La 29e édition des Universités du Ramadan s’est achevée à Tivaouane sous l’égide du Dahiratoul Moustarchidina Wal Moustarchidaty (Dmwm). Entre réflexions sur l’Intelligence artificielle et mise en garde contre les agendas de dépravation, ce rendez-vous intellectuel majeur a réaffirmé l’urgence de préserver les valeurs islamiques face aux fractures du monde contemporain.
Les rideaux sont tombés sur la 29e édition des Universités du Ramadan, carrefour de l’excellence intellectuelle, dont le thème central, «La Oummah à l’épreuve du monde contemporain : défis, fractures et recomposition», a tenu toutes ses promesses. Durant presque tout le mois béni, Tivaouane-la-pieuse a vibré au rythme de ce grand rendez-vous culturel et intellectuel, devenu incontournable pour la Oummah islamique.
La cérémonie de clôture a été rehaussée par la présence de Cheikh Al Seydi Mouhamadou Moustapha Sy Al Makhtoum, Responsable moral du Dmwm. Fondé au début des années 1970, ce mouvement spirituel continue de porter haut l’étendard de l’éducation religieuse et de la quête de la «bonne direction» à travers ses célèbres universités.
Des sommités au chevet de la Oummah
«Une édition particulièrement réussie», s’est réjoui Cheikh Tidiane Sarr, coordonnateur du comité scientifique. Il a souligné la qualité exceptionnelle des débats, animés par des sommités venues de divers horizons : Touba, Tivaouane, Médina Baye, Ndiassane, Diamal, et du monde académique avec la présence des professeurs Souleymane Bachir Diagne, Mbaye Thiam, Bakary Samb, ainsi que de nombreux experts et cadres du Dmwm. Les discussions ont permis d’analyser en profondeur les fractures idéologiques et doctrinales qui divisent la Oummah, notamment le schisme entre Sunnites et Chiites, exacerbé par les tensions géopolitiques actuelles entre l’Iran et ses adversaires.
La jeunesse face aux périls modernes
Sous l’impulsion de Mame Cheikh Ahmed Tidiane Sy «Capitaine», qui a assuré les cours inaugural et de clôture, deux thématiques ont particulièrement captivé la jeunesse. D’abord, les agendas de destruction morale : une mise en garde contre les lobbys tentant d’inoculer aux jeunes les «virus de la dépravation». «Le mouvement s’interroge : comment protéger l’intégrité morale de la jeunesse face à ces assauts coordonnés ? Quand on parle d’agendas de destruction morale, on fait état de tous ces agendas-là et de tous ces individus-là qui s’agitent pour détruire la jeunesse musulmane, en lui inoculant les virus de la dépravation, les germes donc de la turpitude», dit-il. «Comment faire aujourd’hui pour faire face à ces lobbies ? Comment faire face à ces agendas-là qui n’ont d’autre objectif que de détruire moralement la jeunesse musulmane», se questionne-t-il. Et enfin, l’Intelligence artificielle et l’éthique islamique : si les réseaux sociaux (TikTok, Facebook…) sont des outils formidables de savoir, les disciples de Serigne Moustapha Sy ont alerté sur leurs dérives. L’objectif reste de tirer profit de la technologie sans succomber aux «pièges de la turpitude».
Un thème à l’épreuve de l’actualité
Le comité scientifique a noté avec une pertinence quasi prophétique, que le thème de cette année a coïncidé avec l’escalade des tensions internationales impliquant les Etats-Unis, Israël et l’Iran. Cette actualité brûlante démontre, s’il en était besoin, la nécessité pour la Oummah de penser sa propre recomposition. «C’est vrai, c’est un support important qui permet aux jeunes de découvrir, d’apprendre et de promouvoir donc toutes leurs facultés. Mais, à côté de cela aussi, il y a un côté négatif que les valeurs islamiques que nous incarnons rejettent», notent les Moustarchidines. Pour eux, «l’idéal, c’est donc de comprendre comment faire pour que cette jeunesse musulmane puisse tirer profit de ces réseaux sociaux sans tomber dans les pièges et autres turpitudes qui sont drainés par ces mêmes réseaux sociaux ?».
Avec un taux de satisfaction estimé à plus de 90%, Cheikh Tidiane Sarr a conclu en rendant un vibrant hommage à l’inspirateur du projet : «C’est sous l’inspiration de Serigne Cheikh Mouhamadou Moustapha Sy que nous choisissons chaque année les thématiques. Nous prions pour le guide spirituel qui fait de ce rendez-vous un phare pour la communauté.»

