Au Boulevard Mamadou Dia, sous un ciel bleu percé par le vrombissement des hélicoptères, le Sénégal a célébré, hier, le 65ᵉ anniversaire de son accession à la souveraineté internationale. Une parade militaire et civile «impeccable», première du genre sous le régime du Président Bassirou Diomaye Faye.
Les années passent, mais la signature reste la même : le décor est solennel. Il est 9h 30 lorsque le chef de l’Etat, Bassirou Diomaye Faye, fait son entrée sur les lieux, accueilli par le Premier ministre Ousmane Sonko, le ministre des Forces armées Birame Diop et les plus hautes autorités militaires. Calme. Maîtrisé. Souriant. A bord du véhicule de commandement, il passe en revue les troupes. Peu après, des décorations sont remises à plusieurs officiers et blessés de guerre.
Le public exulte. Mais la sécurité est maximale. Les accès sont filtrés, les fouilles rigoureuses. Seuls les détenteurs de carton d’invitation et de badge passent les portiques de sécurité. Très vite, les hélicoptères déchirent le ciel. Sur les toits des bâtiments, les tireurs d’élite veillent.
Derrière les barrières dressées tout au long du périmètre du défilé, le public tient le coup malgré la durée du cérémonial. Certains sont là depuis les premières heures du jour. En effet, pour cette 65ᵉ édition de la Fête de l’indépendance, le Sénégal a convié ses voisins et frères d’armes. Les présidents Adama Barrow (Gambie), Umaro Sissoco Embaló (Guinée-Bissau), Mohamed Ould Ghazouani (Mauritanie), ainsi que le vice-président nigérian Kashim Shettima, ont répondu présents. Ils sont accueillis par le Premier ministre Ousmane Sonko et le Général Birame Diop, avant de prendre place à la tribune officielle, sous les honneurs des officiels sénégalais qui se sont levés pour saluer leur présence.
Au micro central, l’Adjudant Dominique Mandy de la Direction des relations publiques des Armées (Dirpa) partage l’antenne avec la journaliste Oumy Ndour. Ensemble, ils annoncent les arrivées des personnalités : le Chef d’état-major général des Armées (Cemga), le Général de corps d’armée Mbaye Cissé, Martin Faye, Haut-commandant de la Gendarmerie nationale, Malick Ndiaye, président de l’Assemblée nationale, etc. Soudain, le fracas des coups de canon emplit l’air. Le spectacle peut commencer. Le Sénégal se montre. Le Sénégal s’assume.
De la gare du Brt de Petersen à l’ex-Place de l’Obélisque, les drapeaux flottent à perte de vue. Les détachements de la police, de la gendarmerie, des sapeurs-pompiers, des douanes, des armées de terre, de mer et de l’air avancent au pas cadencé. L’arsenal est lourd : 387 véhicules, 93 motos, 14 aéronefs, 9 embarcations, des chevaux de l’Escadron monté de la Gendarmerie nationale.
Aussi, pour ce défilé grand format, plus de 1344 civils (élèves des établissements publics et écoles de formation et la Sonaged), 4611 personnels des Forces de défense et de sécurité ont participé à la prise d’armes. Pour le défilé civil, les élèves de l’Institut Notre Dame de Dakar ont ouvert la marche. Les majorettes du Lycée John F. Kennedy ont fermé la marche avec grâce et rigueur. C’est beau, c’est rythmé, c’est festif. Cependant, après le défilé à pied, à travers les écrans géants, le public a suivi également un film illustrant le thème de ce 65ème anniversaire de l’indépendance, à savoir «Vers la souveraineté technologique et industrielle des Forces de défense et de sécurité». Un choix qui fait écho à une volonté politique qui ambitionne de développer une souveraineté en matière de défense et de sécurité, comme indiqué dans la Vision Sénégal 2050 du Président Bassirou Diomaye Faye. «A cet horizon, le Sénégal aura renforcé son dispositif sécuritaire de prévention et d’appréhension des menaces traditionnelles et émergentes, internes et externes, et garanti ainsi l’ordre public et la paix sociale», lit-on dans un document remis à la presse.
Le souvenir des héros d’hier
Mais au-delà des blindés, il y a aussi le défilé du ministre de la Culture (défilé traditionnel). Une immersion dans l’histoire nationale avec la mise à l’honneur des grandes figures de la résistance : la reine de Cabrousse Aline Sitoé Diatta, Alpha Molo Baldé, Maba Diakhou Ba, Lat Dior Ngoné Latyr Diop et sa Linguère, Salmone Faye, Alboury Ndiaye, Ndjeumbeut Mbodj et son époux le roi Mor Trarza, la reine Ndatté Yalla Mbodj, Ceerno Souleymane Baal… Revêtus de leurs habits d’époque, incarnés par des jeunes formés à la mise en scène historique. C’est la mémoire du pays qui marche, qui avance, qui défile. 4 heures de cérémonie, une foule compacte du début à la fin, une ferveur palpable, un dispositif impressionnant. Le Sénégal a donné à voir. Et à croire sur ses forces.