Marché financier de l’Umoa : Perspectives pour le reste de l’année 2026

Alors que le marché régional de la zone Umoa affiche une dynamique soutenue en ce début d’année, le Sénégal se distingue par une gestion active de son encours de dette souveraine. Selon le dernier rapport d’Umoa-Titres arrêté au 28 février 2026, le pays confirme son statut d’émetteur de référence sur le Marché des titres publics (Mtp), derrière de la Côte d’Ivoire. Le Marché des titres publics, piloté par l’agence Umoa-titres, continue ainsi de jouer son rôle de catalyseur du développement économique régional, offrant aux Etats membres, et singulièrement au Sénégal, les ressources nécessaires à la mise en œuvre de leurs politiques publiques. Les données chiffrées sont basées sur le document officiel «Liste des titres publics émis par voie d’adjudication en vie» publié par Umoa-Titres en février 2026.

Face à une situation économique compliquée, c’est une présence affirmée du Sénégal sur le marché régional qui se consolide. Au sein de l’Union, le Sénégal figure parmi les principaux moteurs de l’activité financière. Au 28 février 2026, l’Etat du Sénégal dispose d’un portefeuille diversifié de titres en vie, répartis entre Bons assimilables du Trésor (Bat) pour le court terme et Obligations assimilables du Trésor (Oat) pour le financement de long terme. Bien que le volume total d’encours de la zone soit porté aussi par des pays comme la Côte d’Ivoire (7122 milliards F Cfa) ou le Burkina Faso (2892 milliards F Cfa), le Sénégal maintient une stratégie d’émission régulière visant à lisser le profil de remboursement de sa dette. Il compte au total 142 titres en vie pour un encours total de 4758, 26 milliards F Cfa. Il se répartit en Bons assimilables du Trésor de l’ordre de 1046, 82 milliards F et en Obligations assimilables du Trésor fixées à 3711, 43 mil­liards de F.

Si l’on sait que les Bons du Trésor du Sénégal servent en majorité à payer les salaires des fonctionnaires et à maintenir le train de vie de l’Etat, on voit ce que peut coûter la classe dirigeante à l’économie. Et cela explique la diversité des taux de remboursement de ces bons.

Entre maturité et rendement

Les titres sénégalais se caractérisent par une diversité de maturités. Le Trésor sénégalais continue de solliciter le marché sur des segments variés, allant des titres de 3 ans à des maturités plus longues de 7 à 10 ans, censés permettre ainsi de financer des projets d’infrastructures structurants du pays. Dans un contexte régional où les taux de coupon oscillent généralement entre 5, 50 et 6, 50% selon les maturités (à l’image des émissions du Bénin ou du Togo), le Sénégal parvient à capter l’épargne régionale à des conditions fixées entre un plus de 5 et 6, 75%. Au même niveau que les pays de l’Aes et de la Guinée-Bissau, alors que la Côte d’Ivoire est essentiellement dans les 5%. Cela est un gros démenti au discours qui prétend que la signature du pays ne s’est pas dégradée, car cela démontre par ailleurs que ces finances ainsi levées sur le marché obligataire servent en partie à refinancer la dette, en plus de régler les dépenses courantes de l’Etat.

Perspectives pour le reste de l’année 2026

Avec un calendrier d’émissions qui reste dense, le Sénégal devra relever le défi du refinancement de certaines échéances arrivant à terme au cours du prochain semestre. La stabilité du cadre macroéconomique et la qualité de la signature du Sénégal restent des atouts majeurs pour attirer les investisseurs institutionnels de l’Union tels que les banques et les compagnies d’assurance. La situation économique du pays est compliquée, mais elle n’est pas aussi dégradée que celle des pays sahéliens enclavés et en butte à l’irrédentisme terroriste.

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