réformes majeures ont été initiées dans le domaine des marchés publics en 2001(Décret n°2001-210), en 2004 (Décret n°2004-15), en en 2006 (Décret n°2006-975), en 2016 (Décret n°2016-360). Ces réformes ont pour objet de renforcer la transparence et d'assurer l'efficience dans les procédures de contrats publics. La réforme de 2016 a permis la transposition dans le droit national de 3 directives communautaires : Directive 2014/23/UE, Directive 2014/24/UE, Directive 2014/25/UE.


Pour le Sénégal, s'engager dans une démarche similaire permettrait non seulement de définir une politique d'achat claire où les principes majeurs d'égalité de traitement, de libre concurrence, de liberté d'accès à la commande publique, et de transparence seraient valables, mais également de responsabiliser les acteurs en sanctionnant les dérives émanant d'entrepreneurs, d'agents de l'Etat ou des collectivités territoriales, contrevenant à ces règles.
Le présent document a pour objet de suggérer des axes d'amélioration.


1. Simplifier le Code des marchés publics


La rédaction du code des marchés publics doit se traduire par la mise en évidence des objectifs recherchés (mise en concurrence, transparence, efficacité du choix) et des principes fondateurs du droit de la commande publique, préalablement à la description des procédures.
La simplification des textes est une nécessité pour alléger les contraintes administratives qui pèsent sur les fournisseurs. Une présentation plus pédagogique doit être recherchée, afin de rendre le texte plus lisible et plus opérationnel, depuis l'expression des besoins et des critères de choix jusqu'au contrôle de l'exécution du marché. L'objectif de simplification doit aussi viser à supprimer certaines dispositions, qui sous couvert de responsabiliser les autorités contractantes constituent une prime au laxisme.
La simplification des textes et des règles issus du code des marchés public doit aller de pair avec la modernisation des procédures de passation, en particulier par le recours aux nouvelles technologies, facteur d'allégement et d'accélération des échanges.


2. Propositions


Proposition n°1 : Harmoniser la législation nationale avec les normes juridiques régionales


Le code des marchés doit permettre une meilleure articulation entre les règles d'origine nationale et celles d'origine régionale (OHADA « Organisation pour l'harmonisation du Droit des Affaires en Afrique »). L'harmonisation des normes juridiques nationales dans le cadre de l'UEMOA s'inscrit dans un processus de coopération accrue entre les pays africains doit être poursuivie. L'application des règles issues de la Directive N°01/2009/CM/UEMOA portant code transparence dans la gestion des finances publiques de l'UEMOA, révèle de nombreuses insuffisances, notamment s'agissant du volet « réglementation relative aux marchés publics».


Proposition n°2 : Appliquer les principes fixés par le code des marchés publics de 2014


Une procédure de passation de marchés publics se construit autour d'un mode de consultation et de dévolution. La réglementation impose une discipline de comportement respectant l'égalité de traitement des candidats, l'équité des choix et exige une construction formaliste constituée de règles de publicité, de délais, et de conditions d'accès.
Du point de vue formel, des avancées notables ont été notées dans la rédaction du code des marchés de 2014. Toutefois, elles ne sont guère suivies d'effets.
Des améliorations pourraient être apportées portant sur les points suivants :


• Mise en place d'indicateurs de performance dans les dossiers d'appel d'offres afin d'éclairer au mieux le choix du titulaire qui doit d'effectuer sur la base de critères objectifs et impartiaux,
• Garantir l'égalité des offres lors de la mise en concurrence en accordant des délais identiques à toutes les entreprises concurrentes, en ne faisant pas bénéficier une entreprise, précédemment attributaire, d'informations essentielles de nature à lui procurer un avantage sur les autres candidates, et en harmonisant les délais de communication des informations et documents qui doivent être raisonnables et identiques,
• Faciliter l'accès à la commande publique aux entreprises nouvellement créées, en leur per

mettant de justifier leurs capacités par toutes des pièces équivalentes, lorsqu'elles ne sont pas en mesure, compte tenu de leur date de création, de produire les documents et renseignements exigés,
• Assurer la gratuité totale du dossier d'appel à la concurrence (article 58 du code), qui continue à être monnayé « au prix fort » par certaines autorités contractantes,
• Faciliter l'accès du Dossier d'appel d'offre aux petites entreprises situées à Ziguinchor, à Thiès, à Kaolack, à Diourbel ou à l'intérieur du pays, un moyen de favoriser la décentralisation et l'implantation d'entreprises dans ces localités,


