CAN 25 : Sadio Mané, encore et toujours lui

Victorieux des Pharaons (1-0), ce mercredi à Tanger, les Lions de la Teranga se qualifient pour leur troisième finale lors des quatre dernières éditions. Grâce à un éclair de Sadio Mané, le Sénégal s’offre le droit de rêver à une deuxième étoile, dimanche prochain. Au revoir Tanger, qui a été une terre de Lions. Rabat, prépare-toi : les rois arrivent.

Le syndrome de la bête noire : jamais deux sans trois. L’adage est cruel pour l’Egypte, mais il confirme une hiérarchie désormais établie sur le continent. Après la finale de 2022 à Yaoundé et les barrages du Mondial 2022, les Pharaons ont une nouvelle fois courbé l’échine face au Sénégal. Au Grand Stade Ibn Batouta de Tanger, les hommes de Pape Thiaw ont imposé leur loi, prouvant que le trône de l’Afrique est à portée de main des Lions. Les valises sont bouclées, les cœurs sont lourds d’émotion, mais légers d’espoir. Tanger a offert la qualification aux Lions, Rabat leur doit la gloire.

Pourtant, cette demi-finale avait tout d’un traquenard. Face à un bloc égyptien compact et solidaire, les Sénégalais ont dû puiser dans leurs ressources mentales pour ne pas sombrer dans la frustration.

Un scénario de crise surmonté avec sang-froid

Le début de rencontre a failli tourner au cauchemar pour les champions de 2021. Dès la 16e minute, le capitaine Kalidou Koulibaly écope d’un carton jaune. Sanction lourde de conséquences : il sera suspendu pour la finale. Le coup de massue devient double quelques instants plus tard lorsque le roc de la défense, touché physiquement, doit céder sa place à Mamadou Sarr (22e mn).

Si n’importe quelle autre équipe aurait pu vaciller après avoir perdu son leader défensif, ce Sénégal-là a de la bouteille. Forts de leur expérience contre le Bénin en phase de poule, les Lions ont fait preuve d’une sérénité olympienne. La défense remaniée, avec un Sarr impeccable, n’a laissé que des miettes au duo Mohamed Salah-Omar Marmoush, resté étrangement muet.

Sadio Mané, encore et toujours lui

Sur le terrain, la domination sénégalaise est totale mais stérile durant de longues minutes. Nicolas Jackson, aligné à la pointe de l’attaque à la place de Habib Diallo, tente d’allumer la mèche (16e mn), avant une succession de frappes lointaines qui viennent s’écraser sur le mur égyptien. A la pause, le tableau d’affichage reste figé (0-0).

Le second acte reprend sur les mêmes bases : un siège en règle du camp des Pharaons. A force de reculer, le verrou égyptien finit par sauter. A la 77e minute, Sadio Mané, encore lui, déclenche une frappe chirurgicale qui délivre tout un Peuple. Un but libérateur, synonyme de qualification.

Une fin de match irrespirable

Acculés, les Pharaons ont enfin jeté toutes leurs forces dans la bataille durant le dernier quart d’heure. Les cinq minutes de temps additionnel ont paru une éternité pour les supporters sénégalais. Sous la pression, les Lions ont fait le dos rond, résistant notamment à une ultime tentative de Omar Mar­moush, avant que le coup de sifflet final ne libère les cris de joie.

Le rêve de Mohamed Salah de soulever enfin le trophée continental vient de se briser sur le roc sénégalais. Pour cette génération dorée du football sénégalais, le plus dur reste à faire : entrer définitivement dans l’histoire en accrochant cette deuxième étoile, dimanche soir à Rabat.

Adieu Tanger

Le Grand Stade Ibn Batouta peut s’éteindre. Le tumulte des supporters sénégalais et la déception des Pharaons laissent place au silence de la nuit marocaine. Pour les Lions de la Teranga, Tanger restera à jamais le théâtre d’une dé­monstration de force, le lieu où l’ex-champion a rappelé qu’il ne comptait pas renoncer à la reconquête de sa couronne si facilement.
On quitte la ville du Détroit avec un sentiment du devoir accompli, mais avec un pincement au cœur : celui de voir le capitaine, Kalidou Koulibaly, verser quelques larmes intérieures, lui qui ne pourra pas fouler la pelouse de la finale dimanche.

Cap sur Rabat

Désormais, tous les regards se tournent vers le Sud. Rabat, ses jardins, son Palais, mais surtout son stade qui doit devenir le temple de la deuxième étoile. Le Sénégal ne voyage pas seul ; c’est tout un Peuple qui descend vers la capitale, porté par la magie d’un Sadio Mané encore une fois providentiel. Eternel !