Le bras de fer entre les étudiants et la direction de l’Université Gaston Berger (Ugb) vient de franchir un nouveau palier. Dans une résolution datée du 25 mars 2026, le Conseil académique a annoncé une série de mesures de fermeté, allant de sanctions disciplinaires à la menace d’une année invalide.
L’heure n’est plus à la médiation à Sanar. Face à la persistance de la grève déclenchée par la Coordination des étudiants de Saint-Louis (Cesl), le Conseil académique, sous l’autorité du Recteur Pr Magatte Ndiaye, a décidé de passer à l’offensive pour tenter de sauver ce qui reste de l’année universitaire. Et la menace de l’invalidation de l’année universitaire plane au Nord.
Aujourd’hui, le calendrier est désormais sous haute tension. Le Conseil académique a réaffirmé le maintien de la date du 14 août 2026 pour la fin de l’année universitaire. Mais l’avertissement le plus sérieux concerne la validité même des cursus : le conseil se réunira en août pour juger de l’opportunité d’invalider l’année ou un semestre en fonction de l’avancement des cours dans les différentes Ufr et à l’Institut polytechnique de Saint-Louis. «Fixer la limite au 14 août 2026 n’est pas un ultimatum de plaisir, c’est une contrainte pédagogique. Au-delà, le volume horaire requis pour valider un diplôme ne sera plus atteint. Invalider un semestre ou une année est un crève-cœur pour nous, enseignants. La crédibilité de l’Ugb est en jeu», soupire un enseignant «désolé» de la persistance des perturbations dans cette université qui est en train de perdre de sa superbe.
Sanctions et «chasse» aux bloqueurs
Le ton se durcit également sur le plan disciplinaire. Le Recteur a été officiellement engagé à traduire devant le Conseil de discipline, les étudiants identifiés comme ayant entravé le déroulement des enseignements ou des examens. Le conseil invoque une violation de la loi 94-79 relative aux franchises universitaires pour justifier ces futures poursuites.
C’est sans doute le coup de grâce diplomatique : le Conseil académique a rappelé que la Cesl est suspendue depuis 2019. Par conséquent, l’administration affirme que cette coordination ne jouit d’aucune reconnaissance juridique ou administrative. «Seuls les représentants des étudiants au sein des organes des Ufr et de l’Ipsl, régulièrement élus, demeurent les interlocuteurs des autorités», précise le document.
Un «silence méprisant» des autorités pour la Cesl
En refusant de reconnaître la légitimité de la Cesl, le Rectorat ferme officiellement la porte à toute négociation avec l’instance de lutte, ne laissant que deux issues possibles : la reprise immédiate des cours ou une année invalide qui semble, chaque jour, un peu plus inévitable.
En vérité, l’université Gaston Berger de Saint-Louis s’enfonce dans l’impasse. Ce samedi, la Coordination des étudiants de Saint-Louis (Cesl) avait annoncé le maintien de son mot d’ordre de grève, fustigeant le mutisme du rectorat face à leurs revendications et un «silence méprisant» des autorités. Dans un communiqué rendu public ce samedi, les représentants des étudiants n’ont pas mâché leurs mots. Ils dénoncent une «indifférence inouïe» de la part du Rectorat et des autorités compétentes. Malgré le dépôt d’une plateforme de revendications précises, aucune avancée notable n’a été enregistrée. «Le dialogue semble rompu. Ce silence est un signal de mépris envoyé à toute la communauté estudiantine», s’indigne un membre de la coordination.
Face à ce blocage, la Cesl avait instruit l’ensemble des étudiants de maintenir la mobilisation en dehors du campus jusqu’à nouvel ordre. L’objectif est clair : marquer les esprits par une désertion totale des amphithéâtres pour forcer la main aux décideurs. Avec cette annonce rectorale, le climat risque de se tendre davantage dans les prochains jours. La Cesl prévient qu’elle ne compte pas s’arrêter à une simple grève de présence. Si la situation n’évolue pas rapidement, le syndicat se dit prêt à activer «tout son arsenal de lutte syndicale». Cette déclaration laisse planer le spectre d’actions plus musclées telles que des marches de protestation ou le blocage des axes routiers (notamment la Rn2), des méthodes souvent utilisées lors des crises précédentes à l’Ugb.

