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Morgan Howen

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Au G7 de Biarritz, l’art de la diplomatie avec un grand A

Les opinions publiques s’interrogent, et à bon escient, sur l’utilité des grandes rencontres internationales. Outre le fast qui entoure ce genre de sommets, le coût de son organisation, la sécurité, les manifestations d’opposants, etc. celles-ci se demande à quoi peuvent bien servir les entretiens bilatéraux et multilatéraux entre grands dirigeants de la planète.

Ce qui s’est passé à Biarritz le week-end dernier apporte la meilleure des réponses. Dans un monde fragilisé par les guerres, les famines, les mouvements migratoires, à l’heure où la planète est assise sur un baril de poudre (nucléaire iranien, missiles balistiques coréens, conflit Inde/Pakistan sur le Cachemire, etc.) il est crucial que ceux à qui nous avons confié nos destinées puissent se réunir et parler franchement, directement entre eux, sans intermédiaires. Ne dit-on pas « de la discussion jaillit la lumière ». Le dialogue est indispensable, et on peut le vérifier dans notre vie de tous les jours, pour désamorcer des crises. En terme politique c’est ce qu’on appelle la diplomatie.

La diplomatie dernière arme avant la guerre

La diplomatie, on l’oublie trop souvent, est le dernier rempart avant la confrontation et tout l’art des diplomates est de parvenir à un compromis à partir de positions divergentes. Et il n’est jamais facile, lorsque chacun campe sur ses positions de faire évoluer, progresser, des idées car chacun estime être dans son bon droit et n’entend pas faire de concessions à l’autre. C’est encore plus vrai lors que les dirigeants au pouvoir ont de fortes personnalités comme c’est le cas d’un Trump, d’un Poutine, d’un Erdogan, sans parler de quelques dirigeants européens sujets aux excès d’humeur et à la susceptibilité exacerbée.

l’art du compromis et non de la compromission

Il faut alors beaucoup de tact, de doigté, d’intelligence politique, aux conseillers diplomatiques, aux « sherpas », des différents chefs d’Etat pour bâtir des stratégies d’apaisement, de conciliation. Les avancées du G7 à propos de dossiers sensibles est le résultat de nombreuses journées et nuits de concertation, d’échanges entre les ministères, de propositions, (et non de compromissions). Les négociateurs doivent également avoir toujours présent à l’esprit qu’aucune décision ne doit humilier l’autre. Aucun dirigeant ne doit en effet perdre la face auprès de son opinion publique, de son électorat et donner une impression de faiblesse, d’avoir cédé à son interlocuteur. La diplomatie n’est rien d’autre qu’un jeu d’équilibristes, souvent périlleux.

Le rôle subtil de la diplomatie

Régler des problèmes sans violences est un exercice difficile, subtil, on le constate chaque jour dans nos sociétés. Or la conduite des Etats signifie pour chaque pays d’établir des choix stratégiques, commerciaux (le lien diplomatie et commerce remonte à l’âge du bronze), économiques, culturels, militaires, en matière de politique étrangère. Ceux-ci sont souvent le résultat d’alliances nouées au cours des siècles passés, d’accords internationaux, de la signature de traités. Et comme le disait Raymond Aron « lorsque l’ambassadeur échoue c’est le soldat qui entre en scène ». Il y a ainsi une continuité entre la diplomatie et la guerre. Il arrive aussi que des accords « de paix » comme à Munich en 1939 ne soient qu’un chiffon de papier et qu’en plus de la guerre les négociateurs connaissent le déshonneur (dixit Churchill).

De l’âge du bronze à aujourd’hui

Et n’imaginons pas que nous découvrons aujourd’hui l’importance des relations diplomatiques. Les échanges culturels et économiques entre l’Europe et le Maghreb remontent au moins depuis l’antiquité carthaginoise, le traité de Rome avec Carthage date de 508 avant J.-C. En Asie, dès le 2ème millénaire avant Jésus-Christ existait un réseau diplomatique important en Mésopotamie puis avec les empires du Moyen-Orient comme l’attestent des tablettes cunéiformes d’ambassadeurs. En Europe même la diplomatie fait son apparition dès la Grèce Antique, puis à l’époque féodale en particulier en Andalousie et l’on doit à Colbert de Torcy d’avoir fondé la première académie politique en 1722 pour former des secrétaires d’ambassade. Rappelons enfin que pour Talleyrand, un maître en la matière, un bon diplomate se doit d’être doté d’un bon instinct et d’habileté.

La noblesse du métier de diplomate

Au sommet du G7, à Biarritz, ce week-end les caméras se sont focalisées sur les chefs d’Etat été les premières dames, mais dans les coulisses, de façon invisible, des dizaines de diplomates n’ont cessé d’œuvrer pour permettre que s’accordent des points de vue différents, quelques fois opposés, et faire ainsi que les puissants de ce monde privilégient davantage la paix à la guerre. C’est là toute la noblesse de la diplomatie et du métier de diplomate.

Jean-Yves Duval* Directeur d’Ichrono

*ancien auditeur au Centre d’études diplomatiques et stragéques