Dix-huit mois après la chute de Sheikh Hasina, le Bangladesh se prépare à reprendre son destin en main lors d’un double scrutin jeudi 12 février. Les électeurs sont appelés pour des législatives doublées d’un référendum constitutionnel. Pour la première fois depuis des décennies, les bulletins de vote ne sont plus l’apanage des vétérans. Actrice centrale du soulèvement de 2024, la Génération Z s’invite dans la course électorale.
Dans le quartier d’Uttara, à Dacca, Ayesha Siddiqua Meghla tient son dernier meeting. Figure montante de la société civile, elle vient du mouvement étudiant de la Génération Z, qui a contribué à faire tomber Sheikh Hasina en aout 2024.
Comme elle, des centaines de jeunes se sont engagés dans la campagne électorale.
Son camarade, Ariful Islam Adeeb, issu du même mouvement, a choisi de présenter sa propre candidature : « La génération Z et les leaders étudiants sont pleinement engagés dans notre campagne. Ils sont particulièrement prêts pour le changement, afin de bâtir un nouveau Bangladesh.»
Crainte d’un basculement rigoriste
Son parti s’est allié au mouvement religieux, la Jamaat-e-Islami, créant une coalition dirigée par le docteur Shafiqur Rahman.
Mais ce calcul stratégique qui crispe une partie de la Génération Z bangladaise, qui craint un basculement rigoriste. C’est le cas d’Adeeba, qui a participé au soulèvement de 2024 : « En tant que femme, l’inquiétude est là. J’ai peur que l’espace public se referme, que travailler ou étudier devienne un combat. C’est ma principale raison.»
Le BNP prône un retour à la stabilité
Face à cette coalition, le BNP et les partis traditionnels promettent un retour à la stabilité. Menés par Tarique Rahman, dont la formation a clos sa campagne par sept grands rassemblements à Dacca.
Après 15 ans dans l’opposition, ce parti vise un retour au pouvoir. Il s’appuie sur un réseau de partisans toujours présent dans les quartiers dans la capitale.
Hafizul en fait partie. Il cite fièrement son candidat local : « Assim Junguer Ossim, de la circonscription de Dhaka-18, est un homme de bien, un candidat excellent du BNP. »
Pour la première fois, la jeunesse bouscule les chiffres : selon Transparency International Bangladesh, 28 % des candidats ont moins de 44 ans. Le renouveau est porté par les visages du soulèvement de 2024, qui a renversé Sheikh Hasina et la Ligue Awami, aujourd’hui exclues du scrutin.
RFI