• Elargir la chaîne des sanctions au niveau pénal (aggravation des peines aussi bien pour les agents de l'Etat ou des collectivités territoriales contrevenant aux règles de l'achat public que les chefs d'entreprise ou hommes d'affaires coupables de pratiques visant à favoriser la corruption ou les dessous de table).
De telles réformes doivent être au cœur des préoccupations des pouvoirs publics. De même, la prise en compte de la dimension éthique, comme le prévoit la charte de la transparence et d'éthique en matière de marchés publics, adoptée par le Sénégal en 2005 (Décret n°2005-276), pourrait faire l'objet d'une vulgarisation au niveau des acteurs en charge de la passation des marchés publics.


Proposition n°3 : Privilégier l'achat responsable dans la définition des critères de jugement des offres


La soumission des entreprises aux marchés publics implique de leur part une attention toute particulière aux lois, réglementations et conventions collectives en vigueur. A ce titre, l'engagement des entreprises soumissionnaires au titre des exigences sociales pourrait être un des éléments d'appréciation de la pertinence de l'offre.
Le critère social (recrutement de personnes en difficulté, lutte contre le chômage des jeunes), de même que le critère environnemental concourent à accroître les bénéfices sociétaux par la mise en place d'une commande publique responsable. A terme, pour faire le meilleur usage possible des deniers publics, l'achat public devrait combiner 3 critères :


o 1-les critères permettant d'évaluer le rapport qualité/prix de l'offre,
o 2-les critères évaluant la performance environnementale,
o 3-les critères permettant d'évaluer la valeur sociale de l'offre.


A titre d'exemple, le législateur belge a adopté une loi du 27 février 2002 visant à promouvoir une production socialement responsable. Ce texte crée un label que les entreprises peuvent utiliser dans la promotion des produits et qui est octroyé selon des critères qui comprennent le respect des normes définies dans les conventions de base de l'Organisation internationale du travail, l'interdiction du travail forcé, l'interdiction de toute discrimination en matière de travail et de rémunération, l'âge minimum fixé pour le travail des enfants ainsi que l'interdiction des pires formes de travail des enfants.


Proposition n°4 : Définir des critères d'évaluation des offres clairs et objectifs


La notion de pondération des critères doit permettre d'établir une grille et un système de notation afin de pouvoir comparer de manière objective les offres entre elles. Or, les critères établis par la personne publique sont des indicateurs qui permettent, d'une part de décrire et qualifier le besoin à satisfaire, d'autre part de juger de l'adéquation entre l'offre proposée par le candidat et l'attente de l'acheteur. De ce point de vue, le critère est susceptible d'une évaluation qui, théoriquement peut varier de 0% à 100% selon l'application du principe de pondération.


L'évaluation ainsi attribuée reflète la performance de l'entreprise candidate par rapport au critère défini et permet de motiver suffisamment le choix du titulaire. La définition de critères clairs et objectifs limite le référé précontractuel. Le référé précontractuel (recours suspensif) permet aux soumissionnaires évincés dans le cadre d'une consultation, « qui ont un intérêt à conclure le contrat et qui sont susceptibles d'être lésées par le manquement invoqué », de contester la procédure. C'est une garantie de transparence et d'équité pour le prestataire. A ce titre, le délai observé entre la date d'information des candidats non retenus et la date de notification du marché doit être scrupuleusement respecté par les entités publiques. C'est une garantie de transparence et d'équité pour le prestataire. A ce titre, le délai observé entre la date d'information des candidats non retenus et la date de notification du marché doit être scrupuleusement respecté par les entités publiques.


Proposition n°5 : Alléger le formalisme et supprimer les contraintes pour les entreprises


Une procédure de marché public se construit avec les prestataires. La présentation du dossier de candidature des entreprises pourrait être simplifiée. La procédure de délivrance des documents administratifs doit être allégée en privilégiant, si nécessaire, les attestations sur l'honneur. La possibilité de régulariser les dossiers de candidature (erreurs matérielles) doit être étudiée. La transmission de certains documents obligatoires pourrait être exigée au moment de l'attribution du marché. Les délais de paiement doivent être réduits et respectés pour ne pas pénaliser les entreprises.


