Candidature de Macky Sall annoncée à l’Onu : Bougar Diouf dénonce un déni de démocratie

Le soutien public de Bougar Diouf à une éventuelle candidature de Macky Sall au Secrétariat général de l’Onu a mis le feu aux poudres. Alors que Aminata Touré acte l’«auto-exclusion» du leader de l’Ups pour indiscipline, ce dernier dénonce une décision arbitraire et illégale, ouvrant une zone de turbulences au sein de la mouvance présidentielle.

C’est depuis l’Allemagne, où elle participe à la Conférence de Munich sur la sécurité, que la présidente de la Coalition Diomaye Président a tranché. Aminata Touré a annoncé l’éviction de Bougar Diouf, président de l’Union des panafricanistes sénégalais (Ups). Le grief est précis : malgré une mise en garde préalable, M. Diouf a tenu une conférence de presse pour appeler au soutien de l’ancien Président Macky Sall pour le poste de Secrétaire général des Nations unies. Pour Aminata Touré, cet acte constitue une rupture nette avec la ligne de la coalition. «Monsieur Bougar Diouf s’est auto-exclu. Nous sommes résolument engagés à soutenir le Président Bassirou Diomaye Faye, conformément aux lettres d’engagement signées», a-t-elle martelé.

Face à la fuite récurrente de délibérations internes, la responsable politique a également annoncé un «reformatage» imminent du groupe de la coalition, fort de 396 membres, pour des raisons de sécurité organisationnelle.

La riposte : Bougar Diouf dénonce un déni de démocratie

La réaction de l’intéressé ne s’est pas fait attendre. Via sa page Facebook, Bougar Diouf a vigoureusement contesté cette éviction, la qualifiant d’«illégale» et d’«injustifiée». Le leader de l’Ups estime que son droit à la défense a été bafoué. «Je n’ai pas été informé de cette décision et je n’ai pas eu l’occasion de me défendre», a-t-il fustigé, dénonçant une mesure arbitraire qui porterait atteinte à la liberté d’expression. Pour lui, l’Ups reste une entité autonome, et son opinion sur une question diplomatique internationale ne saurait constituer une trahison envers le projet Diomaye Président.

Un duel politique à suivre

Si Bougar Diouf se dit «prêt au dialogue», il refuse de se laisser intimider et maintient son attachement au projet initial de la coalition. Pour édifier l’opinion nationale et internationale, il a annoncé la tenue prochaine d’un point de presse.

Cette passe d’armes pose la question de la cohésion au sein de la vaste alliance ayant porté Bassirou Diomaye Faye au pouvoir, entre discipline de groupe et autonomie des partis alliés.