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Morgan Howen

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C’était Chirac l’Africain

Tout a été dit et écrit sur les relations entre J. Chirac qui vient de mourir à l’âge de 86 ans et l’Afrique. Pendant des années celles-ci furent sulfureuses pour se pacifier ensuite et tendrent vers des rapports plus harmonieux. C’est pourquoi la faible représentation des chefs d’Etat du continent aficain à ses obsèques lundi à Paris est étonnante et pour certains décevante.

Certes au début de sa vie politique l’ancien président de la République s’était inscrit dans la droite ligne des relations biaisées entre la France et l’Afrique entretenues par ses prédécesseurs. L’histoire de la Françafrique n’a  pas été écrite par lui, même s’il a eu tôt fait une fois arrivé au pouvoir de recourir aux lumières du père Joseph de la 5ème République, l’éminence grise de De Gaulle, je veux parler de Jacques Foccart. Rappelons toutefois que Giscard avec Journiac et Mitterand avec son fils Jean-Christope (Papamadit) n’ont pas fait mieux.

La Françafrique un pré-carré stratégique

Certes l’indépendance de la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest avait été acquise au cours des années soixante mais la France entendait bien, des années plus tard, avec ce pré-carré, dont elle avait tellement tiré de richesses au temps des colonies, conserver des rapports privilégiés. Ce qui ne la mettait pas à l’abri de certaines critiques. Il faut dire que l’Afrique est depuis longtemps un enjeu stratégique et économique pour les grandes puissances, Son sol comme sons sous-sol est très convoité. Et après la Grande-Bretagne, le Portugal, la Belgique, la France au XIXème siècle il suffit de voir aujourd’hui l’appétit grandissant de la Chine envers ce contient tellement riche en matières premières et en terres cultivables.

Un expert des anciennes civilisations

Peu à peu les relations ont cependant pris un angle différent pour une raison simple, J. Chirac était non seulement passionné mais un grand connaisseur, pour ne pas dire un expert, des anciennes civilisations. Pour lui l’origine de l’humanité ne datait pas de l’ère chrétienne ou de Périclès mais bien des vieilles civilisations africaines et asiatiques, chose que N. Sarkozy avait beaucoup de mal à admettre. Alors, quand bien même il lui est arrivé de déraper comme lorsqu’il a évoqué « les bruits et les odeurs » (allusion à la présence des immigrés lors d’un discours prononcé à Orléans le 19 juin 1991) phrase à l’origine de la polémique que l’on sait, il serait malhonnête de ne pas lui faire crédit de son profond attachement au continent africain.

Des fréquentations parfois douteuses

Chirac aimait en effet sincèrement l’Afrique et les africains quand bien même il a protégé – au nom des intérêts supérieurs français – des chefs d’Etat pas toujours très fréquentables comme Omar Bongo au Gabon ou Eyadema président du Togo  tous deux ayant gouverné leur pays durant près de quarante ans, ce qui faisait dire à l’occupant de l’Elysée en 1990 que « l’Afrique n’était pas mure pour la démocratie » ou encore « la démocratie est un luxe pour les africains ». Des amitiés controversées donc, mas pas que.

A Saint-Sulpice, un parterre africain clairsemé

Ces relations quelques fois ambigües expliquent sans doute que seuls Denis Sassou N’guesso (Congo-Brazzavile), et Theodoro Obian Nguema Mbasogo  (Guinée équatoriale), Ismael Omar Guelleh, président de la République de Dijouti, sans oublier Abdou Diouf l’ancien président du Sénégal, ont effectué le déplacement à l’église Saint-Sulpice. Peut-être aussi parce que Jacques Chirac a quitté le pouvoir depuis douze ans maintenant et que cette histoire africaine qu’il a inspirée durant un septennat et un quinquennat est désormais derrière nous. Le monde arabe qui lui vouait une grande popularité pour son refus de la guerre en Irak brillait aussi par son absence le roi Mohamed VI du Maroc n’ayant pas daigné être à Paris (raison invoquée : une pneumopathie « diplomatique ») et s’était fait représenter par le prince héritier Moulay El Hassan.

Une mémoire à géométrie variable

Ce manque de reconnaissance de l’Afrique et du Maghreb  à l’égard de celui qui avait osé affirmer que l’Europe, dont la France, avait « saigné l’Afrique pendant quatre siècles et demi » paraîtra regrettable aux yeux de certains. Mais n’est-ce pas le propre de l’homme d’avoir la mémoire courte ? Voyant cela d’où il est aujourd’hui il dirait peut-être avec un certain humour :  » Cela m’en touche une sans faire boucher l’autre« 

Jean-Yves Duval, Directeur d’Ichrono