Proposition n°6 : Uniformiser les seuils et exercer un contrôle approfondi sur les procédures DRP


Le Code des marchés publics actuel se réfère à plusieurs seuils (cf article 53 du code des marchés publics), en fonction du montant du marché et selon qu'il s'agit d'un marché de travaux, de fournitures et de services ou de prestations intellectuelles.


o Pour les marchés de travaux (Etat, Collectivités territoriales et Etablissements publics), le seuil pour un appel d'offres ouvert est fixé 70 millions CFA.
o Pour les marchés de fournitures et de services, (Etat, Collectivités territoriales et Etablissements publics), le seuil pour un appel d'offres ouvert est fixé 50 millions CFA.
o Pour les marchés de prestations intellectuelles (Etat, Collectivités territoriales et Etablissements publics), le seuil pour un appel d'offres ouvert est fixé à 50 millions CFA.
On dénombre ainsi différents seuils dont la pertinence n'est pas forcément établie. On pourrait abaisser le seuil prévu pour les marchés de travaux (uniformisation avec les marchés de fournitures et services, et de prestations intellectuelles). Parallèlement, il serait judicieux d'exercer un contrôle approfondi des procédures DRP qui permettent à des acteurs de contourner les principes de la commande publique.


Proposition n°7 : Supprimer la disposition figurant dans le code 2014 relative aux offres spontanées


Il s'agit d'une innovation introduite dans le code 2014, dont les motivations sont suspectes. En matière de marchés publics, le principe de base, préalable à tout achat public, concerne la définition du besoin. L'article 5 du code des marchés publics de 2014 précise « qu'avant tout appel à la concurrence, consultation ou négociation, l'autorité contractante est tenue de déterminer aussi exactement que possible la nature et l'étendue des besoins à satisfaire ». La notion d'offre spontanée (article 81) part du principe que l'autorité contractante peut donner suite à une offre d'un fournisseur, sur initiative de ce dernier, lorsqu'elle « présente un intérêt général manifeste ». En fait, la « notion d'intérêt général manifeste » est floue, incertaine, et ouvre la voie à toutes sortes de dérives (entente illicite en amont, corruption active ou passive, détournement de procédures, etc...).

Lors de la rédaction du nouveau code des marchés de 2014, la Banque Mondiale avait adressé une sévère mise en garde au pouvoir en place, liée à la nature de cette « disposition ». Il serait judicieux de supprimer cette disposition qui n'a pas sa place dans le code des marchés publics.


La simplification et le souci de réduire les délais ne doivent pas conduire à détourner l'acte d'achat public de sa vocation initiale. L'article 6 du code des marchés publics est extrêmement clair quant à son libellé « les plans de passation des marchés doivent être transmis à la Direction centrale des marchés publics au plus tard le 1er décembre de l'année budgétaire considérée ; celle-ci vérifie la conformité du document et en assure la publication dans les 03 jours francs suivant la réception. L'acte d'achat n'est pas un acte spontané. Un besoin doit être identifié en amont, et formalisé dans un cahier des charges.
L'idée selon laquelle le code des marchés publics est un frein pour la réalisation de programmes de développement ne repose sur aucun argument convaincant. Cette posture a surtout pour objet de permettre à certains acteurs de se soustraire au jeu de la concurrence, et de pouvoir s'adonner en toute impunité à des pratiques de malversations et de corruption par la technique des retro commissions.


Proposition n°8 : Clarifier la portée du premier alinéa de l'article 48 concernant la sous-traitance


Le premier alinéa de l'article 48 relatif aux conditions de la sous-traitance mérite une clarification pour éviter une collusion entre l'autorité contractante et le prestataire. En effet, l'article 48 du code des marchés portant sur les modalités de la sous-traitance précise « qu'un titulaire de marchés publics de travaux ou d'un marché public de service peut sous-traiter l'exécution de certaines parties du marché jusqu'à concurrence de 40% de son montant, à condition d'avoir « obtenu l'accord préalable de l'autorité contractante». Cette formulation est suffisamment floue pour créer les conditions d'une entente (pratique de rétro commissions). La forme de cet accord n'étant pas définie par le code, il convient de réécrire l'article 48 du code des marchés, d'en définir précisément les modalités ou de supprimer tout simplement ladite mention pour lever toute équivoque.


