CAN – Les Lions obtiennent leur 2ème étoile : l’éclair de Pape Guèye

Le Sénégal a conquis une deuxième étoile au terme d’une finale électrique contre le Maroc (1-0). Mais au-delà du but libérateur de Pape Guèye en prolongations, cette soirée restera gravée dans les mémoires pour des scènes de chaos inédites qui ont frôlé l’interruption définitive du match à cause de décisions arbitrales controversées. Ce dimanche 18 janvier 2026, le Stade Moulay Abdallah n’était plus une enceinte sportive, mais une poudrière. Entre un retrait du terrain historique, une «Panenka» manquée et un éclair de génie, le Sénégal a décroché sa deuxième étoile (1-0) au terme d’un scénario que même le plus audacieux des scénaristes n’aurait osé écrire. Chronique d’une finale entre enfer et gloire.

Une finale au bord de la rupture. L’atmosphère était déjà lourde avant le coup d’envoi. La Fédération sénégalaise de football (Fsf) s’était plainte de l’accueil réservé aux Lions : problèmes d’hébergement, manque de sécurité et quotas de billets jugés insuffisants. Sur le terrain, la tension a explosé à la 92ème minute lorsque l’arbitre a refusé un but sénégalais, avant d’accorder, quelques instants plus tard, un penalty litigieux au Maroc.

Pris par l’émotion et un sentiment d’injustice, le sélectionneur Pape Thiaw a ordonné à ses joueurs de quitter la pelouse. Pendant près de 15 minutes, le monde du football a retenu son souffle devant un terrain vide, sous les sifflets d’un Stade Moulay Abdallah en ébullition.

Le calme de Sadio Mané face à la fureur

Alors que des supporters tentaient d’envahir le terrain et que des affrontements éclataient en tribune de presse, un homme a joué les médiateurs : Sadio Mané. Resté sur le bord de la touche, le «Roi lion» a convaincu ses coéquipiers de reprendre le combat. Un choix payant, puisque Edouard Mendy a stoppé la «Panenka» de Brahim Díaz, envoyant le match en prolongations, avant que Pape Guèye ne libère le Peuple sénégalais.

L’étincelle : 15 minutes de vide et de fureur

Tout a basculé à la 92e minute. Alors que Ismaïla Sarr pensait avoir libéré le Peuple sénégalais d’une tête rageuse, l’arbitre Jean-Jacques Ndala annule le but pour une faute peu évidente de Abdoulaye Seck sur Achraf Hakimi. Quatre minutes plus tard, le ciel tombe sur la tête des Lions : après consultation de la Var, un penalty est accordé au Maroc pour un tirage de maillot de El Hadji Malick Diouf sur Brahim Díaz.

C’en est trop pour Pape Thiaw. Dans un geste de défi sans précédent, le sélectionneur ordonne à ses joueurs de regagner les vestiaires. «C’était une question de dignité. On sentait un poids trop lourd contre nous depuis notre arrivée à la gare d’Agdal», confiera un membre du staff en zone mixte. Pendant 14 minutes d’interruption, le match est suspendu au milieu des projectiles et des affrontements entre supporters et Forces de l’ordre en tribunes.

Le tournant : le calme olympien de Edouard Mendy

C’est finalement sous l’impulsion de Sadio Mané que les Lions acceptent de reprendre. A la 24e minute du temps additionnel, le stade retient son souffle. Brahim Díaz s’élance pour offrir le titre au Maroc. Dans un excès de confiance, il tente une «Panenka». Mais Edouard Mendy, resté de marbre, capte le ballon sans même plonger. «A ce moment-là, on a su que plus rien ne pouvait nous arriver. La psychologie du match avait changé de camp», témoigne le capitaine Kalidou Koulibaly, suspendu pour la finale, mais présent au bord du terrain.

Le terrain : l’éclair de Pape Guèye

Le début des prolongations voit un Sénégal transfiguré par le sentiment d’injustice. A la 94e minute, Neil El Aynaoui perd le ballon au milieu de terrain. Pape Guèye s’en saisit, élimine deux défenseurs et déclenche une frappe monumentale du gauche qui vient se loger sous la barre transversale de Bono. Un silence de plomb s’abat sur Rabat, brisé seulement par les cris des 2800 supporters sénégalais parqués dans leur virage. C’est une guerre psychologique usante : le gardien remplaçant, Yehvann Diouf, a été plaqué au sol par des «stadiers» alors qu’il tentait de protéger les serviettes de Edouard Mendy, régulièrement dérobées par des ramasseurs de balles locaux.