Proposition n°9 : La dématérialisation des procédures : une exigence des temps modernes


La dématérialisation des procédures est une exigence des temps modernes. Dans l'Union Européenne, les soumissionnaires peuvent retirer le dossier de consultation des entreprises et déposer leur candidature par voie électronique. Un prestataire situé en Pologne, en Espagne ou aux Pays Bas, a la possibilité de consulter un avis d'appel public à la concurrence au JOUE (Journal officiel de l'Union européenne) et soumissionner à un appel d'offres dans n'importe quel pays de l'Union. S'engager dans une démarche de dématérialisation des procédures d'achats, pourrait permettre au Sénégal de tirer profit des formidables opportunités offertes par les Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication. Par exemple, une entreprise domiciliée au Mali, en Côte d'Ivoire ou en Afrique du Sud pourrait soumissionner en ligne.


Proposition n°10 : La formation d'un personnel qualifié dans la passation, la gestion et l'exécution des marchés


La formation des agents de l'Etat et des collectivités territoriales est un enjeu majeur dans la vie d'une Nation. La formation des agents permet de rationaliser l'achat public : uniformisation des process, homogénéisation des pratiques, recours à des marchés transversaux, mutualisation des achats de plusieurs services de l'Etat ou des collectivités territoriales, négociation, réduction des coûts.


Proposition n°11: Promouvoir le Partenariat Public Privé (PPP)


Les contrats passés dans le cadre de la loi Partenariat Public Privé (partenariat entre administrations publiques et des entreprises du secteur privé) participent aussi de cette logique qui consiste à favoriser la satisfaction des besoins des pays émergents ou en voie de développement en termes d'infrastructures ou d'équipements. Ces contrats qui se distinguent en droit français à la fois de la délégation de service public et du marché public, trouvent leur source d'inspiration dans le droit anglais (Private Financial Investment) ; ou le droit canadien (contrats globaux avec transfert d'équipements). Ils figurent en bonne place des contrats mis en place par la Banque Mondiale pour financer des opérations de développement. Les contrats partenariat public-privé permettent d'associer sur une longue durée (20 ou 30 ans) une entreprise privée au financement, à la réalisation ou à la gestion d'un équipement public. Compte tenu des enjeux financiers colossaux, ces partenariats doivent être valorisés.


Proposition n°12 : Instaurer un régime de quota pour les marchés passés par « par entente directe »


Les dispositions relatives à l'article 76 du code des marchés publics qui régissent les marchés passés par entente directe sont totalement dévoyées du fait de stratégies de contournement opérées par les autorités contractantes. La prolifération des marchés de gré à gré, dont les montants sont faramineux favorisent les ententes illicites et la corruption à grande échelle. Il est urgent de clarifier la portée de l'article 76 qui constitue un régime dérogatoire. Deux options peuvent être envisagées :
- Renforcer les attributions de la Direction centrale des marchés publics, en conférant à son avis (article 76) un caractère contraignant, sous la forme d'un « Avis conforme ; et supprimer du code la possibilité de saisine du Comité de règlement des différends (ARMP) offerte aux autorités contractantes, ainsi que le Pouvoir octroyé au Premier Ministre d'ordonner la poursuite de la procédure, « au motif impérieux d'intérêt général »,

- D'autre part, instaurer un régime drastique de quota pour les autorités contractantes, de façon à limiter sensiblement le recours à ce type de procédure.


Proposition n°13 : Recentrer l'Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP) sur sa mission


Autorité administrative indépendante, l'ARMP a entre autres, pour mission de réguler le système de passation de marchés publics et de délégations de service public et de formuler des propositions.


Néanmoins, le fonctionnement de cette structure est loin d'être satisfaisant, surtout s'agissant des décisions rendues par un de ses organes, le Comité de règlement des différends statuant en Commission des litiges, dans le cadre d'une saisine. Dans de nombreux dossiers de marchés publics traités par l'ARMP, les décisions rendues ne prennent en compte ni les avis de la DCMP (fondés en Droit), ni le principe de l'intérêt général (bon usage des deniers publics).


A titre d'exemple, dans une procédure ouverte relative à un marché de fournitures de bureau et de consommables informatiques passé par la Direction de l'Imprimerie nationale en 2016, l'ARMP a rejeté l'offre d'un candidat au motif que son offre « est anormalement basse » ; le candidat n'ayant pas, selon l'instance « justifié la réalité économique du prix de son offre ». Dans les procédures de marchés publics, la notion d'offre anormalement basse est l'une des plus complexes à appréhender par les acheteurs publics. Démontrer qu'une offre est anormalement basse suppose que l'autorité contractante soit en mesure, d'identifier les caractéristiques d'une offre basse, ensuite de demander des justifications au candidat, et dans un troisième temps ,d'apprécier la pertinence des éléments de réponse fournis par le candidat au regard desquels ; le mode de fabrication des produits, les solutions techniques adoptées, les conditions exceptionnellement favorables dont dispose le candidat pour réaliser les prestations, l'originalité de l'offre, etc.. Une offre anormalement basse ne se présume pas et ne se décrète pas à l'emporte-pièce. Elle doit être prouvée et attestée de manière objective.


Dans le cas d'espèce, l'ARMP s'est simplement bornée à « confirmer » l'appréciation de l'autorité contractante, sans procéder à une vérification de fond, lésant un prestataire dont l'offre était moins disante, tout en étant conforme aux prescriptions du cahier des charges. Les pratiques de certaines autorités contractantes, voire de certains administrateurs de crédits ne sont ni conformes à l'intérêt général, ni au bon usage des deniers publics. Il appartient à l'ARMP de rectifier le tir, et d'exercer pleinement sa fonction de veille et de contrôle en toute autonomie.
De 2012 à 2016, la liste interminable de marchés gré à gré passés avec l'approbation de l'ARMP donne le vertige. Les scandales liés aux marchés par entente directe portent sur des centaines de milliards de CFA. Chaque mauvaise dépense équivaut a un impact sur la construction d'écoles, de postes de santé, sur la réalisation d'équipements publics et plus globalement sur le niveau de vie des populations.


Conclusion


Le Sénégal n'est pas confronté à un problème de textes. Le pays dispose de l'une des législations les plus élaborées qui existent dans le monde. Le Décret n°2014-1212 du 22 septembre 2014 portant code des marchés publics fait référence à de nombreuses dispositions :
1. Directive n°04/2005/CM/UEMOA du 09 décembre 2005,
2. Acte Uniforme du 17 avril 1997 de l'Organisation pour l'harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA),
3. Loi organique 2012-23 du 27 décembre 2012,
4. Loi 65-50 du 19 juillet 1965 portant code des obligations civiles et commerciales modifiée,
5. Loi 65-51 du 19 juillet 1965 portant code des obligations de l'administration modifiée,
6. Loi 90-07 du 20 juin 1990 relative à l'organisation et au contrôle des entreprises du secteur parapublic et au contrôle des personnes morales de droit privé bénéficiant du concours financier de la personne publique,
7. Loi 2013-10 du 28 décembre 2013 portant code général des collectivités territoriales,
8. Décret n°2005-276 du 22 juin 2005 portant charte de transparence et d'éthique en matière de marchés publics...


On pourrait allonger la liste indéfiniment... Ce qui frappe au Sénégal, c'est l'extraordinaire décalage entre les textes et leur application, entre les proclamations d'intention et les actes. C'est ce qu'il convenu d'appeler le grand écart. A ce jour, la gouvernance sobre et vertueuse relève de la simple rhétorique. Toutes les lois, tous les dispositifs, tous les textes, aussi élaborés et pertinents soient-ils ne pourront produire des effets si ceux qui sont en charge de les appliquer ne sont pas mus par des principes d'intégrité, de déontologie et par le souci constant de défendre l'Intérêt Général. La sécurité juridique de l'achat public, la transparence des procédures, l'impartialité du choix, la prévention du délit de favoritisme dans l'attribution des marchés ne sauraient se limiter à une simple « écriture de textes ». Le préalable consiste à asseoir une culture de la responsabilité individuelle et collective.


Au Sénégal comme dans beaucoup de pays africains, les contrats publics constituent un moyen pour les décideurs et fonctionnaires véreux, en complicité avec des entrepreneurs (dont la boulimie financière est sans limite) de s'adonner à un véritable pillage des deniers publics, le tout dans une « apparente légalité ». De telles pratiques prédatrices hypothèquent le développement du pays et compromettent durablement l'avenir de millions de citoyens. Elles sont assimilables à de véritables crimes financiers et doivent faire l'objet de sanctions pénales appropriées, avec une tolérance Zéro pour ces nouveaux « prédateurs » des temps modernes.
Le présent document ne prétend pas épuiser le champ des possibles. Mais, dans un contexte où la bonne gouvernance est érigée en principe majeur, et demeure un leitmotiv des autorités publiques, assainir l'univers de la commande publique est on ne plus urgent.


Seybani SOUGOU – E-mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

logotwitterFacebook